Le contenu du Coran est conditionné par quelques idées imposées jusqu'à l'obsession.
Ainsi de l'unicité de Dieu. Le nombre de sourates qui échappent à ce rappel constant est limité. Il est dénoncé les "dieux", les "ajouteurs". Dans ce cadre les chrétiens sont sans aucun doute plus mal vus que les juifs. Mahomet n'a rien compris au mystère de la Sainte Trinité (nous non plus d'ailleurs, mais nous admettons cette donnée qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes. Mahomet, lui, voit trois dieux et visiblement il n'apprécie pas du tout).
"Vous qui avez le livre, n'outrez pas votre religion, ne dites sur Dieu que la vérité. Le messie Jésus fils de Marie n'est que l'apôtre de Dieu, sa parole jetée à Marie et un esprit de lui. Croyez en Dieu et en ses apôtres. Ne dites pas : trois. Cessez, cela vaudra mieux. Dieu est un dieu unique, c'est tout. Gloire à lui. Quel enfant aurait-il ? A lui sont les êtres des cieux et de la terre. Dieu est le protecteur qui suffit" (IV, 171). Mieux, Jésus lui-même a démenti être fils de Dieu : "Quand Dieu demandait : Jésus fils de Marie, as-tu dit aux hommes : Prenez-nous, moi et ma mère, comme des dieux à côté de Dieu ? Et il répondit : Gloire à toi, je n'ai pas à dire ce que je ne dois pas dire" (V, 116). Enfin, nec plus ultra, Jésus annonce lui même Mahomet : "Jésus fils de Marie disait : Fils d'Israël, je suis pour vous l'apôtre de Dieu, je confirme ce qui est venu de la Thora et j'annonce après moi un apôtre à venir du nom de Très-Glorieux" (LXI, 6).
Autre leitmotive du Coran : la nécessité de croire en Mahomet, de se convertir à l'Islam, l'énumération des châtiments et des récompenses qui attendent incroyants et croyants, avec un crescendo comme s'il y avait urgence grandissante à convaincre, voire à contraindre. N'oublions pas que Mahomet consacra les dix dernières années de sa vie, de 622 à 632, à faire la guerre, à soumettre des peuples à sa volonté, période durant laquelle, comme évoqué plus haut, le Coran était encore en évolution orale.
Entendons-nous bien, Mahomet n'est qu'un homme comme un autre (pas de déification bien sûr) : "Mahomet n'est qu'un messager. Des messagers ont passé avant lui" (VII, 144). Mais comme il détient la parole même de Dieu, il est fortement conseillé de le croire sans sourciller. Ce qui lui vaut sans doute des privilèges quant au nombres de femmes à posséder : "Prophète, nous t'avons permis tes épouses à qui tu as donné un douaire, les captives que Dieu t'a fait acquérir à la guerre, les filles de tes oncles et tantes paternels, celles qui ont émigré avec toi, toute croyante qui se donne au prophète s'il veut l'épouser. Tel est ton privilège mais non celui des croyants" (XXXIII, 50).
Dès la sourate II les "incroyants" (on reviendra sur cette notion), sont menacés du pire des châtiments s'ils ne se convertissent pas (ou s'ils ne se laissent pas convertir... ). Et plus les sourates passent, plus Dieu/Mahomet insistent. "Ceux qui font le mal, leur faute les enveloppe, ils seront pour toujours les hôtes du feu" (II, 81). "[les incroyants] seront dans un souffle tuant et une eau bouillante à l'ombre d'une fumée brûlante sans fraîcheur ni munificence [...] oui, égarés, oui, négateurs, vous mangerez aux arbres Zaqqoum, vous vous en remplirez le ventre et boirez là-dessus de l'eau bouillante, vous boirez comme des chameaux assoiffés. Tel sera leur lot le jour du jugement" (LVI, 42 -55). Méfiez-vous donc des arbres Zaqqoum.
Pourtant Dieu est miséricordieux. Toutes les sourates s'ouvrent sur : "Au nom de Dieu le Miséricordieux plein de miséricorde" (sauf une, curieusement, la sourate IX "la repentance" : erreur d'édition ?). Il est souvent écrit l'équivalent de ceci : "Son Seigneur lui est revenu, il est celui qui revient, celui qui a pitié" (II, 37). "Oui, Dieu est bon pour les hommes, il a pitié" (II, 143). Mais après analyse, attention ! il semble bien que cette miséricorde soit réservée aux croyants (entendez, d'ores et déjà, les musulmans) qui se repentent de leurs erreurs. Le Dieu de Mahomet se désintéresse de la brebis égarée : "Les infidèles, avertis-les, ne les avertis pas, c'est pareil, ils ne croient pas. Dieu a scellé leur coeur et leurs oreilles, ils ont un bandeau sur les yeux, à eux le tourment sans borne" (II, 6 - 7). "Ne t'attriste pas de ceux qui s'enfoncent dans l'incroyance. Ils ne font aucun tort à Dieu. Dieu ne leur donnera aucune part à l'autre vie. A eux le tourment sans borne" (III, 176). Tout au contraire l'hostilité de Dieu, sa haine contre les incroyants ne fait pas de doute, au point de les "soumettre à la tentation" : "Regarde comme nous envoyons les satans exciter les incroyants. Ne te hâte pas contre eux. Nous comptons leurs jours [...]nous pousserons comme à l'abreuvoir les criminels vers la géhenne" (XIX, 83 -86). Ce Dieu crie vengeance, il menace à longueur de sourates. "Oui, Dieu maudit les incroyants, il leur a préparé un brasier" (XXXIII, 64). "On criera aux incroyants : Dieu vous a plus en haine que vous ne vous haïssez vous-mêmes quand, appelés à croire, vous êtes restés dans l'ignorance". (XL, 10).
(à suivre)
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