Mardi 10 novembre 2009

Très beau sermon écrit par M. l'abbé Claude Barthe qui suivit avec fidélité et discrétion François-Xavier Gelin pendant les derniers mois de sa longue agonie. Le titre même est l'intitulé donné par ce prêtre...

 


« Je serai la Lumière de ton âme » : c’est cette parole de Notre-Seigneur à sœur Josefa que Francois-Xavier Gelin a voulu en tête de son faire-part de décès, dont il avait réglé la composition, comme il avait sobrement et dignement pris congé de chacun, dans la plus émouvante tradition de l’ars moriendi de nos pères. 

 

Si je ne l’avais vu mourir, je dirais que François-Xavier Gelin fut vraiment un grand Monsieur. Mais parce ce que Dieu a voulu que je l’assiste, ou plutôt que j’assiste à son œuvre en lui dans ses derniers moments, après qu’il ait reçu l’extrême-onction des mains du chanoine Jayr, il me faut attester qu’il a été beaucoup plus. Dieu lui a demandé d’aller bien plus loin, bien plus profond. Il lui a même demandé de dépouiller aussi cela – je dis bien de dépouiller, et certainement pas de renier –, à savoir tous les dons de la nature qu’il avait reçus en abondance, pour n’être plus qu’un chrétien tout nu, si j’ose dire, entre les mains de son Maître. Et il l’a accepté les yeux grands ouverts. Car le plus saisissant pour son épouse, qui a porté vaillamment l’interminable épreuve, pour ses proches, pour moi, est que François-Xavier Gelin a suivi son Maître en sa Passion dans une totale conscience, fixant du regard que vous connaissez tous le mystère terrible et sublime de l’amour dévorant de Dieu.


Je ne voudrais au reste nullement faire le panégyrique de celui auquel j’ai apporté les secours du souverain Prêtre. Le défunt me reprocherait d’empêcher les siens de prier pour le repos de son âme, tant il était humblement certain de passer par le Purgatoire et parce que cela aurait au moins pour effet de priver de prières, dans la rediffusion de la communion des saints, ceux qui en ont sûrement un plus grand besoin que lui. Mais je voudrais dire seulement deux choses dans ce témoignage :

- j’ai vu Dieu le purifier comme par le feu, à la manière du saint homme Job ;

- et il m’a semblé que son épreuve avait quelque chose de sacerdotal. 

 

 

I – L’amour de Dieu s’est appliqué à lui comme sur le Job de l’Écriture Sainte 


Ce que je sais de la vie de François-Xavier Gelin est qu’elle a été à bien des égards aussi comblée que celle de Job au temps de son opulence biblique.


Une vie comblée par les dons de la nature : ses talents de parole, d’écriture, de théâtre même, de geste, de verve, dans une tradition de culture sobre de la perfection, de justesse de la langue recherchée comme telle mais coulant comme de source, le tout accompagné d’un esprit percutant. Ce n’est pas trop dire qu’affirmer qu’il s’est placé intellectuellement dans la grande tradition humaniste française – celle des moralistes au sens du XVIIème siècle, amis des Grecs et plus encore de la vérité – mais qu’il l’a fait en appliquant aux jours d’aujourd’hui leur lucidité pessimiste en même temps que leur confiance inébranlable dans la saine raison, dans la cohérence, dans le bon sens. « Depuis longtemps, écrivait-il, je suis angoissé par l’état de décadence intellectuelle, morale et spirituelle de notre pays… Les processus de décadence ont ceci de trompeur qu’ils sont tout d’abord lents, très lents, indétectables par la majorité des esprits, même ceux réputés éclairés ; comme des fissures sur un mur, ils préparent l’écroulement final par glissements légers dont seul un œil prévenu et attentif décèle les tranquilles progressions ».


J’insiste, car ces dons de l’esprit et du cœur sont devenus fort rares : il était de la grande tradition française spécialement par le sens de l’honneur intellectuel et du refus de la bassesse : « L’honneur commande pour le moins, écrivait-il encore, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l’Intelligence. Si nous étions encore des hommes libres, certaines défaites de l’Esprit, organisées par nos "élites", nos ex-élites, nous jetteraient par millions dans les rues. [Mais les révoltes d’aujourd’hui] ne sont que serviles ».


Une vie comblée aussi en sa famille : son épouse, ses six enfants, serrés autour de lui comme une couronne. Etres divers et libres, à son image, qui prouvent qu’il est encore possible aujourd’hui de transmettre ce que l’on a reçu, et surtout de transmettre le sentiment de la transmission, la conscience d’être, je le cite encore, « les débiteurs insolvables de nos pères ».


Une vie comblée de bien d’autres richesses humaines et chrétiennes encore, celles d’une vie liturgique consolante qu’il pratiquait avec assiduité au milieu du naufrage du culte divin, celles d’un rayonnement intellectuel discret mais fructueux, celles d’une régularité en tout qui s’alliait avec une très séduisante originalité.


Tout cela, il lui a été demandé de l’abandonner. Comme le saint homme Job qui reçoit par des annonces graduelles que tout lui est retiré, François-Xavier Gelin a appris successivement que la mort était dans sa chair, ensuite que les délais possibles se dérobaient l’un après l’autre, enfin que l’échéance était là. « Dieu m’a tout donné ; Dieu m’a tout repris, disait Job : que son saint nom soit béni ». La manière visible et édifiante dont François-Xavier Gelin acceptait vaillamment ces visites de l’ange était de garder l’humour, héroïquement ou tout simplement comme lorsque deux jours avant sa mort il m’accueillait avec le sourire : « Je suis encore là ! »


Dieu seul peut nous purifier non seulement de nos péchés, mais surtout de ce qui est en le principe et qui adhère à nous comme la peau colle à la chair, à savoir de notre amour-propre. Il veut, pour ceux qu’il aime, qu’ils ne cherchent même plus à se consoler du regard admiratif d’autrui. Il est impressionnant de voir ainsi la main de Dieu s’appliquer de manière apparemment cruelle mais en fait tendrement amoureuse à une âme pour la rendre cristalline, tout en lui prodiguant le soutien sans lequel elle ne pourrait pas supporter cette action divine.


Il disait vers la fin, en le montrant d’ailleurs le moins possible, qu’il souffrait non pas dans un endroit de son corps, mais partout : « De la racine des cheveux à la plante des pieds, il n’y a plus en lui rien de sain », dit Isaïe décrivant le Serviteur souffrant, le Christ à venir, parole que Job accablé s’applique à lui-même. Il a demandé à François-Xavier Gelin d’être un autre Christ sur une autre croix, et surtout d’en avoir vive conscience. 

 

 

II – Une fin sacerdotale 


Je lui rappelais quelques semaines avant son départ – nous parlions des vocations – la brève et très forte parabole énoncée par le Christ avant sa Passion : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn, 12, 24). Car tous les hommes sans exception tombent en terre lors de l’inévitable mort humaine qui achève leur parcours ici-bas, mais c’est trop souvent pour y rester seuls, de la terrible solitude qui est l’absence éternelle de Dieu. En revanche, ceux qui tombent en terre en mourant ou en achevant de mourir à eux-mêmes, ceux-là portent beaucoup de fruit. « Vous le réalisez », lui ai-je dit. « Je l’espère », m’a-t-il répondu avec cette voix appliquée et pénétrée qu’il avait à la fin pour dire juste : la confiance et l’humilité, en l’espèce, appliquées à accepter la Passion.


Je lui parlais modestement, car il n’est pas aisé de parler aux autres de leurs croix, de son identification à Jésus-Christ dans son sacrifice. Il m’a semblé qu’il a été vécu par lui sous un aspect que je dirais sacerdotal. J’entends bien qu’il était époux et père de famille, et que telle était bien sa vocation sur la terre. Mais Dieu lui a demandé de souffrir sa dernière maladie comme s’il célébrait en sa chair une messe unie à celle de Notre-Seigneur sur le Golgotha, afin d’en appliquer les fruits tout autour de lui, avec intention de le faire.


Cette inquiétude scrupuleuse qu’il avait d’embrasser, dans les actes d’offrande qu’il faisait de ses souffrances, tous ses proches, tous ses amis, toutes les intentions de l’Église et de la France, les vocations sacerdotales et religieuses, ressemblait un peu à celle du prêtre qui ne veut oublier personne dans le memento de sa messe.


Il savait spécialement qu’il participait à l’engendrement spirituel de son fils, futur prêtre, de sa fille, déjà engagée dans la profession religieuse définitive, et aussi de bien d’autres appels à la vie consacrée, auxquels Dieu fait participer les âmes qui lui sont proches dans le mystère des échanges de la communion des saints.

 

Sa prière, les yeux fermés, pénétré de la présence de Jésus-Christ qu’il venait de recevoir dans la communion, les prières vocales qu’il prononçait seul ou avec ceux qui l’entouraient, étaient comme une prolongation sur le lit de l’hôpital de la prière du prêtre à l’autel.


Et au dernier soir, alors que l’ombre de la mort était déjà sur lui, parfaitement conscient et remuant les lèvres pour dire avec moi les prières qu’il ne pouvait plus prononcer intelligiblement, je lui ai donné en viatique une minuscule parcelle d’hostie destinée à fondre sur sa langue. De sorte que son corps à l’agonie est resté longuement, jusqu’à ce que les espèces se dissolvent, le tabernacle de son Dieu.  

 

Il a reçu cette dernière communion de sa vie terrestre quelques douze heures avant sa mort. Une heure à peine après qu’elle soit survenue, j’ai célébré la messe pour le repos de son âme. Entre les deux, il avait comparu devant son Seigneur, et commencé à participer à cette Messe éternelle, cette offrande sans fin par laquelle le Christ continue auprès de son Père la Messe du Golgotha et de nos églises.


« Je serai la Lumière de ton âme » : que Dieu fasse tout de suite à François-Xavier Gelin la grâce d’une participation entière au ministère des anges. Et qu’il soit loué, ce Dieu de tendresse et de miséricorde, pour les merveilles qu’il accomplit sous nos pauvres yeux dans les âmes qu’il aime.
Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 29 octobre 2009
M. François-Xavier GELIN a reçu Jésus hier soir, des mains du prêtre ; Jésus l'a reçu à son tour cette nuit, des mains de la Vierge Marie.


Madame François-Xavier GELIN, née ROY, son épouse

Ses enfants : Soeur Marie de l'Amour de Dieu, François, Pierre, Rémi, Louis-André et Maïlys

Les familles Gelin et Roy, ainsi que leurs proches,


ont la douleur de vous faire part du rappel à Dieu de
Monsieur François-Xavier GELIN

le 29 octobre 2009


Les obsèques auront lieu le mardi 3 novembre en l'église Saint-Louis : 42, route de Versailles - 78560 LE PORT-MARLY.

L'inhumation aura lieu le mercredi 4 novembre à 16h dans le caveau familial, à MAUSSANE-LES-ALPILLES (13520).


"Je serai la Lumière de ton âme"
Notre Seigneur à soeur Josefa
Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 24 septembre 2009
Etant toujours à l'hôpital dans un état grave, François-Xavier Gelin est dans l'impossibilité de reprendre ses articles pour le moment.
Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Dimanche 23 août 2009
Ce blog risque de connaître une interruption prolongée en raison de la mauvaise santé de son auteur, aujourd'hui hospitalisé pour un cancer au foie.
Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 20 août 2009

Un article paru dans Les Echos des 24 et 25 juillet 2009 sous le titre « Ethique orpheline » et que l’on doit à la plume de Farilla (nom générique cachant des journalistes d’occasion sur l’anonymat desquels veille scrupuleusement le journal), illustre à merveille le dilemme dans lequel s’enferme toute une société.

 

Le prétexte en est le cas de cette espagnole, Maria del Carmen Bousada de Lara morte récemment d’un cancer à l’âge de soixante-neuf ans, après avoir donné naissance, il y a trois ans, suite à un traitement hormonal et à une fécondation in vitro, à des jumeaux.

 

Farilla juge cette situation « choquante sur le plan éthique ». Elle l’est incontestablement sur un plan moral.

 

Il écrit : « Voici surtout la conséquence de l’absence de législation bioéthique. Un vide qui permet, au nom du libéralisme, de laisser chacun faire ce que bon lui semble. Le résultat de cette tragique bouffonnerie éthique [décidément un mot précieux] est que deux petits orphelins pleurent aujourd’hui leur mère disparue et incrimineront demain l’égoïsme du monde adulte. »

 

Et Farilla d’opposer les « libéraux » aux « régulateurs ». « Les premiers estiment que la puissance publique n’a pas à intervenir sur ces sujets qui relèvent de la seule conscience individuelle. » Les seconds « font valoir, quant à eux, que le désir d’un individu n’est pas seul en cause, et que la société se doit de protéger les intérêts des enfants à venir contre des comportements irresponsables ».

 

Il est frappant que la seule vraie sauvegarde contre ces dérives ne soit pas évoquée : l’éducation morale.

 

Les « libéraux » s’en remettraient à la seule « conscience individuelle », pour éviter ces dérapages ? Non ! Pour les justifier tout au contraire, et comment s’en étonner puisque la « conscience individuelle » n’est plus guidée ?

 

Quant aux « régulateurs », ils nous proposent de légiférer, de légiférer encore, de légiférer toujours… Sans doute, à court terme, en l’état actuel de la société, face à la prodigieuse accélération des « progrès » techniques en matière de manipulation du vivant, n’y a-t-il pas d’autres choix. Mais quelle défaite pour l’Esprit !

 

Car dans une société saine, nous pourrions renvoyer dos à dos « libéraux » et « régulateurs », leur signifier leur congé. Le peuple, dans son immense majorité, serait indifférent aux sirènes des premiers, hostile aux prétentions des seconds, mais imprégné dans son comportement des leçons de la morale universelle que j’évoquais dans le chapitre précédent de cette chronique.

 

Bien entendu, cela n’exclurait pas que des savants fous et des individus irresponsables commettent ce qu’il faut bien appeler des crimes contre le bon sens commun et l’intérêt bien compris de l’humanité. Mais massivement désavoués, sans de ces soutiens médiatiques subtils qui mettent toujours sur un pied d’égalité la vérité et le mensonge, le bien et le mal, le beau et le laid, ils devraient se cacher de la même manière qu’il fut un temps où la pornographie relevait du trafic de matériaux honteux et clandestins.

 

Cette fameuse crise, qu’est-elle sinon la manifestation éclatante d’une perte de repères moraux aux conséquences de laquelle la mondialisation ouvre un boulevard de drames ?

 

On demeure pantois en découvrant l’exaction de Monsieur Mardoff qui aura escroqué ses propres frères de juifs. Certes il y eut toujours des voleurs mais celui-ci est de haut vol. Vole très haut. Et un Mardoff dont on parle beaucoup peut cacher une forêt de malfaisants dont on parle peut 75 milliards de dollars dilapidés ! Qui dit mieux ? Et pourtant l’on savait depuis longtemps que les affaires de ce monsieur étaient louches, et on a laissé faire.

 

Et que dire de tous les banquiers qui ont poussé au crime des millions de futurs propriétaires ?

 

Et que penser d’un sondage réalisé par le cabinet Ernest Young auprès de salariés européens ? Un sondé sur quatre déclare ainsi que les pots-de-vin représentent une manière acceptable de retenir un client. 13 % des répondants disent être prêts à falsifier la performance financière de leur société.

 

Voilà qui en fit long sur l’effondrement de ce que l’on peut appeler « les valeurs ».

 

Alors, cautère sur une jambe de bois, on moralise : on prétend, c’est inouï ! dicter aux entreprises quelles conduites doivent être les leurs en matière de rémunération, salariale et par stock-options, les banques doivent être « transparentes », ont veut tout encadrer, réguler, contrôler ! On se venge sur quelques boucs émissaires.

 

Le moralisme a un prix : la liberté dont le champ est encore réduit pour tous à cause du cynisme croissant d’un grand nombre. La morale a un salaire : la préservation de la liberté du plus grand nombre vertueux, entendant supportable la déviance de quelques-uns.

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 30 juillet 2009

Alors, sous prétexte de lutte contre la fameuse « discrimination », on invente la Halde (cf. ma chronique : HALDE-LA !), machine à contrôler les entreprises, on promulgue des lois (dites « Gayssot », « Taubira »…) pour contraindre les historiens et tout quidam à penser comme il faut sur certains sujets, on multiplie, au nom de la sécurité, les règlements qui enserrent le citoyen dans un corset intellectuel toujours plus ajusté.

 

 

Le commandement « tu ne tueras pas » peut suffire à rendre prudent l’automobiliste qui se fera un devoir (moral) de ne pas prendre de risques insensés mettant en danger sa vie et celle d’autrui.

Mais le « tu ne tueras pas » étant largement foulé aux pieds comme la pratique de l’avortement (et maintenant, par une logique inéluctable, l’infanticide qui est vécu par leurs auteurs comme un simple avortement retardé, et donc licite), le démontre aisément, il n’y a plus d’interdit et par là même de transgression. Tous les automobilistes sont potentiellement coupables d’excès de vitesse. Tous doivent donc être surveillés de près. Le moralisme s’abat sur eux pour leur intimer l’ordre, à tout instant, sur tous les chemins, de ne pas dépasser des limitations, pourtant souvent absurdes.

Et radars et gendarmes se multiplient pour maîtriser tous ces mauvais citoyens en puissance, qui encourent d’ailleurs désormais des dangers sérieux sur les routes, contraints qu’ils sont de fixer constamment leur tableau de bord plutôt que le macadam.

A tout prendre, il vaudrait mieux éduquer, dès leur plus jeune âge, des hommes, libres de leurs mouvements, au respect de l’autre, et de soi-même, par la morale, et accepter le risque du manquement, du péché dirait le chrétien. Et que passe, ensuite, la justice. L’obsession du « zéro défaut » sur les voies de circulation étant aussi stupide que le dogme qui affirme que la généralisation de l’usage du préservatif prémunit contre la propagation du sida.

 

 

La morale est chose naturelle. Sous toutes les latitudes, à toutes les époques, dans toutes les philosophies et religions, ou ce qui en tient lieu, des lois morales ont été édictées qui peu ou prou, merveilleusement, convient les hommes à l’observance des mêmes disciplines. A ce niveau de convergence, ce n’est pas le fruit du hasard, mais la manifestation éclatante d’aspirations profondes, communes à l’humanité, inscrites dans le cœur, l’esprit ou l’âme, comme l’on voudra, des êtres humains. Le décalogue en offre une excellente synthèse.

Que l’on considère que cet appareil est le fruit de la seule sagesse humaine ou qu’il est le don d’une sagesse supérieure et transcendantale, peu importe, le résultat est le même : la morale universelle, naturelle, est faite de bon sens, de raison, de sens du bien commun, de recherche de paix et d’abord de paix intérieure. Richesse offerte à tous, elle préexistait hier, elle existe aujourd’hui, elle existera demain. Ce faisant elle échappe aux manipulations, elle protège des vendeurs de nouveautés conditionnées dans de récentes et plus ou moins obscures officines. Enseignée, à la base, dans la famille, les corps constitués, mais, in fine, toujours sujette à rejet, elle ne peut être durablement l’instrument des puissances du moment dont le peuple a encore la possibilité d’exiger qu’elles se soumettent à ses lois, elles-aussi.

 

 

Le moralisme, lui, est typiquement la dernière invention des maîtres-penseurs du moment. Il piétine les règles de la morale éternelle au profit des lois précaires, votées par des majorités parlementaires de circonstances. Mais il se drape aussitôt le vote acquis, dans les plis d’une légitimité démocratique qui se veut définitive et l’autorise à être impitoyable envers l’individu-citoyen, congénital suspect.

Ayant sapé les conditions qui peuvent permettre à chacun, à une majorité en tout cas, d’être vertueux par volonté propre, le moralisme s’acharne, artificiellement, à caricaturer la morale qu’il rejette, en inventant le placebo éthique, dernier avatar d’une pensée qui fuit le réel.

 

 

Le développement d’une société policière, subtilement totalitaire, voilà la seule perspective que nous offre une société moralisatrice, quand disparaît la civilisation morale.

 

(A suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 15 juillet 2009

 

 

Depuis de nombreuses décennies, la morale a mauvaise presse. « Faire la morale » est une expression honnie et il est vivement déconseillé de se livrer à cet exercice, même au profit de ses propres enfants. Et ne parlons pas de « l’ordre moral », une horreur absolue, qui ne manque pas de nous rappeler « les-heures-les-plus-sombres-de notre-Histoire », selon l’expression-cliché qui tue le débat sans rien démontrer.

La leçon de morale a été chassée de nos écoles, de nos institutions publiques et privées, de l’enseignement des prélats et des autorités dites, précisément, « morales », qui renoncent à l’être, bien souvent.

 

 

Comme il n’existe pas de société humaine sans quelques règles de conduite qui pour ne pas être qualifiées de « morales », renvoient tout de même à des principes directeurs collectifs, aux étages supérieurs, où se réunissent nos élites, il est usé et abusé du mot « éthique », au contenu devenu incertain, et mis, comme le « développement durable », à toutes les sauces expérimentales.

Le bon peuple n’y entendant rien, la traduction en langage vulgaire de « l’éthique », c’est le moralisme. Il triomphe quand la morale agonise. C’est un jeu de vases communicants, la vie en société ayant, comme la nature, horreur du vide que constituerait l’absence de contraintes et d’interdits.

La morale pourchassée, fardeau plus léger qu’il n’y paraît, voilà que surgit le pesant moralisme. Et il est d’autant plus coercitif que la première s’est évaporée dans les consciences.

 

 

La morale, exigence assumée par la personne, a cédé la place au moralisme, impératif catégorique, qui s’impose aux individus sous la haute suprématie de l’Etat démocratique dont le peuple ne saurait, sans contradiction, contester la législation en ce domaine comme en d’autres, puisque, par définition, l’Etat démocratique agit au nom du peuple qui en a élu les faiseurs de loi.

Accepter des préceptes moraux, c’est d’abord exercer, librement, une autocensure personnelle dont les autres ont de bonnes chances d’être bénéficiaires.

Obéir aux diktats du moralisme c’est, avant tout, subir, déni de liberté, une censure imposée d’ailleurs.

 

 

Mais il y a pire à constater : comme le diable est le singe de Dieu, le moralisme est le singe de la morale. Et comme le diable est l’incarnation du Mal et Dieu la source de tout Bien, le moralisme appelle souvent « bien », aujourd’hui, ce que la morale la plus universelle a toujours désigné comme étant le Mal.

A ce stade prenons un exemple, éminemment éclairant : l’avortement. De tous temps, avant et après Jésus-Christ, on s’est accordé, même si la pratique ou une certaine tolérance a pu accréditer la thèse contraire, que l’avortement, naturel, ou provoqué, était un mal, et, dans le second cas, un acte condamnable, une incontestable suppression d’une vie humaine dans le ventre qui la porte. Qu’en dit-on de nos jours ? : que c’est un « droit » de la femme, durement acquis, « à disposer de son corps ».

Inversion des valeurs, subversion, devrait-on plutôt écrire. Et la chape de plomb du moralisme s’est abattue sur cette réalité. Il fut un temps, pas lointain, où manifester, même à quelques centaines de personnes, pacifiquement, contre ce « droit », constituait une atteinte à « l’ordre public » (cet ordre-là reste très apprécié de l’Autorité surtout comme prétexte pour faire taire qui la dérange…), provocation qui ne pouvait être combattue qu’à coups de trique policière.

Malheur à la jeune fille enceinte, comme il en existe légion, qui, mue par quelque secrète et instinctive exigence de sa conscience, voudrait résister à la pression de son entourage exercée pour qu’elle se défasse de ce qui gonfle son ventre ; le moralisme va se déchaîner contre elle : « Tu gênes tout le monde, ce n’est pas bien, comment vas-tu l’élever ? Ce sera une charge insupportable pour la société, pour toi, ta famille, ton petit ami (qui va d’ailleurs t’abandonner si tu persistes à désobéir aux lois que la République a eu la bonté de concocter pour toi), et d’ailleurs cet enfant, non désiré, va être malheureux (nous en sommes rendus à ce stade aux très grosses larmes de crocodile, sécrétion préférée du moralisme compatissant…) etc. »

Si la morale peut libérer chacun de ses pires démons intérieurs et par-là même protéger l’autre de chacun, et permettre à tous de respirer, le moralisme emprisonne et chacun et l’autre et étouffe la quasi-totalité des individus.

Je faisais allusion plus haut à la matraque. Le moralisme s’accommode fort bien de la répression, mieux il la suscite, pire il en a besoin, à dire vrai il ne peut s’en passer. Il arrive même qu’elle précède le discours théorique sur l’interdit, celui-ci venant, en retard, à la rescousse pour mieux justifier celle-là.

 

 

Tout ceci se comprend aisément comme conséquence du cycle infernal dans lequel s’enferme la société : puisque la personne est invitée à ne plus avoir de conscience et l’individu contraint à n’accepter que celle de l’Etat, il faut s’assurer qu’il va obéir. Et quelle meilleure garantie que la multiplication des surveillants humains et mécaniques ?

 

(A suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Lundi 29 juin 2009

                                     

L’Etat est donc une drogue. En manque d’Etat le corps social souffre. Même le patronat, toujours prompt à demander à celui-ci de « rester à sa place », n’hésite pas à l’occasion du moindre de ses petits malheurs, à l’inviter à se mettre à la sienne.

Est-ce bien raisonnable ?

L’Etat est un cancer : laissez-le faire et  il envahit tout le champ des libertés des citoyens pour mieux administrer, contrôler, sanctionner.

On serait donc tenté de proclamer : Vive l’Anarchie !

Hélas !, l’Anarchie (prise un temps au sérieux, comme système politique, bien entendu), est une douce utopie. Elle ne pourrait prendre un peu de réalité que dans des groupes humains de taille modeste, vivant en autarcie sur des territoires protégés de toute incursion étrangère, donc ne concernerait que des communautés n’ayant pas connu de vrais développements. Et encore, même celles-ci ne se privent ni de dieux, ni de maîtres, ni de tabous.

Si ces mondes-là se rencontrent peut-être encore dans quelques zones oubliées de l’Amazonie, ce ne sont plus les nôtres.

L’Etat, ou ce qui y ressemble, devient, dans une société complexe, une nécessité, ne serait-ce que pour protéger le peuple de l’agressivité d’autres populations exogènes.

Même faible, il n’est pas d’exemple de nation qui ne possède un Etat. Et l’Etat moderne, autoritaire comme démocratique, a tendance à devenir un Etat plus ou moins totalitaire, (au sens propre du terme : « Qui prétend englober la totalité des éléments d’un ensemble donné », en l’occurrence ici la Nation ou les Patries).

 

 

Alors si l’Etat est tout à la fois indispensable et « un être énorme, terrible, débile. Cyclope d’une puissance et d’une maladresse insignes, enfant monstrueux de la Force et du Droit » (Paul Valéry), quel rôle assigner à ce bien nécessaire toujours menaçant de se transformer en mal superflu ?

La raison commande : le plus petit rôle souhaitable dans l’ordre de la conduite des peuples. Le plus grand rôle possible dans l’ordre de la protection des peuples.

On sait que sans lui les populations seraient en proie à deux fléaux : la guerre civile, ou du moins l’affrontement de groupes se faisant justice eux-mêmes (nous y sommes d’ailleurs avec les petites émeutes et autres règlements de comptes de banlieues), la guerre étrangère, ou du moins l’invasion plus ou moins légale du territoire (nous y sommes avec l’immigration clandestine).

Protéger les citoyens honnêtes de ceux qui ne le sont pas. Protéger tous les citoyens, honnêtes ou pas, parce qu’ils relèvent tous du même devoir d’assistance, de ceux qui sont étrangers à la communauté concernée.

Je peux passer alliance avec mon employeur, avec mon employé, sans que l’Etat ne doive s’en mêler, sur la base du contrat librement consenti. Je ne peux me faire justice (ne serait-ce que parce que je n’en ai pas souvent les moyens), contre autrui, d’où qu’il vienne, sans courir le double risque d’ajouter du désordre au désordre et d’être inefficace.

Contenir l’Etat, nécessité absolue, c’est le contraindre à rester dans son emploi. C’est déjà considérable ! La police, la justice, l’armée doivent dépendre de lui.

 

 

Et au-delà ? Je dirais : c’est tout !

Et pour toute autre revendication de pouvoir supplémentaire, l’Etat est prié de demander poliment au peuple, libre, ce qu’il souhaite.

Pour vivre, certes, il lui faut lever un impôt. C’est la juste contrepartie du service rendu. Mais l’impôt doit être le plus général (payé par tous), et le plus anonyme qu’il soit. Sinon commence la perquisition permanente que ne peut accepter un peuple vraiment libre.

De ce point de vue-là, la TVA est le plus acceptable de tous les impôts. On peut souffrir aussi, à condition qu’il soit modéré dans son taux, un prélèvement sur les bénéfices des entreprises, dont les comptes sont publics, et qui sont des entités, pas des individus.

 

 

Et au-delà ? Je dirais : c’est tout !

Un Etat, pas miséreux bien sûr, mais pauvre, est un Etat modeste. Il doit être géré avec prudence, en bon père de famille. Et donc il doit veiller, chaque année, à rendre moins qu’il n’a reçu.

Car cet Etat protecteur, en cas de crise grave, nous y sommes, doit pouvoir mobiliser ses économies pour, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, aider les plus démunis à ne pas tomber dans l’indigence, et pour peu que le produit de la charité privée fasse défaut ou soit insuffisant. C’est aussi cela l’intelligence du cœur associée à ce que Charles Maurras aurait appelé « l’empirisme organisateur », et c’est  cela un Etat sain gouverné par la raison.

 

 

Cet Etat-là, est-il besoin de le préciser ?, ce n’est pas le nôtre, qui défend mal le citoyen, mais  qui gaspille les deniers publics depuis des décennies, qui s’est arrogé le droit de réglementer la vie des affaires, du travail, de la famille, de l’éducation en générale, sexuelle en particulier, et d’être, en plus, électricien, constructeur automobile et banquier.

Ceci expliquant largement cela, il est en faillite, comme l’a avoué courageusement un premier ministre pas brillant mais pas idiot, curieusement attelé à un président flamboyant, lui, mais pas très subtil, auquel la banqueroute latente de la puissance publique inspire une sorte de fuite en avant qui creuse un peu plus chaque jour le gouffre déjà effrayant de nos dettes et déficits.

La descente aux enfers financiers de l’Etat n’est pas le résultat d’une quelconque défaillance d’un mauvais gestionnaire comme on en a connu régulièrement au fil des siècles d’histoire ; ne se succèdent à la tête de l’Etat et de son  gouvernement, entourés de moult conseillers compétents, que des esprits éclairés et capables. Elle est en fait induite par la nature même de cet Etat : Etat moderne, démocratique, omnipotent, rendu impotent, gavé qu’il est de toutes les promesses clientélistes que chaque élection lui a fait absorber pour bien les satisfaire.

 

 

Cet Etat peut-il se réformer par lui-même ? J’en doute fort, car il me semble que la première, la seule en définitive, des questions qu’il convient de se poser, n’est pas de s’interroger pour savoir s’il faut ne pas remplacer, comme ça, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (pourquoi pas 2 ou 2,5 sur 3 d’ailleurs ? De toute façon il y en a des millions de trop !), non la première question et que personne ne semble plus se poser est la suivante : A quoi sert l’Etat ?

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 10 juin 2009



DANS LES MEDIAS

12 mai : Marc NINO m'a reçu en direct dans son journal de 18h30 sur TVFIL 78 ( chaîne locale sur le cable, mais toujours visible par internet ; en passant par google tapez tout simplement TVFIL78, calez-vous sur le journal "Le Direct" du 12 mai à 18h30, laissez passer 40 minutes d'enregistrement car je suis passé en fin de journal, et vous pourrez visionner dans les minutes suivantes mon entretien).
 
13 mai : TOUTES LES NOUVELLES DES YVELINES, hebdomadaire, ont publié l'article d'Emmanuel FEVRE.
Extrait : "L'histoire mèle ironie et humour dans un style d'écriture fluide propre à porter le lecteur vers la chute de l'histoire"

13 mai : LE COURRIER DES YVELINES a annoncé aussi la publication de mon roman.

28 mai : Anne BRASSIE m'a accueilli sur RADIO COURTOISIE (il est toujours possible de demander un enregistrement de l'émission à la radio, (une heure),  61 boulevard Murat 75016 PARIS, contre quelques euros, tél. : 01 46 51 00 85).


10 juin : Publication dans LE COURRIER DES YVELINES de l'article de Marc DUFLOT.

11 juin : Le journal municipal LES NOUVELLES DE L'ETANG LA VILLE, me présente et annonce la vente-dédicace du 20 juin.

20 juin : Article d'Yves FOSSEY dans LE PARISIEN édition des YVELINES.

26 juin : entretien sur la web télévision, CLARIPOLIS.FR (visible jusqu'au 31 octobre 2009).

30 juin : Publication dans POLITIQUE MAGAZINE de l'article de Benoît GOUSSEAU, Rédacteur en Chef.
Extrait : "Le récit est bien mené et une écriture soignée donne à l'ensemble une bonne allure".

2 juillet : Reportage d'YVELINES PREMIERE, sera diffusé courant septembre.

10 juillet : Dans les LIVRES PROPOS de P.L. MOUDENC dans RIVAROL  : " Le lecteur se prend d'intérêt pour ces destins croisés, dont l'un au moins débouchera sur une issue tragique. Peut-être se reconnaîtra-t-il dans l'un ou l'autre de ces jeunes gens, représentatifs de leur époque, certes, mais transposables en d'autres temps. Il a en mains toutes les cartes pour répondre aux questions existentielles évoquées ci-dessus. Car l'auteur se garde de conclure, ce pourquoi on ne saurait trop louer sa sagesse." (Extraits)


VENTES-DEDICACES (Qui marchent fort bien, je dois dire)

16 mai :Vente-dédicace à la Maison de la Presse de MARLY LE ROI.
 
6 juin : Vente-dédicace de 15h30 à 18h00 à la LIBRAIRIE DUQUESNE, 27 avenue Duquesne PARIS 7e (Métro Ecole Militaire ou St François-Xavier). Petite anecdote vécue : j'étais arrivé depuis 15 minutes lorsqu'une voiture se gara, sportivement, devant la librairie. Il en descendit un homme pressé qui alla droit sur moi, et que j'eus tout juste le temps de reconnaître, et qui me dit :"Monsieur, vous n'êtes pas venu pour rien, merci de me dédicacer votre livre ! Jean-Claude Bourret, B.O.U.R.R.E.T. " Certes je savais écrire son nom ! (pour les trop jeunes ou les distraits, Jean-Claude Bourret est un célèbre, et populaire en son temps, présentateur de télévision). Et de m'expliquer un peu plus tard qu'il avait reçu un courriel et deux appels téléphoniques pour l'inciter à acheter mon livre. Etonnant, non ?
 

13 juin : Vente-dédicace de 10h30 à 12h30 et de 16h à 18h à la MAIS
ON DE LA PRESSE au VESINET 28 bis rue du Maréchal Foch.

14 juin : Je suis présent à la fête du livre de RADIO COURTOISIE sur le stand d'Anne BRASSIE (manifestation de 14h à 19h qui se tient à L'ESPACE CHAMPERRET, tout près de la porte du périphérique parisien du même nom).

20 juin : Vente-dédicace de 10h à 12h30 et de 15h30 à 18h30 à LA MAISON DE LA PRESSE à L'ETANG LA VILLE (78).Record absolu : 35 ventes-dédicaces. Une anecdote : une dame s'est présentée pour me demander de dédicacer mon roman au nom de Pierre GADONNEIX, son époux et... qui n'est autre que le PDG d'EDF !

27 juin : Vente-dédicace de 16h à 19h à la librairie du PINCERAIS 117, rue du Général de Gaulle à POISSY

19 septembre : Vente-dédicace à la librairie France Livres, 6 rue du Petit Pont, PARIS 5e (métro St Michel).


Rappel :

Vous pouvez commander (ou notamment trouver sur place, dans les Maisons de la Presse et librairies citées plus haut, chez Gibert Joseph à Versailles, à l'Univers du Livre à St Germain en Laye etc.), mon roman :
- Auprès d'un libraire ou d'une maison de presse (qui sont tenus, de par la loi, d'honorer cette demande),
- Sur les bases internet, Amazon, alapage, chapitre.com etc.,

 
Si vous aimez ce livre, ne le prêtez pas (trop), faites le connaître à vos parents, amis et relations. Au nom de l'éditeur et de moi-même, d'avance, merci.


                                 
" Jacques voudrait que sa jeunesse s'éternise et que les plus jolies des filles lui tiennent compagnie en cette improbable suspension de sa marche vers la mort. Nicolas est incommodé d'avoir à assumer la longue existence que lui promettent les statistiques, mais il s'y résigne. Pierre ne ne pose, lui, qu'une seule, véritable et obsédante question : 'Que faire de ma vie ?'" 

Oui, que feront-ils de leur vie, ces trois amis de rencontre, qui ont eu vingt ans au début des années 70 ? Seront-ils maîtres de leur destinée, ou le simple jouet du fatum ? Au lecteur de découvrir et de conclure...


                                          
   CHEMINS DE CIRCONSTANCES

                                                de François-Xavier GELIN
                                                                                                                                                                                                                    Aux Editions BENEVENT

                                                        16 euros
                       
                                    
                                     
Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Mercredi 20 mai 2009

 

Voilà une bonne question qui mérite d’être posée à l’heure où la dite « crise » fait de l’Etat le sauveur suprême, où l’on proclame le « retour de l’Etat ».

A dire vrai, l’Etat s’était-il seulement rendu circonspect ces dernières années ? On a peine à le croire.

 

 

Au droit européen qui s’impose à nous et déverse quotidiennement ses injonctions qui ne souffrent pas débat, s’ajoute le droit national qui n’en finit pas, lui aussi,  de se donner de bonnes raisons de s’immiscer dans la vie de chaque Français. Le nombre de lois, règlements, n’a pas cessé de progresser depuis 10 ans, et à une vitesse exponentielle.

On se vante de réformer sans discontinuer, d’empiler les textes législatifs dont l’exécutif tarde souvent à produire les décrets d’application.

Le président de la République ne veut pas de « pause dans les réformes » ; il faut donc bien que la machine à légiférer tourne à plein régime. Certains députés, lucides et courageux, tentent de faire valoir qu’avant de rajouter une couche supplémentaire à l’épaisse légalité sédimentaire, il conviendrait de rendre applicables les règles existantes, mais en vain.

 

 

Si nous étions encore un peuple libre, il y a belle lurette que nous nous serions révoltés contre cet Etat envahissant, nous n’aurions pas été un ou deux, mais dix millions dans la rue, occupant l’Elysée, les Chambres, et le Conseil d’Etat, pour réclamer que le pouvoir central se fasse humble et discret.

Mais nous ne sommes plus un peuple libre, nous sommes un peuple démocratique, c’est tout le contraire.

Comme l’a admirablement noté et montré, à une époque où il fallait une grande intelligence observatrice pour le pressentir, l’excellent Alexis de Tocqueville, en étudiant le comportement de nos cousins d’Amérique, le peuple en démocratie troque sa liberté contre la sécurité. Bien plus qu’aux Etats-Unis, nous avons fait en France, de cet échange, un principe absolu.

Ö Saint Etat, protégez-nous ! Et la devise républicaine de « Liberté » se heurte à tout instant avec celle de « Egalité », sans que personne au plus niveau ne se préoccupe de cette contradiction majeure (Voir aussi ma chronique sur « Egalité, Liberté, Fraternité »).

On râle contre l’impôt à payer mais l’on consent à ce qu’il soit levé à toutes occasions, car c’est un facteur sacré de redistribution (bien imparfaite toutefois), de la richesse commune, dont personne ne se soucie trop de savoir par qui elle est produite, tant elle semble inépuisable. Et l’on se gargarise, ces derniers temps, que les fameux « avantages sociaux » produits merveilleux du « modèle français » constituent un précieux « matelas », que le reste du monde nous envie, pour amortir la chute du pouvoir d’achat de foyers tombés dans la précarité.

 

 

Lorsqu’au début du XXe siècle, la chambre des députés a débattu de l’instauration de l’impôt sur le revenu, à l’époque sur une base pourtant bien modeste, il s’est trouvé beaucoup d’hommes, d’un autre âge, héritiers d’un passé, -lorsque la France, selon la juste expression de Jacques Bainville, était « hérissée de libertés », peu individuelles sans doute, mais incontestablement collectives, et donc puissantes pour protéger les personnes-, pour s’opposer à cette dérive.

Ils le faisaient, horrifiés à l’idée que la puissance publique puisse se permettre de contrôler les gains de chacun, obtenu par son travail.

On sait ce qu’est devenu ce fameux impôt. Il peut vous voler jusqu’à 40 ou 50% de vos ressources. Il est toujours là, exigible ; enfin, réclamé seulement à la moitié des Français, grâce au maquis des niches fiscales, par lesquelles le Pouvoir, magnanime, consent à des « assujettis », des octrois ; citoyens de la République, qui, au moins de ce point de vue là, auraient gagné à rester des sujets du Roi. Cette situation choque une partie du personnel politique qui ne voit d’autre issue à cette détestable conjoncture que dans la réclamation du paiement d’un impôt sur le revenu par tous avec un minima incompressible !

Mais qu’on le paye ou pas, il faut dans presque tous les cas déclarer la moindre de ses rémunérations, sa situation familiale, ses avantages en nature, les dons effectués (quelle indiscrétion !), produire des justificatifs etc. tout cela parce qu’il faut faire tourner l’usine à perquisitionner. Cela nous occupe une fois par an, des fonctionnaires toute l’année, et avisez-vous de refuser cette ponction  et cette enquête arbitraires, et vous verrez ce qu’il vous en cuira !

En dépit de certaines apparences, Nicolas Sarkozy, même réduit à la triste condition  de gestionnaire d’un pays soumis à la loi d’airain d’un Super Etat qui ne dit pas son nom et qui travaille à Bruxelles, peut beaucoup plus contre chaque Français que n’a pu Louis XIV. Le soleil du dernier paraît bien pâle face à l’astre flamboyant du premier.

Dans un pays libre, l’impôt sur le revenu, pour ne prendre que cet exemple, n’existerait pas, ne pourrait exister, car il repose sur un système inquisitorial qui, en tant que tel, ne peut être que refusé par des hommes libres.

 

 

L’Etat, du moins l’Etat français, s’est mêlé, se mêle encore, et se mêlera toujours demain, je le crains, de tout ce qui ne le regarde pas.

Et il est assez comique d’entendre ou de lire que l’on tournerait le dos, aujourd’hui, sous les conséquences désastreuses du consentement de crédits douteux par les banques Nord-Américaines aux propriétaires fonciers yankees, à « l’ultra-libéralisme » dont Nicolas Sarkozy se serait fait le chantre il y a encore peu, pendant une certaine campagne électorale et au début de son quinquennat.

Outre que j’ai souligné, dans des chroniques précédentes (Cf. la série sur « La girouette »), que le futur président de la République avait à l’époque de sa candidature soutenu à peu près tous les points de vue, libéraux et étatistes, pour mieux s’assurer une élection confortable, encore faudrait-il, pour revenir de « l’ultra-libéralisme » (toujours l’emploi de ce mot qui fait peur, « ultra »), avoir un jour adopté le libéralisme ce à quoi la France issue de la seconde guerre mondiale, formatée, pour longtemps, par une coalition gaullo-communiste éphémère mais redoutablement efficace, n’a jamais consenti.

Etat soviétoïde nous avons, Etat soviétoïde nous gardons.

Que cet Etat-là, par gros temps économico-social, joue, à court terme, un rôle tutélaire rassurant, c’est aussi incontestable qu’il constitue, à long terme, une étouffante tyrannie.

En pays communistes, il n’y avait pas de chômeurs officiels. Chacun trouvait un emploi. Peut-être pas très utile, dans le cadre d’une économie corsetée, improductive, mais l’oisiveté était bien combattue. On sait au prix de quels sacrifices pour les libertés. Il se trouve des gens, beaucoup de gens, en Russie, pour regretter cette époque. Un homme conditionné par un régime totalitaire l’est durablement.

En France, on a longtemps cru, y compris dans les milieux réputés de droite, que le plein emploi était une nécessité absolue à laquelle la puissance publique se devait de veiller. Georges Pompidou, qui connut le début de la première crise pétrolière, estimait alors, avec inquiétude, que l’on ne pourrait supporter plus de 500.000 chômeurs dans le pays, sans qu’éclate une Révolution !...

 

 

(A suivre)

 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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