Jeudi 19 octobre 2006

Le contenu du Coran est conditionné par quelques idées imposées jusqu'à l'obsession.

Ainsi de l'unicité de Dieu. Le nombre de sourates qui échappent à ce rappel constant est limité. Il est dénoncé les "dieux", les "ajouteurs". Dans ce cadre les chrétiens sont sans aucun doute plus mal vus que les juifs. Mahomet n'a rien compris au mystère de la Sainte Trinité (nous non plus d'ailleurs, mais nous admettons cette donnée qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes. Mahomet, lui, voit trois dieux et visiblement il n'apprécie pas du tout).

"Vous qui avez le livre, n'outrez pas votre religion, ne dites sur Dieu que la vérité. Le messie Jésus fils de Marie n'est que l'apôtre de Dieu, sa parole jetée à Marie et un esprit de lui. Croyez en Dieu et en ses apôtres. Ne dites pas : trois. Cessez, cela vaudra mieux. Dieu est un dieu unique, c'est tout. Gloire à lui. Quel enfant aurait-il ? A lui sont les êtres des cieux et de la terre. Dieu est le protecteur qui suffit" (IV, 171). Mieux, Jésus lui-même a démenti être fils de Dieu : "Quand Dieu demandait : Jésus fils de Marie, as-tu dit aux hommes : Prenez-nous, moi et ma mère, comme des dieux à côté de Dieu ? Et il répondit : Gloire à toi, je n'ai pas à dire ce que je ne dois pas dire" (V, 116). Enfin, nec plus ultra, Jésus annonce lui même Mahomet : "Jésus fils de Marie disait : Fils d'Israël, je suis pour vous l'apôtre de Dieu, je confirme ce qui est venu de la Thora et j'annonce après moi un apôtre à venir du nom de Très-Glorieux" (LXI, 6).

Autre leitmotive du Coran : la nécessité de croire en Mahomet, de se convertir à l'Islam, l'énumération des châtiments et des récompenses qui attendent incroyants et croyants, avec un crescendo comme s'il y avait urgence grandissante à convaincre, voire à contraindre. N'oublions pas que Mahomet consacra les dix dernières années de sa vie, de 622 à 632, à faire la guerre, à soumettre des peuples à sa volonté, période durant laquelle, comme évoqué plus haut, le Coran était encore en évolution orale.

Entendons-nous bien, Mahomet n'est qu'un homme comme un autre (pas de déification bien sûr) : "Mahomet n'est qu'un messager. Des messagers ont passé avant lui" (VII, 144). Mais comme il détient la parole même de Dieu, il est fortement conseillé de le croire sans sourciller. Ce qui lui vaut sans doute des privilèges quant au nombres de femmes à posséder : "Prophète, nous t'avons permis tes épouses à qui tu as donné un douaire, les captives que Dieu t'a fait acquérir à la guerre, les filles de tes oncles et tantes paternels, celles qui ont émigré avec toi, toute croyante qui se donne au prophète s'il veut l'épouser. Tel est ton privilège mais non celui des croyants" (XXXIII, 50).

 

 

Dès la sourate II les "incroyants" (on reviendra sur cette notion), sont menacés du pire des châtiments s'ils ne se convertissent pas (ou s'ils ne se laissent pas convertir... ). Et plus les sourates passent, plus Dieu/Mahomet insistent. "Ceux qui font le mal, leur faute les enveloppe, ils seront pour toujours les hôtes du feu" (II, 81). "[les incroyants] seront dans un souffle tuant et une eau bouillante à l'ombre d'une fumée brûlante sans fraîcheur ni munificence [...] oui, égarés, oui, négateurs, vous mangerez aux arbres Zaqqoum, vous vous en remplirez le ventre et boirez là-dessus de l'eau bouillante, vous boirez comme des chameaux assoiffés. Tel sera leur lot le jour du jugement" (LVI, 42 -55). Méfiez-vous donc des arbres Zaqqoum.

 

 

Pourtant Dieu est miséricordieux. Toutes les sourates s'ouvrent sur : "Au nom de Dieu le Miséricordieux plein de miséricorde" (sauf une, curieusement, la sourate IX "la repentance" : erreur d'édition ?). Il est souvent écrit l'équivalent de ceci : "Son Seigneur lui est revenu, il est celui qui revient, celui qui a pitié" (II, 37). "Oui, Dieu est bon pour les hommes, il a pitié" (II, 143). Mais après analyse, attention ! il semble bien que cette miséricorde soit réservée aux croyants (entendez, d'ores et déjà, les musulmans) qui se repentent de leurs erreurs. Le Dieu de Mahomet se désintéresse de la brebis égarée : "Les infidèles, avertis-les, ne les avertis pas, c'est pareil, ils ne croient pas. Dieu a scellé leur coeur et leurs oreilles, ils ont un bandeau sur les yeux, à eux le tourment sans borne" (II, 6 - 7). "Ne t'attriste pas de ceux qui s'enfoncent dans l'incroyance. Ils ne font aucun tort à Dieu. Dieu ne leur donnera aucune part à l'autre vie. A eux le tourment sans borne" (III, 176). Tout au contraire l'hostilité de Dieu, sa haine contre les incroyants ne fait pas de doute, au point de les "soumettre à la tentation" : "Regarde comme nous envoyons les satans exciter les incroyants. Ne te hâte pas contre eux. Nous comptons leurs jours [...]nous pousserons comme à l'abreuvoir les criminels vers la géhenne" (XIX, 83 -86). Ce Dieu crie vengeance, il menace à longueur de sourates. "Oui, Dieu maudit les incroyants, il leur a préparé un brasier" (XXXIII, 64). "On criera aux incroyants : Dieu vous a plus en haine que vous ne vous haïssez vous-mêmes quand, appelés à croire, vous êtes restés dans l'ignorance". (XL, 10).

(à suivre)  

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : L'ISLAM
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Mardi 17 octobre 2006

La première fois que vous avez entendu parler de "sans-papiers", vous avez peut-être pensé, comme il était naturel, qu'il s'agissait de braves gens, en règle comme vous et moi, qui, à l'occasion d'un contrôle inopiné de police ou de gendarmerie, s'étaient retrouvés dans une position désagréable, ayant laissé leurs documents officiels dans une veste restée chez eux, ou les ayant perdus, bêtement, dans la rue, en tirant leurs mouchoirs de leurs poches. Depuis vous avez compris que vous aviez à faire à des personnes illégalement installées en France (et dans quelques autres pays). L'expression a été admise, imposée. La plupart des médias la reprennent en choeur. Elle devrait pouvoir faire école.

 

 

Qu'est-ce qu'un personnage qui brûle trois feux rouges, fauche deux enfants sur le trottoir, est contrôlé avec 2.5g d'alcool dans le sang et perd, en conséquence, son permis de conduire ? Un délinquant, un chauffard, un voyou de la route ? Que nenni ! C'est un sans-permis de conduire qui a droit à toute votre compassion. Il est en bonne compagnie. Si l'on en croit les révélations de la presse, qui n'ont pas l'air d'avoir ému nos autorités, il y aurait en France des millions d'automobilistes qui conduisent sans permis, soit pour l'avoir perdu, soit pour n'avoir jamais passé les examens qui permettent de l'obtenir (il est vrai que cela coûte cher, prend du temps, et que les examinateurs sont parfois féroces. C'est donc tout juste bon pour des imbéciles qui veulent respecter la loi). N'est-il pas temps de régulariser la situation de ces malheureux ?

 

 

Voici l'illustration concrète de ce que je dénonçais récemment dans mon article sur LA VERITE : malhonnêteté intellectuelle et non-respect des faits, à la base de tous les mauvais raisonnements qui en découlent. Ici on qualifie par une expression neutre, voire complaisante, une situation anormale. Le fait objectif, indiscutable, c'est qu'il y a violation de la loi. Cela n'est pas dit, cette vérité de fait est masquée par la malhonnêteté intellectuelle qui consiste à désigner un délinquant, clandestinement introduit en France (fait puni,normalement, par la loi, sur un plan pénal), autrement que par son nom véritable. Par là même on conditionne l'opinion, on lui fait perdre le sens de la réalité, le sens de la légalité ; on travaille à la faire raisonner, par la suite, de travers.

 

 

Très souvent le premier signe de l'entreprise de subversion consiste à pervertir le langage, à détourner le sens des mots. Manipuler le discours avant de manipuler ceux auxquels il est destiné. Appeler les choses par leur nom véritable est la première des opérations d'hygiène mentale nécessaires pour être en capacité de bien raisonner.

 

 

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Samedi 14 octobre 2006

La Vérité... oser écrire ces mots, oser les prononcer, c'est s'attirer le courroux du relativisme.

 

- Comment ! Vous y revenez encore au XXIe siècle ? N'avons-nous pas assez souffert de tous ceux qui prétendaient la détenir, LA Vérité, avec un V majuscule qui écrase l'Homme ! N'avons-nous pas assez subi le joug pesant des religions, des idéologies, des sectes en tous genres ! Ne nous parlez plus jamais de la Vérité !

 

Calmons-nous. Refuser le mot et ce qu'il signifie n'empêche pas la Vérité d'exister.

 

 

Oui, osons l'écrire : penser, c'est rechercher la Vérité. En toutes choses. Et la Vérité existe, presque, en toutes choses. La Vérité peut s'entendre de deux manières : la Vérité suprême, métaphysique, celle qui permet de répondre à la question fondamentale, qui sommes-nous ? Ou la Vérité comme expression générique de toutes les vérités particulières.

 

 

Nous vivons dans le monde sans plus y prêter attention. C'est une donnée qui n'est pas l'objet, pour la plupart d'entre nous, d'une réflexion profonde. Nous ne nous étonnons plus de l'existence de la Terre, de la vie sur cette planète, la seule jusqu'à preuve du contraire, de l'immensité de l'univers, absorbés que nous sommes par nos affaires. Et cependant... Si tout cela n'était pas, qu'y aurait-il à la place ? Quel mystère ! Comment expliquer que cela soit plutôt que cela ne soit pas ?

 

On ne peut échapper à ces deux hypothèses : ou bien le monde a été conçu par un Esprit tout puissant et, par définition, éternel (sinon qui l'aurait créé ?), ou bien le monde s'est conçu lui-même en quelque sorte, par la transformation de la matière. Et la matière est alors éternelle (sinon qui l'aurait créée ?). Il n'y a pas d'autre possibilité et ces deux là sont antinomiques. C'est l'une ou c'est l'autre. Qui ne comprend que la Vérité est l'une ou l'autre des hypothèses ?

 

 

La Vérité existe indépendamment de celui qui la cherche comme de celui qui ne la cherche pas. La difficulté qu'a l'homme de la connaître ne fait rien à l'affaire. Et si Dieu existe, ou bien il a parlé aux hommes, ou bien il ne leur a rien dit. Il ne peut à la fois, principe de logique élémentaire, leur avoir parlé et s'être tu. S'il s'est manifesté auprès des hommes, les questions posées sont nombreuses : Quand ? Par l'intermédiaire de qui ? A-t-il envoyé son fils unique en la personne de Jésus -Christ ou seulement son dernier prophète en celle de Mahomet ?

 

Le relativisme peut s'époumoner, il ne peut rien contre ces évidences. D'ailleurs n'est-ce pas souvent les mêmes qui s'en vont proclamant qu'il n'y a pas de Vérité qui nous affirment en même temps que la science finira par tout expliquer ? Sur- presque- toutes choses, il y a une vérité.

 

Bien sûr, si nous sommes attablés en train de manger des prunes et que le débat porte sur leur qualité, cela se discute. Certains les trouveront un peu fades, d'autres sucrées à leur goût, d'autres encore fermes ou un peu farineuses. Y-a-t-il une vérité sur la qualité de ces prunes ? Sans doute pas. Mais quel est l'enjeu ? Bien faible ! Et "des goûts et des couleurs" n'est-ce pas...

 

 

Et pourtant... même dans ce cas là, c'est à examiner de près. Prenez l'exemple du film et de sa musique, tous deux triomphants, des choristes. L'opinion générale est favorable à ces mélodies ; elles flattent l'oreille. Parlez-en à une personne compétente en matière de composition musicale : elle vous expliquera que les musiques des choristes sont très mal composées, qu'elles comportent des fautes, l'équivalent de fautes de syntaxe ou d'orthographe pour la langue écrite. La vérité sur cette musique est qu'elle n'est pas très bonne. Elle plaît, c'est différent. En matière de peinture, comment distinguer toujours la vraie, celle qui traduit le génie, le talent, le savoir-faire, de la fausse, sans connaissances ? Il y a bien longtemps, sortant d'un concert où Mozart avait été joué d'une manière "moderne", un garçon s'exclama : "Ah ! Eh bien Mozart, comme cela, je le comprends et je l'aime !".  Le grand critique Bernard Gavoty lui répliqua, en substance : "Non jeune homme, vous ne comprenez et vous n'aimez toujours pas Mozart car ce que vous venez d'entendre ce n'est pas du Mozart" -"Mais cela me plaît ! - " "Cela vous plaît peut-être, mais c'est une erreur, une monstrueuse erreur !"

 

Dans une- brillante- pièce de théâtre, chacun sa vérité, Pirandello met en scène des citoyens trop curieux, intrigués par leurs nouveaux voisins, Madame Frola et son gendre Monsieur Ponsa. Mme Frola prétend que son gendre a perdu la raison, et le gendre affirme que sa belle-mère est folle. Malgré toutes leurs tentatives pour connaître la vérité, les commères et les indiscrets en seront pour leurs frais. On ne saura pas ce qu'il en est. Bel exercice de style théâtral ? Oui. Leçon de vie ? Sans aucun doute (la curiosité est un vilain défaut). Révélation qu'il est bien difficile, parfois, de connaître l'Autre ? On n'en disconviendra pas. Preuve philosophique qu'il n'y a pas de vérité dans cette affaire ni dans aucune autre du même genre ? Halte- là ! Ou Mme Frola est folle ou son gendre est fou. Ou ils sont fous tous les deux, ou ils ne sont fous ni l'un ni l'autre et jouent une comédie (je vous laisse rechercher d'autres combinaisons s'il en existe et si cela vous amuse). Quoi qu'il en soit, même s'il est impossible de la découvrir, il existe, objectivement, au-delà des apparences, une vérité de la situation.

 

 

Ne confondons pas "à chacun sa vérité", affirmation trompeuse qui insulte la Vérité, avec "à chacun son opinion", réalité certaine, qui se contente de l'ignorer. C'est pourtant cette confusion qui se répand partout et sur tous sujets. Il n'y a qu'une Vérité, parfois difficile, voire impossible, à découvrir, car le "profond aime à se cacher" (Nietzsche), mais une multitude d'opinions, parmi lesquelles, peut-être, la bonne : celle qui correspond à la vérité.

 

 

"La bêtise, c'est de conclure", affirma André Gide. Gide avait peut-être de bonnes raisons personnelles pour ne jamais conclure. Il y a un confort et une sécurité à vivre dans le doute permanent sur tout, cela permet souvent de poursuivre, sans trop de scrupules, ses petits trafics en tous genres. Mais c'est le type même de formule qui viole la réalité. Il est probable que la bêtise ce soit d'écrire que "la bêtise, c'est de conclure". Est-il bête de conclure que la Terre est ronde au vu des éléments en notre possession pour étayer cette thèse ? Encore que remarquez qu'il existe aux Etats-Unis une association des partisans de la Terre plate. Ils prétendent que les photos ramenées de l'espace sont truquées pour conforter la version officielle ! A ce stade ce n'est plus une opinion. C'est de la crétinerie flambloyante.

Il serait plus prudent, pour sauver l'intuition de l'auteur des Nourritures terrestres, d'écrire : "La bêtise, c'est de conclure trop vite, sans raisonnement rigoureux".

 

 

Dans la recherche de la Vérité, il y a deux préalables qui se tiennent la main : l'honnêteté intellectuelle, le respect des faits. Les faits sont "têtus", certes, mais s'ils ne sont pas respectés, au début du raisonnement, on court à la catastrophe avant longtemps. Il faut déjà partir des vérités de fait pour accéder aux vérités de raison. Que font nos faiseurs d'opinion ? Ils masquent, ils défigurent, ils occultent les faits et ils en tirent les conclusions auxquelles ils entendent vous amener. Le drame c'est que l'honnête homme, accablé d'informations, peine à distinguer, sans recherches qui prennent du temps, le vrai du faux. Les faiseurs d'opinions comptent bien là-dessus. Eux font métier de tripatouiller l'information tous les jours. On ne peut faire l'économie d'un courageux travail de recherche par soi-même, en croisant les sources, lorsque l'on a l'amour de la Vérité.

 

 

Car la Vérité mérite d'être aimée, recherchée, connue et partagée. In fine, c'est le gage d'une possible vie en société d'êtres humains bien différents les uns des autres, mais unis par quelques vérités qui les font vivre ensemble.

 

 

C'est si vrai d'ailleurs, que, quoi qu'en dise le relativisme, à défaut d'être fondée sur la Vérité, la société finit par l'être sur le mensonge, sur des mensonges entretenus par les moyens subtils de la propagande. Il y a des mensonges officiels et imposés, dont le moins notable des dogmes n'est pas, précisément, cette affirmation selon laquelle il n'y a pas de Vérité !

        

 

 

 

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 12 octobre 2006

 

En ouvrant le Coran, je pensais, sincèrement, par ouï-dire, que j'abordais la lecture d'un livre poétique, dense, construit. J'ai été très déçu.

 

 

Jean Grosjean, le traducteur, est un poète. Hommage lui est rendu : "On ne peut rêver traducteur plus expert et plus naturel que le poète Jean Grosjean (...) Grâce à lui, le Coran nous est enfin révélé dans ses pouvoirs et ses ivresses" (Alain Bosquet). "La traduction restitue non seulement le message, mais aussi le souffle poétique du Coran dans sa beauté sacrale" (Tahar Ben Jelloun). Soit. Je dois être réfractaire à cette poésie-là. Peut-être ne peut-on y goûter, encore une fois, que dans le texte original ? Reste à apprendre l'arabe...

 

 

Je trouve, au contraire, le Coran très prosaïque. On ne peut s'empêcher de sourire même, en lisant certaines phrases : "Dieu fait vite les comptes" (II, 203), "Mais une révélation lui est révélée" (LIII, 4), "Quand la terre sera secouée de secousses" (LVI, 4). "Attention ! quand l'âme remonte entre les clavicules, on dit : Qui peut y remédier ?  "(LXXV, 26). Et quand M. de La Palice se fait musulman, il ne s'exprime pas avec légèreté : "Vous les incroyants, je n'adore pas ce que vous adorez et vous n'adorez pas ce que j'adore. Non, je n'adore pas ce que vous adorez et vous n'adorez pas ce que j'adore. A vous votre religion, à moi la mienne" (CIX, en entier). Si Dieu est l'auteur du Coran, il aurait pu faire mieux. Si c'est Mahomet, on ne s'étonnera pas du résultat, qui fait dire à Dieu, en parlant de lui : "Nous ne lui enseignons pas la poésie, ce n'est pas son fait, mais un avertissement et un coran explicite" (XXXVI, 69).

 

 

Le Coran est incroyablement répétitif. Si d'une sourate à l'autre, on retirait ce que l'on a déjà lu dans les précédentes, plus d'une fois et souvent dans quasiment les mêmes termes, on diviserait le volume de l'ouvrage par 3. Certes la répétition est pédagogique mais là, il y a surdose ! Goebbels disait que si l'Eglise catholique avait tenu pendant 2000 ans c'est parce qu'elle avait répété inlassablement la même chose et il en tirait quelques principes pour la propagande nationale-socialiste. La comparaison s'arrête là. Mais on ne peut s'empêcher de penser que le Coran applique la même technique, consciemment ou non. De ce fait le Coran est soporifique, d'autant plus que l'on est bercé de phrases courtes, majoritaires. J'ouvre le Coran au hasard. Imaginez que vous lisiez 20 pages à la suite d'une littérature qui accumule les versets de ce type : "Quand il y arriva, il lui fut crié : Moïse ! Je suis ton Seigneur. Ôte tes sandales. Oui, tu es dans la sainte vallée de Towâ. Je t'ai choisi. Ecoute ce qui t'est révélé. Oui, je suis Dieu. Nul n'est dieu que moi. Adore-moi. Fais la prière en mémoire de moi..." (XX, 11 à 14), et que certaines phrases reviennent plusieurs fois, vous comprendrez pourquoi, en cas d'insomnie, il faut ouvrir ce livre pour s'apaiser. On comprend aussi pourquoi le Coran s'apprend par coeur, et se récite, se psalmodie pendant des heures. Cette monotonie tient sans doute aussi au fait que le Coran ne raconte pas une histoire, comme la Bible, il raconte certes des histoires (au sens propre, au sens propre... ), celles de Noé, Abraham, Moïse (très prisée cette dernière, on y revient souvent), mais, pour l'essentiel, ce livre assène des impératifs catégoriques qu'il paraît très dangereux de ne pas respecter.

 

 

Quelle est la logique d'exposition de la pensée divine ? Difficile à dire. Le texte effectue de nombreux allers-retours d'un thème à un autre. Les sourates ont des titres. Mais le contenu de la sourate n'a parfois qu'un lien  très ténu avec son titre. Ainsi la sourate IV, les femmes : on pourrait croire que cette sourate rassemble tout ce que Dieu a à en dire, mais outre qu'il a déjà été question de femmes (et des prescriptions les concernant) dans des sourates précédentes, on y trouve aussi en 15 pages, bien d'autres considérations sans rapport direct avec le sujet principal. La sourate XLVII nommée Mahomet  va-t-elle nous en apprendre plus sur le prophète ? Il est mentionné par son nom, au verset 2, ce qui est rare. A part cela rien de nouveau.

 

 

De fait le Coran est un véritable patchwork. Reconstituer la Charia, c'est-à-dire l'ensemble des règles de vie, des lois, des usages et des interdits, que le musulman doit respecter dans son existence, disséminés dans tout le texte, est un bel exercice de recherche.

Il faudrait approfondir l'étude des conditions de rédaction du Coran. Il a été écrit plus de 10 ans après la mort du prophète. Mahomet vécut l'événement de la Révélation en 610. Un ange lui ordonna de "réciter" : "Récite !", Iqra ! De ce verbe vient le mot Coran, qui signifie "récitation". La présentation de l'éditeur nous dit que "la révélation du Coran (...) sera une épreuve longue, progressive, fragmentée, douloureuse, échelonnée sur 23 ans, avec des précisions et des corrections successives". Elle a donc été conservée oralement, récitée par les compagnons de Mahomet. Tout ceci pourrait expliquer cela.

( A suivre)

 

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : L'ISLAM
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Mardi 3 octobre 2006

 

Le second tour de la future élection présidentielle se jouera entre Ségo et Sarko, comme ils aiment à les appeler. Ainsi en ont décidé les journalistes. Sur la base des sondages. N'est-ce pas une présomption ? En tout cas une imprudence. A la même époque dans l'année, en 1988, Raymond Barre n'était-il pas mieux parti que Jacques Chirac ? En 1995, Edouard Balladur n'avait-il pas course gagnée face au même Jacques Chirac ? En 2002, Lionel Jospin n'était-il pas assuré de figurer au second tour ?

 

 

Mais soit ! Acceptons l'hypothèse. Nous allons vivre de grands moments. Entre Ségo la silencieuse et Sarko le bavard. L'une n'en dit pas assez, essaye de passer le moins de temps possible dans le magasin de porcelaine socialiste et envoie virtuellement les militaires encadrer les délinquants pour faire plaisir au centre et à la droite. Avec bonheur. A gauche de son parti, toutefois, elle ne devrait pas pouvoir beaucoup séduire. Ce n'est pas trop grave, certains avaleront leurs chapeaux, comme d'habitude, pour conserver quelques sièges de députés et l'indéracinable Arlette, de toute façon, ira à la pêche. Il y a, tout de même, des limites à l'exercice du grand écart. L'autre en dit trop et a donné la clé de sa méthode : tantôt un coup à droite, tantôt un coup à gauche. Dans le fond c'est la même stratégie. Et il n'y en a pas trente- six possibles ; c'est celle de tous les candidats sérieux à la magistrature suprême : il faut ratisser large. Après s'être assuré du soutien, plus ou moins de bonne grâce, de son camp, aller se vendre ailleurs. Même Jean-Marie Le Pen, aux convictions de granit, qui croit en ses chances au vu des sondages, semble-il surtout répandus à l'étranger, qui le créditeraient d'un potentiel électoral de 20 à 25% de voix, se précipite à Valmy, destination inattendue pour lui et lieu d'une bataille dont la réalité est incertaine, pour annoncer ce que tout le monde sait, au grand dam, paraît-il, de ses alliés monarchistes.

 

 

Le contenu du discours importe peu. Ce qui compte, c'est l'emballage et le design du support. A ma gauche le produit Ségo, à ma droite le produit Sarko. Il n'est plus question de politique mais de marketing. Georges Pompidou, ombre portée du Général, avait encore une vision pour son pays, une "certaine idée de la France". Depuis, ceux qui ont brigué le fauteuil avec crédibilité ont surtout eu une certaine idée pour remporter les élections. La politique, à cet étage du moins, noble art au service de la cité, est morte. Les Français, désabusés, parfois aussi cyniques que leurs dirigeants, se prêtent quand même toujours au jeu. Qu'il est flatteur d'être, même totalement manipulé, une infime petite parcelle de la souveraineté nationale !

 

 

Je vois d'ici le débat télévisé qui opposera Ségo et Sarko à la veille du second tour de l'élection. Je vous en offre le résumé.

 

 

Une épreuve pour l'animateur. Par galanterie Ségo est invitée à ouvrir les hostilités.

- Ségolène Royal, quel(le ?) Président(e ?) serez-vous ?

- Celui (celle ?) de tous les Français sans exclusions liées à la race, à la religion, à la préférence sexuelle, à la taille et au poids, aux goûts culinaires.

- Mais encore ?

- J'ai oublié quelqu'un ?

- Comment allez-vous gouverner ?

- En faisant de mon mieux...

En face Sarko piaffe d'impatience. Il s'agite sur sa chaise et lève constamment le doigt.

- M'sieu ! M'sieu ! Je peux parler M'sieu ! Si elle n'a rien à dire, moi, j'ai beaucoup à raconter !

L'arbitre du match ne peut retarder le mouvement. Il sera vite débordé et mort de trouille (il risque sa place, il est payé pour surveiller la montre). Tant est si bien qu'à la fin de l'émission Ségo dispose encore de dix minutes d'antenne, Sarko, 0.

La présidente de la Région Poitou-Charentes, le sourire toujours accroché, mais soudain plus carnassier, taillera en pièce le programme de Sarko, lequel voudra, réclamera, protestera, mais n'y pourra rien : il devra se taire.

- Monsieur Sarkozy, je vous en prie... Monsieur Sarkozy votre temps de parole est épuisé... Monsieur...

Alors Ségo se penchera légèrement ,et, avec ce petit mouvement de tête d'arrière en avant qui fait tout son charme printanier, elle portera l'estocade finale : "Monsieur Sarkozy, vous n'avez pas le monopole de la sécurité !  " Et toc ! Et vlan ! Sarko se tassera dans son fauteuil, groggy. Terminé. Il est fichu. Quelques jours plus tard Mademoiselle Ségolène Royal est élue Président (e ?) de la République (*). Il sera temps de se marier.

 

 

(*) J'informe les ignorants et je rappelle aux oublieux qu'en 1974, lors du match qui opposa les deux finalistes, Valéry Giscard d'Estaing, la mine concentrée, les yeux plissés, et la bouche en cul de poule comme jamais, envoya dans les gencives de son adversaire : "Monsieur Mitterrand vous n'avez pas le monopole du coeur !". Le beau François accusa le coup. Les analystes s'accordent à dire que cette sortie joua en faveur du grand argentier. De fait, Valéry Giscard d'Estaing fut élu, de peu, mais fut élu.

A quoi tient le destin d'un pays pour sept, ou cinq, ans... 

   

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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