Vendredi 25 avril 2008
Il m'arrive parfois d'hésiter quand vient le moment de classer ma chronique dans une catégorie, entre "(presque) frivoles" et "autres".
Certes, si l'on met de côté la série consacrée à l'Islam, le choix possible est réduit, mais somme toute, publiant peu, je n'éprouve pas le besoin d'offrir un "catalogue" car il n'y aurait pas abondance de biens sur chaque rayon.
Surtout, j'aurais du mal à donner des titres aux rubriques.


Mes lecteurs fidèles l'ont compris, ce qui sépare les chroniques "frivoles" des autres, c'est, dans les secondes, l'exigence d'une rigueur dans le raisonnement, la gravité du sujet abordé, le combat  mené en faveur du bon sens, du respect des mots et des faits.
Mais pour autant une chronique "frivole" ne tourne pas le dos à toutes ces exigences en même temps, ni même à aucune d'entre elles.
Ces "dadas" personnels, les habitués voudront bien me pardonner de les rappeler. Au moins pour deux raisons :
La première étant que de nouveaux lecteurs visitent régulièrement mon blogue. Certains ne manquent pas d'être désarçonnés par une approche non polémique ou idéologique des questions traitées. L'un d'entre eux laissa ce commentaire significatif : "Mais pour qui roulez-vous ?", et se détourna sans doute de ce journal. Car il faut "rouler" pour quelqu'un ou pour quelque chose ! J'ai eu l'occasion de lui répondre que j'espérais rouler pour la raison, le bon sens, le sens du bien commun, le droit naturel, la Vérité. C'est tout le but de ce blogue. Et ce qui peut agacer aussi bien les relativistes que les sectaires qui, dans le fond, détestent tous de réfléchir avec honnêteté intellectuelle.
La seconde étant que j'ai définitivement fait mien le choix de Louis de Bonald, qui écrivit : "Entre l'inconvénient de se répéter, et celui de ne pas être entendu, il n'y a pas à balancer".


Alors, ce qui rend la chronique frivole, c'est un sujet et un ton plus légers, un recours marqué à l'humour. Je m'y retiens d'être pamphlétaire bien que cela me démange parfois.
C'est que je ne renonce jamais tout à fait à la démonstration. Le pamphlet assène et laisse le lecteur retrouver, seul, les arguments qui le soustendent. Mais le pamphlet est aussi à la littérature ce qu'est la caricature au dessin. Il fait ressortir l'essentiel. Celle-ci est une forte exagération des traits et pourtant on reconnaît sans difficultés le personnage croqué.
Ce qui peut aussi me faire hésiter à qualifier de "frivole" une chronique, c'est le sujet lui même qui ne prête pas à rire, comme la conduite de l'Etat, alors même que ceux qui sont chargés de cette dernière ont un comportement qui enchante les chansonniers.
Il y a, malheureusement, du dramatique en tout désormais sur cette basse terre, à moins qu'il faille dénoncer ici, en moi, ces signes de vieillissement qui ne vous font plus voir la vie qu'en noir.
Quoi qu'il en soit, à bientôt pour de nouvelles chroniques et, je l'espère, pour votre plus grand intérêt et plaisir.
par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Dimanche 20 avril 2008
On n'aborde pas ces sujets sans appréhension. Faut-il les aborder d'ailleurs ? Il paraît qu'il n'y a pas de races humaines. J'en conclus donc logiquement que le racisme n'existe pas en tant que tel, puisque le racisme n'est pas l'affirmation de l'existence de races mais une hostilité manifestée envers des êtres humains en raison de leur appartenance à une race donnée ; or si celle-ci n'a pas de réalité...
Dès lors, je me demande encore plus à quoi jouent les "anti-racistes", contre quels moulins à vent se battent-ils ?


Dans ce domaine comme dans bien d'autres, des esprits marchent sur la tête, si je puis dire, ce qui, compte tenu de la cadence des coups, nuit beaucoup à leur faculté de penser. La confusion mentale règne. Comment s'en étonner à l'heure de l'Opinion triomphante qui piétine allègrement la Vérité ?
Quand des internautes réécrivent eux-mêmes les définitions des mots, dans des "encyclopédies" interactives, on peut craindre le pire et, de fait, il advient. Mieux vaut avoir l'humilité de reprendre Le Petit Robert, un dictionnaire sérieux, lui, qui remet les choses à l'endroit.
Comme toujours, il faut s'accrocher vigoureusement à deux choses : le sens vrai des mots, les faits. Et, à partir de là, raisonner. Alors les évidences pleuvent comme se désintégrent les opinions délirantes de professeurs de morale moralisante en tous genres qui obscurcissent les intelligences et excitent les sensibilités énervées.


Longtemps on a appris en géographie, que l'espèce humaine était composée de races, c'est-à-dire de groupes présentant un certain nombre de caractères physiques, essentiellement la couleur naturelle de leur peau. Pas un instant, me semble-t-il, cet exposé ne suscitait ou n'entretenait de réactions hostiles. Il faisait simplement apparaître la diversité du monde, la variété de types d'êtres humains, qui renvoient d'ailleurs à bien des sous-types, et au-delà à un patrimoine de coutumes, de modes de vie, de croyances, d'organisations sociales, économiques et politiques. Lorsque l'on voit un reportage sur quelque pays lointain, étranger à notre culture, n'éprouvons-nous pas, d'abord, un sentiment d'émerveillement devant cette richesse ?
Cette diversité mérite d'être défendue, préservée. J'ai envie de m'écrier : vive les races ! Mais je m'en garde car je dois me dispenser de porter un jugement de valeur.


"Vive les races" ou "à bas les races". Peu importe. Les races existent, de quelque manière qu'on les nomme pour satisfaire aux diktats des moralisateurs, et c'est évident comme les yeux bridés des Asiatiques ou la forme caractéristique des visages d'Indiens d'Amérique.
Alors cette vérité étant retrouvée, je veux bien prendre en considération le racisme. Voilà encore un mot mis à toutes les sauces pour justifier toutes sortes de divagations. Il y aurait un racisme contre les jeunes, les vieux, les fumeurs... Mettons de l'ordre dans tout ça : le racisme est une hostilité forte, constante, structurée, à l'égard de personnes en raison de leur appartenance à une race et pour cette seule raison.
C'est, nous dit Le Petit Robert, une "idéologie postulant une hiérarchie des races" (ce qui suppose qu'elles existent...) et il précise : abusivement, "hostilité systématique contre un groupe social". Abusivement...
A noter cependant, la comparaison est amusante, que si Le Petit Larousse, dans son édition de 1987 que j'ai sous la main, se contente de définir la race, Le Petit Robert, lui, se précipite pour imprimer cette remarque en préalable : "Rien ne permet de définir scientifiquement la notion de race" ! On se couvre par temps froid...
On peut distinguer deux grandes formes de racisme, le racisme idéologique et le racisme "de peau".
Le racisme idéologique, dont le National-Socialisme a été l'expression la plus achevée, théorise cette hostilité en distinguant des races supérieures et des races inférieures les premières ayant naturellement pour mission de soumettre ou d'exterminer les secondes.
Qui peut prétendre sérieusement que ce racisme idéologique perdure en dehors de quelques groupuscules combattus ou en tout cas surveillés de près ?
Quant au racisme de "peau", expression que je reprends à mon compte, non sans réticence compte tenu de son approximation, mais qui est parlante, il ne présuppose pas de théorie d'une hiérarchie des races selon leurs mérites et qualités. C'est une réaction épidermique, très liée aux conditions de promiscuité de groupes humains présentant de grandes différences culturelles et de modes de vie qui se superposent souvent, de fait, avec des distinctions "raciales". Et Dieu sait quelle importance les unes et les autres peuvent avoir ! A l'intérieur même du continent noir, que de rivalités ethniques violentes qui peuvent nous paraître incongrues, vues d'Europe. Franchement, faites-vous le constat à l'oeil nu, non expérimenté, de dissemblances entre telle tribu et telle autre tribu, au Gabon ou au Zimbabwe ? Les Africains concernés le font crûment et à l'occasion en tirent de bien sanglantes conclusions !


Or, en soi, le sentiment de la différence est un sentiment naturel qu'il est sage de prendre pour tel et donc de respecter.
Cette différence est à l'occasion revendiquée par de nombreux peuples sous les applaudissements de tous les intellectuels qui portent haut les couleurs de "l'anti-racisme". Ces peuples ont raison. "J'écris pour dire la différence" proclame l'écrivain Ben  Jelloun.
Dès l'instant où l'altérité est acceptée, elle est plutôt source de compréhension si elle induit la recherche de cette connaissance de l'autre. C'est au contraire le refus de la différence qui peut provoquer l'affrontement, par le désir fanatique de la soumission de ce qui ne vous ressemble pas, soit par l'esclavage (et l'on retrouve un racisme idéologique fondé sur la notion d'infériorité), soit par l'assimilation forcée, si tant est qu'elle puisse être une autre voie acceptable par le peuple dominateur.
Mais le souci sincère, désintéressé, non violent, de convaincre l'autre d'adhérer à ses propres valeurs, moeurs, croyances, ne saurait être confondu avec le refus de l'altérité.
Cependant, la ligne de crête est étroite. Entre différence assumée et différence refusée, le basculement est aisé. "J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" s'écrie Stendhal. Certes, cher auteur, mais que faire alors ? Supprimer la différence ? Autant demander à la terre de s'arrêter de tourner !

(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 10 avril 2008
La seule démocratie qui tienne, qui ait un sens, c'est la démocratie locale. Par démocratie locale, j'entends celle qui s'exerce au niveau d'une commune ; et encore, la taille de celle-ci n'est pas indifférente.



Plus exactement, dans le système actuel, l'enjeu des élections dans une ville de plus de 10 à 20.000 habitants, revêt, aussi, au grand dam des électeurs souvent, un caractère national.
On y voit s'affronter la "gauche" et la "droite" et maintenant le parti venu d'ailleurs et n'allant nulle part, le fameux Modem de Monsieur François Bayrou. Pourtant, même dans ces cas de figure, les résultats, les opinions recueillies, montrent que les électeurs veulent, d'abord et avant tout, élire un bon maire qui soit proche d'eux, peu importe son étiquette politique affichée. Et un bon maire, c'est aussi celui qui paraît avoir rassemblé une équipe unie.
Certes, l'activisme sarkozyste, contre-productif, a joué son rôle. Notamment auprès des classes populaires qui avaient fait défaut à la gauche en 2007 en votant pour le président de l'UMP. Mais même eux, à 60%, disent s'être exprimés récemment en fonction de considérations purement locales. Jean Chiche, chercheur au Cevipof note : "On peut d'ailleurs imaginer que l'électorat populaire ne voit pas de contradiction à voter pour une municipalité PCF qui leur assure du lien social et les protège, et à donner dans le même temps leurs voix à l'UMP lors du scrutin présidentiel pour exprimer leur volonté de sortir de la crise" (cité dans Les Echos du 17 mars 2008).
Ce sont les divisions locales, l'impression d'autoritarisme ou d'éloignement du maire sortant, qui expliquent la plupart des défaites du 16 mars dernier, à Metz, Caen, Toulouse, Reims ou Périgueux.
A l'échelle d'une petite commune, l'étiquette politique du maire n'a pas d'importance. La liste, souvent unique, est constituée par le rassemblement de bonnes volontés de toutes obédiences, quand toutefois celles-ci existent par ailleurs, unies par le souci du bien commun.
En même temps le "peuple" peut valablement s'exprimer, sur des questions concrètes qui le concernent directement, qu'il maîtrise, et auxquelles seul un désintérêt dont il serait le responsable, pourrait le divertir de se préoccuper.
Et cette démocratie peut même s'exercer d'une manière permanente : un maire d'une petite commune qui prendrait une initiative trop impopulaire serait vite interpelé, en toute simplicité, dans la rue. Il en tiendrait compte naturellement, ou tâcherait de convaincre.



Déjà le canton est une abstraction. L'existence de départements, création assez artificielle de la Révolution française, dans son souci jacobin de quadriller le pays pour mieux le contrôler, ne passionne pas. Au second tour des cantonales, la participation électorale s'est élevée à 50,77%, plus faible encore qu'au premier tour.
La superposition de tous ces échelons de décisions, communes, groupements de communes sous diverses formes, cantons, départements, régions, Etat et Europe et les élections périodiques qu'elle entraîne, fatigue.
Mais surtout la "politisation", pour employer ce mot faute de mieux, liée au système démocratique central, pollue littéralement le processus démocratique local, quand elle n'empêche pas qu'il s'épanouisse.
N'est-ce pas Valéry qui disait, en substance, que la démocratie consiste à poser au peuple des questions auxquelles il n'a pas les moyens de répondre, pour mieux le détourner de celles qui le regardent directement ?
Et cette façon qu'ont les hommes politiques, les mêmes d'une fois sur l'autre, de déclarer d'enjeu local les élections municipales quand ils les ont perdues, et d'avertissement national, quand ils les ont gagnées, est proprement grotesque. On a vu Nicolas Sarkozy s'avancer sur ce front il y a quelques mois, attendant un plébiscite, puis battre en retraite à la vue à l'horizon, d'une défaite annoncée.


La réalité est plus simple. Les peuples lassés par la démocratie idéologique, restent attachés à la démocratie naturelle, réelle, de proximité. Et même dans ce cadre, ils pourraient bien nommer des "chefs de village à vie". Ce fut le cas dans l'Afrique traditionnelle, et cela marchait bien comme ça.
D'ailleurs, les communes en France dans lesquelles, c'est le cas, de fait, où le même maire est en place depuis des décennies, ses concitoyens étant trop heureux de ne pas avoir à le supplier de bien vouloir se plier, pour la forme, tous les six ans, à la petite cérémonie électorale, ne se comptent plus !


La vie politique d'un village donne une idée assez exacte de ce que peut être la réconciliation du pays réel et du pays légal, pour reprendre la distinction chère à Charles Maurras.
Sorti du village, tout se complique, tout perd en évidence, en simplicité, en naturel, en harmonie. L'heure de l'embrouille sonne et les professionnels de la politique peuvent tout à loisir "agiter le peuple avant de s'en servir"...
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Dimanche 30 mars 2008
Chers lecteurs,
Il n'y a pas que la girouette qui donne des signes de fatigue. Il y a moi aussi.
Aucun rapport avec ce one man show que j'ai donné en ce mois de mars avec beaucoup de plaisir. 
Simplement, une opération programmée, m'éloigne de mon ordinateur pour un temps que j'espère court.
Je prie mes fidèles lecteurs abonnés de bien vouloir m'en excuser.
A bientôt !
Bien cordialement,
François-Xavier GELIN
par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 20 mars 2008
J'ai eu l'occasion (cf. "QU'EST-CE QUE LA DEMOCRATIE ?" et "LE PEUPLE SOUVERAIN"), de m'interroger sur le caractère artificiel, au sens propre du terme, de ce régime politique.
Il n'est pas naturel, en effet, en ce sens qu'il n'est pas l'expression vraie de l'organisation politique voulue ou consentie, spontanément, par les communautés humaines.


Qu'on le veuille ou non, qu'on le déplore ou que l'on s'en réjouisse, le régime naturel, c'est la monarchie, voire l'aristocratie, mais c'est toujours, en définitive, le pouvoir d'un seul qui s'impose. Ce pouvoir, comme tout pouvoir personnel, est plus ou moins absolu. Et rappelons que "absolu" ne veut pas dire arbitraire, mais indépendant. Son indépendance, donc sa liberté, est plus ou moins encadrée par la liberté, l'indépendance d'autres pouvoirs. De la dictature sanguinaire à la monarchie débonnaire et protectrice , le spectre peut être large des formes de gouvernement qui toutes renvoient au désir des hommes de s'en remettre à un seul.


Mais comme l'idéologie officielle, sous nos latitudes, est celle de la démocratie, du gouvernement du peuple par le peuple, il convient d'en maintenir la fiction. Beaucoup de braves gens, sincères, se lamentent et se lamenteront encore longtemps, sur le fait que la vie politique et la société ne sont pas "assez démocratiques". Autant poursuivre une chimère !
La question, encore une fois, n'est pas de "préférer" la démocratie à la monarchie. La vérité est que la démocratie est un régime rêvé et la monarchie un régime réel. Ceci étant posé, il est toujours permis de rêver, mais je tiens fermement pour prudent d'être réaliste.
Les faits sont là, toujours têtus, n'en déplaisent à beaucoup. L'histoire des hommes, c'est l'histoire de leurs chefs et de leurs actions. Aujourd'hui comme hier. Et sous le rêve perce constamment la réalité même si elle est tenue d'avancer masquée.
Les chefs et tous ceux qui ambitionnent de le devenir, doivent, par les temps qui courent, s'accommoder du système démocratique. Pour parvenir à leurs fins, la conquête du pouvoir ne s'imposant pas naturellement par la naissance, comme pour le roi, tous les autres moyens sont bons, et la neutralisation du peuple, apparemment consulté, est un exercice obligé.


Que constatons-nous aux Etats-Unis, pays artificiel s'il en est, sans Histoire, constitué de bric et de broc, au gré des vagues immigratoires, de peuples hétéroclites venus de toutes parts, qui ne sont pas passés par la case fondatrice "monarchie", ce pays "né" démocratique par excellence dont on nous vante tant les mérites sur ce plan ?
Que le président de cette république est un personnage-clé, auquel le peuple s'en remet bien volontiers cherchant toujours un sauveur, que son élection occupe les esprits et les médias, un an et demi avant l'échéance électorale. Pour autant le peuple américain a-t-il le choix, au-delà des apparences ?
On peut sérieusement en douter. Ils ont le choix entre les candidats que les dollars et les appareils des partis ont choisi. Il faut se méfier du peuple. Les démocrates (!) américains ont même inventé les "super-délégués", hommes du parti, pour désigner leur champion lors de la convention estivale qui consacre formellement le vainqueur des primaires, afin de "corriger" éventuellement le choix des électeurs. Les dynasties se constituent naturellement. Pourquoi un Bob Kennedy avait toutes les chances  de devenir président, avant d'être assassiné ? Parce qu'il s'appelait Kennedy et qu'il était "l'héritier" de John, son frère aîné. Un journaliste des Echos a pu faire remarquer avec humour, qu'avec un peu de chance, les familles Bush et Clinton pouvaient occuper la Maison Blanche, sans discontinuité, depuis 1988 jusqu'en 2016 ! et pourquoi pas au-delà, car on dit qu'un Bush gouverneur de Floride...
A bien des égards, il est clair que le gouvernement des Etats-Unis est moins celui du peuple souverain que celui de l'argent-roi.
En Russie, Vladimir Poutine vante les mérites de la "démocratie souveraine". Veut-il dire par là que la démocratie est celle du souverain ? En tout cas, il musèle la presse et l'opposition, et dans la plus grande indifférence d'un peuple qui s'en remet à lui, Président ou Premier ministre, peu importe, et auprès duquel personne ne conteste qu'il soit populaire. Populaire pourquoi ? Parce qu'il a fait "progresser la démocratie" ? Beau souci dont les Russes se moquent ! Non, parce qu'il a remis de l'ordre et avec poigne et qu'il est, finalement, sans le titre, mais dans la plus grande tradition locale, un nouveau tsar. Seulement il est lui aussi tenu à un certaine attitude internationale politiquement correcte. Alors il fait semblant. Les Russes sont des Russes ! Il est vain, pour ne pas dire indécent, d'aller leur faire la morale.


Jean-Jacques Servan-Schreiber, que l'on ne peut soupçonner d'aucune complaisance de ce côté-là, déclara un jour avec lucidité (et pour s'en plaindre, n'en doutons pas), : "les Français sont restés monarchistes, d'instinct et de mémoire". Tu l'as bien dit Jean-Jacques !  Comment en douter d'ailleurs, après qu'une petite minorité d'entre eux a voulu la mort du roi, en constatant que nos concitoyens n'ont cessé depuis de se donner à, de s'enthousiamer pour, des hommes plus ou moins providentiels, Napoléon, le général Boulanger, Clémenceau, Pétain, de Gaulle... et peut-être, un temps, Nicolas Sarkozy ! 
A défaut de mémoire, tout peuple est monarchiste d'instinct. Et tout pouvoir tend à le devenir.


La consultation du peuple embarrasse fort les démocrates. Ils en jouent au gré des opportunités. Et s'en mordent les doigts à l'occasion. Le Premier ministre britannique avance ou recule la date des élections selon l'état de sa peur de les perdre. Remarquez bien que sur les questions européennes, quelques centaines d'hommes influents ayant décidé de tuer les nations, le peuple est consulté tant qu'il vote "mal". Un "oui" de sa part est définitif. Un "non" est provisoire. Et lorsque l'on craint qu'il vote une deuxième fois "mal", on se passe de son avis, déni manifeste de démocratie. L'affaire de la constitution européenne recyclée en "traité simplifié" est l'exemple caricatural de ce genre de manoeuvre. Mais comment s'en étonner, s'en offusquer, sans faire la preuve ainsi d'une très grande naïveté ? Comment un système qui, fondamentalement, n'existe pas, peut donner les résultats qu'on en attend ?


Pourtant, mais il faudrait traiter de cela dans une autre chronique, en un sens supérieur, tout pouvoir est aussi "démocratique" en ce sens que tout pouvoir durable, même monarchique, ne peut trouver sa légitimité ultime que dans l'adhésion ou le simple accord de tout un peuple.
Il n'est pas besoin pour cela de passer par le suffrage universel, système en trompe-l'oeil, bien souvent insulte aux peuples et manipulation des pauvres gens.





par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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