Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 21:36

Il ne sera pas question ici de la bronca politico-médiatique qu’a déclenchée le propos du pape sur le préservatif. C’est une manifestation, une de plus, à la fois de l’utilisation du mensonge comme arme de destruction massive de la pensée d’autrui, de la manipulation de l’opinion publique, de l’incroyable conditionnement pavlovien de personnalités dont nous ne pouvons douter des capacités intellectuelles, comme ce pauvre Monsieur Alain Juppé (« le meilleur d’entre nous » avait jugé Jacques Chirac, ce qui ne rassure pas sur l’état du reste du cheptel), qui a perdu une excellente occasion de se taire, surtout en tant que catholique, titre que, décidément, beaucoup de parleurs en vue ne revendiquent, curieusement, que lorsqu’il s’agit pour eux de critiquer leur chef spirituel suprême et l’Eglise dont ils sont membres.

Non, nous voulons traiter du fond, après avoir rappelé ce qu’a dit, exactement, le pape :

Au journaliste Philippe Visseyrias de France 2 qui lui posait la question suivante :

Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?

Benoît XVI a répondu :

      -     Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas d’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuves avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

 

 

Ainsi rétablie la vérité de ses propos qui constituent des faits, indiscutables, notons tout de suite, sans aucun effet d’interprétation, que :

Le pape souligne d’abord et avant tout le rôle important de l’Eglise catholique dans la lutte contre le sida.

Cette lutte ne peut être gagnée uniquement avec des slogans publicitaires.

Il faut un supplément d’âme, un « renouveau spirituel et humain », car « on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs », ce que tout épidémiologiste sérieux sait parfaitement.

En se contentant de répandre l’objet en question, « au contraire, cela risque d’augmenter le problème », ce qui est, n’en déplaise à certains, une vérité.

Dans tout cela où est la condamnation absolue du préservatif ? Nulle part. Et ce n’est pas le sujet de Benoît XVI, bien sûr. L’essentiel de l’intention du pape a consisté à élever le débat  à un niveau où, effectivement, il s’est retrouvé un peu seul, encore que j’ai cru comprendre, au vu du très chaleureux accueil qu’ils lui ont réservé, que les Africains, eux, n’avaient eu nulle difficulté à saisir le sens du message qui leur avait été délivré (contrairement à ces pauvres blancs de France et d’ailleurs, parmi lesquels on dénombrait, non sans étonnement, quelques prélats…)

 

 

Ceci étant dit, ces censeurs vociférateurs, qui se mêlent de donner des leçons de morale à une autorité morale, qui comme toutes les vraies autorités morales (je ne parle pas de la Halde…), est dans son rôle, alors qu’ils ne sont pas, eux, dans le leur, espéraient-ils sérieusement que Benoît XVI s’adresserait ainsi aux catholiques, pour leur faire plaisir, satisfaire les non-catholiques et Madame Roseline Bachelot : « Si vous couchez avec le premier ou la première venu(e), n’oubliez pas d’enfiler au bon moment une petite capote » ?

 

 

Mais laissons tout cela. Ce dont est coupable le chef de l’Eglise c’est d’avoir dit la Vérité et une vérité scientifique.

En effet, et même les « experts » de l’ONU, il y a encore quelques années le reconnaissaient, avant que la pensée unique, dans ce domaine également, fasse des ravages, le « d’abord » et le « tout préservatif » est une absurdité qui « risque d’augmenter le problème » a dit Benoît XVI avec encore une grande prudence.

Evidemment, vivant dans l’illusion, entretenue par la propagande officielle, d’être protégés (rappelons tout de même que l’estimation de l’efficacité d’un préservatif varie selon de nombreux critères de 40 à 95%, n’est jamais fiable en tout cas à 100%, ce qui déjà, en soi, devrait donner à réfléchir, au moins autant que lorsque l’on joue à se faire peur avec un pistolet chargé d’une seule balle), les hommes et les femmes qui pratiquent le vagabondage sexuel, multiplient les expériences et donc les risques, et c’est ainsi que le mal progresse.

Personne n’a jamais démontré, là où, accompagnés d’un bourrage de crânes très bien orchestré, des millions de dollars sont engloutis pour distribuer massivement des bouts de caoutchouc, comme solution unique, universelle,  et sûre, au problème posé, que le sida reculait. Bien « au contraire ». Faut-il ajouter, pour la confusion de certains, qu’un enfant de 10 ans peut comprendre pourquoi ?

 

 

 

Et dans quels pays africains ce fléau est combattu avec des résultats qu’il faut bien qualifier de spectaculaires ? Dans ceux où l’autorité étatique mène officiellement campagne, et sans tabou, en faveur de la chasteté avant le mariage, de la fidélité après, et du préservatif comme dernier recours pour ceux qui ne parviennent pas à régler leur vie selon les principes précédents, c’est-à-dire bien souvent les homosexuels, les prostituées mais aussi les drogués. Et cela marche, ce qui en dit long, entre parenthèses, sur la soi-disante incapacité de ces peuples de pays chauds à maîtriser certaines poussées de l’instinct.

C’est ainsi qu’en Ouganda, pour ne citer que cet exemple, la population infectée à hauteur de 15% en 1991, ne l’est plus, après ce « traitement » des mentalités, qu’à 5% en 2001. Qui se trompe, dites-moi ?

 

 

Mais pourquoi cet acharnement imbécile de la part de gens qui se réjouissent pourtant, au moins en Occident, du déclin du christianisme, qui se frottent les mains du peu d’influence qu’exerce encore l’Eglise sur les consciences, non sans raisons objectives il est vrai, et même en Afrique où elle subit la « concurrence » de bien des écoles de pensée et de comportement ? Redoutent-ils tant que « le cadavre bouge encore » ? De quoi ont-ils peur ?

De la Vérité, tout simplement, de la Vérité, cette Vérité qui toujours vous rend libre, et qui tombe là de la bouche d’un pape, quel danger !

 

 

Car cette Vérité remet en cause leur dogme à eux, leur dogme trompeur, celui de la Libération Sexuelle. Tout est là. Ce n’est pas le pape qu’il faut traiter de criminel, c’est mai 1968. L’épidémie du sida est l’enfant monstrueux de l’épidémie mentale dont la souche est mai 68.

« Jouissez sans entraves » proclamaient les murs parisiens en ce festif printemps. Mais mon bon Monsieur Cohn Bendit, comment jouir sans entraves lorsqu’en pleine manœuvre roborative, il faut faire une pause pour revêtir ce pardessous (en effet, c’est de l’intérieur qu’il va pleuvoir).

La technique et l’élan amoureux font bien mauvais ménage, et comment ne pas comprendre que deux êtres en bonne santé et qui se désirent fort, méprisent de recourir à la triste première pour mieux s’abandonner aux charmes du second ?

Comme le souligne la très catholique Madame Boutin (a-t-elle expérimenté la chose ? Si oui, avec qui ? Mon Dieu !) : « Ce n’est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l’amour ».

 

 

Alors tous ces fous furieux qui se font passer pour sages, préfèrent défendre le mythe du condom infaillible, plutôt que l’affronter la réalité de leur idéologie de mort, de leur idéologie qui défie le bon sens et insulte la recherche du bien commun, et toujours au profit de ce funeste individualisme, en l’occurrence ici particulièrement suicidaire.

Vous comprenez, il faudrait « revenir en arrière », c’est horrible pour des « progressistes » congénitaux.

Faut-il rappeler avec Bacon « que l’on ne commande à la nature qu’en lui obéissant », et que l’on ne peut pas faire impunément n’importe quoi avec son corps, sans prendre le risque certain de le détruire ?

Il ne sera pas question ici de la bronca politico-médiatique qu’a déclenchée le propos du pape sur le préservatif. C’est une manifestation, une de plus, à la fois de l’utilisation du mensonge comme arme de destruction massive de la pensée d’autrui, de la manipulation de l’opinion publique, de l’incroyable conditionnement pavlovien de personnalités dont nous ne pouvons douter des capacités intellectuelles, comme ce pauvre Monsieur Alain Juppé (« le meilleur d’entre nous » avait jugé Jacques Chirac, ce qui ne rassure pas sur l’état du reste du cheptel), qui a perdu une excellente occasion de se taire, surtout en tant que catholique, titre que, décidément, beaucoup de parleurs en vue ne revendiquent, curieusement, que lorsqu’il s’agit pour eux de critiquer leur chef spirituel suprême et l’Eglise dont ils sont membres.

Non, nous voulons traiter du fond, après avoir rappelé ce qu’a dit, exactement, le pape :

Au journaliste Philippe Visseyrias de France 2 qui lui posait la question suivante :

Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?

Benoît XVI a répondu :

      -     Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas d’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuves avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

 

 

Ainsi rétablie la vérité de ses propos qui constituent des faits, indiscutables, notons tout de suite, sans aucun effet d’interprétation, que :

Le pape souligne d’abord et avant tout le rôle important de l’Eglise catholique dans la lutte contre le sida.

Cette lutte ne peut être gagnée uniquement avec des slogans publicitaires.

Il faut un supplément d’âme, un « renouveau spirituel et humain », car « on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs », ce que tout épidémiologiste sérieux sait parfaitement.

En se contentant de répandre l’objet en question, « au contraire, cela risque d’augmenter le problème », ce qui est, n’en déplaise à certains, une vérité.

Dans tout cela où est la condamnation absolue du préservatif ? Nulle part. Et ce n’est pas le sujet de Benoît XVI, bien sûr. L’essentiel de l’intention du pape a consisté à élever le débat  à un niveau où, effectivement, il s’est retrouvé un peu seul, encore que j’ai cru comprendre, au vu du très chaleureux accueil qu’ils lui ont réservé, que les Africains, eux, n’avaient eu nulle difficulté à saisir le sens du message qui leur avait été délivré (contrairement à ces pauvres blancs de France et d’ailleurs, parmi lesquels on dénombrait, non sans étonnement, quelques prélats…)

 

 

Ceci étant dit, ces censeurs vociférateurs, qui se mêlent de donner des leçons de morale à une autorité morale, qui comme toutes les vraies autorités morales (je ne parle pas de la Halde…), est dans son rôle, alors qu’ils ne sont pas, eux, dans le leur, espéraient-ils sérieusement que Benoît XVI s’adresserait ainsi aux catholiques, pour leur faire plaisir, satisfaire les non-catholiques et Madame Roseline Bachelot : « Si vous couchez avec le premier ou la première venu(e), n’oubliez pas d’enfiler au bon moment une petite capote » ?

 

 

Mais laissons tout cela. Ce dont est coupable le chef de l’Eglise c’est d’avoir dit la Vérité et une vérité scientifique.

En effet, et même les « experts » de l’ONU, il y a encore quelques années le reconnaissaient, avant que la pensée unique, dans ce domaine également, fasse des ravages, le « d’abord » et le « tout préservatif » est une absurdité qui « risque d’augmenter le problème » a dit Benoît XVI avec encore une grande prudence.

Evidemment, vivant dans l’illusion, entretenue par la propagande officielle, d’être protégés (rappelons tout de même que l’estimation de l’efficacité d’un préservatif varie selon de nombreux critères de 40 à 95%, n’est jamais fiable en tout cas à 100%, ce qui déjà, en soi, devrait donner à réfléchir, au moins autant que lorsque l’on joue à se faire peur avec un pistolet chargé d’une seule balle), les hommes et les femmes qui pratiquent le vagabondage sexuel, multiplient les expériences et donc les risques, et c’est ainsi que le mal progresse.

Personne n’a jamais démontré, là où, accompagnés d’un bourrage de crânes très bien orchestré, des millions de dollars sont engloutis pour distribuer massivement des bouts de caoutchouc, comme solution unique, universelle,  et sûre, au problème posé, que le sida reculait. Bien « au contraire ». Faut-il ajouter, pour la confusion de certains, qu’un enfant de 10 ans peut comprendre pourquoi ?

 

 

 

Et dans quels pays africains ce fléau est combattu avec des résultats qu’il faut bien qualifier de spectaculaires ? Dans ceux où l’autorité étatique mène officiellement campagne, et sans tabou, en faveur de la chasteté avant le mariage, de la fidélité après, et du préservatif comme dernier recours pour ceux qui ne parviennent pas à régler leur vie selon les principes précédents, c’est-à-dire bien souvent les homosexuels, les prostituées mais aussi les drogués. Et cela marche, ce qui en dit long, entre parenthèses, sur la soi-disante incapacité de ces peuples de pays chauds à maîtriser certaines poussées de l’instinct.

C’est ainsi qu’en Ouganda, pour ne citer que cet exemple, la population infectée à hauteur de 15% en 1991, ne l’est plus, après ce « traitement » des mentalités, qu’à 5% en 2001. Qui se trompe, dites-moi ?

 

 

Mais pourquoi cet acharnement imbécile de la part de gens qui se réjouissent pourtant, au moins en Occident, du déclin du christianisme, qui se frottent les mains du peu d’influence qu’exerce encore l’Eglise sur les consciences, non sans raisons objectives il est vrai, et même en Afrique où elle subit la « concurrence » de bien des écoles de pensée et de comportement ? Redoutent-ils tant que « le cadavre bouge encore » ? De quoi ont-ils peur ?

De la Vérité, tout simplement, de la Vérité, cette Vérité qui toujours vous rend libre, et qui tombe là de la bouche d’un pape, quel danger !

 

 

Car cette Vérité remet en cause leur dogme à eux, leur dogme trompeur, celui de la Libération Sexuelle. Tout est là. Ce n’est pas le pape qu’il faut traiter de criminel, c’est mai 1968. L’épidémie du sida est l’enfant monstrueux de l’épidémie mentale dont la souche est mai 68.

« Jouissez sans entraves » proclamaient les murs parisiens en ce festif printemps. Mais mon bon Monsieur Cohn Bendit, comment jouir sans entraves lorsqu’en pleine manœuvre roborative, il faut faire une pause pour revêtir ce pardessous (en effet, c’est de l’intérieur qu’il va pleuvoir).

La technique et l’élan amoureux font bien mauvais ménage, et comment ne pas comprendre que deux êtres en bonne santé et qui se désirent fort, méprisent de recourir à la triste première pour mieux s’abandonner aux charmes du second ?

Comme le souligne la très catholique Madame Boutin (a-t-elle expérimenté la chose ? Si oui, avec qui ? Mon Dieu !) : « Ce n’est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l’amour ».

 

 

Alors tous ces fous furieux qui se font passer pour sages, préfèrent défendre le mythe du condom infaillible, plutôt que l’affronter la réalité de leur idéologie de mort, de leur idéologie qui défie le bon sens et insulte la recherche du bien commun, et toujours au profit de ce funeste individualisme, en l’occurrence ici particulièrement suicidaire.

Vous comprenez, il faudrait « revenir en arrière », c’est horrible pour des « progressistes » congénitaux.

Faut-il rappeler avec Bacon « que l’on ne commande à la nature qu’en lui obéissant », et que l’on ne peut pas faire impunément n’importe quoi avec son corps, sans prendre le risque certain de le détruire ?

Il ne sera pas question ici de la bronca politico-médiatique qu’a déclenchée le propos du pape sur le préservatif. C’est une manifestation, une de plus, à la fois de l’utilisation du mensonge comme arme de destruction massive de la pensée d’autrui, de la manipulation de l’opinion publique, de l’incroyable conditionnement pavlovien de personnalités dont nous ne pouvons douter des capacités intellectuelles, comme ce pauvre Monsieur Alain Juppé (« le meilleur d’entre nous » avait jugé Jacques Chirac, ce qui ne rassure pas sur l’état du reste du cheptel), qui a perdu une excellente occasion de se taire, surtout en tant que catholique, titre que, décidément, beaucoup de parleurs en vue ne revendiquent, curieusement, que lorsqu’il s’agit pour eux de critiquer leur chef spirituel suprême et l’Eglise dont ils sont membres.

Non, nous voulons traiter du fond, après avoir rappelé ce qu’a dit, exactement, le pape :

Au journaliste Philippe Visseyrias de France 2 qui lui posait la question suivante :

Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?

Benoît XVI a répondu :

      -     Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas d’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuves avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

 

 

Ainsi rétablie la vérité de ses propos qui constituent des faits, indiscutables, notons tout de suite, sans aucun effet d’interprétation, que :

Le pape souligne d’abord et avant tout le rôle important de l’Eglise catholique dans la lutte contre le sida.

Cette lutte ne peut être gagnée uniquement avec des slogans publicitaires.

Il faut un supplément d’âme, un « renouveau spirituel et humain », car « on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs », ce que tout épidémiologiste sérieux sait parfaitement.

En se contentant de répandre l’objet en question, « au contraire, cela risque d’augmenter le problème », ce qui est, n’en déplaise à certains, une vérité.

Dans tout cela où est la condamnation absolue du préservatif ? Nulle part. Et ce n’est pas le sujet de Benoît XVI, bien sûr. L’essentiel de l’intention du pape a consisté à élever le débat  à un niveau où, effectivement, il s’est retrouvé un peu seul, encore que j’ai cru comprendre, au vu du très chaleureux accueil qu’ils lui ont réservé, que les Africains, eux, n’avaient eu nulle difficulté à saisir le sens du message qui leur avait été délivré (contrairement à ces pauvres blancs de France et d’ailleurs, parmi lesquels on dénombrait, non sans étonnement, quelques prélats…)

 

 

Ceci étant dit, ces censeurs vociférateurs, qui se mêlent de donner des leçons de morale à une autorité morale, qui comme toutes les vraies autorités morales (je ne parle pas de la Halde…), est dans son rôle, alors qu’ils ne sont pas, eux, dans le leur, espéraient-ils sérieusement que Benoît XVI s’adresserait ainsi aux catholiques, pour leur faire plaisir, satisfaire les non-catholiques et Madame Roseline Bachelot : « Si vous couchez avec le premier ou la première venu(e), n’oubliez pas d’enfiler au bon moment une petite capote » ?

 

 

Mais laissons tout cela. Ce dont est coupable le chef de l’Eglise c’est d’avoir dit la Vérité et une vérité scientifique.

En effet, et même les « experts » de l’ONU, il y a encore quelques années le reconnaissaient, avant que la pensée unique, dans ce domaine également, fasse des ravages, le « d’abord » et le « tout préservatif » est une absurdité qui « risque d’augmenter le problème » a dit Benoît XVI avec encore une grande prudence.

Evidemment, vivant dans l’illusion, entretenue par la propagande officielle, d’être protégés (rappelons tout de même que l’estimation de l’efficacité d’un préservatif varie selon de nombreux critères de 40 à 95%, n’est jamais fiable en tout cas à 100%, ce qui déjà, en soi, devrait donner à réfléchir, au moins autant que lorsque l’on joue à se faire peur avec un pistolet chargé d’une seule balle), les hommes et les femmes qui pratiquent le vagabondage sexuel, multiplient les expériences et donc les risques, et c’est ainsi que le mal progresse.

Personne n’a jamais démontré, là où, accompagnés d’un bourrage de crânes très bien orchestré, des millions de dollars sont engloutis pour distribuer massivement des bouts de caoutchouc, comme solution unique, universelle,  et sûre, au problème posé, que le sida reculait. Bien « au contraire ». Faut-il ajouter, pour la confusion de certains, qu’un enfant de 10 ans peut comprendre pourquoi ?

 

 

 

Et dans quels pays africains ce fléau est combattu avec des résultats qu’il faut bien qualifier de spectaculaires ? Dans ceux où l’autorité étatique mène officiellement campagne, et sans tabou, en faveur de la chasteté avant le mariage, de la fidélité après, et du préservatif comme dernier recours pour ceux qui ne parviennent pas à régler leur vie selon les principes précédents, c’est-à-dire bien souvent les homosexuels, les prostituées mais aussi les drogués. Et cela marche, ce qui en dit long, entre parenthèses, sur la soi-disante incapacité de ces peuples de pays chauds à maîtriser certaines poussées de l’instinct.

C’est ainsi qu’en Ouganda, pour ne citer que cet exemple, la population infectée à hauteur de 15% en 1991, ne l’est plus, après ce « traitement » des mentalités, qu’à 5% en 2001. Qui se trompe, dites-moi ?

 

 

Mais pourquoi cet acharnement imbécile de la part de gens qui se réjouissent pourtant, au moins en Occident, du déclin du christianisme, qui se frottent les mains du peu d’influence qu’exerce encore l’Eglise sur les consciences, non sans raisons objectives il est vrai, et même en Afrique où elle subit la « concurrence » de bien des écoles de pensée et de comportement ? Redoutent-ils tant que « le cadavre bouge encore » ? De quoi ont-ils peur ?

De la Vérité, tout simplement, de la Vérité, cette Vérité qui toujours vous rend libre, et qui tombe là de la bouche d’un pape, quel danger !

 

 

Car cette Vérité remet en cause leur dogme à eux, leur dogme trompeur, celui de la Libération Sexuelle. Tout est là. Ce n’est pas le pape qu’il faut traiter de criminel, c’est mai 1968. L’épidémie du sida est l’enfant monstrueux de l’épidémie mentale dont la souche est mai 68.

« Jouissez sans entraves » proclamaient les murs parisiens en ce festif printemps. Mais mon bon Monsieur Cohn Bendit, comment jouir sans entraves lorsqu’en pleine manœuvre roborative, il faut faire une pause pour revêtir ce pardessous (en effet, c’est de l’intérieur qu’il va pleuvoir).

La technique et l’élan amoureux font bien mauvais ménage, et comment ne pas comprendre que deux êtres en bonne santé et qui se désirent fort, méprisent de recourir à la triste première pour mieux s’abandonner aux charmes du second ?

Comme le souligne la très catholique Madame Boutin (a-t-elle expérimenté la chose ? Si oui, avec qui ? Mon Dieu !) : « Ce n’est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l’amour ».

 

 

Alors tous ces fous furieux qui se font passer pour sages, préfèrent défendre le mythe du condom infaillible, plutôt que l’affronter la réalité de leur idéologie de mort, de leur idéologie qui défie le bon sens et insulte la recherche du bien commun, et toujours au profit de ce funeste individualisme, en l’occurrence ici particulièrement suicidaire.

Vous comprenez, il faudrait « revenir en arrière », c’est horrible pour des « progressistes » congénitaux.

Faut-il rappeler avec Bacon « que l’on ne commande à la nature qu’en lui obéissant », et que l’on ne peut pas faire impunément n’importe quoi avec son corps, sans prendre le risque certain de le détruire ?

Il ne sera pas question ici de la bronca politico-médiatique qu’a déclenchée le propos du pape sur le préservatif. C’est une manifestation, une de plus, à la fois de l’utilisation du mensonge comme arme de destruction massive de la pensée d’autrui, de la manipulation de l’opinion publique, de l’incroyable conditionnement pavlovien de personnalités dont nous ne pouvons douter des capacités intellectuelles, comme ce pauvre Monsieur Alain Juppé (« le meilleur d’entre nous » avait jugé Jacques Chirac, ce qui ne rassure pas sur l’état du reste du cheptel), qui a perdu une excellente occasion de se taire, surtout en tant que catholique, titre que, décidément, beaucoup de parleurs en vue ne revendiquent, curieusement, que lorsqu’il s’agit pour eux de critiquer leur chef spirituel suprême et l’Eglise dont ils sont membres.

Non, nous voulons traiter du fond, après avoir rappelé ce qu’a dit, exactement, le pape :

Au journaliste Philippe Visseyrias de France 2 qui lui posait la question suivante :

Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?

Benoît XVI a répondu :

      -     Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas d’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuves avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

 

 

Ainsi rétablie la vérité de ses propos qui constituent des faits, indiscutables, notons tout de suite, sans aucun effet d’interprétation, que :

Le pape souligne d’abord et avant tout le rôle important de l’Eglise catholique dans la lutte contre le sida.

Cette lutte ne peut être gagnée uniquement avec des slogans publicitaires.

Il faut un supplément d’âme, un « renouveau spirituel et humain », car « on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs », ce que tout épidémiologiste sérieux sait parfaitement.

En se contentant de répandre l’objet en question, « au contraire, cela risque d’augmenter le problème », ce qui est, n’en déplaise à certains, une vérité.

Dans tout cela où est la condamnation absolue du préservatif ? Nulle part. Et ce n’est pas le sujet de Benoît XVI, bien sûr. L’essentiel de l’intention du pape a consisté à élever le débat  à un niveau où, effectivement, il s’est retrouvé un peu seul, encore que j’ai cru comprendre, au vu du très chaleureux accueil qu’ils lui ont réservé, que les Africains, eux, n’avaient eu nulle difficulté à saisir le sens du message qui leur avait été délivré (contrairement à ces pauvres blancs de France et d’ailleurs, parmi lesquels on dénombrait, non sans étonnement, quelques prélats…)

 

 

Ceci étant dit, ces censeurs vociférateurs, qui se mêlent de donner des leçons de morale à une autorité morale, qui comme toutes les vraies autorités morales (je ne parle pas de la Halde…), est dans son rôle, alors qu’ils ne sont pas, eux, dans le leur, espéraient-ils sérieusement que Benoît XVI s’adresserait ainsi aux catholiques, pour leur faire plaisir, satisfaire les non-catholiques et Madame Roseline Bachelot : « Si vous couchez avec le premier ou la première venu(e), n’oubliez pas d’enfiler au bon moment une petite capote » ?

 

 

Mais laissons tout cela. Ce dont est coupable le chef de l’Eglise c’est d’avoir dit la Vérité et une vérité scientifique.

En effet, et même les « experts » de l’ONU, il y a encore quelques années le reconnaissaient, avant que la pensée unique, dans ce domaine également, fasse des ravages, le « d’abord » et le « tout préservatif » est une absurdité qui « risque d’augmenter le problème » a dit Benoît XVI avec encore une grande prudence.

Evidemment, vivant dans l’illusion, entretenue par la propagande officielle, d’être protégés (rappelons tout de même que l’estimation de l’efficacité d’un préservatif varie selon de nombreux critères de 40 à 95%, n’est jamais fiable en tout cas à 100%, ce qui déjà, en soi, devrait donner à réfléchir, au moins autant que lorsque l’on joue à se faire peur avec un pistolet chargé d’une seule balle), les hommes et les femmes qui pratiquent le vagabondage sexuel, multiplient les expériences et donc les risques, et c’est ainsi que le mal progresse.

Personne n’a jamais démontré, là où, accompagnés d’un bourrage de crânes très bien orchestré, des millions de dollars sont engloutis pour distribuer massivement des bouts de caoutchouc, comme solution unique, universelle,  et sûre, au problème posé, que le sida reculait. Bien « au contraire ». Faut-il ajouter, pour la confusion de certains, qu’un enfant de 10 ans peut comprendre pourquoi ?

 

 

 

Et dans quels pays africains ce fléau est combattu avec des résultats qu’il faut bien qualifier de spectaculaires ? Dans ceux où l’autorité étatique mène officiellement campagne, et sans tabou, en faveur de la chasteté avant le mariage, de la fidélité après, et du préservatif comme dernier recours pour ceux qui ne parviennent pas à régler leur vie selon les principes précédents, c’est-à-dire bien souvent les homosexuels, les prostituées mais aussi les drogués. Et cela marche, ce qui en dit long, entre parenthèses, sur la soi-disante incapacité de ces peuples de pays chauds à maîtriser certaines poussées de l’instinct.

C’est ainsi qu’en Ouganda, pour ne citer que cet exemple, la population infectée à hauteur de 15% en 1991, ne l’est plus, après ce « traitement » des mentalités, qu’à 5% en 2001. Qui se trompe, dites-moi ?

 

 

Mais pourquoi cet acharnement imbécile de la part de gens qui se réjouissent pourtant, au moins en Occident, du déclin du christianisme, qui se frottent les mains du peu d’influence qu’exerce encore l’Eglise sur les consciences, non sans raisons objectives il est vrai, et même en Afrique où elle subit la « concurrence » de bien des écoles de pensée et de comportement ? Redoutent-ils tant que « le cadavre bouge encore » ? De quoi ont-ils peur ?

De la Vérité, tout simplement, de la Vérité, cette Vérité qui toujours vous rend libre, et qui tombe là de la bouche d’un pape, quel danger !

 

 

Car cette Vérité remet en cause leur dogme à eux, leur dogme trompeur, celui de la Libération Sexuelle. Tout est là. Ce n’est pas le pape qu’il faut traiter de criminel, c’est mai 1968. L’épidémie du sida est l’enfant monstrueux de l’épidémie mentale dont la souche est mai 68.

« Jouissez sans entraves » proclamaient les murs parisiens en ce festif printemps. Mais mon bon Monsieur Cohn Bendit, comment jouir sans entraves lorsqu’en pleine manœuvre roborative, il faut faire une pause pour revêtir ce pardessous (en effet, c’est de l’intérieur qu’il va pleuvoir).

La technique et l’élan amoureux font bien mauvais ménage, et comment ne pas comprendre que deux êtres en bonne santé et qui se désirent fort, méprisent de recourir à la triste première pour mieux s’abandonner aux charmes du second ?

Comme le souligne la très catholique Madame Boutin (a-t-elle expérimenté la chose ? Si oui, avec qui ? Mon Dieu !) : « Ce n’est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l’amour ».

 

 

Alors tous ces fous furieux qui se font passer pour sages, préfèrent défendre le mythe du condom infaillible, plutôt que l’affronter la réalité de leur idéologie de mort, de leur idéologie qui défie le bon sens et insulte la recherche du bien commun, et toujours au profit de ce funeste individualisme, en l’occurrence ici particulièrement suicidaire.

Vous comprenez, il faudrait « revenir en arrière », c’est horrible pour des « progressistes » congénitaux.

Faut-il rappeler avec Bacon « que l’on ne commande à la nature qu’en lui obéissant », et que l’on ne peut pas faire impunément n’importe quoi avec son corps, sans prendre le risque certain de le détruire ?

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 21:38

A ce stade des constats, je suis tenté de poser la plume : ne cherchons pas à définir l’extrémisme. C’est une mission impossible. En renonçant à définir le mot, je renonce à qualifier la chose qui pourrait en relever. Ainsi je ne prends pas le risque de me livrer à une analyse linguistique que l’on pourrait soupçonner d’être au service d’une vision personnelle de l’extrémisme permettant de pourchasser « l’ennemi ».

Et pourtant, chacun ressent confusément qu’il y a bien, dans la nature, des « extrémistes », au moins en puissance.

Tout l’effort, sous l’égide, espérons-le, d’une honnêteté intellectuelle, consiste donc à tenter de donner, malgré tout un contenu « objectif » (c’est-à-dire selon le même Robert, précis cette fois-ci : « Se dit d’une description de la réalité, [ou d’un jugement sur elle], indépendante des intérêts, des goûts, des préjugés, de la personne qui l’a fait »), à un mot que le dictionnaire abandonne largement à notre interprétation, et que toute une classe politico-médiatique manipule au service de l’épuration qu’elle entretient.

 

 

Tout d’abord, on ne saurait faire de procès d’intention à une doctrine, une pensée, qui n’a pas trouvé d’applications pratiques. Au nom de quoi qualifier telle idée d’extrémiste et pas telle autre ?

En quoi est-il « extrémiste », par exemple, de vouloir nationaliser les banques ? Dans la tourmente financière actuelle, il se trouve des « libéraux », en principe hostiles à une telle « dérive », « dangereuse pour la liberté d’entreprendre » pour trouver « sage » cette décision sinon pour l’approuver pleinement. Est-il plus « modéré » de laisser ces mêmes établissements faire faillite ?

En quoi est-il « extrémiste » de contenir l’immigration dans un pays qui souffre déjà du chômage de ses ressortissants ?

Est-il plus « modéré » d’encourager par l’inaction l’entassement de populations inassimilées dans des quartiers « sensibles », pour les transformer en enragés frustrés ?

En quoi est-il extrémiste d’être royaliste plutôt que républicain, ou l’inverse ?

 

 

Je ne sais pas ce qu’est une position  extrémiste. Je ne sais pas, parce que je suis incapable d’en distinguer une seule pour telle, sans prendre le risque d’un jugement non objectif. En revanche, il y a de bonnes ou de mauvaises idées, doctrines, pensées, en soi, mais aussi selon les circonstances, en fonction de leur adéquation au réel, de leur pertinence au service du bien commun, de leur capacité  à améliorer le sort de l’humanité, à  élever celle-ci au dessus de sa condition première, animale.

Un pouvoir qui met en œuvre une mauvaise politique (par les conséquences objectives de celle-ci, que tôt ou tard, chacun peut constater), fait une erreur. Il n’est pourtant pas « extrémiste ». François Mitterrand, arrivé à la tête de l’Etat en 1981 tint dans un premier temps ses promesses électorales. Il pouvait difficilement faire autrement : la gauche, longtemps éloignée du pouvoir, était avide de revanche, pressée de passer des « ténèbres » de la droite à la « lumière » qu’elle prétendait incarner. Déjà « plurielle », elle obligeait le Président et son Premier ministre à appliquer un programme commun de gouvernement. Celui-ci s’avéra vite économiquement désastreux : deux ans plus tard, Mitterrand corrigeait le tir, avec lucidité et sagesse. Qui lui ferait un procès en « extrémisme » pour des débuts plus simplement « fautifs » ?

 

 

L’extrémisme ne peut se révéler comme tel que s’il s’incarne dans un pouvoir qui agit et qui, fuyant le réel, c’est-à-dire perdant de vue que la doctrine ou l’idéologie qu’il défend et illustre, insulte le bon sens et méprise le bien commun, en viendrait, sans plus de retenue, à en poursuivre les applications pratiques, contre tout un peuple, ou même une partie de celui-ci. Dans ce cas-là, il y a généralement morts d’hommes, tyrannie sanglante, en un mot fanatisme, c’est-à-dire « foi exclusive en une doctrine, une religion, une cause, accompagnée d’un zèle absolu pour la défendre, conduisant souvent à l’intolérance et à la violence ». Oublions « l’intolérance », mot devenu des plus ambigus (Cf. ma chronique « Tolérance et intolérance ») et retenons « violence ».

Quand il y a foi exclusive, zèle absolu, violence, alors là, sans doute, peut-on considérer qu’il y a extrémisme, sauf à se refuser définitivement d’employer ce mot.

 

 

Je veux bien renoncer à qualifier Olivier Besancenot « d’extrémiste ». Quel est le programme de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) fondue maintenant, mais grande inspiratrice, dans le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) ?

Interdiction des licenciements, nationalisation des grandes entreprises, interdictions des « productions inutiles et dangereuses » (l’armement, la chimie, le nucléaire), interdiction des expulsions pour loyers impayés, régularisations de tous les « sans-papiers », suppressions des fichiers informatiques de police, dépénalisation de toutes les drogues, y compris les « dures »…

Un catalogue de propositions « extrémistes » ?  Non, simplement idiotes.

En revanche, que se passerait-il si, pour le plus grand malheur de la France et des Français, le gentil Olivier et ses amis prenaient le pouvoir ?

Il est à craindre que, désirant créer un monde nouveau pour un homme nouveau, ils se croient dans la nécessité de « changer » un peuple par trop récalcitrant, comme au Cambodge durant les sinistres années où les Khmers rouges éliminèrent  des centaines de milliers de leurs compatriotes, et donc d’appliquer les principes du camarade Léon Trotski : « La dictature est indispensable à la Révolution ». « Qui veut la fin ne peut répudier les moyens. » « La terreur rouge n’est que l’arme employée contre une classe vouée à périr. » « C’est la guillotine, cette remarquable invention de la grande Révolution française, qui a pour avantage de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis. »

Il est vrai que Monsieur Besancenot se réclame plus volontiers maintenant, de Che Guevara que du fondateur de l’Armée rouge. Ce n’est guère plus rassurant pour qui connaît le personnage, à la fois lâche et sanguinaire ! Mais là le mythe est encore solide.

 

 

Pour goûter de l’extrémisme, il faut payer, et parfois beaucoup. Tant que l’on demeure dans le débat intellectuel, il est liberticide de déclencher des lynchages, même seulement verbaux, contre qui que ce soit, en se drapant dans l’étendard de la « lutte contre les extrémismes » et pour ce seul motif, habitude qui se prend pourtant aujourd’hui avec une intensité et une régularité détestables,  en vue de faire taire « l’autre ».

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 21:10

 A la fin de son intervention télévisée, le jeudi 5 février dernier, Nicolas Sarkozy a dit en substance : « la droite, oui, la gauche, oui, mais nous n’avons besoin ni d’une extrême droite ni d’une extrême gauche ». Il a fustigé « l’extrémisme », et aussi, pour faire bonne mesure, en ces temps où il était beaucoup question d’un évêque d’une certaine Fraternité catholique, par-dessus le marché, « l’intégrisme », sous le regard satisfait, complice, et que j’ai trouvé chargé de tendresse, de mademoiselle Laurence Ferrari.

 

 

 

Le président de la République ne prenait pas grand risque. « L’extrémisme » a bien mauvaise presse dans un pays composé de beaucoup de râleurs, mais finalement de peu d’authentiques révolutionnaires et dont la grande majorité de ses ressortissants apparaît, comme le climat, plutôt « modérée ». Et les médias dominants se chargent, avec une constance remarquable, de conditionner l’opinion publique en condamnant sans cesse « l’extrémisme », mais on en conviendra aisément, sans aucun esprit polémique, plus celui qualifié de « droite », que celui, moins dénoncé, dit de « gauche ».

J’ai déjà souligné dans une précédente chronique (« ‘L’extrême’ droite et la gauche de la gauche »), que « l’extrême gauche » était plus volontiers désignée comme « la gauche de la gauche », ou la « gauche extrême » ou « radicale », parfois, mais ce n’est pas lui rendre service, comme « l’ultra gauche ». (Etre « ultra », c’est une forme d’horreur depuis la Révolution française). Mais le mieux, c’est de ne pas la qualifier du tout.

S’il suffit à Philippe de Villiers, longtemps situé « à la droite de la droite » et pour cela pas trop diabolisé, de se voir précipité dans le ghetto de « l’extrême droite » pour s’être rendu coupable de s’inquiéter de « l’islamisation de la France », Olivier Besancenot ne souffre pas d’un tel passage à la trappe.

 

 

Facteur définitivement aimable, sympathique, inoffensif et courageux défenseur de l’opprimé, il est reçu avec une incroyable complaisance (il est vrai que c’est le genre de l’émission, la pommade dégoulinant sur le verre de la caméra, avec les copains de l’invité et des figurants sur les bas-côtés priés de faire la claque), un dimanche après-midi par le très gentil Michel Drucker. Ce dernier prendrait un grand risque pour la suite de sa carrière, s’il s’aventurait (en admettant d’ailleurs qu’il en ait une envie personnelle), à réserver le même accueil à Jean-Marie le Pen. Même la fille de ce dernier, Marine, considérée comme plus « présentable », en tout cas dont l’exploitation du goût pour les médias est bien utile pour travailler à faire imploser le Front National, ce qui est en train de se produire à bon rythme, n’a pas eu droit à ce traitement de faveur et ne l’aura pas avant longtemps, tout au moins tant qu’elle ne déposera pas les armes aux pieds des sectateurs de la pensée unique, bref, tant qu’elle ne transformera p       as le parti dont elle s’emparera bientôt, en succursale de l’UMP.

Mais le gentil Olivier peut garder son costume de trotskiste, sans déranger personne. Sans doute parce que Lev Davidovitch Bronstein, dit Léon Trotski, est un gentil, lui aussi, la meilleure preuve étant qu’il fut assassiné par le méchant Staline.

 

 

On ne peut que le constater : le mot « extrémiste » (comme « intégriste », d’usage fréquent d’ailleurs récent et comme surgi du néant pour servir d’instrument d’élimination), sert à « tuer », au moins symboliquement, celui que l’on a décidé d’affubler de ce qualificatif. C’est toujours la même tentation que j’ai dénoncée déjà maintes fois ici, de se servir de mots dont la définition est incertaine quand elle n’est pas détournée, pour masquer les réalités, pour développer le phantasme, pour condamner celui qui ne pense pas comme il faut.

Certes le procédé n’est pas nouveau en cette époque moderne, mais la censure, le conformisme, le terrorisme intellectuel ne s’étant jamais aussi bien portés que par les temps qui courent, il règne désormais en maître et réglemente la pensée si toutefois il y a encore quelqu’un qui pense dans le microcosme médiatique et politique en position de se faire entendre.

 

 

Alors qu’est-ce que « l’extrémisme » ? Le Robert 2008 peine à nous le décrire : inventé en 1911, semble-t-il, « de extrême » (merci !), c’est « l’attitude de l’extrémiste » (encore merci). Qui est donc ce dernier ? Un « partisan d’une doctrine poussée jusqu’à ses limites, ses conséquences extrêmes. » Voilà qui est bien flou. Qu’est-ce que la « limite », la « conséquence extrême » d’une doctrine ? En quoi est-il coupable ou dangereux, en soi, dès l’instant où l’on croit en quelque chose dans la vie, d’en vouloir la pleine réalisation, si toutefois c’est cela qu’il faut entendre par « poussée jusqu’à ses limites » ?

Alors on se rabat sur « extrême », (l’adjectif et le nom), qui semblent à la source de tout le procès. Et là on reste, une fois de plus, sur sa faim. Il est écrit : « L’extrême droite, l’extrême gauche d’une assemblée politique : la partie de la droite, de la gauche la plus éloignée du centre ». Mon Dieu ! Il faut bien caser tout le monde ! Mais l’on comprend mieux qu’après chaque élection, certains, toujours remarquerais-je, du même côté, à droite, protestent contre le fait  d’être repoussés « au bout ».

Quand il s’agit du climat, le dictionnaire s’en sort mieux : quand il est extrême, il est très chaud ou très froid. Chacun peut saisir la nuance encore qu’il y ait toujours des gens qui grelottent quand d’autres, à la même heure et sur le même lieu, trouvent « qu’il fait bon ».

 

 

Mais un extrémiste en politique, qu’est-ce donc, finalement, si je veux bien m’affranchir des conséquences d’une simple réthorique au service de condamnations sans jugement ?

 

(A suivre)

 

 

 
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /Jan /2009 20:00
La Halde a été voulue et créée par Jacques Chirac lequel, comme tous les gens sans grandes convictions personnelles, a celles de l'opinion dominante, aujourd'hui républicano-démocratico-droitdel'hommesque.
Derrière ce sigle, un de plus, se cache la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité, l'un des derniers produits, et non des moindres, de la pensée unique.
Surtout de la pensée chimérique. Car, ma foi, je n'aurais rien à redire contre une pensée unique, si, profondément enracinée dans la tradition d'un peuple, elle était faite d'une pâte qui fleure agréablement le bon sens, le respect des faits et le principe de réalité. Sa domination serait une bénédiction et il ne suffit pas d'être minoritaire pour être à plaindre. Il faut d'abord être dans le vrai. Mais nous ne sommes pas en compagnie du peuple, en présence des membres de la Halde, tout au plus au milieu d'un cercle de bourgeois plus ou moins grands, emmenés par Monsieur Louis Schweitzer, ancien chef de cabinet du Premier ministre Laurent Fabius et longtemps PDG de Renault.


Passons sur le qualificatif de "Haute Autorité" conféré, on veut le croire, à titre purement administratif.
Reste que cette structure prétend, à elle toute seule, lutter "contre les discriminations et pour l'égalité". Ces intentions ne sont louables qu'en apparence. On ne peut être qu'inquiets devant de telles prétentions. En théorie, et, par voie de conséquence inéluctable, en pratique, comme les actes de la dite Halde le révèlent.
En théorie, car bien entendu, comme on le sait depuis que l'homme est apparu, les discriminations pullulent et l'égalité n'existe pas. Si encore la Halde luttait pour la justice, bien que celle-ci ne soit pas de ce monde non plus, on saluerait l'effort accompli tout en se demandant tout de même quelle justice est recherchée, car il en est de nombreuses formes.
Mais Messieurs les juges vous faites erreur en partant en guerre contre les discriminations qui sont oeuvres de civilisation et qui permettent de placer chacun à la place où il est utile plutôt qu'à celle où il est incompétent, à des corps intermédiaires de défendre leurs libertés, à des peuples de sauvegarder leurs identités, à des chefs d'entreprises de choisir leurs collaborateurs. Je note d'ailleurs qu'à l'occasion les mêmes pourfendeurs prônent, à l'inverse, la prolifération des discriminations soudainement devenues "positives", afin de... corriger les inégalités !
Quant au mythe de l'Egalité, j'espère lui avoir déjà bien tordu le cou (Cf ma chronique "Liberté, Egalité, Fraternité") pour ne pas y revenir ici.


Quelle est la conséquence la plus directe de l'émergence d'un tel organisme fondé sur des principes aussi faux et qui, selon sa logique propre, compte tenu de ses larges missions, se développe à bonne vitesse ? C'est que la liberté de penser, d'agir, de se défendre est désormais placée sous la Haute Contrainte d'un commissariat politique de nature totalitaire.
Qui de simple bureau à idées consultatif devient une officine de surveillance généralisée.
On ne se contente plus de se mêler de la vie, de l'organisation des entreprises, même si dans ce domaine, le membre de la famille du célèbre docteur couche tard, ancien dirigeant, est encore retenu dans ses démangeaisons de procureur par une certaine lucidité, et qu'il lui arrive de rejeter quelques prétentions de salariés excités se posant abusivement en victimes de leurs patrons. Non, il y a pire ;  c'est avec stupéfaction que l'on apprend que la Halde se charge maintenant d'éliminer dans les manuels scolaires les "stéréotypes susceptibles d'alimenter les discriminations". Lisons ce que nous rapporte Laurent Dandrieu dans Valeurs Actuelles du 2 janvier dernier : "Après nous avoir appris que le simple fait de représenter un jeune homme qui 'aspire au mariage avec une femme et à une famille hétéroparentale' constitue un odieux stéréotype 'hétérosexiste', et déploré qu'on n'évoque pas les comportements homosexuels dans l'étude de la reproduction du rat, les auteurs, avec leur imperturbable sérieux, attirent l'attention sur les manuels de français : 'le poème de Ronsard Mignonne allons voir si la rose est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d'autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes".
On appréciera la légèreté du style, en passant... Sans commentaires ? On va se garder de n'en faire aucun !


Le meilleur des mondes n'est pas loin. On ne saurait s'en étonner, nous vivons dans la sphère de l'uniformisation, de la dictature, subtile, à la fois douce et ferme, de la pensée écrasante qui vient d'en haut et que l'on est tenu de vénérer d'en bas, selon les règles immuables de fonctionnement du centralisme démocratique cher aux régimes totalitaires.


Il est urgent de réclamer, au nom de l'Intelligence, la dissolution de cette malfaisante administration, pure et arrogante police de la pensée.
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 07:59

Le noir se porte bien. Le noir ne s’est jamais aussi bien porté. Sur soi. A fleur de peau. Bien avant le premier mardi de novembre 2008, la Barack Obamania s’épanouissait. Même Le Figaro n’avait les yeux de Chimène que pour le sénateur de l’Illinois. Mais alors depuis, quel florilège !, sur le phénomène, à travers les médias.

 

Il est vrai que c’est de toute façon une tradition française que de souhaiter l’élection du candidat démocrate. Mais lorsque celui-ci a le bon goût, en plus, d’être issu des minorités dites « visibles » (et qui n’hésitent pas ou plus à se montrer), alors c’est une petite extase politique.

A l’occasion on recueille pieusement les confidences d’Harry Roselmack, le fringant et sympathique présentateur de TF1. Pour lui « c’est l’étape ultime d’un mouvement commencé il y a quarante ans ». Et « il (Barack) n’a pas été élu parce qu’il est noir mais en dépit du fait qu’il soit noir ». Deux affirmations qui mériteraient une analyse approfondie. Le directeur de la rédaction, Serge Sebbah, du journal qui l’interroge, Télé Magazine, dans le même numéro de fin novembre, signe un éditorial dans lequel il rappelle avec un émerveillement touchant que « Hollywood avait rêvé d’Obama » par quelques films dans lesquels le rôle du président était dévolu à un afro-américain. Et de se poser cette urgente et primordiale question : «  Quand les producteurs français suivront-ils l’exemple d’ouverture des Américains ? »

Et de conclure, cassant : « Alors, messieurs, quand vous aurez fini d’applaudir l’élection de Barack Obama, vous pourrez peut-être prendre le temps de sortir de la préhistoire… ».

Alexandre Adler dans Le Figaro des samedi 8-dimanche 9 novembre 2008 reconnaît, lui, sans détours, le conditionnement de tout un peuple : « l’ascension d’un président noir à la tête des Etats-Unis a été voulue tout d’abord par une pléiade de scénaristes hollywoodiens et blancs, qui n’ont cessé depuis vingt ans de confier aux Noirs des rôles de chefs, de responsables, de pères, en un mot de leur faire occuper la place symbolique que la société américaine profonde n’avait cessé de leur dénier ». Et je rajouterai : « assez naturellement, car c’est une société blanche, dans une proportion écrasante, et consciente d’elle-même ».

 

Le magazine de cinéma, Première, de décembre 2008 s’interroge gravement : « Raciste, le cinéma français ? » Angoissés à la pensée qu’une réponse positive soit envisageable, on se précipite sur « l’enquête ». Et l’on découvre de bien  mauvaises nouvelles et quelques contradictions : « Dans la galerie des cinquante acteurs et actrices qui tournent actuellement sur nos écrans, cinq sont originaires du Maghreb et aucun n’appartient à la communauté antillaise ou africaine ». Jacques Villeret dissimulait, paraît-il, soigneusement ses origines kabyles, « de son vrai nom Jacky Bouffroura ». Ce n’était pas bien ? J’aurais pensé que c’était une forme heureuse d’assimilation. Comme celle de Monsieur Yves Montand, né Ivo Livi. Mais « ce qui n’empêche pas un certain Kaddour Merad, comédien franco-algérien né à Sidi Bel Abbes, de triompher depuis peu en superstar populaire dans Bienvenue chez les Ch’tis ». Alors faudrait savoir, faut se cacher ou faut pas se cacher ?

Tout, et le contraire de tout, est dit dans cet article ; pour les uns le cinéma est effectivement raciste, pour Zinédine Soualem, « non, le cinéma n’est pas raciste… Mais la société française, oui ! » Et l’on en vient, évidemment, ici aussi, à vouloir imposer des « quotas ». Une parole de bon sens tombe à ce propos des lèvres de Greg Germain, acteur antillais : « Ne convoquons surtout pas des Noirs pour jouer des Noirs mais des acteurs pour jouer des rôles ».

Personne ne semble se poser cette simple question : la majorité de ce peuple français, qui n’est pas, pas encore peut-être, composée de Noirs et de Maghrébins, ne cherche-t-elle pas, assez naturellement à retrouver sur les écrans de télévision et de cinéma, des histoires, des physiques de comédiens qui la renvoient à elle-même, à sa culture, à sa couleur de peau, à sa mentalité, à sa civilisation ?

 

Pour en revenir au président des Etats-Unis, qu’il me soit permis de faire remarquer qu’il n’est pas noir. Il est métis et plus précisément, c’est un mulâtre.Voir en lui le vengeur des pauvres Africains réduits en esclavage traduit, une fois de plus, cette réalité que, dans ce domaine comme dans tant d’autres, le bon sens et la vraie connaissance des faits font cruellement défaut à beaucoup. Barack Obama a toutes les chances d’être lui-même tout aussi bien un descendant des esclavagistes noirs qui n’ont pas manqué, durant des siècles de pratiquer la traite de leurs congénères, on veut bien le croire tout de même d’une ethnie concurrente, ou de tribus arabes, lesquelles n’étaient d’ailleurs pas en reste dans l’exploitation de l’homme par l’homme.

Mais ce qui est le plus cocasse dans cette affaire, c’est que les laudateurs d’Obama, insistant à l’envi sur ses origines, soulignent son appartenance à une race bien définie alors même que ce mot et ce qu’il recouvre leur font horreur, les mêmes niant l’existence des races (voir ma chronique « races et racisme »).

Et en se réjouissant si bruyamment qu’un « Noir » ait battu un « Blanc » ils flirtent, qu’ils le veuillent ou non, avec une forme insidieuse de racisme. Il suffit, pour s’en convaincre d’imaginer la situation inverse.

L’autre grande leçon de cette agitation médiatique autour de la couleur de peau de l’élu, c’est la tétanisation des Blancs. Ces Blancs qui semblent organiser par ailleurs, méthodiquement, leur disparition de la planète, se couchent devant la pensée unique, l’adoptent avec une servilité consternante et se préparent, sans aucun doute possible maintenant, des lendemains qui ne chanteront pas pour eux.

 

Non seulement l’élection de Barack Obama suscite des réactions euphoriques tout à fait risibles, mais le triomphe de ce « copain » de Nicolas (dixit Sarkozy), montre du doigt l’essentiel du peuple français. En effet il n’y a, dans l’Hémicycle qu’une députée de couleur élue en métropole : la socialiste George Paul-Langevin. L’Amérique nous aurait donc infligée une « leçon » et l’inutile (ce que vient de découvrir Bernard Kouchner !) secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Rama Yade, se permet d’exiger : « Le souffle provoqué par l’élection de Barack Obama doit sonner le moment de la mobilisation, avec des résultats concrets ». Le moins que l’on puisse dire est que tout ce discours a des relents racistes. Mais un racisme anti-blanc qui n’en est jamais un, bien entendu.

 

 

Eh bien, à provocation, provocation et demie. Pour me placer sur le même (bien mauvais) plan que tout ce joli monde, je tiendrais volontiers, en tant que Blanc, le discours suivant :

-Il est scandaleux que Barack Obama, à la suite de plusieurs concours de circonstances, représentant d’une minorité et même d’une toute petite minorité, celle des métis, (même si cette catégorie ne semble pas répertoriée aux USA où il est considéré comme « Noir »), soit le président d’une majorité composée de Blancs.

En bon démocrate conséquent, je considère que l’élection aurait dû se jouer, de par la loi, entre John McCain et Hillary Clinton. Il ne devrait pas être permis à un non-Blanc d’être candidat tant que son « groupe racial » ne représente pas au moins 50% des électeurs.

Raisonnement absurde ? C’est pourtant le même que celui des « autres », retourné.

 

Est-il besoin de préciser que la seule bonne et saine question est celle-ci : « Barack Obama est-il compétent pour diriger l’Amérique ? »

 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 08:44

En d’autres temps, le candidat Sarkozy, bien inspiré ou simplement bon calculateur électoral, affirma que la présence des forces françaises « dans cette partie du monde » ne lui semblait pas « décisive ».

 

 Depuis, la position présidentielle a bien évolué : voilà que notre présence est devenue indispensable pour lutter « contre le terrorisme » (Sarkozy), pour « une part de la liberté du monde » (Kouchner), pour « notre propre sécurité » (Fillon).
En août dernier, Nicolas Sarkozy affirme encore dans un communiqué que sa « détermination est intacte. La France est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté. La cause est juste, c’est l’honneur de la France et de ses armées de la défendre ». Tous les ingrédients sont réunis, en quelques phrases pour nous vautrer longtemps dans l’erreur. Tout ce discours ne tient pas debout un seul instant.

 

 Dans un pays où toutes les grandes puissances, de tous temps, malgré leurs formidables moyens techniques et militaires, se sont cassé les dents, les Anglais, les Soviétiques, maintenant les Américains et nous avec eux, hélas !, où les Talibans, détestés lorsqu’ils étaient au pouvoir, ont réussi ce tour de force de reconstituer leur potentiel offensif et regagner le soutien d’une bonne partie de la population afghane, sérieusement éprouvée par cette guerre et les bavures régulières des armées d’occupation, dans ce pays compliqué, Mon Dieu !, que faisons-nous, embarqués dans une aventure simpliste, typiquement bushienne ?

 

 Le gouvernement officiel de ce pays, les troupes alliées, ne maîtrisent la situation que sur un territoire restreint.
Les populations de l’Afghanistan, composées de clans, de tribus, plus ou moins mafieux, qui s’entredéchirent régulièrement, fixées souvent dans des sanctuaires montagneux, incontrôlables, ne sont pas manipulables à souhait. Cette guerre est déjà perdue. Laissons-les vivre leur vie !

 

 Quelle sotte prétention, que j’ai eue maintes fois l’occasion de dénoncer ici, que de vouloir imposer « la démocratie » à ces peuples. Ce mot a-t-il seulement un sens, pour eux ?
Les délires mondialistes de Monsieur Kouchner sont vraiment risibles ! Que ne défend-il la « liberté du monde » à Cuba et à Pékin ? Qu’attendons-nous pour envahir ces pays et leur imposer la Démocratie Universelle, chère au cœur de Bernard ?
Quant aux luttes contre le terrorisme pour notre sécurité, elles sont assurément légitimes. Mais c’est se moquer du monde que de nous faire croire qu’en massacrant des Afghans (et parfois des innocents)  nous allons faire autre chose que renforcer les commandos de la vengeance.
Que l’on frappe, de manière ciblée, pourtant déjà avec un bonheur limité, les foyers d’entretien du terrorisme, comme le firent les Américains après le 11 septembre 2001, voilà qui se comprend, encore qu’il vaille sans doute mieux préparer discrètement, sans esbroufe, des opérations fortes et d’une grande précision.
Mais se faire, une nouvelle fois, les gendarmes du monde, c’est tout simplement irresponsable, aveugles que nous sommes devant les leçons du passé.
C’est d’autant plus surprenant de la part du monde occidental et de ceux qui s’y rattachent bien volontiers, que celui-ci, par ailleurs complexé, s’en va, se battant la coulpe, de repentance en repentance, pour des crimes plus ou moins imaginaires.
Le bon sens aurait voulu que nous ne nous laissions pas emporter dans cette occupation stupide de l’Afghanistan, sans plus d’avenir heureux probable que celle qui a ensanglanté, et qui continue à ensanglanter, l’Irak, guêpier où nous avons eu la lucidité de ne pas mettre les pieds.

 

 Le vrai scandale dans la mort de ces dix soldats français est là : ils sont morts, c’est cruel de l’écrire mais c’est la vérité, pour rien, au service d’un engagement purement idéologique, qui n’est pas le nôtre, dans un pays imprévisible, sans que les intérêts français soient de quelque manière engagés, qui nous coûtera plus de 285 millions d’euros en 2008, prix à payer en augmentation de 47% en un an.
Mais contre toute logique, nous pratiquons la fuite en avant en expédiant 700 hommes supplémentaires en Afghanistan.
Le président de notre République déclare : « Je vous dis en conscience que si c’était à refaire, je le referais. » Perseverare diabolicum…


Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 21:35
La mort de dix jeunes Français en terre lointaine, et non française, a suscité des réactions qui méritent d'être examinées avec recul et bon sens, cette qualité de l'esprit décidément de moins en moins bien partagée.


Nous sommes témoins, muets mais bien évidemment compatissants, de la peine de familles éprouvées par ce fait divers de la guerre mais qui est le drame personnel de parents, d'épouses, d'enfants.
Cependant la douleur, plus que jamais, égare.
Il est loin le temps où Blanche de Castille disait à propos de son fils Louis IX, qu'elle le préférait mort plutôt que vivant en état de péché mortel.
Il est loin le temps où l'immense majorité des pères et mères français du début du XXe siècle, acceptaient que leurs enfants tombent pour la France face à l'agresseur allemand, plutôt qu'ils désertent pour survivre.
Nous avons même du mal, aujourd'hui, à comprendre leurs réactions. C'est que cette mère de roi, c'est que ces familles contrôlaient leurs émotions, qu'ils subordonnaient à une hiérarchie de priorités.
C'est qu'entre temps, nous avons assisté à l'effondrement de beaucoup de lois morales, collectives, qui fondaient la grandeur des actes personnels, sans rien enlever à la liberté avec laquelle ces derniers étaient accomplis.
Et nous avons constaté la montée de l'individualisme qui est une machine à détruire la capacité de chacun à accepter des valeurs structurantes.
Individualisme qui se marie très bien avec un sentimentalisme individuel et communautariste poussé au paroxysme par l'exploitation médiatique outrancière de faits anecdotiques, même s'ils sont tragiques.


Car, au risque de choquer, il faut le constater : c'est un détail de l'Histoire que quelques soldats meurent durant un conflit dans lequel ils sont engagés. Rajoutons à cela que le monde occidental, qui a peur de la mort, d'une manière générale, ne supporte pas que la guerre puisse encore faucher des jeunes gens. C'est l'impact sur les esprits de la popularisation de ce concept douteux de la "guerre propre", technologique, celle qui est réputée détruire les machines sans broyer les hommes. Illusion grotesque. Et odieuse car, la guerre n'est immaculée pour personne, elle est bien plus sale encore pour le camp d'en face. Des centaines de Talibans disparaissent, surtout des centaines de civils succombent victimes de "dégâts collatéraux", expression technique destinée à masquer l'horreur, mais tant que nos soldats ne sont pas atteints, ou un par un, en catimini en quelque sorte, la guerre est réputée "propre".
Que dix Européens laissent leur vie, au même moment, et voilà que l'on cherche des coupables dans son propre camp, que l'on s'insurge, et pour ajouter à la dramatisation on voit un président de la République qui en fait beaucoup, c'est-à-dire comme souvent avec celui-ci, qui en fait trop... C'est tout juste si l'on n'a pas entendu qu'il était anormal d'envoyer au casse-pipe des soldats dont c'est pourtant le risque choisi !
Comment peut-on s'étonner que meurent des hommes engagés (volontairement que l'on sache), dans un régiment d'élite, le 8e RPIMA , dédié aux combats ? Que dirait-on alors s'il s'agissait du "contingent" d'autrefois, réquisitionné comme en Algérie française ?!
Si l'on veut éviter ce genre de danger, il convient de se faire embaucher par la Poste, pas par l'Armée (encore que des postiers aient été braqués par des malfaiteurs, au total où est-on en sécurité, mon Dieu ?).
Comment peut-on se scandaliser que des hommes en péril, qui ont été formés et bien formés à ce niveau d'engagement, il paraît difficile d'en douter, aient vingt ans ?
Aurait-il fallu les visser aux casernes et attendre qu'ils courent moins vite, à 35 ans, lestés par un peu trop de bière et d'inactivité pour les placer en situation réelle de vie, pour un militaire, c'est-à-dire en risque de mort ?


Tout cela est signe de déliquescence.
Cela n'en rend que plus vain le discours officiel, car le scandale, le vrai, n'est pas là.
Il ne faut pas se tromper de colère. La vraie question qui se pose n'est pas de savoir s'il est normal qu'en temps de guerre ou de guérilla, un soldat meure même si l'on peut toujours discuter des conditions dans lesquelles se produisent les pertes en hommes, et Dieu sait si, à une toute autre échelle ! , des fautes de commandement ont pu être commises pendant les grandes guerres mondiales, qui ont fauché des milliers de vies humaines, la vraie question est de savoir pourquoi, pour qui, ce soldat est sacrifié.

(à suivre)
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /Août /2008 00:00
Le Journal des maires, dans son édition de juillet-août 2008, propose à ses lecteurs, pour l'essentiel édiles municipaux, on veut bien le croire, un "modèle de discours pour la Fête nationale du 14 juillet".
Initiative cocasse à l'usage des premiers magistrats de communes en panne d'imagination.
Comment faut-il interpréter cette proposition ? Zèle éditorial ? Prise de conscience d'un terrible affaiblissement de la logorrhée républicaine ? Simple bourde, fruit de la distraction, vexante pour le public visé ?
Toujours est-il qu'un certain Bruno Cohen-Bacrie, de son état professionnel directeur de la communication de la ville d'Echirolles, se dévoue. Et voici ce qu'il écrit :


En introduction, il manque franchement d'inspiration (et il prend vraiment les élus pour des déficients), en leur rappelant lourdement de commencer par ces phrases usées jusqu'à la dernière lettre : "Je tiens tout d'abord à vous remercier très sincèrement de votre présence [remarquez c'est mieux que le célèbre : 'd'être venus si nombreux', souvent prononcé en face de quatre pelés et de deux tondus] devant ce monument aux morts, devant (il ne soigne pas le style, Bruno) lequel, plusieurs fois par an, avec la même solennité et la même ferveur, nous nous rassemblons pour ce devoir de mémoire".


Si l'on en croit M. Cohen-Bacrie, "dans chaque ville, dans chaque village, nous marquons notre attachement aux valeurs fortes que symbolise cette date [le 14 juillet], valeurs qui sont celles de notre République : la liberté, l'égalité et la fraternité, devise que nous trouvons aux frontons de nos mairies" (M. Cohen-Bacrie est un fin observateur de bâtiments publics). Le 14 juillet, symbole des valeurs républicaines ? Et il insiste : " Dois-je rappeler que le premier 14 juillet, c'est bien sûr celui de 1789..." Première erreur : si la Fête nationale a été fixée au 14 juillet, c'est, officiellement, en souvenir de celui de 1790, celui de la Fête de la Fédération, quand le roi, encore applaudi et reconnu, était en quelque sorte "annexé" par le mouvement révolutionnaire. Mais il est vrai, que ce 14 juillet-là n'est pas choisi innocemment, il entretient avec le précédent un rapport étroit et si le roi est encore respecté, ses jours de règne, et de vie, sont déjà comptés par certains.
Mais ne chipotons pas, oui M. Cohen, la République nous propose bien de glorifier le 14 juillet 1789.


Et comment ce cher homme décrit-il ce jour béni ? Selon la meilleure tradition républicaine, bien sûr : " les émeutiers, venus chercher à la Bastille des armes pour riposter aux troupes du roi, s'emparent alors de la prison, symbole du pouvoir absolutiste. Cet événement eut dans notre pays et dans toute l'Europe un retentissement considérable. Il s'agit d'un acte fondateur de la démocratie en France qui inspira de nombreux mouvements politiques en Europe et dans le monde au XIXe siècle et jusqu'au XXe siècle". C'est lui faire beaucoup d'honneur.



Depuis le 12 juillet, une série d'émeutes fait suite à l'annonce du renvoi de Necker. Des armureries sont pillées. Cette violence est peu, ou pas, réprimée par le pouvoir royal, de plus en plus impuissant. Partout les émeutiers réclament des armes, et au matin du 14 juillet, ils pénètrent dans les Invalides et s'emparent des trente à quarante mille fusils qui se trouvaient là, des canons et d'un mortier.
Désolé M. Cohen-Bacrie, mais votre pauvre justification, parée des attributs de l'autodéfense (!), ne tient pas la route un seul instant.


La Bastille n'a pas été prise. Elle s'est rendue. Son gouverneur, le marquis de Launay, accepta dans l'après-midi la reddition de la prison en échange de la promesse qu'il ne sera fait aucun mal à la garnison.
En fait, Launay, battu, est massacré au sabre. Sa tête coupée est promenée au bout d'une pique bientôt accompagnée de celle du prévôt des marchands. Détail appétissant, on boit le sang des victimes.
Dans ce "symbole du pouvoir absolutiste", il y avait sept détenus : quatre faussaires, deux fous et le comte de Solages. Funk-Brentano, qui a fouillé les archives de la Bastille, constate "qu'il n'y avait pas un lieu de détention en Europe, où les prisonniers fussent entourés d'autant d'égard et de confort ; il n'y en a pas aujourd'hui".


Une émeute sanguinaire, "acte fondateur de la démocratie" ? Voilà qui est inquiétant, M. Cohen-Bacrie. Lequel cite Henri Martin, rapporteur au Sénat de la loi de 1880, qui fait du 14 juillet la journée de la Fête nationale annuelle : "Ce jour-là la Révolution a donné à la France conscience d'elle-même". Au vu des faits, on croit rêver en lisant cela.


Et puis, pêle-mêle, notre nègre mélange déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (ceux de M. de Launay, et de quelques autres, semblent avoir été singulièrement malmenés), démocratie, et sacrifices rappelés devant le monument aux morts, qui relèvent pourtant d'un patriotisme dont on voit mal en quoi le 14 juillet est la matrice originelle.
M. Cohen-Bacrie affirme avec inquiétude que tous les idéaux républicains sont "à diffuser encore et toujours", idéaux "que la Révolution pensait avoir consacrés mais qui ne protégèrent pas notre pays de nouveaux et sanglants épisodes comme la Terreur ou la Commune". Parce que le 14 juillet 1789, ce n'est pas le début de la Terreur et la répétition de la Commune ?


Ce discours suranné, ronronnant, fondé sur des mythes, sur une Histoire réinventée, trafiquée, fait apparaître en pleine lumière que la célébration du 14 juillet est moins celle d'une journée française, que de l'idéologie installée.
On n'échappe pas au retour, un jour ou l'autre, du réel. Mais pendant combien de temps encore abusera-t-on de la crédulité des Français, à Echirolles et ailleurs ?
 Pour plus de développements sur ces sujets, je renvoie mes récents lecteurs aux chroniques que j'ai déjà réservées à la démocratie et aux "liberté, égalité, fraternité".
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /Août /2008 07:35
Ah! Cette chère Ingrid !
Je vais me laisser aller à la facilité, mais vraiment, si Mademoiselle ou Madame Betancourt, on ne sait plus, n'existait pas, il faudrait l'inventer.
C'est qu'elle a servi et bien servi, aux Farc, à Hugo Chavez, à Nicolas Sarkozy, à Bertrand Delanoë, et à beaucoup de belles âmes qui ont trouvé en elle une source intarissable d'épanchements. C'est à se demander si sa libération n'est pas arrivée un peu trop tôt.


Travailler à obtenir celle-ci, était un puits inépuisable de discours, d'agitations, de trémolos dans la voix, et de démarches plus ou moins risquées qui n'ont pas peu contribué à la maintenir en détention plus longuement encore.
Et "Ingrid" par ci et "Ingrid" par là...Son portrait affiché sur les façades de centaines de mairies, dont elle est "citoyenne d'honneur", c'est tout simplement une héroïne.
C'est qu'elle avait la cote, Ingrid. Grande bourgeoise, et femme libérée, le portefeuille financier à droite, le portefeuille de relations et le coeur suffisamment à gauche, ce sont là d'indispensables attributs, en cas de malheur, pour mobiliser l'intelligentsia et déclencher l'universelle compassion au nom des droits de l'homme qui ne manquent pas de recouvrir ceux de la femme.
Ingrid est née en Colombie en 1961 mais est arrivée en France en 1969 parce que son papa était devenu directeur adjoint de l'Unesco. Maman est une ancienne reine de beauté. Tout ce petit monde cosmopolite vit avenue Foch, une bonne adresse près de l'Etoile où Ingrid, formée à Washington, Paris, Bogota et Londres, forge son ambition, se prenant pour une sorte de Jeanne d'Arc laïque, de devenir présidente de la République de son pays.
Plus tard, quittant mari français et enfants, elle s'installe à Bogota.
La mégalomanie la guette. Elle n'hésite pas  à écrire dans un ouvrage autobiographique  : "Je découvre surtout l'espoir que ma seule présence soulève dans le peuple".
Un an après cette célébration d'elle-même, elle se présente aux élections présidentielles, créditée, peu avant son enlèvement, de... 2% des intentions de vote.
Elle distribue dans les rues du Viagra pour, dit-elle avec un goût très sûr, "redresser le pays". Elle se trompe de combat : ce n'est pas contre la corruption et les narco-trafiquants que les Colombiens veulent qu'on lutte, mais contre les guérilleros des Farc, qui ne sont d'ailleurs pas des révolutionnaires purs des chancres rappelés ci-dessus, et avec lesquels, elle seule, veut négocier.


Ingrid Betancourt n'aurait pas été Ingrid Betancourt, mais une obscure Célestine Dupont (ou Dupond avec un "d", si vous préférez), enlevée par erreur dans une rue de Bogota, native de Jarnac et en mission d'évangélisation, armée d'un crucifix, et, circonstance aggravante, sensible au chant grégorien, je vous fiche mon billet qu'elle aurait croupi jusqu'à la mort dans la jungle hostile, ne bénéficiant que de rituels regrets officiels.
Après tout Ingrid est allée se jeter elle-même dans la gueule du loup, contre toute prudence,  dans un pays qu'elle connaissait bien et pour cause, s'étant qualifiée justement de "gros poisson" pour les Farc.
Des Français, et bien d'autres, en difficulté ici ou là, dans des mains hostiles, et au nombre de 2500 rien qu'en Colombie, méritaient tout autant cet excès d'honneur.
Mais pour Ingrid, il fallait se mettre en quatre. Parce qu'elle était française ? A dire vrai son itinéraire n'est pas clair de ce point de vue là.


Il est évident aussi que dans cette affaire, nous allons de surprise en surprise, à commencer par les circonstances de sa libération.
Nous avions été priés de verser de grosses larmes en contemplant le visage défait de Mademoiselle Betancourt, placée dans l'antichambre de la mort, il y a des mois déjà, et nous avons vu surgir une otage aux bonnes joues et à la mine rayonnante, qui semblait plus revenir d'un périple touristique un peu agité que d'un enfer politique exténuant.
Et puis dès ses premières paroles, elle nous en a compté de drôles : elle a principalement et tout d'abord remercié "Dieu et la Sainte Vierge" pour sa libération qualifiée de "miracle", dit-elle, que "Dieu nous a fait parce que j'ai beaucoup prié" (et le petit Nicolas, alors, il s'est pas décarcassé peut-être ?!). Elle s'est permise de récidiver à plusieurs reprises, émettant le souhait de se rendre rapidement à Lourdes et au Vatican pour rencontrer Benoît XVI, et le remercier peut-être d'avoir prié, pendant qu'on y est ? Sur des images diffusées en novembre 2007, l'AFP décrit Ingrid comme étant "enchaînée". Il se révèle maintenant que c'est un chapelet qui entourait sa main. Tout cela est-il bien digne d'une ancienne distributrice de préservatifs ?
Les médias ne s'y sont pas trompés, qui se sont efforcés de minimiser la réalité ou d'omettre de citer ses propos, dangereux pour la paix laïcarde si chère aux penseurs dominants.


Et puis, au second rang dans la hiérarchie des heureuses interventions, juste après Dieu, elle a placé le président et l'armée colombiens. Nouvelle provocation. Quoi, cet infâme Uribe, mériterait quelques éloges ?
Agaçante leçon : ce responsable, lui, vraiment responsable, qui mène une guerre légitime et résolue contre des voyous qui tiennent sous leur coupe mafieuse une partie du territoire national, a inscrit son action dans le temps et programmé de longue date l'extraordinaire opération militaire qui a conduit à la libération d'Ingrid Betancourt et que celle-ci a qualifié "d'absolument impeccable".
Evidemment il a été plutôt gêné qu'aidé par les gesticulations des Hugo Chavez et autre Nicolas Sarkozy. Il a dû donner le change et adopter des postures de nature à protéger le coup qui se préparait.


 Définir les priorités de l'Etat en fonction des vrais défis posés à la Nation, inscrire son action dans la durée, tenir une position cohérente, faite de fermeté et d'habileté, agir dans la discrétion plutôt que de parler pour ne rien dire et frapper fort le bon moment venu, c'est tout ce que l'on doit attendre d'un vrai chef d'Etat.
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 10:11

Jubilatoire, car voici un petit pays qui venge, en quelque sorte, les deux-tiers, si ce n’est les trois-quarts des peuples de contrées plus vastes, privés d’expression, mais non dépourvus d’opinions négatives sur le sujet.

 C’est là une manière de justice immanente dont tout vrai démocrate bien né devrait se réjouir.

 Jubilatoire, car les eurocrates s’en vont répétant depuis de nombreuses années qu’il y a un « fossé croissant » entre l’Europe (la leur), en particulier parce qu’elle ne serait pas assez « démocratique », et les peuples qui la composent, et ne supportent pas que l’un de ces derniers le rappelle avec un bulletin de vote.

 Mais du simple point de vue de la cohérence, que pourrait être une Europe plus « démocratique » sinon une Europe qui aurait le souci d’accepter la volonté des populations qui la constituent, d’abord et surtout en matière d’organisation, de périmètre, de pouvoirs ?

 Jubilatoire enfin, car en dépit de la formidable machine de propagande déployée à l’échelle d’un continent et relayée partout par la « grande presse » et les media audiovisuels, quelques centaines de milliers d’Irlandais, ne s’en laissant pas compter, mettent à terre le nouveau mécano des « chefs » et « le feu au lac ».

 

Ahurissant, car sitôt connu le résultat du référendum outre Manche, il déchaîne, les masques tombant, des réactions épidermiques très significatives du profond mépris qu’inspire à certains ce vote politiquement incorrect. Dans un premier temps, comme un seul homme, les eurocrates décident que les Irlandais devront voter à nouveau, jusqu’à ce qu’ils fournissent le résultat attendu. On remarquera qu’en matière de « construction européenne », un « oui » donné est définitif. Un « non » est provisoire. Selon quelle logique ? Aujourd’hui, selon toute vraisemblance, une majorité de Français voterait « non » au traité de Maastricht. Qui leur proposera de rejouer la partie ? Il est bien connu que «  l’on ne revient pas en arrière », on ne peut que fuir en avant.

 Plus tard, quelle magnifique lucidité politique !, les mêmes s’avisent qu’il serait dangereux de vexer ces Irlandais de malheur et de mettre leur gouvernement, partisan du « oui », dans une trop inconfortable posture. On donnera donc du temps au temps, en travaillant au « coup tordu » qui permettra d’abuser ce peuple récalcitrant.

 Des esprits délicats font remarquer ce qu’il y a d’odieux à ce que le sort de milliers d’Européens dépende d’une poignée d’entre eux. C’est qu’ils ont déjà la tête dans une Europe mythique, une Europe rêvée, avec un seul Etat, un seul peuple, et, je suppose, un seul chef ?

 D’autres, plus délicats encore, font valoir que les Irlandais ont bien profité du « Jackpot européen » et qu’ils sont donc bien ingrats. Ah, que ne savaient-ils, ces cerveaux bien légers, que l’argent ne fait pas l’amour ?

Plus tard encore, Nicolas Sarkozy a l’un de ses éclairs d’intelligence de la situation, auxquels il s’efforce généralement de ne donner aucune postérité féconde : « Doit-on continuer à faire semblant de ne pas voir qu’à chaque consultation des peuples par voie référendaire, il y a plus de gens qui disent non que de gens qui ont la force (sic) de dire oui ? On ne peut pas changer les peuples. Nous devons changer notre façon de parler, d’incarner et de gérer l’Union européenne » (le 5 juillet, devant le conseil national de l’UMP).

 Et dans un autre mouvement de clairvoyance, il avait, sur France 3, quelques jours auparavant, affirmé : « Ca ne va pas, l’Europe inquiète. Les citoyens se demandent si l’échelon national n’est pas le mieux à même de régler leurs problèmes. » Bien. Et tout cela pour en tirer quelle conclusion concrète et de « rupture » ? Aucune, bien sûr.

 

Le vote irlandais est un « incident » de l’histoire européenne, ils n’ont pas dit un « détail », le mot est devenu suspect, mais ils le pensent fortement. Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, formule le vœu que « lorsque tous les autres pays de l’Union auront ratifié le traité, les Irlandais pourront constater [par quel miracle ? ?] qu’il n’est pas question de supprimer telle ou telle liberté à laquelle ils sont attachés ». Et l’admonestation suit, à peine voilée : « Nous devons leur rappeler ce que l’Europe leur a apporté. » Non mais ! (20 minutes, le 19 juin 2008)

 

On peut retourner le problème dans tous les sens : il y a bien eu, avec ce pseudo mini-traité, cette vraie constitution européenne remaquillée, un véritable « coup de force », comme le souligne Paul Fabra dans les Echos. Et le même de noter : « L’exercice de la démocratie repose tout entier sur cette hypothèse : toute élection revenant à poser une question politique (comment conduire les affaires de la cité ?), il est supposé que l’électeur lui donnera une réponse politique. Feindre de confondre son jugement avec ses états d’âme est un déni de politique. » Et, de fait, le coup de force a été déjoué. Les motivations des « nonistes » sont-elles multiples ? Peu importe ! C’est un vote éminemment « politique » qu’ont émis les Irlandais. Et c’est bien ce qui le rend insupportable.

 

Charles Maurras l’avait bien compris : les peuples vivent mal d’être consultés pour départager des  partis, arbitrer le combat d’ambitions, faire le tri dans des offres idéologiques. Il s’y perdent. En revanche, ils savent d’un instinct très sûr ce qui menace leurs libertés, leurs modes de vie, leurs croyances, leurs traditions, tout ce qui fait la trame de leur réel. Les Irlandais ont pressenti cela, ils ont voté en conséquence. Qui le comprendra à l’Elysée et ailleurs en Europe ?

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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