Samedi 10 mai 2008
Candidat, Nicolas nous avait amplement démontré son inconsistance, son art de tout dire et son contraire, même s'il surnageait habilement de tout cela, quelques fortes affirmations destinées à accréditer la thèse selon laquelle l'action politique de cet homme-là avait un cap, réformer la France, et une méthode, la rupture (Cf. la série de chroniques "QUAND LA GIROUETTE S'EPUISERA").


Las, la vraie nature du bonhomme, qu'il n'était pas si difficile de démasquer, allait produire les résultats que l'on sait, une fois arrivé à ce pouvoir grisant dont il rêvait depuis si longtemps.
Je m'étais permis de prédire la chute, et elle est là.
Le baromètre mensuel CSA-Valeurs Actuelles , réalisé à la mi-avril indique que seuls 28% des Français estiment que son action va "plutôt dans le bon sens". Le chef de l'Etat "ne fait pas ce qu'il faut pour réformer la France" (53%), "incarne mal la fonction présidentielle" [ 58%, ça c'est dur, après avoir fait un bel effort pour bien se tenir à côté de la reine d'Angleterre et avec l'aide précieuse d'une épouse modèle (pour ne pas dire mannequin)], "ne tient pas ses promesses de campagne" (64%), et "ne fait pas ce qu'il faut pour rassembler les Français" (71%). Depuis le lancement de ce baromètre, Nicolas n'a cessé de chuter.
Il a, paraît-il, préparé comme jamais cette intervention télévisée du 24 avril, choisissant les journalistes autorisés à l'interroger, potassant ses notes et allégeant son programme pour en avoir le temps.
Pour quel résultat ? Une majorité, courte il est vrai, de 51% de sondés ne l'ont pas trouvé "convaincant" (baromètre Le Figaro LCI, suite à l'émission). Il semble avoir surtout rassemblé son camp. Ce n'est déjà pas si mal. Mais ce n'est qu'un discours. Paroles, paroles... "Parler ne fait pas cuire le riz", dit le proverbe chinois, dont je ne garantis pas l'authenticité, comme pour tout proverbe chinois.
Il se pourrait bien que la fameuse "machine à perdre" se soit mise en route.


Certes, les Français sont versatiles, ils ont la mémoire courte et nos hommes politiques ont, eux, jusqu'à un certain point, une grande capacité à rebondir toujours et encore, alors que dans d'autres pays ils auraient été éliminés plus rapidement. Mais notons toutefois que si plusieurs perdants qui paraissaient éternels, ont fini par gagner le siège suprême, une fois parvenus au sommet de l'Etat, leurs disgrâces annoncent un déclin inéluctable.
Nicolas rappelle étrangement Valéry, en plus agité, comme de nombreux commentateurs l'ont fait remarquer, et si le second ne fit qu'un septennat, le premier pourrait bien n'être autorisé qu'à effectuer un seul quinquennat. Ca tombe bien, il répète à l'envi qu'il n'est pas pressé de rempiler...
Tout le monde n'a pas l'habileté d'un François pour se faire bien réélire, en 1988, mais ne l'oublions pas, à l'issue d'une période de cohabitation qui lui donna le beau rôle. Jacques ne doit sa réélection de 2002 qu'à un concours de circonstances ; après cela, le naufrage se poursuivit.
A l'origine du succès de ces hommes, il y a un gadget, le changement et le rajeunissement avec Valéry, la force tranquille avec François, la fracture sociale avec Jacques, la rupture avec Nicolas. Il est vraiment dérisoire que cela "marche" et pourtant cela marche ! Un temps. Ce peuple ingouvernable, contradictoire, à qui  "on ne la fait pas", se laisse quand même séduire par la petite musique du plus original. C'est que, d'une part, il faut bien se donner un chef, et que le système démocratique impose au peuple de le choisir, parmi ceux qu'il a sélectionnés, évidemment, et d'autre part les Français, volontiers frondeurs, cherchent toujours leur "sauveur". Mais que ce dernier vienne à décevoir et l'on ne donne pas cher de son avenir politique. Quête pleine de candeur, elle semble avoir été portée à un haut niveau d'incandescence l'année dernière. Le brusque refroidissement de cette fragile aspiration faire craindre le pire, la ... rupture entre le peuple et son héros. Et comme le titre Marianne : "P... quatre ans !". Eh oui ! Le temps risque de paraître  long pour tous ceux qui auront eu la naïveté de croire que quelque chose de fondateur venait de se produire le 6 mai 2007. Alors qu'il ne s'agissait , bien sûr, comme à chaque élection, que de saluer le dernier tour de passe-passe, le récent numéro d'un prestidigitateur de talent plus doué, plus atypique que les autres, plus malin, mais tout aussi au service de sa seule ambition personnelle, seulement mieux "porteur" comme l'on dit, des "aspirations", à vrai dire confuses, d'un peuple exténué et peu à peu conscient, même s'il tarde à en tirer toutes les conséquences, des dangers pour son avenir, que lui font courir trop de machineries emballées et perverses dont plus personne ne semble contrôler les manettes.


Pourtant, dès ce 6 mai 2007, du moins dans la semaine qui suivit,  l'illusion brillait de tous ses feux...

(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Mercredi 30 avril 2008
La différence est là, il faut donc s'en accommoder.
Et si déjà, la différence entre deux voisins, de même... "race" (excusez-moi pour cette audace linguistique), de même nationalité, de même langue, de même culture, peut entraîner un conflit, trouvant sa source dans de byzantines querelles à propos de la clôture séparant leurs deux maisons, qu'imaginer alors, s'ils appartenaient, de plus,  à deux... ethnies, dirons-nous, distinctes ?
C'est pour cela que la sagesse, comme je l'ai déjà exposé dans une précédente chronique, est de rester "durablement chacun chez soi". C'est sans doute à ce prix, n'en déplaise aux idéalistes qui ne veulent pas le payer, que l'on peut le mieux garantir la paix, la compréhension, l'échange respectueux, sachant que, de toute façon, chacun peut se dire "eux, c'est eux" et "nous, c'est nous".
Tous les gars du monde ne décideront pas d'être "copains" et de se donner la main, comme le souhaitait une sympathique chanson des années 50 d'un autre siècle.


Or le monde actuel, cela a commencé il y a bien longtemps déjà, mais le mouvement s'accélère, tourne le dos à la nécessaire séparation des peuples. On les mélange au contraire, et il y a des fous pour applaudir et vanter les mérites du multiculturalisme au sein de chaque nation, ou ce qu'il en reste, et l'on prépare ainsi de redoutables guerres que l'on qualifiera de "civiles" pour mieux en masquer les causes profondes.


Dans un pays où l'on croirait volontiers que certaines pages douloureuses sont tournées, les Etats-Unis, il s'est trouvé un pasteur, un pasteur ! noir, du nom de Jeremiah Wright, pour affirmer que les Noirs américains devraient dire : "Que Dieu maudisse l'Amérique". C'est le pasteur de ce pauvre Barak Obama qui tente depuis de recoller le pot cassé. Cela en dit long sur l'esprit de revanche qui anime des membres éminents de cette communauté. En un sens, je les comprends : quelle erreur, objective, je ne parle même pas de l'esclavage en tant que tel, encore une fois, je ne moralise pas dans ces chroniques, je tente simplement de réfléchir et de comprendre, quelle faute tragique, dis-je, a été d'importer une minorité de Noirs placés en position d'infériorité pendant des décennies, au milieu d'une majorité de Blancs encore et toujours en position de supériorité. Il ne semble plus possible, et pourtant ce serait une solution intelligente, qui plus est porteuse d'avenir pour un continent à la dérive, qu'un retour massif en Afrique soit organisé pour ces populations, qui se perçoivent toujours comme déracinées, et qui le sont.
On récolte toujours ce que l'on sème.


Dans le fond, qu'est-ce que le racisme ? C'est une réalité, la différence, réinterprétée d'une manière idéologique ou simplement passionnelle. C'est un sentiment juste à l'origine, devenu fou.
Ce n'est ni en niant la différence, ni en essayant de la contraindre à disparaître, que l'on peut éradiquer la pollution idéologique qui peut l'instrumentaliser. C'est au contraire en la respectant et en tirant toutes les conséquences pratiques d'une claire conscience que l'on a affaire à une réalité complexe et dangereuse, qui comme un explosif sensible au maniement, peut, à tout instant, nous exploser dans les mains.


par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Vendredi 25 avril 2008
Il m'arrive parfois d'hésiter quand vient le moment de classer ma chronique dans une catégorie, entre "(presque) frivoles" et "autres".
Certes, si l'on met de côté la série consacrée à l'Islam, le choix possible est réduit, mais somme toute, publiant peu, je n'éprouve pas le besoin d'offrir un "catalogue" car il n'y aurait pas abondance de biens sur chaque rayon.
Surtout, j'aurais du mal à donner des titres aux rubriques.


Mes lecteurs fidèles l'ont compris, ce qui sépare les chroniques "frivoles" des autres, c'est, dans les secondes, l'exigence d'une rigueur dans le raisonnement, la gravité du sujet abordé, le combat  mené en faveur du bon sens, du respect des mots et des faits.
Mais pour autant une chronique "frivole" ne tourne pas le dos à toutes ces exigences en même temps, ni même à aucune d'entre elles.
Ces "dadas" personnels, les habitués voudront bien me pardonner de les rappeler. Au moins pour deux raisons :
La première étant que de nouveaux lecteurs visitent régulièrement mon blogue. Certains ne manquent pas d'être désarçonnés par une approche non polémique ou idéologique des questions traitées. L'un d'entre eux laissa ce commentaire significatif : "Mais pour qui roulez-vous ?", et se détourna sans doute de ce journal. Car il faut "rouler" pour quelqu'un ou pour quelque chose ! J'ai eu l'occasion de lui répondre que j'espérais rouler pour la raison, le bon sens, le sens du bien commun, le droit naturel, la Vérité. C'est tout le but de ce blogue. Et ce qui peut agacer aussi bien les relativistes que les sectaires qui, dans le fond, détestent tous de réfléchir avec honnêteté intellectuelle.
La seconde étant que j'ai définitivement fait mien le choix de Louis de Bonald, qui écrivit : "Entre l'inconvénient de se répéter, et celui de ne pas être entendu, il n'y a pas à balancer".


Alors, ce qui rend la chronique frivole, c'est un sujet et un ton plus légers, un recours marqué à l'humour. Je m'y retiens d'être pamphlétaire bien que cela me démange parfois.
C'est que je ne renonce jamais tout à fait à la démonstration. Le pamphlet assène et laisse le lecteur retrouver, seul, les arguments qui le soustendent. Mais le pamphlet est aussi à la littérature ce qu'est la caricature au dessin. Il fait ressortir l'essentiel. Celle-ci est une forte exagération des traits et pourtant on reconnaît sans difficultés le personnage croqué.
Ce qui peut aussi me faire hésiter à qualifier de "frivole" une chronique, c'est le sujet lui même qui ne prête pas à rire, comme la conduite de l'Etat, alors même que ceux qui sont chargés de cette dernière ont un comportement qui enchante les chansonniers.
Il y a, malheureusement, du dramatique en tout désormais sur cette basse terre, à moins qu'il faille dénoncer ici, en moi, ces signes de vieillissement qui ne vous font plus voir la vie qu'en noir.
Quoi qu'il en soit, à bientôt pour de nouvelles chroniques et, je l'espère, pour votre plus grand intérêt et plaisir.
par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Dimanche 20 avril 2008
On n'aborde pas ces sujets sans appréhension. Faut-il les aborder d'ailleurs ? Il paraît qu'il n'y a pas de races humaines. J'en conclus donc logiquement que le racisme n'existe pas en tant que tel, puisque le racisme n'est pas l'affirmation de l'existence de races mais une hostilité manifestée envers des êtres humains en raison de leur appartenance à une race donnée ; or si celle-ci n'a pas de réalité...
Dès lors, je me demande encore plus à quoi jouent les "anti-racistes", contre quels moulins à vent se battent-ils ?


Dans ce domaine comme dans bien d'autres, des esprits marchent sur la tête, si je puis dire, ce qui, compte tenu de la cadence des coups, nuit beaucoup à leur faculté de penser. La confusion mentale règne. Comment s'en étonner à l'heure de l'Opinion triomphante qui piétine allègrement la Vérité ?
Quand des internautes réécrivent eux-mêmes les définitions des mots, dans des "encyclopédies" interactives, on peut craindre le pire et, de fait, il advient. Mieux vaut avoir l'humilité de reprendre Le Petit Robert, un dictionnaire sérieux, lui, qui remet les choses à l'endroit.
Comme toujours, il faut s'accrocher vigoureusement à deux choses : le sens vrai des mots, les faits. Et, à partir de là, raisonner. Alors les évidences pleuvent comme se désintégrent les opinions délirantes de professeurs de morale moralisante en tous genres qui obscurcissent les intelligences et excitent les sensibilités énervées.


Longtemps on a appris en géographie, que l'espèce humaine était composée de races, c'est-à-dire de groupes présentant un certain nombre de caractères physiques, essentiellement la couleur naturelle de leur peau. Pas un instant, me semble-t-il, cet exposé ne suscitait ou n'entretenait de réactions hostiles. Il faisait simplement apparaître la diversité du monde, la variété de types d'êtres humains, qui renvoient d'ailleurs à bien des sous-types, et au-delà à un patrimoine de coutumes, de modes de vie, de croyances, d'organisations sociales, économiques et politiques. Lorsque l'on voit un reportage sur quelque pays lointain, étranger à notre culture, n'éprouvons-nous pas, d'abord, un sentiment d'émerveillement devant cette richesse ?
Cette diversité mérite d'être défendue, préservée. J'ai envie de m'écrier : vive les races ! Mais je m'en garde car je dois me dispenser de porter un jugement de valeur.


"Vive les races" ou "à bas les races". Peu importe. Les races existent, de quelque manière qu'on les nomme pour satisfaire aux diktats des moralisateurs, et c'est évident comme les yeux bridés des Asiatiques ou la forme caractéristique des visages d'Indiens d'Amérique.
Alors cette vérité étant retrouvée, je veux bien prendre en considération le racisme. Voilà encore un mot mis à toutes les sauces pour justifier toutes sortes de divagations. Il y aurait un racisme contre les jeunes, les vieux, les fumeurs... Mettons de l'ordre dans tout ça : le racisme est une hostilité forte, constante, structurée, à l'égard de personnes en raison de leur appartenance à une race et pour cette seule raison.
C'est, nous dit Le Petit Robert, une "idéologie postulant une hiérarchie des races" (ce qui suppose qu'elles existent...) et il précise : abusivement, "hostilité systématique contre un groupe social". Abusivement...
A noter cependant, la comparaison est amusante, que si Le Petit Larousse, dans son édition de 1987 que j'ai sous la main, se contente de définir la race, Le Petit Robert, lui, se précipite pour imprimer cette remarque en préalable : "Rien ne permet de définir scientifiquement la notion de race" ! On se couvre par temps froid...
On peut distinguer deux grandes formes de racisme, le racisme idéologique et le racisme "de peau".
Le racisme idéologique, dont le National-Socialisme a été l'expression la plus achevée, théorise cette hostilité en distinguant des races supérieures et des races inférieures les premières ayant naturellement pour mission de soumettre ou d'exterminer les secondes.
Qui peut prétendre sérieusement que ce racisme idéologique perdure en dehors de quelques groupuscules combattus ou en tout cas surveillés de près ?
Quant au racisme de "peau", expression que je reprends à mon compte, non sans réticence compte tenu de son approximation, mais qui est parlante, il ne présuppose pas de théorie d'une hiérarchie des races selon leurs mérites et qualités. C'est une réaction épidermique, très liée aux conditions de promiscuité de groupes humains présentant de grandes différences culturelles et de modes de vie qui se superposent souvent, de fait, avec des distinctions "raciales". Et Dieu sait quelle importance les unes et les autres peuvent avoir ! A l'intérieur même du continent noir, que de rivalités ethniques violentes qui peuvent nous paraître incongrues, vues d'Europe. Franchement, faites-vous le constat à l'oeil nu, non expérimenté, de dissemblances entre telle tribu et telle autre tribu, au Gabon ou au Zimbabwe ? Les Africains concernés le font crûment et à l'occasion en tirent de bien sanglantes conclusions !


Or, en soi, le sentiment de la différence est un sentiment naturel qu'il est sage de prendre pour tel et donc de respecter.
Cette différence est à l'occasion revendiquée par de nombreux peuples sous les applaudissements de tous les intellectuels qui portent haut les couleurs de "l'anti-racisme". Ces peuples ont raison. "J'écris pour dire la différence" proclame l'écrivain Ben  Jelloun.
Dès l'instant où l'altérité est acceptée, elle est plutôt source de compréhension si elle induit la recherche de cette connaissance de l'autre. C'est au contraire le refus de la différence qui peut provoquer l'affrontement, par le désir fanatique de la soumission de ce qui ne vous ressemble pas, soit par l'esclavage (et l'on retrouve un racisme idéologique fondé sur la notion d'infériorité), soit par l'assimilation forcée, si tant est qu'elle puisse être une autre voie acceptable par le peuple dominateur.
Mais le souci sincère, désintéressé, non violent, de convaincre l'autre d'adhérer à ses propres valeurs, moeurs, croyances, ne saurait être confondu avec le refus de l'altérité.
Cependant, la ligne de crête est étroite. Entre différence assumée et différence refusée, le basculement est aisé. "J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" s'écrie Stendhal. Certes, cher auteur, mais que faire alors ? Supprimer la différence ? Autant demander à la terre de s'arrêter de tourner !

(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 10 avril 2008
La seule démocratie qui tienne, qui ait un sens, c'est la démocratie locale. Par démocratie locale, j'entends celle qui s'exerce au niveau d'une commune ; et encore, la taille de celle-ci n'est pas indifférente.



Plus exactement, dans le système actuel, l'enjeu des élections dans une ville de plus de 10 à 20.000 habitants, revêt, aussi, au grand dam des électeurs souvent, un caractère national.
On y voit s'affronter la "gauche" et la "droite" et maintenant le parti venu d'ailleurs et n'allant nulle part, le fameux Modem de Monsieur François Bayrou. Pourtant, même dans ces cas de figure, les résultats, les opinions recueillies, montrent que les électeurs veulent, d'abord et avant tout, élire un bon maire qui soit proche d'eux, peu importe son étiquette politique affichée. Et un bon maire, c'est aussi celui qui paraît avoir rassemblé une équipe unie.
Certes, l'activisme sarkozyste, contre-productif, a joué son rôle. Notamment auprès des classes populaires qui avaient fait défaut à la gauche en 2007 en votant pour le président de l'UMP. Mais même eux, à 60%, disent s'être exprimés récemment en fonction de considérations purement locales. Jean Chiche, chercheur au Cevipof note : "On peut d'ailleurs imaginer que l'électorat populaire ne voit pas de contradiction à voter pour une municipalité PCF qui leur assure du lien social et les protège, et à donner dans le même temps leurs voix à l'UMP lors du scrutin présidentiel pour exprimer leur volonté de sortir de la crise" (cité dans Les Echos du 17 mars 2008).
Ce sont les divisions locales, l'impression d'autoritarisme ou d'éloignement du maire sortant, qui expliquent la plupart des défaites du 16 mars dernier, à Metz, Caen, Toulouse, Reims ou Périgueux.
A l'échelle d'une petite commune, l'étiquette politique du maire n'a pas d'importance. La liste, souvent unique, est constituée par le rassemblement de bonnes volontés de toutes obédiences, quand toutefois celles-ci existent par ailleurs, unies par le souci du bien commun.
En même temps le "peuple" peut valablement s'exprimer, sur des questions concrètes qui le concernent directement, qu'il maîtrise, et auxquelles seul un désintérêt dont il serait le responsable, pourrait le divertir de se préoccuper.
Et cette démocratie peut même s'exercer d'une manière permanente : un maire d'une petite commune qui prendrait une initiative trop impopulaire serait vite interpelé, en toute simplicité, dans la rue. Il en tiendrait compte naturellement, ou tâcherait de convaincre.



Déjà le canton est une abstraction. L'existence de départements, création assez artificielle de la Révolution française, dans son souci jacobin de quadriller le pays pour mieux le contrôler, ne passionne pas. Au second tour des cantonales, la participation électorale s'est élevée à 50,77%, plus faible encore qu'au premier tour.
La superposition de tous ces échelons de décisions, communes, groupements de communes sous diverses formes, cantons, départements, régions, Etat et Europe et les élections périodiques qu'elle entraîne, fatigue.
Mais surtout la "politisation", pour employer ce mot faute de mieux, liée au système démocratique central, pollue littéralement le processus démocratique local, quand elle n'empêche pas qu'il s'épanouisse.
N'est-ce pas Valéry qui disait, en substance, que la démocratie consiste à poser au peuple des questions auxquelles il n'a pas les moyens de répondre, pour mieux le détourner de celles qui le regardent directement ?
Et cette façon qu'ont les hommes politiques, les mêmes d'une fois sur l'autre, de déclarer d'enjeu local les élections municipales quand ils les ont perdues, et d'avertissement national, quand ils les ont gagnées, est proprement grotesque. On a vu Nicolas Sarkozy s'avancer sur ce front il y a quelques mois, attendant un plébiscite, puis battre en retraite à la vue à l'horizon, d'une défaite annoncée.


La réalité est plus simple. Les peuples lassés par la démocratie idéologique, restent attachés à la démocratie naturelle, réelle, de proximité. Et même dans ce cadre, ils pourraient bien nommer des "chefs de village à vie". Ce fut le cas dans l'Afrique traditionnelle, et cela marchait bien comme ça.
D'ailleurs, les communes en France dans lesquelles, c'est le cas, de fait, où le même maire est en place depuis des décennies, ses concitoyens étant trop heureux de ne pas avoir à le supplier de bien vouloir se plier, pour la forme, tous les six ans, à la petite cérémonie électorale, ne se comptent plus !


La vie politique d'un village donne une idée assez exacte de ce que peut être la réconciliation du pays réel et du pays légal, pour reprendre la distinction chère à Charles Maurras.
Sorti du village, tout se complique, tout perd en évidence, en simplicité, en naturel, en harmonie. L'heure de l'embrouille sonne et les professionnels de la politique peuvent tout à loisir "agiter le peuple avant de s'en servir"...
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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