Vendredi 30 novembre 2007

J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les questions que soulèvent les mots qui sont alignés dans le titre de cette chronique. Notamment avec les articles : LA VERITE, VERITE ET VALEURS. 
A dire vrai, de quelque manière, elles sont présentes dans tous mes textes.
S'il est vraisemblable qu'un romancier écrit toujours le même roman en plusieurs livres (n'est-ce pas, MM D'Ormesson et Modiano ?), tant il est vrai que tout homme n'est véritablement obsédé sa vie durant que par deux ou trois interrogations majeures, il se pourrait que cela soit le cas de tous ceux qui prennent une plume.
Ici en tout cas, dans le cadre de ce blog, je poursuis une quête qui est, fort immodestement, de rechercher la Vérité en toutes choses, à la lumière de la raison.


Pour rechercher la Vérité, il faut toujours et d'abord partir des faits et revenir aux faits. O faits, combien il est capital que vous soyez respectés ! Et comme vous l'êtes si peu par beaucoup de manipulateurs. C'est que ces derniers sentent le danger : un fait est, en soi, déjà, une vérité première et un guide vers une vérité seconde, plus cachée, qu'il faut aller découvrir, en raisonnant, en raisonnant à partir de lui.

Alors, quand le fait dénonce l'idée simpliste à laquelle tiennent les faux-raisonneurs, que font-ils ? Ils le cachent, le défigurent, ils en inventent un autre qui prend sa place. Mais les faits laissent des traces, dans les mémoires, dans les archives, dans la vie.

Pendant des décennies l'on put faire croire que le massacre de Katyn, celui de 22.000 officiers polonais, était le fait des allemands (on ne prête qu'aux riches). Mais en 1990 il fut officiellement reconnu par Gorbatchev qu'en mars 1940 Staline avait donné l'ordre de fusiller ces soldats.

Il est un fait, incontestable, que John Kennedy, président des Etats-Unis, a été assassiné à Dallas le 22 novembre 1963. Mais par qui ? Par le seul Lee Harvey Oswald, comme le prétendit la thèse officielle du rapport Warren ? Peut-être ne saurons-nous jamais pourquoi cet homme politique a été tué, parce que nous ne saurons jamais comment ce meurtre a été commis. Mais tout porte à croire que lors de l'enquête l'on a dissimulé des faits.


Mais les faits ne sont pas seulement des événements précis, datés, ayant un début et une fin. Ce sont aussi des constantes de l'histoire, de la sociologie, de l'économie, du comportement humain.
Les nier mène aux pires erreurs, à la terreur. C'est que les faits sont têtus. L'homme fait ainsi régulièrement le pari de s'affranchir de certaines lois et il le paye rudement.
Il "libère" sa sexualité et se retrouve atteint du sida, comme autrefois de la syphilis. Il s'en étonne. C'est un fait que le vagabondage sexuel  est un défi à la bonne santé, même s'il peut apparaître, dans un premier temps, comme un heureux signe de celle-ci. Ce n'est pas là un point de vue moral, ou d'abord moral. L'affirmer c'est énoncer une vérité, que le bon sens, la raison, et tout simplement l'expérience des siècles, permettent amplement de pressentir. Et pourtant...


Sans doute s'agit-il là de vérités trop simples pour des esprits trop forts. Georges Bernanos l'a très bien écrit : "Les vérités simples souffrent de la terrible concurrence que leur font les idées simplistes" (de mémoire).
En matière de sexualité, les esprits forts s'en vont répétant que la progression du sida sera efficacement combattu par le préservatif. Idée simpliste. La vérité simple c'est que cela ne marche pas pour au moins trois bonnes raisons : l'étanchéité de l'objet, qui n'est pas garantie, l'accident d'utilisation, la non-utilisation pour des motifs divers.
Pourquoi s'accrochent-ils à ce slogan, quoiqu'il arrive : "Tu peux coucher avec le (la) premier (ère) venu (e), sans risques, si tu te protèges" ? Parce qu'il ne faut pas remettre en cause le dogme de la "libération sexuelle", l'idéologie du combat contre les "tabous". Des gens en meurent ? Peu importe ! Surtout ne pas revenir à la réalité. Elle a le défaut majeur d'être "réactionnaire".
Devant la progression du sida, au sein de milieux bien prévenus pourtant, les esprits forts se lamentent : "'Ils' sont imprudents, "on" ne fait pas assez d'information, de propagande", et concluent toujours : " Intensifions les campagnes d'incitation à la consommation des corps". Ils ne se posent jamais la question du retour au bon sens : l'usage de la chasteté et de la fidélité.


Sans doute les vérités simples aiment à se cacher. Une vérité simple ce n'est pas une vérité qui exclut sa recherche et la nuance de son expression. Il y a, dans bien des cas, une "complexité du réel". Cette complexité du réel, il faut aussi l'accepter. 
En matière historique, c'est flagrant. Henri Amouroux, auteur d'une oeuvre considérable sur la période 1939-1945 en France, aimait à disserter et à insister sur ce thème de la complexité. Les esprits simplistes aiment à affirmer, par exemple, que le régime de Vichy fut tout entier à la botte de l'occupant. Henri Amouroux, à leur grand dam, sous les critiques, s'est attaché à montrer que les choses étaient moins évidentes que cela. Il a dérangé, en cherchant, tout simplement, la vérité. Juger du Moyen-Age ou de toute autre période avec nos critères actuels d'appréciation est aussi absurde. 


Beaucoup vivent sur des idées toutes faites sur bien des sujets. Souvent il suffit de raisonner, de prendre le temps de penser, à partir des faits, pour comprendre le réel. Mais qui prend encore ce temps, abrutis que nous sommes par le rythme de la "civilisation" moderne, par le conditionnement médiatique, par la dictature de la "démocratie d'opinion" ?

 

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Mardi 20 novembre 2007
Cette thèse de l'islam "modéré" est d'une naïveté confondante. Elle nourrit un discours pathétique, relevant de la méthode Coué, auquel quelques intellectuels musulmans, sincères et honnêtes, ou calculateurs et s'avançant masqués, donnent un crédit aveuglant beaucoup d'occidentaux.
Il n'y a pas d'islam modéré. Il y a des musulmans modérés. C'est tout à fait différent. Comme il eut été souhaitable que l'islam soit "modéré" et "des" musulmans "extrémistes" !
L'on est en droit de se poser la question suivante : un musulman bon est-il un bon musulman ?
S'il l'est à l'égard de ses propres frères en religion, peut-être, encore que les affrontements internes, sanglants, constants depuis l'émergence de l'islam, en fassent forcément douter. A l'égard de ce qui n'est pas musulman, on ne peut y croire.


Que le Coran contienne d'excellents versets que tout être humain qui aime "ses frères, les hommes" approuve, ce n'est pas contestable. Qu'il contienne toutes les justifications du massacre des "non-croyants", est tout aussi incontestable.
Or le Coran est un tout, il est intouchable, c'est la parole de Dieu Lui-même, "en direct". C'est à prendre ou à laisser. C'est pour cela que l'islam est irréformable, n'en déplaise à tous les intellectuels qui s'agitent et qui reconstituent des islams imaginaires.
Dieu merci (pesons nos mots), malgré tout, beaucoup de musulmans, dans leur grande soumission à Allah tout puissant, laissent de côté le pire (par ignorance ?), et s'efforcent de mener une vie droite et noble et donnent aux "autres" de belles leçons de piété, de pudeur, d'humilité et d'hospitalité généreuse.
Mais ce n'est qu'une contradiction apparente que le même disciple de Mahomet vous sourit aujourd'hui et vous insulte demain. Dans un pays musulman, un indigène a pu dire au prélat catholique italien avec lequel il entretient pourtant les relations les plus courtoises, en substance, que le jour où il déciderait de l'assassiner, ce serait avec douceur, sans haine, le sourire aux lèvres. Le Coran est un tout : lisez-le, lisez-le (pour la bonne traduction cf. L'ISLAM [1]).

L'islam peut se comporter comme un volcan inactif depuis des décennies, voire des siècles. On finirait par le croire éteint, et ne doutez pas de croiser de nombreux "experts" pour vous l'affirmer. Mais que certaines conditions soient réunies, et c'est l'éruption. Gare alors à ceux qui se seraient endormis à proximité du cratère !
Et ce retour de flammes ne sera pas le fait de "fanatiques" isolés qui "trahiraient" l'islam. Non, toute la poudre est là qui repose dans le Coran et la Sunna. Que des imams qui eux, savent, décident de gratter l'allumette, de la déposer au bon endroit, et...


L'islam  a engendré un "système", l'Islam.
Certes, la fameuse charia, par exemple, est un peu, beaucoup, presque pas, appliquée, ici ou là, au gré des circonstances, des positions des oulémas, de la plus ou moins grande "laïcité" des Etats musulmans. Mais aussi tous les textes existent, ils sont prêts à servir. La tentation, compréhensible, du "repli identitaire", dans les pays dits encore "chrétiens", de culture chrétienne disons, ne peut avoir pour conséquence pour les musulmans que d'être plus "islamistes" en banlieue parisienne qu'à Marrakech, où l'on est "entre soi", où l'on respire l'Islam par toutes les pores de la vie sociale, où la surenchère n'est pas nécessaire, où de toute façon ce qui choquerait un Occidental passe inaperçu. (Notons toutefois que l'islam "assoupi" de certaines nations réveille ceux des musulmans qui le jugent dénaturé).


C'est donc une lourde, une immense responsabilité qu'ont prise les hommes politiques de l'Europe, depuis trente ans, en laissant s'installer sur le sol de leurs pays, hommes, femmes et enfants, venus d'ailleurs, d'un autre monde, laissant dériver une immigration de travail maîtrisée (dont la pertinence cependant méritait déjà examen), vers une immigration de peuplement, avec toutes les conséquences sociales, économiques, humanitaires, que cela entraîne, et à laquelle, si j'ai bien compris, ces fous furieux militants de l'Arche de Zoé voulaient, à leur manière, participer.
L'occident ne croyant plus en rien, s'en voudrait sans doute "d'assimiler" ces étrangers. Les "assimiler" à quoi d'ailleurs ?, puisqu'il n'a plus de corps de valeurs à proposer. Seulement, plus ou moins, "intégrés" (je reviendrai dans une future chronique sur assimilation et intégration), ils sont poussés à revendiquer leur "droit à la différence" et à terme à reconstituer leur pays natal ou d'origine, avec son système religieux, sur le sol d'adoption. Dans ce contexte, les manifestations d'esprit de dhimmitude des autochtones européens se multiplient. Le musulman, sensible aux rapports de force, y verra une faiblesse, un encouragement à faire éclater l'expression de sa fierté arrogante et exiger que se traduise dans les faits, sa prédominance.


Le réveil de tous sera tragique en dépit des efforts louables de beaucoup parmi lesquels de nombreux musulmans qui ne demandent pas mieux que de se fondre dans la foule française. Ces derniers seront les premières victimes des défenseurs de l'islam car on pardonne toujours moins aux traîtres à la cause sacrée qu'à l'ennemi.
On ne peut exclure le risque d'une guerre que l'on devra, administrativement, qualifier de "civile".
On voudrait qu'un tel scénario-catastrophe reste une théorie, un fantasme. Qu'à Dieu, à défaut d'Allah, plaise qu'il en soit ainsi.
Mais le devoir de lucidité doit l'emporter : il y a incompatibilité de colocation du même territoire entre l'Islam et le monde dit "occidental". Il se pourrait que l'on ne manque pas d'éprouver cette contradiction le plus concrètement du monde, dans sa chair et avant longtemps, en l'état actuel de la situation et de son évolution prévisible.

(fin)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : L'ISLAM
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Samedi 10 novembre 2007
Parvenu à ce stade de cette étude, je me sens autorisé à avancer quelques premières conclusions.
Certes, par scrupule intellectuel, on peut être incité, pour un si vaste sujet, à s'interdire de porter un jugement qui apparaîtrait comme définitif. Au demeurant, je reste attentif à tout ce qui pourrait infirmer les certitudes auxquelles je crois être parvenu.
On voudra bien considérer également :

- Que j'ai accumulé au fil de ces chroniques beaucoup d'éléments probants et convergents en faveur de la thèse qui va suivre (et à cet égard je prierais le lecteur qui n'aurait lu que ce présent article, de bien vouloir se reporter aux précédents car je m'appuie pour ce qui suit, sur eux, sans périphrases ni redites).
- Que je n'ai en aucune façon la prétention, bien sûr, d'avoir épuisé le sujet de "l'i" et de "l'I" slam (religion et civilisation), dans toutes ses dimensions. De ce point de vue, sans doute aurais-je dû titrer ma série, non pas d'un trop vaste "L'Islam", mais d'une phrase, pour le coup trop longue assurément, qui eut été en substance la suivante : "Essence de l'Islam et conséquences pour le monde non-musulman dans leurs rapports historiques et de civilisation". C'est déjà un beau programme que j'ai conscience, depuis novembre dernier, d'avoir seulement résumé. Je renvoie pour ce qui concerne mes intentions limitées, à L'ISLAM (1).
-Que d'autres développements (j'y viendrai vraisemblablement), seraient nécessaires, bien entendu, pour affiner notre perception de l'Islam, même dans le cadre de cette étude.


Ces précautions étant posées, je tire de l'analyse menée jusqu'ici, l'enseignement-clé que l'islam et la violence entretiennent des rapports sacrés. Que la violence dans l'islam conduit à la violence de l'Islam.
Le pape Pie XI qualifia, dans une célèbre encyclique, le communisme d'"intrinsèquement pervers".
Il me paraît réaliste de dire de l'islam qu'il est intrinsèquement belliqueux. Belliqueux à l'égard de tout ce qui n'est pas lui, ce qui rend, comme la preuve en est apportée partout dès l'instant où il domine numériquement à travers ses adeptes, toute coexistence pacifique, sur le même territoire, entre lui et "l'Autre", extrêmement difficile, souvent provisoire ou accidentelle.


D'où vient cependant que le musulman pris isolément, ou en petit groupe (familial par exemple), soit, -comme chacun peut en faire l'expérience, en allant passer ses vacances au Maroc ou en Tunisie, mais plus simplement sur notre sol français-, la plupart du temps, pacifique, aimable, accueillant, capable de grandes manifestations d'amitié, même s'il faut faire la part de l'exubérance méditerranéenne ? Remarquons en effet que l'on évoque ici les Arabes, encore une fois, qu'il serait bien imprudent d'assimiler à l'Islam tout entier.
Qu'en est-il du musulman indien, indonésien, nigérian ? Je ne sais.
Cet Arabe musulman, donc, comme il est attachant !
Tenons compte, justement, qu'il s'agit aussi d'un Arabe. Un tempérament en soi sans doute, musulman ou non. Mais restons sur le terrain de l'islam et allons plus loin.


Allah est un Dieu lointain, dur, qui agit selon son bon plaisir sur des créatures prédestinées. Celles-ci vivent donc dans la crainte respectueuse de ce Maître arbitraire et se sentent fortement tenues de lui obéir humblement.
Or ce Dieu commande, aussi, la bonté, la douceur, le souci d'autrui, la tempérance... bref tout un ensemble de vertus estimables dont la pratique donne au musulman sincère une piété, "incandescente", si je puis dire. Cela fait de lui un excellent homme, même si l'on peut le trouver un peu trop sévère pour la surveillance de ses filles.
Par ailleurs, les musulmans, dans leur grande majorité, sont ressortissants de pays pauvres où l'éducation est mal répandue. Le musulman a souvent la "foi du charbonnier", brute de coffrage, et d'autant plus que le grand formalisme, nécessaire et suffisant, requis pour l'expression valide de cette foi en facilite la manifestation simple et reposante pour l'esprit.
Le musulman de "base", sans aucun doute, ne connaît pas sa religion dans toute sa dimension conquérante. S'il la connaissait vraiment, comme les lettrés, et qu'il l'assume dans sa globalité, il découvrirait alors que combattre l'autre, combattre qui n'est pas musulman, non pas spirituellement mais physiquement, à un moment ou un autre de tension est, aussi, l'impératif catégorique résultant d'une lecture complète et conséquente du Coran et d'une adhésion lucide à la Tradition.
A-t-on suffisamment réfléchi au fait que, en Occident, les poseurs de bombes, les pilotes improvisés d'avions précipités au sol ou contre des tours, étaient des "bac + 5" et non des "bac - 5", comme nul doute que l'auraient vivement espéré nos intellectuels chroniqueurs des gazettes européennes, tout obsédés qu'ils sont de s'accrocher à la distinction, bien pratique, et quelque peu désespérée, entre les "islamistes" (des "obscurantistes", évidemment) et les adeptes de l'Islam (des "éclairés", bien sûr).

(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : L'ISLAM
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Lundi 5 novembre 2007
Nicolas Sarkozy, conseillé, pour ne pas dire cornaqué, par Henri Guaino, la plume du président, -homme normalement de l'ombre, en l'occurrence ne détestant pas le soleil des projecteurs puisqu'il se répand volontiers pour commenter l'actualité, celle de son maître et celle des ministres du gouvernement-, a décidé d'imposer la lecture de la lettre que le jeune Guy Môquet adressa à ses parents peu avant d'être fusillé, à 17 ans, par les Allemands.


On accordera au président de la République de penser de lui qu'il a été sincèrement ému, "profondément bouleversé", dira-t-il, par le contenu de cette dernière missive avant la mort. Qui ne le serait ?
On ne se posera pas, ici, la question de la légitimité, en soi, de la décision présidentielle. C'est un débat particulier qui renvoie à d'autres considérations et que j'aborderai peut-être un autre jour.
Le but poursuivi, officiellement, exalter l'esprit de résistance, de sacrifice, en faveur d'un bien jugé supérieur, la patrie, ne sera pas commenté ici. On ne spéculera pas non plus sur les calculs politiciens réels ou supposés que cache cette opération de communication.
Non, on accepte cette volonté telle quelle et on examine le choix de Nicolas Sarkozy à la seule lumière, assumée, de toutes les bonnes intentions affichées.


Alors, ... monsieur le Président, quelle erreur d'appréciation !
Cette lettre est d'ordre privé. C'est l'adieu d'un gosse à ses parents. Elle aurait pu être écrite, pour l'essentiel, par n'importe quelle victime d'une catastrophe naturelle, provisoirement vivant, mais assuré d'être perdu. Elle ne dit rien sur la résistance. La faire lire, qui plus est sans tenir compte des programmes, est artificiel. Un professeur d'histoire-géographie note (Le Figaro du 15.10.07) : "Parler de Guy Môquet avec mes secondes, qui étudient actuellement la Grèce antique, est aberrant. Les élèves, qui ont tendance à manquer de repères temporels, vont tout confondre".


Surtout, le choix est douteux. Guy Môquet n'est pas politiquement neutre. Ce n'est pas le "résistant inconnu". C'est un militant, actif, fils du député communiste Prosper Môquet. Le jour de son arrestation, le 15 octobre 1940, il porte sur lui un texte qui, à propos de prisonniers de son bord, proclame (extraits) : 

                                      "Vous serez bientôt libérés
                                        Par tous vos frères d'esclavage
                                        Les Traîtres de notre pays
                                        Ces agents du capitalisme
                                        Nous les chasserons hors d'ici
                                        Pour instaurer le socialisme
                                        Main dans la main Révolution
                                        Pour que vainque le communisme"

Le Parti Communiste Français, totalement inféodé à Moscou, a approuvé le pacte germano-soviétique de 1939. Ce pacte rompu, en 1941, quand Hitler envahit l'Union Soviétique, les communistes se découvrent une vocation de résistants et oublient le temps où ils demandaient poliment aux occupants allemands, alors fréquentables, le droit de publier à nouveau L'Humanité.
Parmi les actions qu'ils se vantent de mener il y a l'exploit d'abattre, au hasard, des militaires gradés. Acte imbécile entre tous. A Nantes, c'est le sort réservé au commandant des troupes d'occupation de Loire-Atlantique. Peut-on imaginer, un seul instant, une réponse "modérée" de la part d'un Adolf Hitler ? Celui-ci exige une répression sévère et c'est ainsi que 50 prisonniers, dont Guy Môquet, seront fusillés. Sacrifiés pour rien, victimes d'une stupide conception de la résistance et d'un parti qui tenait à se refaire une virginité et une gloire, celle d'être le "parti des 75.000 fusillés".


Guy Môquet, il faut avoir le courage de l'écrire, n'est pas d'abord la victime innocente des Allemands, il n'est pas un héros de la résistance, en tout cas pas de celle dont on parle à son propos, lui qui fut arrêté pour distribution de tracts dirigés contre le "grand capital".
Il n'est que la pauvre victime adolescente d'une idéologie, d'un absurde et tragique épisode d'une histoire truquée.
Dès lors, lire cette lettre n'a aucun lien avec le but recherché, c'est un exercice d'un intérêt marginal.
Encore une fois, on baigne dans la compassion sentimentale et rien de mieux.
         
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Samedi 27 octobre 2007
Lorsque le 12 décembre 2006, j'entrepris d'écrire une série d'articles consacrée à Mademoiselle Marie-Ségolène Royal, intitulée "Quand la baudruche se dégonflera", celle-ci, coqueluche des médias, semblait promise au plus bel avenir présidentiel et Monsieur Nicolas Sarkozy avait un handicap réel à surmonter.
On connaît la suite de cette aventure électorale.


Hélas ! les choses ne se sont pas arrangées depuis pour la championne de la démocratie participative. On peut même écrire sans se tromper qu'elles se sont un peu plus dégradées. Malheur au vaincu, toujours, n'est-ce pas Monsieur Bernard Laporte, au nom prédestiné, qui est sorti par la petite d'un championnat de rugby et dont la carrière ministérielle pourrait n'être qu'un bref moment d'ouverture vers la société civile, mais pas toujours subtile.
L'ex-sélectionneur de l'équipe de France du jeu de la balle au pied et à la main, s'est cru autorisé, à propos de ses futures responsabilités gouvernementales, à parler d'un "métier" et de préciser : "Si cela me plaît, je resterai ; si cela ne me plaît pas, j'arrêterai tout simplement."
Son futur ministre de tutelle, la catégorique Madame Roselyne Bachelot lui a aussitôt fait savoir que "la question n'est pas que cela plaise ou non ; on remplit une fonction pour le bien des Français, pas pour son plaisir".
Cela commence bien.


Mais revenons à notre socialiste recentrée bien qu'invertébrée. Elle a donc perdu cette élection réputée "imperdable" comme l'écrit, dans un français improvisé, Monsieur Claude Bartolone, la voix populaire de son maître grand bourgeois, Monsieur Laurent Fabius. Et pourquoi cette élection aurait due être gagnée par la gauche ? Mais parce que c'était le tour de celle-ci de vaincre pardi ! C'est comme cela depuis 1978, cela s'appelle l'alternance. C'est un droit, acquis sans doute, lui aussi. Monsieur Nicolas Sarkozy, à la queue s'il vous plaît !  Ce n'est pas votre tour ! Votre tour c'est en 2012, non mais !
Ah là là... De l'inconvénient de prolonger les courbes. Il faut toujours se méfier des extrapolations. Il n'y a guère qu'en démographie que l'on peut aisément prévoir que les enfants que l'on n'a pas fait naître, ne pourront pas engendrer  à leur tour.
Ceci étant dit, que Mademoiselle Marie-Ségolène Royal se soit dépensée sans compter pour perdre, c'est incontestable. La baudruche n'a cessé de se dégonfler au fil des mois et à l'approche de l'échéance. Aujourd'hui l'enveloppe de caoutchouc ne recouvre plus grand chose.


La pauvrette a été habillée pour l'hiver par ses gentils camarades socialistes qui se vengent cruellement. Les langues et les plumes se délient.
Même ceux que l'on prenait pour ses amis ont pris leurs distances. Tiens, ce brave Monsieur Bertrand Delanoë, souvenez-vous (QUAND LA BAUDRUCHE SE DEGONFLERA [4]), lui qui proclamait, lyrique, à propos de la Poitou-Charentaise :  "Ce qui était un parcours devient un destin", doit cependant conclure maintenant que ce qui semblait une route était en fait une impasse... Il est vrai qu'en matière de destin, c'est au sien qu'il commence à songer, mais je crains que le personnage manque, lui aussi, d'épaisseur. En tout cas ce ne sont pas ses moeurs homosexuelles qui peuvent faire obstacle à son entrée à l'Elysée : grâce à Mademoiselle Cécilia Ciganer-Albéniz, on aura pris l'habitude de se passer d'une première dame de France.


Marie-Nöelle Lienemann, elle, ne pratique pas la solidarité féminine au parti, qui titre son livre, tout simplement,  "Au revoir Royal", et qui écrit que la victoire de la dame en blanc, aux primaires du PS, "est le symptôme le plus patent de la crise de la gauche".
Quand à Claude Allègre, il y va de bon coeur : "La force Ségolène c'est de penser comme Mme Michu et donc d'être comprise par Mme Michu." Méprisant pour le petit peuple, avec ça.
Un fabusien confie à 20 Minutes (du 28/09/07) : "Royal est à la politique ce que le Big Mac est à la grande cuisine : populaire, pas cher, mais indigeste." Trop aimable.


Il y a peu, elle rêvait de s'emparer du parti socialiste et de prendre rapidement la place de son ex-compagnon. Elle attendra. Vraisemblablement longtemps.
Pour l'heure, elle  propose à ses partisans de "redémarrer". Une baudruche se regonfle-t-elle facilement ? J'en doute.

Pauvre Marie-Ségolène... 
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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