Mercredi 30 janvier 2008
Ce n’est pas le fruit du hasard : le mot « assimilation » a disparu du langage relatif aux questions soulevées par l’immigration, au profit exclusif de celui d’« intégration ». Monsieur Brice Hortefeux est, entre autres, ministre de l’intégration. Le fait d’accoler à ce mot, dans son titre à rallonge, l’expression « Identité nationale » ne suffit à contrebalancer cela par ceci. L’assimilation, ayant mauvaise presse, a plus sûrement encore disparu du langage des média.
 
Assimiler, c’est rendre semblable. Intégrer, ce n’est qu’incorporer.
 
 
La société française n’assimile plus, ou très mal, depuis de nombreuses années. Quoi qu’on en dise, s’incorporent cependant en son sein des communautés exogènes qui maîtrisent un certain nombre de nos mécanismes nationaux, même si tous leurs membres ne bénéficient pas du meilleur accueil.
 
Ces derniers savent d’ailleurs que leurs conditions de vie restent bien meilleures en France qu’elles ne le seraient s’ils étaient restés dans leur pays d’origine, quelques tribulations ils aient à subir. Sinon, comment comprendre que, toujours aussi nombreux, clandestinement pour une bonne moitié parmi ceux qui s’installent sur notre sol, parfois au péril de leurs vies lors de voyages dangereux, ils se dirigent vers la France, mus par un véritable tropisme ?
 
Mais notre pays n’est plus cette patrie que l’on veut faire sienne ; il est devenu un territoire que l’on occupe, un pourvoyeur d’avantages dont on profite, un vivier de droits dont on réclame de jouir.
 
La fierté de devenir français, avec humilité, se perd ; l’intérêt de tirer parti de la France, avec arrogance, s’accroît.
 
 
Depuis de nombreuses décennies, la France est devenue un grand pays d’importation de populations nouvelles. Longtemps ceux qui sont venus se sont appelés Lopez, Rodrigues, Antonioni, Kasinsky. En arrivant en France, ils ont eu le désir, sinon pour eux-mêmes, du moins pour leurs enfants, de devenir français, pleinement français, par amour et reconnaissance envers leur pays d’adoption, et parfois avec plus de zèle dans l’adhésion que bien des nationaux de souche. S’ils se prénommaient Jésus, José, Luigi ou Karol en débarquant, leurs enfants ne se faisaient pas connaître à l’école autrement que par les noms de baptême de Jacques, Philippe, Sophie et Brigitte. A la consonance du patronyme près, qui pourrait distinguer leurs petits-enfants de ceux des Chassagne, Brunet, Marchand et Martin ?
 
Même natif d’Algérie, il fut un temps où un Monsieur Mimoun s’appelait Alain et portait sa fierté d’être français en bandoulière avec sa médaille olympique. Et « Isabelle » se mariait volontiers avec « Adjani ». Qui ne jugerait qu’Yves Montand fut un vrai chanteur « bien de chez nous », dans la « meilleure tradition française ». Pourtant, à Marseille, dans les années vingt du siècle dernier, sur les bancs de l’école primaire, il n’était qu’Ivo Livi.
 
La France qui les a accueillis croyait encore en elle. Elle était assimilatrice par fonctionnement naturel. Ils ont donc cru aussi en elle. Eux réclamaient d’être assimilés. Ils voulaient - au sens le plus fort de ce verbe - devenir français, se fondre dans la masse, sans revendiquer, et plus ou moins consciemment, en coupant les ponts avec leurs racines. Max Gallo raconte que lui, le petit immigré devenu niçois, répondait à ses cousins restés italiens qui réclamaient : « Nice est à nous », par un « Vive la France ! », en entonnant la Marseillaise. En tout état de cause, ils rompaient avec leur passé. Et souvent, de fait, ils partirent se battre, avec ardeur, pour la France, versant ce sang dont ils pressentaient sans doute avec Maurras que lui seul nationalise. Quel beau symbole que le dernier « poilu » encore vivant de la Première Guerre mondiale, 110 ans, s’appelle Lazare Ponticelli, d’origine italienne et naturalisé en 1939.
 
 
Nous savons en quoi les Lopez, les Rodrigues, les Antonioni et les Kasinsky étaient assimilables. Mais ils n’auraient pu l’être sans une société prête à les assimiler. La plus grande faille dans le processus actuel, c’est que cette société-là est moribonde. Elle est atteinte d’affreuses maladies qui sont le doute de soi, la disparition de valeurs partagées, la soumission aux idéologies mondialistes. Dès lors il n’est plus question d’assimiler. Imaginez un « ministère de l’Assimilation ». Presque tous les bureaux des salles de rédaction seraient souillés de vomissures. Il est vrai que ce serait une bien étrange chose. Un ministère de temps de crise, d’urgence, un signe de mauvaise santé, comme il y a eu des ministères de la Reconstruction après les guerres.
 
 
Arrivé ou né en France, célibataire, un Jesus Lopez épousait souvent une Antoinette Durand. Leur fils, Jacques, faisait son service militaire dans les chasseurs alpins. Aujourd’hui, le Français de papier, Ahmed Boualane, préfère épouser une fille dite « du pays » (un aveu de taille), Aïcha Bouzid, garantie vierge, qu’il importe, et leur fils Mustapha aura la double nationalité.
 
Bien sûr, il est des Kamel et des Mamadou qui s’expriment dans un français correct voire châtié, et qui présentent tous les signes d’une véritable assimilation. Ils ne sont pas légion ainsi, car d’autres sont beaucoup trop nombreux à s’entasser dans un pays saturé, impuissant et sans volonté. Surtout se sentent-ils vraiment français ? On peut parfois en douter, malgré tout.
 
 
Au demeurant, je ne leur jette pas la pierre. Outre que la France est la première responsable de cette situation, j’imagine le trouble du déraciné. Je comprends que l’enfant de harki, qui a grandi dans le Val-d’Oise, dont le père est montré du doigt par les autorités du pays situé en face du nôtre, de l’autre côté de la Méditerranée, qui est honnête et travailleur, mais « assimilé » - pour le coup, c’est le mot – par Madame Dupont aux fauteurs de troubles de banlieue, finisse par haïr son destin et détester la France qui a, mal, recueilli son géniteur.
 
Je conçois que Rama Yade, toute secrétaire d’Etat qu’elle soit du gouvernement de François Fillon, se demande ce qu’elle ferait si elle avait à choisir entre la France et le Sénégal. Dans le livre de Jacqueline Remy publié en octobre 2007, Comment je suis devenu français, elle témoigne que « à cette époque [avant ses 18 ans] je me disais souvent que, s’il y avait une guerre entre le Sénégal et la France, je choisirais mon pays d’origine. Aujourd’hui, je ne sais pas. » Elle confesse aussi : « Pourquoi me ferais-je enterrer seule dans un cimetière des Hauts-de-Seine, alors que je peux être dans un endroit si reposant, au soleil, avec les miens. C’est là que je dois revenir quand je serai morte. »
 
Pourtant, dans le Figaro Magazine du 26 janvier 2008, elle proclame : « Je suis fière d’être française », mais elle ajoute, non sans ambiguïté : « Ce pays ne s’est pas imposé à moi. Je me suis imposée à lui. » Pour être libre, un jour, de le renier ?
 
 
Si comme je l’ai défendu dans une chronique précédente, il y a « de la sagesse à rester, durablement, chez soi », il y a de la sagesse, étant allé s’installer ailleurs, à faire, au moins pour le commun des mortels, de cet ailleurs, son nouveau, et durable, « chez soi ».
 
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Dimanche 20 janvier 2008
Considérons plus près de nous encore, ce Kosovo historiquement terre serbe, aujourd'hui peuplé à 90% d'albanophones qui réclament, c'est logique, l'indépendance (avant une fusion avec l'Albanie ?) Pauvres Serbes résiduels sur cette terre qui fut exclusivement la leur il y a si longtemps !
Le territoire est à celui qui l'occupe. On commence à en savoir quelque chose du côté de Villiers-Le-Bel et ailleurs.


Sur cette malheureuse terre d'Afrique, les Européens ont stupidement créé des pays préfabriqués, tragiquement handicapés par des frontières tracées sur une carte, avec une règle, insultant ainsi les réalités locales. Au nom des grands principes de 1789, il fallait nier qu'il existât des ethnies, c'est-à-dire des communautés, fortes, homogènes sur le plan culturel et religieux. C'était pourtant, en admettant la nécessité de créer des nations modernes, ce qu'il aurait fallu respecter. Susciter un Etat Tutsi et un Etat Hutu. Ce n'était peut-être pas une garantie absolue de paix entre les deux peuples en question, certes, mais déjà un plus sûr moyen d'y parvenir.
Ces pauvres Africains, qui singent les Européens, que l'on condamne à singer les Européens, "pas de démocratie-pas de subventions", selon les canons de cet étrange néo-colonialisme qui ne dit pas son nom, cent fois plus odieux que l'ancien, inspirent à tout homme de coeur, une immense pitié. Ils n'ont pas fini de s'entretuer, citoyens improbables de patries artificielles. Il serait nécessaire de repenser le découpage de tous les territoires. Mission impossible. Qui oserait et pourrait le faire ? Il faudrait remettre en cause l'idéologie sacrée de l'individualisme souverain. Le malheur africain a de l'avenir.


Ces 1,4 million d'Irakiens chassés par le chaos de leur pays et réfugiés en Syrie (19 millions d'habitants seulement), accueillis au début du flot d'exil plutôt généreusement, par solidarité arabe, mais qui deviennent naturellement gênants, combien de temps seront-ils tolérés sans heurts ?


Ces terres anciennement juives, sont aujourd'hui peuplées majoritairement d'israélites et de musulmans. Ils se disputent le même sol. On peut retourner le problème dans tous les sens : il n'y a pas de solution. Le malheur israélo-palestinien, lui de même, a de l'avenir.


Nous assistons, atterrés et impuissants, à la balkanisation du monde, sous les applaudissements de mondialistes hallucinés auxquels on a vraiment envie de crier en pleine figure : Imbéciles ! Et devrions-nous ajouter aussitôt : Assassins !


La beauté de la race humaine résulte de la diversité de ses cultures, de ses civilisations. La mosaïque est une harmonie parce qu'elle unit ce qu'elle a préalablement séparé : des multitudes de petites pièces rapportées, regroupées par couleurs, qui donnent ainsi un sens à un ensemble. Mélangez tout et vous n'obtiendrez que le désordre. Sans doute la comparaison s'arrête-t-elle vite : la mosaïque est un objet statique. Le monde est un sujet dynamique. Soit. Ce n'est pas l'échange qui est périlleux, c'est le mélange, source de confusion. L'échange permet de se connaître, et peut-être de se comprendre, sans cesser de se distinguer. Le mélange conduit à l'affrontement sanglant ou à abâtardir, et le monde s'attriste ou s'appauvrit.


Il est faux d'aller en répétant, pour se consoler ou relativiser l'ampleur du phénomène, qu'il en a toujours été ainsi. Outre que l'importance des masses déplacées aujourd'hui est sans commune mesure avec celle d'hier, les envahisseurs, la plupart du temps simples prédateurs, étaient souvent repoussés, ou se repliaient d'eux-mêmes sur leurs bases.
 Ce qui fut la Gaule est encore habitée par des populations de souche gauloise à 65%. C'est énorme. Et le signe que ni les Francs ni les Romains avant eux n'avaient lourdement peuplé ce qui allait devenir la France. Ce pourcentage, encore élevé, de combien était-il avant 1914 ? Et de combien sera-t-il dans trente ans ? 
L'Europe est devenue une passoire et le sera plus que jamais avec l'entrée dans la Communauté de pays aussi incertains que la Roumanie. Déjà la frontière entre la Turquie et la Grèce est tout sauf étanche. On estime que 500.000 immigrés franchissent illégalement, chaque année, les limites de l'Union Européenne. 
Peut-on croire, un seul instant, que cette perfusion permanente sera sans conséquences ?


Je laisse le mot de la fin, le mot de la lucidité, prononcé à une époque où il n'était pas encore trop tard, en mars 1959, évidemment dans le secret de l'Elysée, à Charles de Gaulle :
"C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes,des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne." (1)

(1) Dans C'était de Gaulle, d'Alain Peyrefitte.
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 10 janvier 2008
Il est raisonnable, tôt ou tard, que chacun rentre chez soi, s'il ne s'y trouve : il n'est pas de cas où cette loi de toujours ne se vérifie. Ce qui est vrai pour des individus l'est aussi pour des populations.


Même cette cellule de base de la vie naturelle qu'est la famille composée d'un père, d'une mère et d'enfants obéit à ce déterminisme, pourtant parfois douloureux à accepter : elle est appelée à éclater pour favoriser, par reproduction, l'éclosion de nouvelles cellules, de nouvelles familles. "Tanguy" est un accident. Vite insupportable.
On peut avoir des amis, les plus intimes qui soient, les fréquenter assidûment, passer des vacances avec eux. Il n'empêche. S'ils leur prenaient l'envie de s'incruster à la maison sans y avoir été invités, je ne donnerais pas cher de l'avenir d'une relation ainsi faussée. "J'veux pas d'visite", chante avec à propos et humour Linda Lemay, parce que les visites "ça vous promet qu'ça va revenir" et que "ça revient".
A fortiori, quelles âmes, à part celles de quelques saints, accepteraient que s'installassent dans leurs demeures, sans permission, des inconnus ?
C'est pourtant encore à ces stades, à ces niveaux de relations interpersonnelles que peuvent mieux se comprendre les solidarités concrètes, les sacrifices généreux, l'exercice d'une charité active. L'individualisme est passé par là pour détruire les unes, rendre odieux les autres.
Il fut un temps où l'on n'aurait pas imaginé ne pas recueillir ses vieux parents (et beaux-parents), titulaires d'un droit non écrit à l'assistance, fruit d'une reconnaissance pour services rendus, ou le gosse perdu d'un autre, ou ne pas héberger plus longtemps son enfant réduit à un célibat non-désiré.
Et  si en hiver, un pauvre diable égaré et grelottant frappait à ma porte et  me demandait l'hospitalité, je ne lui présenterais pas une copie du présent article pour lui faire comprendre toute la logique qu'il y aurait à ce qu'il allât frapper à d'autres portes, celles d'organismes spécialisés dans l'assistance publique.
Sans doute aurais-je à coeur, au moins, de lui offrir un peu de chaleur, tout en organisant son rapatriement vers des demeures plus adaptées à le recevoir, à mes yeux, que la mienne.
Peu me contesteront la lucidité des remarques qui précèdent. C'est qu'on est au plus près "de la vie des gens".
Qui plus est, dans ces relations domestiques, les rapports entre les forces sont peu ou prou équilibrés. Les envahisseurs font jeu égal, physiquement ou moralement, avec les envahis. Chacun comprend que le conflit serait inévitable et nul ne met en doute le bon droit des seconds à résister aux prétentions des premiers.


Pourtant, à l'échelle des nations, des patries, le même bon sens appliqué à l'étude des phénomènes de territoires occupés, ne fait plus recette.
C'est que chaque individu n'étant pas, ou pas encore, très directement concerné dans ses intérêts, dans son quant-à-chez-soi, peut se permettre de divaguer, intellectuellement porté par les idéologies dominantes "droit-de-l'hommesques", qui s'appellent l'anti-racisme, le mondialisme, le cosmopolitisme, une vague religiosité "new age" et qui considèrent les métissages de toutes sortes comme des bienfaits.
L'évidence crève les yeux cependant que les mélanges humains produisent, certes à l'occasion de splendides créatures brésiliennes, mais plus souvent encore des cocktails détonants. Seulement voilà, l'évidence étant politiquement incorrecte il convient de la nier pour mieux verser dans l'angélisme béat.



Les Etats-Unis ont longtemps été présentés, ce que l'on apprenait sur les bancs du lycée, comme le pays emblématique du melting-pot réussi. Voire. Outre que le problème noir a été posé et est encore posé en termes rudes, on oublie un peu trop que les grandes masses d'immigrants furent, des siècles durant, des Européens, Blancs, Chrétiens. Il n'y a pas que dans West Side Story que la cohabitation entre certaines ethnies est dangereuse. L'Amérique ne mélange plus très bien, s'il est vrai qu'elle y a réussi autrefois. Elle juxtapose. On assiste à l'émergence du "separating-pot". Elle commence à se poser des questions, comme celle de la langue officielle de ce pays, qu'elle ne se posait pas avant, car elles eussent été sans objet. Les Etats de l'Amérique du Nord, seront-ils encore dits "Unis" dans cinquante ou cent ans ? Je me permets d'en douter.
Les minoritaires dominés ont toujours tort. Les Blancs des USA auront bientôt tort. Ce ne fut pas le cas jusqu'ici. Et pourtant...
Qui conteste sérieusement que  M. Georges W Bush et quelques autres de son espèce soient chez eux, là bas ? Eh bien, moi. M. Bush et quelques autres de son espèce ne sont pas chez eux. Ils sont chez ceux que l'on a appelé, par défaut, les "Indiens". Seulement voilà, les envahisseurs ont été si nombreux, et si puissants, que, passé le moment conflictuel inévitable avec les autochtones, dû à l'équilibre très provisoire des forces en présence, les envahis ont été réduits, massacrés, finalement parqués.


Pourquoi était-il sans doute inéluctable que l'Algérie soit un jour un pays indépendant ? Parce qu'en 1962 on comptait sur son sol un million de "pieds-noirs" (eux-mêmes très bariolés d'ailleurs) et 9 millions de Berbères et d'Arabes musulmans. Pourquoi en était-il ainsi ?
Pour deux raisons essentielles qui nous honorent : la France venue à la fois par hasard et nécessité sur le sol algérien, parfois à l'appel de certaines tribus l'habitant pour les protéger d'autres tribus, lui a apporté la paix et le développement et n'a pas songé à faire de ce territoire, sans histoire réelle mais il y a bien longtemps chrétien, dont nous avons inventé qu'il s'appellerait "Algérie", comme l'a reconnu honnêtement le nationaliste de fraîche gestation, Ferhat Abbas, un far south à peupler de Bourguignons, d'Auvergnats et de Bretons.
S'il y avait eu dans ces officiels départements français, 9 millions d'Européens et un million d'"Indiens", le même Ferhat Abbas aurait-il pu discourir, sinon en vain, ainsi, le 15 avril 1955 à Djidjelli  : "Frères, le colonialisme proclame que l'Algérie est une partie de la France, mais l'Algérie se trouve en Afrique du Nord et les Algériens sont des Africains, non des Français" ? (1)

(à suivre)
(1) Cité par Claude Paillat dans Dossier secret de l'Algérie, tome 2
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Dimanche 30 décembre 2007
Le candidat Sarkozy en avait pris acte catégoriquement : la Constitution européenne était morte, tuée par les Français, lors du référendum du 29 mai 2005. Un miracle s'est produit : elle est ressuscitée. Le traité de substitution qui ne pouvait décemment souffrir d'être "mini" a été qualifié de "simplifié" : un mensonge quand même.
Comme l'a reconnu Valéry Giscard d'Estaing grand inspirateur du texte refusé par le peuple, "90%" de ce dernier a été sauvé. On a abandonné les mentions aux hochets des fédéralistes pur jus, le drapeau ou l'hymne européen, qui faisaient office de chiffons rouges. Mais la personnalité juridique de l'Union reste proclamée, l'existence d'un super-Etat est implicite.
Pour maintenir le rideau de fumée, le président soigne le détail : bien que déjà modifiée, en février 2005, la constitution française est soumise à la relecture à la lumière de ce nouveau traité dit de Lisbonne, qui vient s'empiler sur ceux de Maastricht, d'Amsterdam, de Nice. Il s'agit de faire croire qu'il y a lieu à correction. Ce que ne pense pas une majorité de constitutionnalistes. Autrement dit, le traité de Lisbonne n'est pas différent de la Constitution soi-disant décédée. De quel droit dès lors la ratifier sans repasser par la case "référendum" ? 
La constitutionnaliste Anne-Marie Le Pourhiet dénonce un "coup d'Etat" et l'ancienne directrice de l'ENA, Marie-Françoise Bechtel y voit une "forfaiture".


Nicolas Sarkozy répétait à l'envi, avant le 6 mai 2007, que la Turquie ne faisait pas partie de l'Europe. Depuis qu'il est élu, il est d'une grande discrétion sur le sujet. Il laisse "gentiment" repartir les négociations sur l'adhésion de ce pays musulman à l'Union européenne. 
Jacques Chirac pourtant partisan, lui, de cette adhésion avait cru faire du bien au futur "oui" à la Constitution européenne en faisant stipuler par la Constitution nationale (article 88-5), que désormais tout élargissement à venir de l'Union devait être soumis à référendum par le président de la République. Mais voici qu'aujourd'hui, le secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, propose d'abroger cet article...


L'illusion sarkozienne s'épanouit sur tous les terrains. Voilà des catholiques éblouis parce que le président a pris le temps (compté, quand même), de rencontrer leur pape et de tenir quelques propos agréables aux oreilles de cardinaux. Visite protocolaire au demeurant, mais au cours de laquelle il aura cependant dit, ce qui est incontestablement original par rapport à ses prédécesseurs, des petites et grandes choses comme : "Face à l'effacement des repères, face aux bouleversements que connaissent nos sociétés, je veux dire que nous avons besoin de l'Eglise catholique". Ou encore : "J'assume pleinement le passé de la France. C'est par le baptême de Clovis que la France est devenue fille aînée de l'Eglise. Les faits sont là." "Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes." Et toujours : "La laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n'a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n'aurait pas dû." Et enfin : "La morale laïque risque toujours de s'épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini". "La France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d'affirmer ce qu'ils sont et ce qu'ils croient." N'en jetez plus, c'est trop !
Passons sur la forme, sur les fautes de goût qui consistent à arriver avec 17 minutes de retard à une audience accordée par le père spirituel d'un milliard de croyants, à introduire dans sa suite madame Bruni (la mère de la fille), à consulter son téléphone portable pendant la présentation de la délégation française : on espère ne pas faire découvrir seulement maintenant aux lecteurs que les Français n'ont pas élu un homme très bien élevé.
Mais, sur le fond, c'est le candidat Sarkozy qui a tenu des discours pour le moins ambigus sur l'hérédité, l'euthanasie. C'est le gouvernement de ce président qui lance une campagne sur la contraception et l'IVG médicamenteuse, réforme le divorce en un sens toujours plus laxiste, libéralise le travail le dimanche.
Sans doute pour lutter contre "l'effacement des repères"  et corriger les "bouleversements que connaissent nos sociétés" ?! On ne saurait mieux se moquer du monde.
Catholiques, pouvez-vous vous étonner de tout cela, sérieusement, dites-moi ?
Nicolas Sarkozy veut plaire, toujours et partout. Il tient donc le discours qui peut plaire, toujours et partout. Il a voulu plaire à Rome. Cela ne mange pas de pain et cela fait son petit effet. Les catholiques n'ont plus guère de poids dans la société. On peut donc à la fois leur faire plaisir, cela peut toujours servir, faites croire, faites croire, il en reste toujours quelque chose, avec quelques belles paroles aussi flatteuses que définitives, et continuer à piétiner allègrement les valeurs qu'ils défendent, et soi-même pourtant communier, ce que ne se permettait pas même Louis XIV, qui, il est vrai, catholique formé, savait sans doute ce qu'est un péché mortel.


L'illusion sarkozienne est naturellement le fruit de discours, ostentatoires, et d'actes, plus discrets, contradictoires, quand ce n'est pas le contraire, sinon elle ne fonctionnerait pas.


"Qu'on ne compte pas sur moi pour faire l'Etat UMP." (A Dijon, le 3 octobre 2007, pour faire le gentil devant le maire ségoliniste de la ville)
Nicolas est sans doute en train de faire mieux et plus sûr : l'Etat Sarkozy.
De juin à septembre, 91 nominations préfectorales. Seul François Mitterrand, en 1981, cela pouvait se comprendre, avait fait plus. Il a placé des affidés partout : préfecture de police de Paris, DST, police nationale, ambassadeurs, secrétariats généraux et grands directeurs dans les ministères, Insee, magistrats du parquet. Rien de nouveau sous le soleil, soit, mais alors pourquoi tant de force déployée pour faire croire le contraire ?


Même pour sa vie privée, que l'on ne peut pas faire semblant de ne pas connaître, Nicolas Sarkozy nous "balade". Le voici scandalisé que les médias s'emparent des malheurs conjugaux du ministre de l'intérieur, à une époque où il devait sans doute juger que c'était embêtant pour la suite. Président, le voilà ravi de s'afficher avec une épouse entre-temps retrouvée, de la mettre en valeur, de lui confier des missions humanitaires, alors qu'il apparaissait déjà évident que le ver était dans le fruit de l'amour avant même son élection.
Divorcé par non-consentement initial, atteint si durement, semble-t-il, qu'il en néglige de retirer son alliance, il n'a pas attendu plus de deux mois après ce douloureux évènement pour parader à Disneyland avec dame Carla Bruni.


Si l'on en croit Le Point (du 15.11.07), Nicolas Sarkozy a déclaré : "Je suis celui qui doute le plus de moi-même".
Sur ce terrain, il pourrait se retrouver, un jour, en plus nombreuse compagnie.

(fin)
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 20 décembre 2007

Dans le prolongement de ma précédente chronique ("LES FONDAMENTAUX DU SARKOZISME : ..."), pour la compléter, et non pas cette fois-ci dans la rubrique "frivole", -va encore qu'il multiplie les initiatives pour se faire apprécier et passer au journal de 20 heures, c'est parfois plus comique qu'inquiétant, je passe sur "plaire" et "saturer", péchés mignons-, je reviens, sérieusement, sur le mythe d'un Nicolas Sarkozy cohérent dans l'action, fidèle à ses engagements de campagne et mû par une "vision".


Si l'on en croit l'institut libéral Thomas More, le candidat Sarkozy a émis... 490 propositions pendant la campagne électorale. Même François Mitterrand en 1981, pourtant génétiquement, si l'on peut dire, l'homme de la "rupture" pour le grand retour de la gauche au pouvoir, s'était contenté de n'avancer que 110 propositions.
Et la stratégie est de lancer de nombreuses réformes pour gagner sur le temps, étouffer les uns, séduire les autres, étourdir tout le monde. Et qui prendra les heures nécessaires pour faire le recensement méthodique de ce qui a été fait au regard de ce qui a été annoncé ?
"Qui trop embrasse, mal étreint" affirme un vieux proverbe. Et sans doute, "qui veut bien illusionner, bien entretient le rideau de fumée".
Jean-Marc Vittori dans Les Echos (du 14.11.07) remarque avec justesse : "Le grand chantier des réformes pourrait finir par ressembler à ces carcasses d'immeubles jamais achevés, avec des tiges de fer rouillées sortant de plots de béton". Il conclut pour se, et nous rassurer : "Par bonheur, il est bien trop tôt pour constater un tel sinistre". Peut-être... mais il n'est pas difficile de constater que certains ouvrages sont bien mal terminés.
Certains faits sont là, ils parlent d'eux-mêmes. Je ne me laisserai pas aller à de longs commentaires conclusifs. Le lecteur déduira lui-même la vérité qui se dégage de ces constats.


"Je garantirai trois heures de transports en commun pour aller au travail et trois heures pour rentrer du travail, il est inacceptable que les Français soient pris en otage par les grèves." (Le 24 avril 2007 sur TF1). La loi du 2 août 2007 ne fixe aucun quota de trains, métros ou bus aux heures de pointe. Le terme de "service minimum" ne figure pas dans la loi.

 

 

"Les Français ne s'attendent pas à ce que je distribue des cadeaux de père Noël alors qu'ils savent parfaitement bien qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses." (Le 29 novembre 2007 sur TF1 et France 2)

La veille de cette intervention télévisée, le budget des universités avait été augmenté de 5 milliards sur 5 ans.

Huit jours plus tard, le 7 décembre, devant 3000 patrons de PME, Nicolas Sarkozy annonce la suppression en 2009 de l'imposition forfaitaire annuelle payée par les entreprises (1,7 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat).

Les caisses sont vides depuis quelques années. Nul ne l'ignore. Ce que l'on appelle le "paquet fiscal" de l'été 2007 a un coût, non financé, estimé à 11 milliards environ. Il contient des mesures qui peuvent faire plaisir à certains. Mais du bien à la nation ?
Comment financer toutes ces libéralités : par la croissance. Tout repose sur elle : "Sans croissance, pas de pouvoir d'achat. Sans croissance, c'est la crise de la sécurité sociale. Sans  croissance, il n'y a pas de logements sociaux. Sans croissance, il n'y a pas de baisse du chômage, pas de baisse de la dette, pas de baisse des impôts." (Le 7 décembre 2007). Il convient donc de la décréter : "D'ici là,[2009], la croissance sera repartie, ce qui donnera des marges de manoeuvre" (Hervé Novelli secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur, le même jour).
Christine Lagarde le répète à qui veut l'entendre, la croissance sera, de 2009 à 2012, de 2,5% par an au minimum, voire de 3%. Pour 2008, elle confirme une fourchette de 2% à 2,5% ; en 2007, de 2%. De nombreux experts doivent être sourds. Ils annoncent des chiffres inférieurs. Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires prétend que la prévision française est "trop optimiste".
Que se passera-t-il si ce sont eux qui ont raison ? La "faillite" de l'Etat, dixit Monsieur Fillon, sera un peu plus marquée.


Le verbe est toujours haut : "La réforme de l'Etat, il faut cesser d'en parler, il faut la faire". "Il n'est plus possible de continuer à augmenter les prélèvements." Le président annonce qu'il faut économiser 150 milliards, rien que cela. Et comment ? On s'attend logiquement à un "plan de rigueur", à la hauteur de l'enjeu. Mais non, "ni rationnement comptable ni austérité budgétaire". "La réforme ne se fera pas contre les fonctionnaires." (C'était le 12 décembre pour le premier rendez-vous de la "revue générale des politiques publiques"). 
Les réformes qui pourraient, qui devront, fâcher sont reportées après les élections municipales.
En attendant, on déballe des paquets de mesures, nombre d'entre elles déjà annoncées précédemment mais remises en scène, et qui, certes, pour certaines, devraient entraîner des économies, mais sûrement pas à l'échelle du problème posé.
Pour le reste, on se fait des amis en décrétant haut et fort le transfert aux mairies de la délivrance des pièces d'identité.

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Lundi 10 décembre 2007
Evidemment, la toute première clé qui ouvre la porte à une compréhension de Nicolas Sarkozy, est-il besoin de le préciser ? , c'est le constat d'une volonté farouche de parvenir au pouvoir. Rien que de très classique pour un homme politique, surtout en démocratie, système qui organise et encourage la compétition entre beaucoup d'envieux pour décrocher le pompon suprême. Voilà qui est fait. Il s'agit maintenant de le garder. Comment ? Avec les mêmes recettes qui ont fait leurs preuves.


Plaire : c'est de toute évidence un besoin fort chez le président de la République actuel, peut-être un désir fondateur de sa personnalité. Comme il faut aussi appliquer la doctrine de la "rupture", exercice risqué, dont la conséquence logique doit être de déplaire, tout est dans l'art de ménager la chèvre et le chou.
L'après-midi il condamne à Constantine le "système colonial" qu'il compare à "une entreprise d'asservissement et d'exploitation" et le soir il rend hommage aux harkis "envers lesquels la France a une dette". Pour avoir soutenu une injustice ?
On a du mal à trouver un socialiste d'importance auquel il n'a pas proposé de devenir ministre, ou quelque chose d'autre dans le machin gouvernemental. Il va, non sans un certain courage physique, lorsque l'on sait avec Georges Brassens que "le pluriel ne vaut rien à l'homme et dès qu'on, est plus de quatre on est une bande de c...", au contact des cheminots, des pêcheurs et toujours avec cette rage de convaincre, de séduire, de subjuguer. Et cela marche (presque) toujours, à coups (et à coûts) de concessions.
Il n'en revient pas ce Monsieur Philippe Lemoigne président du comité de crise, au Guilvinec : "Nous n'en espérions pas tant. Sarkozy a repris mot pour mot nos revendications, comme s'il avait fait partie des grévistes".


Saturer : Il se précipite au Tchad pour en ramener des journalistes en mauvaise position. Il envoie une cassette aux cruels guérilleros colombiens pour obtenir la libération d'Ingrid Betencourt. Pour un peu il partirait , comme Tintin ("Nini en Colombie", cela ferait un bel album), en expédition lointaine pour aller la chercher. Chiche ! Il reçoit les familles en deuil, se précipite au chevet des policiers blessés. Il court le monde, vend des avions ici, des métros là. Pour plaire, il faut être sur tous les coups. Il faut saturer l'espace public. Nicolas Sarkozy est accessoirement président de la République. Un peu Premier ministre. Beaucoup ministre, tous portefeuilles réunis. Et passionnément secrétaire d'Etat. Par le style "fonceur", il affiche une allure de chef d'entreprise pressé, stressé, stressant, jeune et dynamique. Quelle santé ! A ce propos, je suis inquiet : à ce rythme va-t-il tenir deux quinquennats, comme il se propose sûrement de les accomplir ?
Fatalement, il sature aussi l'espace audiovisuel. Comment les journalistes pourraient-ils renoncer à faire leur métier lorsque le plus haut personnage de l'Etat s'agite chaque jour sous leurs yeux ?
Etre à la manoeuvre partout, plaire à tous, et prétendre avoir des objectifs clairs et s'y tenir, sont des postures incompatibles.


Illusionner : certains prétendent que Nicolas Sarkozy est guidé dans son action par quelques idées fortes. J'ai démontré (cf. la série de chroniques "QUAND LA GIROUETTE S'EPUISERA") que l'on pouvait en douter chez le candidat. Certes il surnage encore de ses flux logorrhéiques quelques slogans dont le fameux "travailler plus pour gagner plus", sans pour autant d'ailleurs que les recettes employées pour obtenir ce résultat emportent la conviction.
Pour le reste nous assistons au spectacle offert par le mouvement brownien d'un agitateur politique. Et d'un illusionniste de grand talent.
Le peuple français rejette le projet de constitution européenne ? Nicolas Sarkozy en prend acte solennellement, "les Français ont tranché" assène-t-il sur ce ton couperet qu'on lui voit souvent employer et qui ne souffre pas la réplique. Et il s'empresse de proposer au seul parlement d'adopter un traité qui ressemble comme un frère jumeau au texte précédent.
Il a créé un ministère de l'Identité nationale et laissé croire qu'il allait mettre un terme à l'immigration ? Il vante les mérites de "l'immigration choisie" qui s'additionnera à celle qu'il faut qualifier d'indésirable et contre laquelle rien de décisif n'est entrepris.
Il affirme établir un "service minimum" en cas de grève dans les transports en commun ? La formule s'impose mais elle est mensongère. Le "service minimum" peut être un minimum de services et pas de services du tout.
On pourrait multiplier les exemples emblématiques ou discrets qui montrent que les contradictions, les tromperies de la démarche sarkozienne sont légion. Comment s'en étonner ?


Le char de l'Etat conduit par cet homme, dont je ne doute pas, au delà d'une certaine roublardise, qu'il soit sincère, franchement habité par l'idée qu'une mission lui a été confiée par les dieux et qu'il doit l'accomplir, me fait penser à un cheval fou qui partirait dans toutes les directions sans en choisir aucune, semant au passage sa cargaison. Ou mieux encore à un jeune chien excité, tout heureux de s'ébattre en toute liberté, grisé, impatient de marquer son, vaste, territoire, en courant d'un arbre à l'autre pour y déposer un petit pipi sans prendre toujours la peine de contrôler le débit avant de repartir, au risque renouvelé de se mouiller les pattes ; ainsi en se précipitant pour annoncer à la télévision que l'on va vendre 3% du capital d'EDF pour plaire à l'Université, provoquant une opération de bourse mal contrôlée ayant pour conséquence que cette petite liquidation ne rapportera que 3.7 milliards au lieu des 5 réputés acquis. D'une manière plus anecdotique, mais significative, en s'inventant ce qui semble être un faux héros, même si c'est une vraie victime, que le futur président visite à l'hôpital, décore de la médaille du courage et du dévouement, plus tard auquel il téléphone alors qu'il est en vacances au large de Malte, à qui il promet un logement et qu'il invite à la garden-party du 14 juillet ! 


Il y a plus grave : l'Etat, comme François Fillon en a fait l'aveu dans un moment de franchise, bien mal vu à l'Elysée, est en faillite. Mais c'est toujours à plus tard, en 2010 puis en 2012, que Nicolas Sarkozy remet le retour à l'équilibre des finances publiques. Pour parvenir à ce dernier résultat, il faudrait déplaire, se faire plus besogneux que médiatique, promettre "du sang et des larmes" plutôt que de vendre de la poudre de perlimpinpin. Tout le contraire de l'action d'une girouette qui n'est pas encore épuisée et qui lâche, entre autres, 11 milliards d'euros de cadeaux pendant l'été, et en quelques jours de grogne, 30 millions d'euros de subventions aux pêcheurs, 11 millions d'euros pour les étudiants afin d'amadouer Monsieur Bruno Juillard président de l'Unef quand, dans le même temps, 75.8% des étudiants (vote avec huissier),de l'université de Paris-Sorbonne ont rejeté le blocage de leur lieu de travail, et du gros lest dans le débat sur la fin des régimes spéciaux.


Dans ce domaine comme dans d'autres, le réveil pourrait être très douloureux. Pour monsieur Sarkozy sans doute, plus péniblement encore pour chacun d'entre nous. 
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Vendredi 30 novembre 2007

J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les questions que soulèvent les mots qui sont alignés dans le titre de cette chronique. Notamment avec les articles : LA VERITE, VERITE ET VALEURS. 
A dire vrai, de quelque manière, elles sont présentes dans tous mes textes.
S'il est vraisemblable qu'un romancier écrit toujours le même roman en plusieurs livres (n'est-ce pas, MM D'Ormesson et Modiano ?), tant il est vrai que tout homme n'est véritablement obsédé sa vie durant que par deux ou trois interrogations majeures, il se pourrait que cela soit le cas de tous ceux qui prennent une plume.
Ici en tout cas, dans le cadre de ce blog, je poursuis une quête qui est, fort immodestement, de rechercher la Vérité en toutes choses, à la lumière de la raison.


Pour rechercher la Vérité, il faut toujours et d'abord partir des faits et revenir aux faits. O faits, combien il est capital que vous soyez respectés ! Et comme vous l'êtes si peu par beaucoup de manipulateurs. C'est que ces derniers sentent le danger : un fait est, en soi, déjà, une vérité première et un guide vers une vérité seconde, plus cachée, qu'il faut aller découvrir, en raisonnant, en raisonnant à partir de lui.

Alors, quand le fait dénonce l'idée simpliste à laquelle tiennent les faux-raisonneurs, que font-ils ? Ils le cachent, le défigurent, ils en inventent un autre qui prend sa place. Mais les faits laissent des traces, dans les mémoires, dans les archives, dans la vie.

Pendant des décennies l'on put faire croire que le massacre de Katyn, celui de 22.000 officiers polonais, était le fait des allemands (on ne prête qu'aux riches). Mais en 1990 il fut officiellement reconnu par Gorbatchev qu'en mars 1940 Staline avait donné l'ordre de fusiller ces soldats.

Il est un fait, incontestable, que John Kennedy, président des Etats-Unis, a été assassiné à Dallas le 22 novembre 1963. Mais par qui ? Par le seul Lee Harvey Oswald, comme le prétendit la thèse officielle du rapport Warren ? Peut-être ne saurons-nous jamais pourquoi cet homme politique a été tué, parce que nous ne saurons jamais comment ce meurtre a été commis. Mais tout porte à croire que lors de l'enquête l'on a dissimulé des faits.


Mais les faits ne sont pas seulement des événements précis, datés, ayant un début et une fin. Ce sont aussi des constantes de l'histoire, de la sociologie, de l'économie, du comportement humain.
Les nier mène aux pires erreurs, à la terreur. C'est que les faits sont têtus. L'homme fait ainsi régulièrement le pari de s'affranchir de certaines lois et il le paye rudement.
Il "libère" sa sexualité et se retrouve atteint du sida, comme autrefois de la syphilis. Il s'en étonne. C'est un fait que le vagabondage sexuel  est un défi à la bonne santé, même s'il peut apparaître, dans un premier temps, comme un heureux signe de celle-ci. Ce n'est pas là un point de vue moral, ou d'abord moral. L'affirmer c'est énoncer une vérité, que le bon sens, la raison, et tout simplement l'expérience des siècles, permettent amplement de pressentir. Et pourtant...


Sans doute s'agit-il là de vérités trop simples pour des esprits trop forts. Georges Bernanos l'a très bien écrit : "Les vérités simples souffrent de la terrible concurrence que leur font les idées simplistes" (de mémoire).
En matière de sexualité, les esprits forts s'en vont répétant que la progression du sida sera efficacement combattu par le préservatif. Idée simpliste. La vérité simple c'est que cela ne marche pas pour au moins trois bonnes raisons : l'étanchéité de l'objet, qui n'est pas garantie, l'accident d'utilisation, la non-utilisation pour des motifs divers.
Pourquoi s'accrochent-ils à ce slogan, quoiqu'il arrive : "Tu peux coucher avec le (la) premier (ère) venu (e), sans risques, si tu te protèges" ? Parce qu'il ne faut pas remettre en cause le dogme de la "libération sexuelle", l'idéologie du combat contre les "tabous". Des gens en meurent ? Peu importe ! Surtout ne pas revenir à la réalité. Elle a le défaut majeur d'être "réactionnaire".
Devant la progression du sida, au sein de milieux bien prévenus pourtant, les esprits forts se lamentent : "'Ils' sont imprudents, "on" ne fait pas assez d'information, de propagande", et concluent toujours : " Intensifions les campagnes d'incitation à la consommation des corps". Ils ne se posent jamais la question du retour au bon sens : l'usage de la chasteté et de la fidélité.


Sans doute les vérités simples aiment à se cacher. Une vérité simple ce n'est pas une vérité qui exclut sa recherche et la nuance de son expression. Il y a, dans bien des cas, une "complexité du réel". Cette complexité du réel, il faut aussi l'accepter. 
En matière historique, c'est flagrant. Henri Amouroux, auteur d'une oeuvre considérable sur la période 1939-1945 en France, aimait à disserter et à insister sur ce thème de la complexité. Les esprits simplistes aiment à affirmer, par exemple, que le régime de Vichy fut tout entier à la botte de l'occupant. Henri Amouroux, à leur grand dam, sous les critiques, s'est attaché à montrer que les choses étaient moins évidentes que cela. Il a dérangé, en cherchant, tout simplement, la vérité. Juger du Moyen-Age ou de toute autre période avec nos critères actuels d'appréciation est aussi absurde. 


Beaucoup vivent sur des idées toutes faites sur bien des sujets. Souvent il suffit de raisonner, de prendre le temps de penser, à partir des faits, pour comprendre le réel. Mais qui prend encore ce temps, abrutis que nous sommes par le rythme de la "civilisation" moderne, par le conditionnement médiatique, par la dictature de la "démocratie d'opinion" ?

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mardi 20 novembre 2007
Cette thèse de l'islam "modéré" est d'une naïveté confondante. Elle nourrit un discours pathétique, relevant de la méthode Coué, auquel quelques intellectuels musulmans, sincères et honnêtes, ou calculateurs et s'avançant masqués, donnent un crédit aveuglant beaucoup d'occidentaux.
Il n'y a pas d'islam modéré. Il y a des musulmans modérés. C'est tout à fait différent. Comme il eut été souhaitable que l'islam soit "modéré" et "des" musulmans "extrémistes" !
L'on est en droit de se poser la question suivante : un musulman bon est-il un bon musulman ?
S'il l'est à l'égard de ses propres frères en religion, peut-être, encore que les affrontements internes, sanglants, constants depuis l'émergence de l'islam, en fassent forcément douter. A l'égard de ce qui n'est pas musulman, on ne peut y croire.


Que le Coran contienne d'excellents versets que tout être humain qui aime "ses frères, les hommes" approuve, ce n'est pas contestable. Qu'il contienne toutes les justifications du massacre des "non-croyants", est tout aussi incontestable.
Or le Coran est un tout, il est intouchable, c'est la parole de Dieu Lui-même, "en direct". C'est à prendre ou à laisser. C'est pour cela que l'islam est irréformable, n'en déplaise à tous les intellectuels qui s'agitent et qui reconstituent des islams imaginaires.
Dieu merci (pesons nos mots), malgré tout, beaucoup de musulmans, dans leur grande soumission à Allah tout puissant, laissent de côté le pire (par ignorance ?), et s'efforcent de mener une vie droite et noble et donnent aux "autres" de belles leçons de piété, de pudeur, d'humilité et d'hospitalité généreuse.
Mais ce n'est qu'une contradiction apparente que le même disciple de Mahomet vous sourit aujourd'hui et vous insulte demain. Dans un pays musulman, un indigène a pu dire au prélat catholique italien avec lequel il entretient pourtant les relations les plus courtoises, en substance, que le jour où il déciderait de l'assassiner, ce serait avec douceur, sans haine, le sourire aux lèvres. Le Coran est un tout : lisez-le, lisez-le (pour la bonne traduction cf. L'ISLAM [1]).

L'islam peut se comporter comme un volcan inactif depuis des décennies, voire des siècles. On finirait par le croire éteint, et ne doutez pas de croiser de nombreux "experts" pour vous l'affirmer. Mais que certaines conditions soient réunies, et c'est l'éruption. Gare alors à ceux qui se seraient endormis à proximité du cratère !
Et ce retour de flammes ne sera pas le fait de "fanatiques" isolés qui "trahiraient" l'islam. Non, toute la poudre est là qui repose dans le Coran et la Sunna. Que des imams qui eux, savent, décident de gratter l'allumette, de la déposer au bon endroit, et...


L'islam  a engendré un "système", l'Islam.
Certes, la fameuse charia, par exemple, est un peu, beaucoup, presque pas, appliquée, ici ou là, au gré des circonstances, des positions des oulémas, de la plus ou moins grande "laïcité" des Etats musulmans. Mais aussi tous les textes existent, ils sont prêts à servir. La tentation, compréhensible, du "repli identitaire", dans les pays dits encore "chrétiens", de culture chrétienne disons, ne peut avoir pour conséquence pour les musulmans que d'être plus "islamistes" en banlieue parisienne qu'à Marrakech, où l'on est "entre soi", où l'on respire l'Islam par toutes les pores de la vie sociale, où la surenchère n'est pas nécessaire, où de toute façon ce qui choquerait un Occidental passe inaperçu. (Notons toutefois que l'islam "assoupi" de certaines nations réveille ceux des musulmans qui le jugent dénaturé).


C'est donc une lourde, une immense responsabilité qu'ont prise les hommes politiques de l'Europe, depuis trente ans, en laissant s'installer sur le sol de leurs pays, hommes, femmes et enfants, venus d'ailleurs, d'un autre monde, laissant dériver une immigration de travail maîtrisée (dont la pertinence cependant méritait déjà examen), vers une immigration de peuplement, avec toutes les conséquences sociales, économiques, humanitaires, que cela entraîne, et à laquelle, si j'ai bien compris, ces fous furieux militants de l'Arche de Zoé voulaient, à leur manière, participer.
L'occident ne croyant plus en rien, s'en voudrait sans doute "d'assimiler" ces étrangers. Les "assimiler" à quoi d'ailleurs ?, puisqu'il n'a plus de corps de valeurs à proposer. Seulement, plus ou moins, "intégrés" (je reviendrai dans une future chronique sur assimilation et intégration), ils sont poussés à revendiquer leur "droit à la différence" et à terme à reconstituer leur pays natal ou d'origine, avec son système religieux, sur le sol d'adoption. Dans ce contexte, les manifestations d'esprit de dhimmitude des autochtones européens se multiplient. Le musulman, sensible aux rapports de force, y verra une faiblesse, un encouragement à faire éclater l'expression de sa fierté arrogante et exiger que se traduise dans les faits, sa prédominance.


Le réveil de tous sera tragique en dépit des efforts louables de beaucoup parmi lesquels de nombreux musulmans qui ne demandent pas mieux que de se fondre dans la foule française. Ces derniers seront les premières victimes des défenseurs de l'islam car on pardonne toujours moins aux traîtres à la cause sacrée qu'à l'ennemi.
On ne peut exclure le risque d'une guerre que l'on devra, administrativement, qualifier de "civile".
On voudrait qu'un tel scénario-catastrophe reste une théorie, un fantasme. Qu'à Dieu, à défaut d'Allah, plaise qu'il en soit ainsi.
Mais le devoir de lucidité doit l'emporter : il y a incompatibilité de colocation du même territoire entre l'Islam et le monde dit "occidental". Il se pourrait que l'on ne manque pas d'éprouver cette contradiction le plus concrètement du monde, dans sa chair et avant longtemps, en l'état actuel de la situation et de son évolution prévisible.

(fin)
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : L'ISLAM
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Samedi 10 novembre 2007
Parvenu à ce stade de cette étude, je me sens autorisé à avancer quelques premières conclusions.
Certes, par scrupule intellectuel, on peut être incité, pour un si vaste sujet, à s'interdire de porter un jugement qui apparaîtrait comme définitif. Au demeurant, je reste attentif à tout ce qui pourrait infirmer les certitudes auxquelles je crois être parvenu.
On voudra bien considérer également :

- Que j'ai accumulé au fil de ces chroniques beaucoup d'éléments probants et convergents en faveur de la thèse qui va suivre (et à cet égard je prierais le lecteur qui n'aurait lu que ce présent article, de bien vouloir se reporter aux précédents car je m'appuie pour ce qui suit, sur eux, sans périphrases ni redites).
- Que je n'ai en aucune façon la prétention, bien sûr, d'avoir épuisé le sujet de "l'i" et de "l'I" slam (religion et civilisation), dans toutes ses dimensions. De ce point de vue, sans doute aurais-je dû titrer ma série, non pas d'un trop vaste "L'Islam", mais d'une phrase, pour le coup trop longue assurément, qui eut été en substance la suivante : "Essence de l'Islam et conséquences pour le monde non-musulman dans leurs rapports historiques et de civilisation". C'est déjà un beau programme que j'ai conscience, depuis novembre dernier, d'avoir seulement résumé. Je renvoie pour ce qui concerne mes intentions limitées, à L'ISLAM (1).
-Que d'autres développements (j'y viendrai vraisemblablement), seraient nécessaires, bien entendu, pour affiner notre perception de l'Islam, même dans le cadre de cette étude.


Ces précautions étant posées, je tire de l'analyse menée jusqu'ici, l'enseignement-clé que l'islam et la violence entretiennent des rapports sacrés. Que la violence dans l'islam conduit à la violence de l'Islam.
Le pape Pie XI qualifia, dans une célèbre encyclique, le communisme d'"intrinsèquement pervers".
Il me paraît réaliste de dire de l'islam qu'il est intrinsèquement belliqueux. Belliqueux à l'égard de tout ce qui n'est pas lui, ce qui rend, comme la preuve en est apportée partout dès l'instant où il domine numériquement à travers ses adeptes, toute coexistence pacifique, sur le même territoire, entre lui et "l'Autre", extrêmement difficile, souvent provisoire ou accidentelle.


D'où vient cependant que le musulman pris isolément, ou en petit groupe (familial par exemple), soit, -comme chacun peut en faire l'expérience, en allant passer ses vacances au Maroc ou en Tunisie, mais plus simplement sur notre sol français-, la plupart du temps, pacifique, aimable, accueillant, capable de grandes manifestations d'amitié, même s'il faut faire la part de l'exubérance méditerranéenne ? Remarquons en effet que l'on évoque ici les Arabes, encore une fois, qu'il serait bien imprudent d'assimiler à l'Islam tout entier.
Qu'en est-il du musulman indien, indonésien, nigérian ? Je ne sais.
Cet Arabe musulman, donc, comme il est attachant !
Tenons compte, justement, qu'il s'agit aussi d'un Arabe. Un tempérament en soi sans doute, musulman ou non. Mais restons sur le terrain de l'islam et allons plus loin.


Allah est un Dieu lointain, dur, qui agit selon son bon plaisir sur des créatures prédestinées. Celles-ci vivent donc dans la crainte respectueuse de ce Maître arbitraire et se sentent fortement tenues de lui obéir humblement.
Or ce Dieu commande, aussi, la bonté, la douceur, le souci d'autrui, la tempérance... bref tout un ensemble de vertus estimables dont la pratique donne au musulman sincère une piété, "incandescente", si je puis dire. Cela fait de lui un excellent homme, même si l'on peut le trouver un peu trop sévère pour la surveillance de ses filles.
Par ailleurs, les musulmans, dans leur grande majorité, sont ressortissants de pays pauvres où l'éducation est mal répandue. Le musulman a souvent la "foi du charbonnier", brute de coffrage, et d'autant plus que le grand formalisme, nécessaire et suffisant, requis pour l'expression valide de cette foi en facilite la manifestation simple et reposante pour l'esprit.
Le musulman de "base", sans aucun doute, ne connaît pas sa religion dans toute sa dimension conquérante. S'il la connaissait vraiment, comme les lettrés, et qu'il l'assume dans sa globalité, il découvrirait alors que combattre l'autre, combattre qui n'est pas musulman, non pas spirituellement mais physiquement, à un moment ou un autre de tension est, aussi, l'impératif catégorique résultant d'une lecture complète et conséquente du Coran et d'une adhésion lucide à la Tradition.
A-t-on suffisamment réfléchi au fait que, en Occident, les poseurs de bombes, les pilotes improvisés d'avions précipités au sol ou contre des tours, étaient des "bac + 5" et non des "bac - 5", comme nul doute que l'auraient vivement espéré nos intellectuels chroniqueurs des gazettes européennes, tout obsédés qu'ils sont de s'accrocher à la distinction, bien pratique, et quelque peu désespérée, entre les "islamistes" (des "obscurantistes", évidemment) et les adeptes de l'Islam (des "éclairés", bien sûr).

(à suivre)
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : L'ISLAM
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Lundi 5 novembre 2007
Nicolas Sarkozy, conseillé, pour ne pas dire cornaqué, par Henri Guaino, la plume du président, -homme normalement de l'ombre, en l'occurrence ne détestant pas le soleil des projecteurs puisqu'il se répand volontiers pour commenter l'actualité, celle de son maître et celle des ministres du gouvernement-, a décidé d'imposer la lecture de la lettre que le jeune Guy Môquet adressa à ses parents peu avant d'être fusillé, à 17 ans, par les Allemands.


On accordera au président de la République de penser de lui qu'il a été sincèrement ému, "profondément bouleversé", dira-t-il, par le contenu de cette dernière missive avant la mort. Qui ne le serait ?
On ne se posera pas, ici, la question de la légitimité, en soi, de la décision présidentielle. C'est un débat particulier qui renvoie à d'autres considérations et que j'aborderai peut-être un autre jour.
Le but poursuivi, officiellement, exalter l'esprit de résistance, de sacrifice, en faveur d'un bien jugé supérieur, la patrie, ne sera pas commenté ici. On ne spéculera pas non plus sur les calculs politiciens réels ou supposés que cache cette opération de communication.
Non, on accepte cette volonté telle quelle et on examine le choix de Nicolas Sarkozy à la seule lumière, assumée, de toutes les bonnes intentions affichées.


Alors, ... monsieur le Président, quelle erreur d'appréciation !
Cette lettre est d'ordre privé. C'est l'adieu d'un gosse à ses parents. Elle aurait pu être écrite, pour l'essentiel, par n'importe quelle victime d'une catastrophe naturelle, provisoirement vivant, mais assuré d'être perdu. Elle ne dit rien sur la résistance. La faire lire, qui plus est sans tenir compte des programmes, est artificiel. Un professeur d'histoire-géographie note (Le Figaro du 15.10.07) : "Parler de Guy Môquet avec mes secondes, qui étudient actuellement la Grèce antique, est aberrant. Les élèves, qui ont tendance à manquer de repères temporels, vont tout confondre".


Surtout, le choix est douteux. Guy Môquet n'est pas politiquement neutre. Ce n'est pas le "résistant inconnu". C'est un militant, actif, fils du député communiste Prosper Môquet. Le jour de son arrestation, le 15 octobre 1940, il porte sur lui un texte qui, à propos de prisonniers de son bord, proclame (extraits) : 

                                      "Vous serez bientôt libérés
                                        Par tous vos frères d'esclavage
                                        Les Traîtres de notre pays
                                        Ces agents du capitalisme
                                        Nous les chasserons hors d'ici
                                        Pour instaurer le socialisme
                                        Main dans la main Révolution
                                        Pour que vainque le communisme"

Le Parti Communiste Français, totalement inféodé à Moscou, a approuvé le pacte germano-soviétique de 1939. Ce pacte rompu, en 1941, quand Hitler envahit l'Union Soviétique, les communistes se découvrent une vocation de résistants et oublient le temps où ils demandaient poliment aux occupants allemands, alors fréquentables, le droit de publier à nouveau L'Humanité.
Parmi les actions qu'ils se vantent de mener il y a l'exploit d'abattre, au hasard, des militaires gradés. Acte imbécile entre tous. A Nantes, c'est le sort réservé au commandant des troupes d'occupation de Loire-Atlantique. Peut-on imaginer, un seul instant, une réponse "modérée" de la part d'un Adolf Hitler ? Celui-ci exige une répression sévère et c'est ainsi que 50 prisonniers, dont Guy Môquet, seront fusillés. Sacrifiés pour rien, victimes d'une stupide conception de la résistance et d'un parti qui tenait à se refaire une virginité et une gloire, celle d'être le "parti des 75.000 fusillés".


Guy Môquet, il faut avoir le courage de l'écrire, n'est pas d'abord la victime innocente des Allemands, il n'est pas un héros de la résistance, en tout cas pas de celle dont on parle à son propos, lui qui fut arrêté pour distribution de tracts dirigés contre le "grand capital".
Il n'est que la pauvre victime adolescente d'une idéologie, d'un absurde et tragique épisode d'une histoire truquée.
Dès lors, lire cette lettre n'a aucun lien avec le but recherché, c'est un exercice d'un intérêt marginal.
Encore une fois, on baigne dans la compassion sentimentale et rien de mieux.
         
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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