Lundi 10 mars 2008
Simone Veil est une figure respectée et respectable de la vie publique française.
En règle générale, les médias se plaisent et se complaisent à affirmer que la popularité qui est la sienne et qui ne s'est jamais démentie durant des décennies, trouve sa source essentielle, pour ne pas écrire unique, dans la "courageuse lutte qu'elle a menée en faveur des femmes et qui a débouché sur la loi qui porte son nom, en légalisant l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse". J'invente cette citation, mais beaucoup de journalistes la reprendraient sans doute facilement à leur compte telle quelle. Je ne pense pas trahir l'expression de leur pensée à ce sujet.


Pourtant je crois que l'action de l'ancien ministre de la Santé de Giscard d' Estaing n'est pas la raison profonde de son ascendant. On le proclame pour le besoin de la cause dont il faut convaincre les Français du bien-fondé, et on leur assène régulièrement, de peur qu'ils s'égarent, mais si cela était vrai, que ce soit son agir qui lui confère son statut d'icône, elle aurait connu meilleur sort chaque fois qu'elle s'est risquée à faire de la politique.
Non, ce qui fait Simone Veil, ce n'est ni son savoir-faire, ni son savoir-dire, c'est son savoir-être. C'est capital, et c'est toujours, in fine, ce qui donne un vrai charisme toujours et partout. Le paraître assure un temps, un prestige d'illusion. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose aujourd'hui et son Premier Ministre également, fidèle serviteur d'une politique dont les Français doutent de plus en plus, mais un peu plus populaire qu'il y a quelques mois et surtout beaucoup plus que son chef, par ricochet, et en récompense de sa sobriété d'attitude.


Madame Simone Veil, qui a toutes les apparences d'une bourgeoise rangée, d'une bonne mama juive, rassurante, au chignon de qualité et aux tenues vestimentaires de goût, tient des propos modérés et avec une honnêteté intellectuelle  qui force le respect. Ce fut une jeune femme estimable, elle est une vieille très digne.
Dans une interview au Point, du 25 octobre dernier, elle notait avec lucidité et modestie à propos de la présidence de la République : "Je ne me suis jamais sentie la capacité d'exercer un tel pouvoir... Je n'aime pas la politique d'estrade". Elle aurait échoué, en effet.
Européiste convaincue, elle sait bien que l'Europe supranationale dont elle rêvait est morte :" Ce qui paraissait imaginable à six ne l'est plus à vingt-sept. On pense 'mondialisation', on surfe sur Internet mais, en même temps, on ressent un besoin fort d'identité, de proximité... Aujourd'hui je ne crois plus que le cadre national puisse être dépassé".


Mais surtout, cette femme qui a souffert dans sa chair de la barbarie nationale-socialiste, qui a été arrêtée sur le sol français, dont le regard me semble porter la marque, dans ce qu'il a de dur, de triste, et comme de las, de beaucoup de cette indicible horreur de l'élimination de l'homme par l'homme, n'est pas égarée par quelques haines aveuglantes.
Elle peut dire certaines vérités historiques : "L'extermination des juifs a été bien plus massive dans les autres pays occupés, entre 80% et 90% aux Pays-bas ou en Suède. En France la déportation a concerné un quart de la population juive ; et, sur 75000 déportés, 25000 sont revenus des camps. Bien des Français ont protégé des juifs ou gardé le silence sur ceux qui les cachaient... Il faut aussi se rappeler qu'au moment de la rafle du Vel'd'Hiv 13000 personnes on été arrêtées sur 23000, ce qui veut dire que beaucoup ont été prévenues par les commissariats. C'est pourquoi je dis qu'il faut faire la part des choses et ne pas accabler les Français, comme l'a fait Marcel Ophuls dans son film 'Le chagrin et la pitié'". Et elle s'opposa à ce que ce film (intéressant au demeurant), soit diffusé à la télévision ! Jean-Marie Le Pen qui s'est permis il y a quelque temps de confier à Rivarol, des propos sur, à son avis, la moindre brutalité de l'occupation allemande en France, incroyable délit d'opinion ! a été frappé d'une condamnation pour cela au titre de l'"apologie de crimes contre l'humanité" !


Et c'est pourtant la même femme, qui dans le même entretien, persiste et signe.  A la question du journaliste, "de tout ce que vous avez accompli, est-ce d'abord la loi sur l'IVG, en 1974, que vous retenez ?", elle répond :
- Probablement... j'ai porté ce combat et j'y ai apposé ma marque : le choix de faire de l'avortement un droit de la femme plutôt qu'une possibilité offerte dans certains cas très précis.
Bien que l'on ait peine à y croire, sans doute devons-nous penser qu'à l'époque Simone Veil considérait que jusqu'à un certain stade de son évolution, l'enfant à naître n'était  qu'"un amas de cellules" (Cf ma précédente chronique du 29.02.08). Et maintenant le doute semble s'être installé dans l'esprit de cette femme scrupuleuse. En juin 2007, elle a concédé "qu'il est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant". C'est curieux, France Info ne nous a pas servi cette déclaration en boucle pendant toute une journée ave dramaturgie sonore, comme ils savent faire...
Entre parenthèses, il y a plus de trente ans, le professeur Lejeune, et quelques autres, n'auraient eu aucune difficulté à lui démontrer que, dès la conception,  il y a construction d'un être humain. Mais elle était sans doute bien décidée à se boucher les oreilles. Car cet "être vivant", est-ce un hasard, Simone Veil n'a pas dit un "être humain", mais comment peut-il en être autrement ?, est bien le petit de l'homme.
Comment peut-on alors avoir beaucoup appris et tout oublié ?  C'est donc un "droit de la femme"  que de faire tuer, en elle, "un être vivant " ?


Je suis fasciné par cette stupéfiante confusion des valeurs : comment une rescapée des camps de la mort, qui se dit respectueuse de la vie, a pu et peut encore défendre son "combat" en faveur de l'assassinat des êtres les plus faibles qu'ils soient ?
Quelle douloureuse constatation qu'une juive ait prêté son concours à l'organisation programmée, remboursée par la Sécurité Sociale ! de ce nouveau massacre des Innocents.


Les Nationaux-Socialistes prônèrent, eux aussi, l'avortement, dans certaines conditions, au nom de la pureté de la race. Les démocrates le prônent, dans certaines conditions, au nom du bien-être social. Je ne vois pas l'ombre d'une différence de fond entre ces deux prétextes, destinés à justifier ces mises à mort.


Comment peut-on vivre, porteur de telles contradictions ?
Madame Simone Veil, vous êtes une énigme pour moi, et en disant cela, je ne quitte pas un seul instant le terrain que j'affectionne, celui de la raison...





par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Vendredi 29 février 2008
Au début des années 70 du siècle dernier, un "éminent professeur de médecine", comme ne manquaient pas de le souligner les journaux de l'époque, affirma que la vie humaine ne commençait pas, qu'elle ne faisait que "continuer". Ce à quoi répliqua un autre professeur de médecine, tout aussi éminent que le premier, mais peut-être plus honnête intellectuellement, que son collègue avait néammoins sûrement une claire conscience d'avoir lui même eu un début, et inéluctablement, d'avoir une fin.


Toute la question sans doute est de dater ce début. La vérité dans ce domaine est d'une clarté, vraisemblablement trop aveuglante pour certains qui peinent à la regarder en face. Ce sont toujours et encore les mêmes, qui n'aiment pas la Vérité, car, par définition, elle s'imposait hier comme elle s'impose aujourd'hui et comme elle s'imposera demain. Ceci est insupportable pour des esprits épris de "modernité" et qui n'ont donc rien tant en horreur que ce qui est immuable. En effet, quand un fait est là, définitif, qui ne dépend pas de l'opinion, il a ceci d'agaçant qu'il n'est pas niable et qu'il faut donc, pour s'en débarrasser, inventer une théorie qui le masque pour assurer l'hégémonie de son point de vue.
C'est un fait, une vérité scientifique, car indéfiniment confirmée par l'expérience, qui ne dépend pas de ma vision des choses, de mon système de valeurs, de mon idéologie, de ma religion, que sais-je encore, que la vie d'un être humain commence à l'instant précis où un spermatozoïde, gamète mâle se loge dans un ovule, gamète femelle. Un spermatozoïde, resté solitaire, est un "objet", certes potentiellement porteur d'avenir, mais sans autre destin que celui de rester spermatozoïde jusqu'au bout de sa courte vie. Idem pour un ovule. Et tous deux, ainsi, n'ont  guère plus d'importance, et moins de volume, qu'un petit bout de peau décollé à l'extrêmité de mon doigt.
Mais qu'ils se rencontrent et s'unissent, ils meurent alors en tant que spermatozoïde et ovule, et commence une construction nouvelle, radicale, prodigieuse, qui va correspondre au développement unique d'un être vivant, dans le corps d'une femme, rigoureusement distinct de ce dernier contrairement à ce qu'une habile propagande a voulu faire croire. Il se produit un saut qualitatif considérable, qui va conduire, si rien ne vient interrompre ce processus, à la naissance d'un enfant. Un millième de seconde avant cette fusion, il n'y a que deux gamètes l'une à côté de l'autre. Un millième de seconde après cette fusion, il y a un être humain en devenir. En devenir, oui. Mais qu'est-ce qu'un vieillard de 90 ans ? C'est ce même être, à un stade de son évolution, environ 90 ans et neuf mois plus tard, après que tout a commencé.


Aucun médecin, aucun "éminent professeur" ne peut sérieusement nier ces faits-là. Le moindre médiocre étudiant en médecine les connaît. Et pourtant, il se trouve des savants en ce domaine, qui ont oublié d'être des sages, pour, sinon douter de ces réalités, ce n'est pas possible,  du moins pour les cacher. Pour cela il faut développer des théories plus oiseuses les unes que les autres.
A défaut de pouvoir, explicitement, contester qu'il se passe "quelque chose" de décisif à partir de la fécondation, il faut qualifier ce "quelque chose". Il faut aussi lui donner une date de naissance. Car tout de même on ne peut pas pousser le bouchon aussi loin que ce père jésuite, qui, il y a plus de trente ans - le lecteur m'excusera d'avoir perdu son nom, mais à tous égards il vaut mieux l'avoir oublié, paix à son âme qui s'est depuis sans doute séparée de son corps, car il n'était pas déjà de première jeunesse à l'époque-, expliquait dans un article devenu célèbre du journal Le Monde, que pour reconnaître que cette... "chose" qui grossissait dans le ventre d'une femme, était un être humain, un semblable que je puisse identifier comme tel, il fallait qu'il fût sorti de ses entrailles, qu'il soit là, devant moi, et que je puisse dire : oui, c'est avéré, c'est un petit de l'homme ! Avant, avant, que dire ? Rien. Dans le doute.
Il est vrai que depuis, l'imagerie médicale a bien progressé et qu'au bout de très peu de semaines on distingue bien que ce n'est pas un lapin bleu qui prend son essor dans le sein d'un mère.
Et les négateurs ne se risquent pas à penser, s'offusquent même que l'on pense que, passé un délai de... 12 semaines ? 14 semaines ? 22 semaines ?..., il puisse y avoir débat, que l'on puisse imaginer  que cette "chose" qui remue in utero ne soit pas un être humain. Mais avant ce délai fatidique ? Mystère ! C'est de l'ordre de l'innommé, de l'innommable. C'est "un tas de cellules". Et par quel étrange tour de magie ce tas de cellules devient un être humain en gestation ? Nouveau mystère, plus épais encore !
Evidemment, ce sophisme ne tient pas la route un seul instant pour qui raisonne un peu. Cette "rupture" est aussi peu crédible que de dire que l'homme n'est pas l'enfant qu'il fut, continué.


Quel est l'enjeu ? Il est majeur, pour que beaucoup puissent continuer à dormir la conscience tranquille : c'est la qualification de l'avortement. Car, selon le cas, il y a évacuation d'un "tas de cellules"  ou suppression d'un être humain. D'où vient sans doute cette expression bizarre et ambiguë d'"interruption" de grossesse, comme si celle-ci avait une chance de connaître un nouveau départ ; il faut donc comprendre : avec une nouvelle fécondation. D'où les réactions très vives de tous les promoteurs du droit à l'avortement dès l'instant où, de quelque manière, une brèche s'ouvre dans la thèse officielle, au risque de l'emporter. C'est qu'il ne faut surtout pas "revenir en arrière", selon les canons d'une pensée progressiste qui est à elle-même sa propre justification. Mais cela cache un souci plus profond : ce qu'il ne faut surtout pas, c'est admettre la Vérité. Elle est dérangeante, le mot est faible, comme toujours. Il faudrait admettre que tous les avortements sont des meurtres, ce qu'ils sont. Soutenir le contraire est aussi absurde que de prétendre qu'en tuant un enfant à la naissance on n'"interrompt" pas le processus qui aurait fait de lui, plus tard, un adolescent puis un homme.
En ôtant la vie à un embryon de 4 semaines, on ne peut raisonnablement prétendre que l'on a seulement évacué "un tas de cellules".


Tout ceci étant posé, on peut alors, dans le cadre d'un système de valeurs qui se discute, estimer qu'il est acceptable de supprimer, dans certaines conditions, des vies humaines à leur commencement, mais c'est un choix qu'il faut assumer dans la clarté de la Vérité. L'on doit en accepter toutes les conséquences morales que s'obstinent à ne pas voir tous ceux qui s'inquiètent volontiers, beaucoup plus du sort réservé aux animaux abandonnés (ce qui est triste effectivement) que de celui des foetus qui, bien que cachés, ne vivent pas toujours heureux.

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 20 février 2008
Je m'étais permis, en d'autres temps, de traiter Nicolas Sarkozy de girouette et de lui consacrer une série de chroniques (QUAND LA GIROUETTE S'EPUISERA), dans lesquelles j'analysais, non sans inquiétude, la bougeotte physique et intellectuelle de ce personnage, alors simple candidat à la magistrature suprême.
Plus tard, dans "POST-SCRIPTUM", je prédisais, sans grand mérite, la future déconvenue d'électeurs littéralement hypnotisés par ce bateleur.
Depuis, Le Point l'a qualifié d'"acrobate" et cela, ma foi, n'est pas mal trouvé non plus, d'autant qu'il n'est pas exclu d'être une girouette acrobatique ou un acrobate versatile.


Il arrive toujours un moment, tout ce qui est excessif étant, c'est bien connu, insignifiant, où trop, c'est trop. Et la crêpe se retourne et tombe sur le crâne de qui s'amusait à la faire sauter en défiant les lois de la gravitation et aussi sans doute, dans le cas présent, celles de la gravité nécessaire attachée à la fonction présidentielle.
A un moment donné, par le résultat d'une alchimie redoutable, la mécanique à produire la popularité du président de la République s'est enrayée et sans plus attendre, a entraîné la rétrogression de celle-ci. La presse sonne quasiment l'hallali. Amie ou hostile, on pouvait croire, la même semaine en début février, qu'elle s'était organisée en conséquence : le Nouvel Observateur titrait sur "le président qui fait pschitt..." le Point désignait "Ce qui cloche", l'Express annonçait "La déception", Valeurs Actuelles, plutôt sarkophile, relevait "Le doute" et en rajoutait une couche une semaine plus tard en proclamant "L'état d'alerte". N'en jetez plus ! Et, dans le même temps, les médias dits "people", VSD, France Dimanche, Paris Match, faisaient leurs choux gras des aventures sentimentales de Clara et de Nicolas. Tout un symbole.
Marianne a beau jeu  de rappeler : "Hier ils se couchaient... aujourd'hui ils le lynchent !" Ce périodique peut se targuer d'être constant : lui, il lynche ce petit homme depuis le début de son ascension.
Comment vraiment s'étonner de tout cela lorsque l'on songe au grand numéro d'équilibriste tourbillonnaire auquel se livre Nicolas Sarkozy depuis des mois ?


Comme une vulgaire action d'une banque rattrapée par ses imprudentes accumulations de créances douteuses, il voit son cours, en bourse politique, s'effondrer. Voilà que des ministres persiflent, que des candidats aux prochaines élections se lamentent, que des parlementaires regimbent. Nicolas se fâche, tonne, essaye de reprendre des initiatives parfois aussi étranges, démagogiques que contradictoires et dans une visible improvisation. Signe des temps, vraiment, après s'être exhibé avec sa maîtresse, s'avisant qu'il en a trop fait, il cache la même au moment où elle devient son épouse légitime. Laquelle, soit dit en passant,  a confié à L'Express du 14 février : "Je suis de culture italienne et je n'aimerais pas divorcer... Je suis donc la première dame jusqu'à la fin du mandat de mon mari, et son épouse jusqu'à la mort". On a envie de crier fort : chiche !


Il y a panique à bord de la Sarkozie. C'est que c'est un avion fou qui ne sait sans doute pas où il va mais qui donne encore l'illusion d'avoir un cap. Tout porte à croire qu'il pique du nez. En tout cas sans mesure spectaculaire de redressement, on ne voit pas ce qui lui éviterait après un beau plongeon dans les sondages de confiance (dernier chiffre connu 36%), de vivoter à un point bas de type "chiraquien".
Beaucoup de Français ont cru sincèrement que cette étonnante énergie était au service d'une cause, d'une vision. Mais la vérité, c'est que cet homme veut entraîner pour entraîner, convaincre pour convaincre, agir pour agir et parler pour parler en s'écoutant, subjugué.Quand fin janvier il reçoit trois intellectuels de bon niveau, rien moins que Jean-Claude Casanova, Alain Finkielkraut et Marcel Gauchet, l'un d'entre eux note : "Il aime se justifier, faire son show. A trois, nous étions presque trop, cela faisait presque conférence de presse... il est drôle, ça pourrait être un copain, mais il ne m'a pas laissé la possibilité d'aller jusqu'au bout de mon inquiétude" (rapporté par Le Figaro).


Je doute fort que la pensée de Nicolas Sarkozy soit structurée. Je crois qu'il est tout à l'image du monde dans lequel nous sombrons : virtuel, kleenex, zappeur. Seulement voilà : précisément l'arme se retourne aisément contre qui la manie ; c'est le peuple qui pourrait jeter Sarkozy comme un kleenex après l'avoir pris pour un sauveur, qui pourrait zapper dans les urnes et renvoyer un certain nombre d'élus de droite à la retraite. C'est lui qui pourrait rendre le président Nicolas "virtuel" et comme en sursis. Il devrait pourtant garder son calme et avoir la sagesse d'inscrire, à rythme plus lent, son action dans la durée. Encore faudrait-il qu'il ait du temps. Mais alors il ne serait pas, assurément, président d'une République.


On ne changera pas Nicolas Sarkozy. Et l'on peut s'interroger sur sa capacité à perdurer. Dans "Cécilia", le livre qu'Anna Bitton a consacré à cette ex-dame de France, la première confie ceci : "Nicolas, il ne fait pas président de la République, il a un réel problème de comportement". Je crains que celle qui a vécu 18 ans à ses côtés ne soit lucide pour lui et pour tout le monde.


par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Dimanche 10 février 2008
Ce qu'il est convenu d'appeler "l'ouverture", cette entreprise de débauchage de personnalités dites de gauche par un président dit de droite, ou le recours à la "diversité" pour la diversité, apparaissent de plus en plus pour ce qu'elles sont : des gadgets.


Sur la nature profonde de cette obsession sarkozienne, j'ai exposé ma thèse il y a quelques mois ("Cette ouverture est une couverture" du 05.08.07). Cela renvoie toujours et encore chez ce chef d'Etat omniprésent, au désir de plaire, de réunir autour de sa personne une cour complaisante et fascinée.
Pour cela, il est nécessaire de tenir des discours multiples aux accents lyriques et aux raisonnements contradictoires afin de semer la confusion parmi ceux qui demeurent, malgré tout, des adversaires.
Mais Nicolas Sarkozy aussi talentueux soit-il, ne peut tout contrôler. Il en est conscient et ne manque pas d'appliquer le mot fameux devenu quasiment un adage : "Puisque tout cela nous dépasse, faisons semblant de l'organiser".


Les ministres et associés venus du camp d'en face ou de frêle expérience, sont des sortes de mutants. Les mutants sont des êtres fragiles. Que l'on songe à l'adolescent où à la chenille quand elle se fait papillon. Et ce sont des mutants en régression ce qui complique singulièrement leurs évolutions et provoque en eux des états d'âme douloureux. Leurs attitudes, leurs propos, leurs actes parfois,sont un défi au bon sens eu égard à la situation de responsabilité dans laquelle ils se trouvent.
Jean-Pierre Chevênement l'a dit, il y a bien longtemps, et avec à-propos : "Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne". Car l'ouvrir, en l'occurrence, ne présente aucune cohérence.


Jean-Marie Bockel se permet de rappeler au président ses promesses sur l'Afrique.
Rama Yade affirme, à l'occasion de la visite de Khadafi en France, que notre pays "n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou pas, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Elle justifie sa sortie par le fait que "ce secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme existe, il faut l'utiliser" (!)
Nicolas Sarkozy si prompt à être exigeant dit peut-être mot, dans le secret d'un tête-à-tête, mais il consent publiquement. Certains y voient un subtil partage des rôles : le président joue le pragmatisme, fait de la Real politik, son ministre joue l'idéalisme, fait de la morale. Et pour quel bénéfice, grands dieux ? Où est dans ces postures, l'intérêt de la France ? Et cette pauvre Rama Yade, qui s'est soulagée à bon compte, est toute contente que le "chef" ne la chasse pas. L'a-t-il seulement grondée ? A quoi sert Rama Yade, franchement, à part faire joli (jolie, elle l'est, en effet), dans le décor du cirque présidentiel, toujours en tournée, toujours en représentation ? A quoi sert d'ailleurs, le secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme ?
On est prié de s'extasier devant les exploits de Fadela Amara, son beau langage, ("il faut y aller à donf pour les banlieues", sublime), son insolence envers son ministre de tutelle, et sans doute de la savoir au service d'un président pour lequel elle ne votera pas en 2012 !
Bernard Kouchner avale un nombre de couleuvres qui suppose un estomac solide, ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on a un tel appétit de paraître. Mais il s'offre son petit plaisir en annonçant qu'il donnera sa voix à Paris, pour les municipales, à Bertrand Delanoë.
Le plus lucide est Martin Hirsch qui se dit "manipulé".

Combien de temps encore tout ce petit monde amusera la galerie ? Nicolas Sarkozy peut difficilement se défaire de toutes ces pièces rapportées sans donner l'impression de se déjuger.
On peut le regretter, mais jamais, jamais, la république partisane ne pourra organiser autre chose que l'affrontement de camps.
Il n'y a qu'une évolution logique pour un homme de gauche qui décide de participer à un gouvernement de droite : c'est de devenir un homme de droite, et réciproquement.
Quant aux gouvernements d'union nationale, ils constituent des curiosités, à la vie éphémère, généralement le fruit de circonstances exceptionnelles, quand la patrie est en danger. Encore faut-il avoir encore conscience de posséder une patrie à défendre...




par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Mercredi 30 janvier 2008
Ce n’est pas le fruit du hasard : le mot « assimilation » a disparu du langage relatif aux questions soulevées par l’immigration, au profit exclusif de celui d’« intégration ». Monsieur Brice Hortefeux est, entre autres, ministre de l’intégration. Le fait d’accoler à ce mot, dans son titre à rallonge, l’expression « Identité nationale » ne suffit à contrebalancer cela par ceci. L’assimilation, ayant mauvaise presse, a plus sûrement encore disparu du langage des média.
 
Assimiler, c’est rendre semblable. Intégrer, ce n’est qu’incorporer.
 
 
La société française n’assimile plus, ou très mal, depuis de nombreuses années. Quoi qu’on en dise, s’incorporent cependant en son sein des communautés exogènes qui maîtrisent un certain nombre de nos mécanismes nationaux, même si tous leurs membres ne bénéficient pas du meilleur accueil.
 
Ces derniers savent d’ailleurs que leurs conditions de vie restent bien meilleures en France qu’elles ne le seraient s’ils étaient restés dans leur pays d’origine, quelques tribulations ils aient à subir. Sinon, comment comprendre que, toujours aussi nombreux, clandestinement pour une bonne moitié parmi ceux qui s’installent sur notre sol, parfois au péril de leurs vies lors de voyages dangereux, ils se dirigent vers la France, mus par un véritable tropisme ?
 
Mais notre pays n’est plus cette patrie que l’on veut faire sienne ; il est devenu un territoire que l’on occupe, un pourvoyeur d’avantages dont on profite, un vivier de droits dont on réclame de jouir.
 
La fierté de devenir français, avec humilité, se perd ; l’intérêt de tirer parti de la France, avec arrogance, s’accroît.
 
 
Depuis de nombreuses décennies, la France est devenue un grand pays d’importation de populations nouvelles. Longtemps ceux qui sont venus se sont appelés Lopez, Rodrigues, Antonioni, Kasinsky. En arrivant en France, ils ont eu le désir, sinon pour eux-mêmes, du moins pour leurs enfants, de devenir français, pleinement français, par amour et reconnaissance envers leur pays d’adoption, et parfois avec plus de zèle dans l’adhésion que bien des nationaux de souche. S’ils se prénommaient Jésus, José, Luigi ou Karol en débarquant, leurs enfants ne se faisaient pas connaître à l’école autrement que par les noms de baptême de Jacques, Philippe, Sophie et Brigitte. A la consonance du patronyme près, qui pourrait distinguer leurs petits-enfants de ceux des Chassagne, Brunet, Marchand et Martin ?
 
Même natif d’Algérie, il fut un temps où un Monsieur Mimoun s’appelait Alain et portait sa fierté d’être français en bandoulière avec sa médaille olympique. Et « Isabelle » se mariait volontiers avec « Adjani ». Qui ne jugerait qu’Yves Montand fut un vrai chanteur « bien de chez nous », dans la « meilleure tradition française ». Pourtant, à Marseille, dans les années vingt du siècle dernier, sur les bancs de l’école primaire, il n’était qu’Ivo Livi.
 
La France qui les a accueillis croyait encore en elle. Elle était assimilatrice par fonctionnement naturel. Ils ont donc cru aussi en elle. Eux réclamaient d’être assimilés. Ils voulaient - au sens le plus fort de ce verbe - devenir français, se fondre dans la masse, sans revendiquer, et plus ou moins consciemment, en coupant les ponts avec leurs racines. Max Gallo raconte que lui, le petit immigré devenu niçois, répondait à ses cousins restés italiens qui réclamaient : « Nice est à nous », par un « Vive la France ! », en entonnant la Marseillaise. En tout état de cause, ils rompaient avec leur passé. Et souvent, de fait, ils partirent se battre, avec ardeur, pour la France, versant ce sang dont ils pressentaient sans doute avec Maurras que lui seul nationalise. Quel beau symbole que le dernier « poilu » encore vivant de la Première Guerre mondiale, 110 ans, s’appelle Lazare Ponticelli, d’origine italienne et naturalisé en 1939.
 
 
Nous savons en quoi les Lopez, les Rodrigues, les Antonioni et les Kasinsky étaient assimilables. Mais ils n’auraient pu l’être sans une société prête à les assimiler. La plus grande faille dans le processus actuel, c’est que cette société-là est moribonde. Elle est atteinte d’affreuses maladies qui sont le doute de soi, la disparition de valeurs partagées, la soumission aux idéologies mondialistes. Dès lors il n’est plus question d’assimiler. Imaginez un « ministère de l’Assimilation ». Presque tous les bureaux des salles de rédaction seraient souillés de vomissures. Il est vrai que ce serait une bien étrange chose. Un ministère de temps de crise, d’urgence, un signe de mauvaise santé, comme il y a eu des ministères de la Reconstruction après les guerres.
 
 
Arrivé ou né en France, célibataire, un Jesus Lopez épousait souvent une Antoinette Durand. Leur fils, Jacques, faisait son service militaire dans les chasseurs alpins. Aujourd’hui, le Français de papier, Ahmed Boualane, préfère épouser une fille dite « du pays » (un aveu de taille), Aïcha Bouzid, garantie vierge, qu’il importe, et leur fils Mustapha aura la double nationalité.
 
Bien sûr, il est des Kamel et des Mamadou qui s’expriment dans un français correct voire châtié, et qui présentent tous les signes d’une véritable assimilation. Ils ne sont pas légion ainsi, car d’autres sont beaucoup trop nombreux à s’entasser dans un pays saturé, impuissant et sans volonté. Surtout se sentent-ils vraiment français ? On peut parfois en douter, malgré tout.
 
 
Au demeurant, je ne leur jette pas la pierre. Outre que la France est la première responsable de cette situation, j’imagine le trouble du déraciné. Je comprends que l’enfant de harki, qui a grandi dans le Val-d’Oise, dont le père est montré du doigt par les autorités du pays situé en face du nôtre, de l’autre côté de la Méditerranée, qui est honnête et travailleur, mais « assimilé » - pour le coup, c’est le mot – par Madame Dupont aux fauteurs de troubles de banlieue, finisse par haïr son destin et détester la France qui a, mal, recueilli son géniteur.
 
Je conçois que Rama Yade, toute secrétaire d’Etat qu’elle soit du gouvernement de François Fillon, se demande ce qu’elle ferait si elle avait à choisir entre la France et le Sénégal. Dans le livre de Jacqueline Remy publié en octobre 2007, Comment je suis devenu français, elle témoigne que « à cette époque [avant ses 18 ans] je me disais souvent que, s’il y avait une guerre entre le Sénégal et la France, je choisirais mon pays d’origine. Aujourd’hui, je ne sais pas. » Elle confesse aussi : « Pourquoi me ferais-je enterrer seule dans un cimetière des Hauts-de-Seine, alors que je peux être dans un endroit si reposant, au soleil, avec les miens. C’est là que je dois revenir quand je serai morte. »
 
Pourtant, dans le Figaro Magazine du 26 janvier 2008, elle proclame : « Je suis fière d’être française », mais elle ajoute, non sans ambiguïté : « Ce pays ne s’est pas imposé à moi. Je me suis imposée à lui. » Pour être libre, un jour, de le renier ?
 
 
Si comme je l’ai défendu dans une chronique précédente, il y a « de la sagesse à rester, durablement, chez soi », il y a de la sagesse, étant allé s’installer ailleurs, à faire, au moins pour le commun des mortels, de cet ailleurs, son nouveau, et durable, « chez soi ».
 
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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