Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Le journal de François-Xavier Gelin
Dans le prolongement de ma précédente chronique ("LES FONDAMENTAUX DU SARKOZISME : ..."), pour la compléter, et non pas cette fois-ci dans la rubrique "frivole", -va encore qu'il multiplie les
initiatives pour se faire apprécier et passer au journal de 20 heures, c'est parfois plus comique qu'inquiétant, je passe sur "plaire" et "saturer", péchés mignons-, je reviens, sérieusement, sur
le mythe d'un Nicolas Sarkozy cohérent dans l'action, fidèle à ses engagements de campagne et mû par une "vision".
Si l'on en croit l'institut libéral Thomas More, le candidat Sarkozy a émis... 490 propositions pendant la campagne électorale. Même François Mitterrand en 1981, pourtant génétiquement, si l'on
peut dire, l'homme de la "rupture" pour le grand retour de la gauche au pouvoir, s'était contenté de n'avancer que 110 propositions.
Et la stratégie est de lancer de nombreuses réformes pour gagner sur le temps, étouffer les uns, séduire les autres, étourdir tout le monde. Et qui prendra les heures nécessaires pour
faire le recensement méthodique de ce qui a été fait au regard de ce qui a été annoncé ?
"Qui trop embrasse, mal étreint" affirme un vieux proverbe. Et sans doute, "qui veut bien illusionner, bien entretient le rideau de fumée".
Jean-Marc Vittori dans Les Echos (du 14.11.07) remarque avec justesse : "Le grand chantier des réformes pourrait finir par ressembler à ces carcasses d'immeubles jamais achevés, avec des
tiges de fer rouillées sortant de plots de béton". Il conclut pour se, et nous rassurer : "Par bonheur, il est bien trop tôt pour constater un tel sinistre". Peut-être... mais il n'est pas
difficile de constater que certains ouvrages sont bien mal terminés.
Certains faits sont là, ils parlent d'eux-mêmes. Je ne me laisserai pas aller à de longs commentaires conclusifs. Le lecteur déduira lui-même la vérité qui se dégage de ces constats.
"Je garantirai trois heures de transports en commun pour aller au travail et trois heures pour rentrer du travail, il est inacceptable que les Français soient pris en otage par les grèves." (Le
24 avril 2007 sur TF1). La loi du 2 août 2007 ne fixe aucun quota de trains, métros ou bus aux heures de pointe. Le terme de "service minimum" ne figure pas dans la loi.
"Les Français ne s'attendent pas à ce que je distribue des cadeaux de père Noël alors qu'ils savent parfaitement bien qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses." (Le 29 novembre 2007 sur TF1 et France 2)
La veille de cette intervention télévisée, le budget des universités avait été augmenté de 5 milliards sur 5 ans.
Huit jours plus tard, le 7 décembre, devant 3000 patrons de PME, Nicolas Sarkozy annonce la suppression en 2009 de l'imposition forfaitaire annuelle payée par les entreprises (1,7 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat).
Les caisses sont vides depuis quelques années. Nul ne l'ignore. Ce que l'on appelle le "paquet fiscal" de l'été 2007 a un coût, non financé, estimé à 11 milliards environ. Il contient des mesures
qui peuvent faire plaisir à certains. Mais du bien à la nation ?
Comment financer toutes ces libéralités : par la croissance. Tout repose sur elle : "Sans croissance, pas de pouvoir d'achat. Sans croissance, c'est la crise de la sécurité sociale. Sans
croissance, il n'y a pas de logements sociaux. Sans croissance, il n'y a pas de baisse du chômage, pas de baisse de la dette, pas de baisse des impôts." (Le 7 décembre 2007). Il convient
donc de la décréter : "D'ici là,[2009], la croissance sera repartie, ce qui donnera des marges de manoeuvre" (Hervé Novelli secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur, le même
jour).
Christine Lagarde le répète à qui veut l'entendre, la croissance sera, de 2009 à 2012, de 2,5% par an au minimum, voire de 3%. Pour 2008, elle confirme une fourchette de 2% à 2,5% ; en
2007, de 2%. De nombreux experts doivent être sourds. Ils annoncent des chiffres inférieurs. Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires prétend que la prévision française
est "trop optimiste".
Que se passera-t-il si ce sont eux qui ont raison ? La "faillite" de l'Etat, dixit Monsieur Fillon, sera un peu plus marquée.
Le verbe est toujours haut : "La réforme de l'Etat, il faut cesser d'en parler, il faut la faire". "Il n'est plus possible de continuer à augmenter les prélèvements." Le président annonce qu'il
faut économiser 150 milliards, rien que cela. Et comment ? On s'attend logiquement à un "plan de rigueur", à la hauteur de l'enjeu. Mais non, "ni rationnement comptable ni austérité budgétaire".
"La réforme ne se fera pas contre les fonctionnaires." (C'était le 12 décembre pour le premier rendez-vous de la "revue générale des politiques publiques").
Les réformes qui pourraient, qui devront, fâcher sont reportées après les élections municipales.
En attendant, on déballe des paquets de mesures, nombre d'entre elles déjà annoncées précédemment mais remises en scène, et qui, certes, pour certaines, devraient entraîner des
économies, mais sûrement pas à l'échelle du problème posé.
Pour le reste, on se fait des amis en décrétant haut et fort le transfert aux mairies de la délivrance des pièces d'identité.
(à suivre)
J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les questions que soulèvent les mots qui sont alignés dans le titre de cette chronique. Notamment avec les articles : LA VERITE, VERITE ET
VALEURS.
A dire vrai, de quelque manière, elles sont présentes dans tous mes textes.
S'il est vraisemblable qu'un romancier écrit toujours le même roman en plusieurs livres (n'est-ce pas, MM D'Ormesson et Modiano ?), tant il est vrai que tout homme n'est véritablement obsédé
sa vie durant que par deux ou trois interrogations majeures, il se pourrait que cela soit le cas de tous ceux qui prennent une plume.
Ici en tout cas, dans le cadre de ce blog, je poursuis une quête qui est, fort immodestement, de rechercher la Vérité en toutes choses, à la lumière de la raison.
Pour rechercher la Vérité, il faut toujours et d'abord partir des faits et revenir aux faits. O faits, combien il est capital que vous soyez respectés ! Et comme vous l'êtes si peu par beaucoup
de manipulateurs. C'est que ces derniers sentent le danger : un fait est, en soi, déjà, une vérité première et un guide vers une vérité seconde, plus cachée, qu'il faut aller découvrir, en
raisonnant, en raisonnant à partir de lui.
Alors, quand le fait dénonce l'idée simpliste à laquelle tiennent les faux-raisonneurs, que font-ils ? Ils le cachent, le défigurent, ils en inventent un autre qui prend sa place. Mais les faits laissent des traces, dans les mémoires, dans les archives, dans la vie.
Pendant des décennies l'on put faire croire que le massacre de Katyn, celui de 22.000 officiers polonais, était le fait des allemands (on ne prête qu'aux riches). Mais en 1990 il fut officiellement reconnu par Gorbatchev qu'en mars 1940 Staline avait donné l'ordre de fusiller ces soldats.
Il est un fait, incontestable, que John Kennedy, président des Etats-Unis, a été assassiné à Dallas le 22 novembre 1963. Mais par qui ? Par le seul Lee Harvey Oswald, comme le prétendit la thèse
officielle du rapport Warren ? Peut-être ne saurons-nous jamais pourquoi cet homme politique a été tué, parce que nous ne saurons jamais comment ce meurtre a été commis. Mais tout porte
à croire que lors de l'enquête l'on a dissimulé des faits.
Mais les faits ne sont pas seulement des événements précis, datés, ayant un début et une fin. Ce sont aussi des constantes de l'histoire, de la sociologie, de l'économie, du comportement
humain.
Les nier mène aux pires erreurs, à la terreur. C'est que les faits sont têtus. L'homme fait ainsi régulièrement le pari de s'affranchir de certaines lois et il le paye rudement.
Il "libère" sa sexualité et se retrouve atteint du sida, comme autrefois de la syphilis. Il s'en étonne. C'est un fait que le vagabondage sexuel est un défi à la bonne santé, même s'il
peut apparaître, dans un premier temps, comme un heureux signe de celle-ci. Ce n'est pas là un point de vue moral, ou d'abord moral. L'affirmer c'est énoncer une vérité, que le bon sens, la
raison, et tout simplement l'expérience des siècles, permettent amplement de pressentir. Et pourtant...
Sans doute s'agit-il là de vérités trop simples pour des esprits trop forts. Georges Bernanos l'a très bien écrit : "Les vérités simples souffrent de la terrible concurrence que leur font
les idées simplistes" (de mémoire).
En matière de sexualité, les esprits forts s'en vont répétant que la progression du sida sera efficacement combattu par le préservatif. Idée simpliste. La vérité simple c'est que cela ne
marche pas pour au moins trois bonnes raisons : l'étanchéité de l'objet, qui n'est pas garantie, l'accident d'utilisation, la non-utilisation pour des motifs divers.
Pourquoi s'accrochent-ils à ce slogan, quoiqu'il arrive : "Tu peux coucher avec le (la) premier (ère) venu (e), sans risques, si tu te protèges" ? Parce qu'il ne faut pas remettre en cause le
dogme de la "libération sexuelle", l'idéologie du combat contre les "tabous". Des gens en meurent ? Peu importe ! Surtout ne pas revenir à la réalité. Elle a le défaut majeur d'être
"réactionnaire".
Devant la progression du sida, au sein de milieux bien prévenus pourtant, les esprits forts se lamentent : "'Ils' sont imprudents, "on" ne fait pas assez d'information, de propagande", et
concluent toujours : " Intensifions les campagnes d'incitation à la consommation des corps". Ils ne se posent jamais la question du retour au bon sens : l'usage de la chasteté et de la
fidélité.
Sans doute les vérités simples aiment à se cacher. Une vérité simple ce n'est pas une vérité qui exclut sa recherche et la nuance de son expression. Il y a, dans bien des cas, une "complexité du
réel". Cette complexité du réel, il faut aussi l'accepter.
En matière historique, c'est flagrant. Henri Amouroux, auteur d'une oeuvre considérable sur la période 1939-1945 en France, aimait à disserter et à insister sur ce thème de la complexité. Les
esprits simplistes aiment à affirmer, par exemple, que le régime de Vichy fut tout entier à la botte de l'occupant. Henri Amouroux, à leur grand dam, sous les critiques, s'est attaché à
montrer que les choses étaient moins évidentes que cela. Il a dérangé, en cherchant, tout simplement, la vérité. Juger du Moyen-Age ou de toute autre période avec nos critères actuels
d'appréciation est aussi absurde.
Beaucoup vivent sur des idées toutes faites sur bien des sujets. Souvent il suffit de raisonner, de prendre le temps de penser, à partir des faits, pour comprendre le réel. Mais qui prend
encore ce temps, abrutis que nous sommes par le rythme de la "civilisation" moderne, par le conditionnement médiatique, par la dictature de la "démocratie d'opinion" ?
POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG
Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.
("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)
Commentaires