Mardi 10 juin 2008
Nicolas le "libéral", "l'Américain", se précipita néanmoins à Gandrange pour "sauver" le personnel d'une usine d'Arcelor-Mittal. Nicolas le "soviétique", y tint un discours "syndical" qui laissa pantois, mais méfiants, à juste titre, les salariés et leurs représentants patentés. Pour quel résultat ? Bien maigre évidemment. Imagine-t-on un seul instant John McCain et même Barack Obama, au pouvoir, faire la même chose pour un petit site industriel au fin fond de l'Alabama ?
En revanche, quand il y eut grand danger national, après le 11 septembre 2001, l'administration républicaine n'hésita pas un instant, elle avait raison, à se montrer interventionniste et à venir massivement en aide au secteur du transport aérien.
On ne décide pas, en temps normal, à la place des chefs d'entreprises ; c'est le meilleur moyen d'entretenir des illusions et de faire des bêtises, ou alors il faut aller jusqu'au bout de cette logique et nationaliser l'activité productive.
Le discours de Nicolas sur le pouvoir d'achat vire à la prose surréaliste, quand on entend un gouvernement décider de la répartition des bénéfices, et des aides conditionnées à la politique sociale des sociétés marchandes. Nicolas s'engage à restituer de la TVA aux Français modestes. Pari audacieux, tout juste bon à aggraver les déficits.
Mais, surtout, dans ces domaines, Nicolas, aujourd'hui, a autant de pouvoir que le gouverneur d'un Etat américain. Il le sait, mais il est capital, pour la survie politique du système, totalement inféodé à Bruxelles, de faire croire le contraire.
Monsieur Joaquin Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques, peut se faire un plaisir d'humilier la France et de lui adresser un blâme pour le niveau excessif de son déficit et de sa dépense. A 52,5% du PIB en 2007, celle-ci est la plus élevée de la zone euro... Il nous fait la leçon, le commissaire, titre bien trouvé pour traquer le coupable, et distribue aussi les bons points, comme à l'école. Il invite Paris à "poursuivre avec détermination le processus de réforme structurelle à l'oeuvre". Merci Monsieur. Sur le fond, il n'a pas tort. Mais avec lui, peut-on croire vraiment à la promesse gouvernementale d'un déficit budgétaire ramené à zéro en 2012 ? François Fillon aimerait sans doute y atteindre, mais quel pouvoir réel détient-il pour y parvenir, ce cher homme ?


La vraie logique de rupture, encore à portée de décision et d'action, eût été d'annoncer que l'on allait d'abord et avant tout, rompre avec trente ans de mauvaises habitudes, et revenir à l'équilibre des finances publiques. Sans qu'il soit nécessaire qu'un pouvoir de commissaires supranationaux vienne nous tirer les oreilles.
Quelle entité économique peut durablement dépenser plus qu'elle ne gagne ?
C'est ce que fait l'Etat français, sans vergogne, et tous les citoyens de ce pays héritent de la dette colossale ainsi accumulée.
Et donc, il fallait, non pas faire des "paquets-cadeaux fiscaux", mais annoncer des sacrifices, que des sacrifices.
Mais peut-on être élu sur la base de la Vérité ? Même élu, Nicolas ne propose, à travers une nouvelle batterie de mesures à la Prévert, de n'économiser que 5 milliards d'euros, ce qui n'est pas à l'échelle du problème posé.


Au demeurant, je reste toujours surpris des réactions (vraiment naïves ?) de tant de commentateurs brillants et diplômés, comme l'est assurément Nicolas (Baverez, cité dans mes précédentes chroniques), qui semblent toujours et encore, eux aussi, découvrir que le système démocratique est, à quelques exceptions près et comme par accident quand il se dérobe à lui-même, celui du faux-semblant, de l'attrape-nigaud, de l'impuissance.
Nous faire croire que le candidat Nicolas a été parfaitement clair avec les Français et que c'est sur le fondement d'un vrai "contrat de rupture" qu'il a été élu, c'est se moquer du monde !
De Gaulle avait pourtant pris la sage précaution de prévoir la possibilité pour le chef de l'Etat d'agir en dictateur pour faire passer les réformes non négociables, au plus tôt.
Mais croit-on un seul instant que l'on peut être élu en promettant "du sang et des larmes" ?
Alors quitte à berner tout le monde, comme sut si bien le faire le Général, revenu d'ailleurs au pouvoir qu'à la faveur d'une crise de régime majeure et dans le cadre d'une sorte de coup d'Etat légal, autant faire le Machiavel, pour éviter d'avoir à faire le Jacques, c'est-à-dire à ne rien faire.


 Nicolas a gaspillé, par son activisme débridé, le capital d'adhésions populaires que son volontarisme avait engendré.
Il fallait décider de quelques mesures phares, radicales, de nature à assurer cette rupture nécessaire, et agir en application de l'article 16 de la Constitution qui accorde les pleins pouvoirs au président de la République. Notons, en passant, que dans le cadre du grand tripotage en cours de cette dernière, à coups de compromis et de compromissions, l'on est en train d'affaiblir,encore plus, l'exécutif, et de restreindre l'usage de cet article.
On aurait mis tout le monde, peuple et parlementaires devant le fait accompli, en six mois. Monsieur Bernard Thibaut et quelques autres, un million de personnes, deux, si vous voulez, seraient descendus dans la rue, et alors ? La belle affaire ! Combien y-a-t-il de Français dans ce pays ? Et à quoi sert la légitimité démocratique conférée par une élection si l'on ne s'en sert pas ? Le peuple français est ingouvernable ? Il est donc inutile de lui donner l'occasion, par tergiversations, promesses inconsidérées et chantiers tous commencés et peu achevés, de se mettre à siffler le Prince.
Les Français ne sont pas ingouvernables, sauf par des faibles et des vendeurs d'illusions. Ils adorent les chefs, ils en redemandent régulièrement depuis 1793.
Mais n'est pas Madame Thatcher qui veut. D'ailleurs Nicolas ne voulait pas de la comparaison. Il semblait beaucoup tenir à brouiller les pistes, son talent ayant été de faire croire qu'il en suivait pourtant une.
Simple calcul électoral, ou conviction profonde ?
Peu importe, à jouer au plus fin, un an plus tard le résultat est là : le discrédit. Et pour remonter la pente, cela va être dur, très dur, pour avoir susciter trop d'espoirs. Il faut, au moins, que le reste du monde lui donne un coup de main, au Nicolas.
En attendant, il l'a dit, les "caisses sont vides", et promettre toujours plus paraît difficile, et c'est pourtant ce qu'il fait, sans convaincre : 67% des Français désapprouvent la politique économique du gouvernement (sondage BVA-Les Echos-France Inter des 23 et 24 mai), désaveu qui est en progression.
Jean-Claude Mailly, le patron de FO, que Nicolas voulait absolument tutoyer, comme les autres chefs syndicalistes, c'est une manie chez lui, a beau jeu, et quelques arguments, pour déclarer aux Echos du 3 juin : "Le gouvernement ne débat aucunement des questions de fond, il est uniquement dans l'agitation permanente".


Chassez le naturel, il revient au galop, et chez cet homme pressé, au triple galop.
L'"hyperprésidentialisme", comme disent les journalistes, s'épanouit à nouveau pleinement, passée la douche froide des dernières élections.
Faut-il encore apporter la preuve que le Premier ministre est d'une utilité secondaire ? Nicolas réunit maintenant, seul, chaque semaine, à l'Elysée, quelques ministres triés sur le volet de la complicité, pour un "shadow conseil". Un car percute-t-il un train ? Nicolas fait un saut pour se recueillir dans la chapelle ardente. Yves Saint Laurent meurt ? On est prié de l'enterrer jeudi plutôt que vendredi afin que Nicolas puisse assister aux obsèques. Une commission qui planche depuis des semaines sur l'audiovisuel, commission qu'il a suscitée, qui n'a pas encore rendu ses conclusions,  préconise-t-elle d'augmenter la redevance télévisuelle, seule issue sérieuse, mais sans doute pas très populaire, pour le financement des chaînes publiques ? C'est "non", annonce Nicolas au micro de RTL. Les Libanais essayent-ils, une ènième fois de s'entendre ? Nicolas organise un voyage-show éclair avec pléthore de figurants (il a le don des voyages éclair sur l'efficacité desquels on est en droit de s'interroger, cette impatience à repartir à peine arrivé, frappe les esprits comme un manque de considération et, tout simplement, de politesse, mais dont il pense sans doute que "c'est bon pour l'image coco !"). Le RER A francilien fonctionne mal ? Ah ! Mais c'est que s'occuper d'une ligne de transport utilisée par "1,1 million de passagers chaque jour" est "digne d'un président de la République". Vraiment ? Nicolas, n'avez-vous pas un ministre des transports ?



Les Français ont cru élire un chef d'Etat, ils n'ont porté au pouvoir qu'un aventurier, chef de bande. Ils pensent s'être donné un courageux défenseur de la réforme douloureuse, et c'est un démagogue habile qui manoeuvre.


J'ai classé cette chronique dans les " frivoles (ou presque)", non sans hésitation, à cause du titre sans doute, mais je ne me sens pas l'esprit folâtre pour autant.
C'est qu'il s'agit de la France, notre bien commun le plus précieux. Et je le crois en de mauvaises mains, ou plutôt en des mains que ce bien, en tant que tel, indiffère.


Je voudrais croire que Nicolas a la bonne volonté de réformer.
Même en lui accordant qu'il n'est pas arrivé au pouvoir uniquement pour soigner son ego, la bonne volonté ne suffit pas. Il faut un vrai cap pour l'action, une vraie vision de l'avenir français.
Je crois que Nicolas ne s'est pas fixé l'un et n'a pas définie l'autre. Nicolas est "de passage". Il a fait un coup, comme il les aime, en réussissant à se hisser au sommet de l'Etat.
Il joue et il jouit. C'est un pur produit de "mai 68", dont il veut nous faire croire qu'il récuse l'héritage.
Il répète, paraît-il, à tous ses proches : "Un jour, j'irai faire du fric". Je veux bien croire, et qu'il le pense, et qu'il le fera.
Je n'en suis que plus inquiet, en attendant, pour la France.
C'est pourquoi je crois fort que cette présidence a tous les risques de se terminer mal, très mal. Pourvu que je me trompe.
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Vendredi 30 mai 2008
Revenons sur ces fameuses 35 heures, tant elles sont emblématiques de l'impuissance de nos gouvernements. Lionel Jospin et Martine Aubry les ont imposées. Convaincus ? Convaincus surtout que c'était le prix à payer pour sauver la "gauche plurielle". Martine a douté. Mais elle a vite compris qu'elle n'avait pas le choix.
De nombreux Français, une majorité, étaient persuadés que c'était une bêtise. Mais pour beaucoup, c'est une bêtise dont les conséquences sont agréables. Pensez ! De onze à vingt-deux jours de congés supplémentaires, cela ne se refuse pas. Sauf peut-être lorsque l'on ne sait pas trop quoi en faire, c'est-à-dire lorsque l'on a des petits revenus. Les 35 heures sont tout sauf une mesure "sociale". Elles ne sont finalement, ni de gauche ni de droite, elles sont "de stupidité", un parti souvent majoritaire...
Il n'y avait qu'une seule "rupture" qui pouvait tenir, être courageuse, décisive, à l'encontre de cette usine à gaz, c'était de revenir aux 39 heures, voire aux 40 heures d'horaire légal par semaine (5 jours x 8 heures, au moins, c'est simple). Il fallait même, comme vient de se risquer à le dire Patrick Devedjian, aussitôt désavoué par Xavier Bertrand et Nicolas, mettre fin à la notion de "durée légale" du travail et laisser les entreprises en décider, librement.
Au lieu de cela, Nicolas a rajouté une "couche" au désordre économique et à l'addition financière de cette bavure : il a rendu plus cher pour l'Etat les heures supplémentaires (que tout le monde ne fait pas, heureusement somme toute !). Du coup, on ne peut plus toucher aux 35 heures, sinon "on casse la baraque" des heures supplémentaires plus rémunératrices ! Situation totalement absurde. Résultat : au coût des 35 heures eux-mêmes, 20 milliards, s'ajoute celui de ce cadeau, 5 milliards. Voici un manque à gagner pour l'Etat de 25 milliards, Etat dont les caisses sont vides.
Et qui avait répondu à la question de savoir s'il était favorable à la disparition des 35 heures :  "Pour dire les choses comme je les pense, oui" ? Nicolas, au cours de sa conférence de presse du 8 janvier dernier. Et, de toute évidence, sans réfléchir, puisqu'il a bien fallu, pour les raisons explicitées ci-dessus, démentir ce propos dans les jours qui suivirent.



Le "service minimum" dans les transports, on le sait, est une expression mensongère. La loi n'empêche absolument pas une grève maximum. Au demeurant était-ce le plus urgent à mettre en place ?



La réforme des régimes spéciaux est formellement faite. Mais au prix de concessions dont l'impact financier est fort mal connu.



Valérie Pécresse s'est attaquée à la réforme de l'Université, mais elle a beaucoup "lâché" pour être agréable à Monsieur Julliard et quelques autres "représentants" des étudiants, pourtant ultra-minoritaires.



On pourrait multiplier les exemples de reculades et de cafouillages qui ont fini  par exaspérer des Français et braquer les parlementaires de l'UMP. Peut-on ensuite revenir sur une réforme bâclée ? Sans doute pas, lorsque, pour être élu, on a proclamé haut et fort qu'on "allait voir ce qu'on allait voir". Les uns y ont cru, les autres ont eu peur, et c'est ainsi que l'on ouvre des boulevards aux accommodements.


Certes, dans tout ce fatras d'initiatives, il y en a de bonnes. Nul doute qu'un guichet unique pour les chômeurs soit une heureuse idée. Xavier Darcos semble avancer avec détermination sur le chemin du retour à une meilleure prise en compte des besoins de formation des élèves.
Mais tout cela, pas toujours à l'échelle des défis posés par les faits, est noyé dans un  vaste mouvement d'agitation des idées et de multiplication des maladresses et des "couacs" gouvernementaux, comme l'annonce de la fin de la carte de famille nombreuse, pour une économie, totalement dérisoire ! , de 70 millions d'euros.


On connaît la tactique nicolasesque : lancer beaucoup de réformes en même temps (pour "saturer" l'espace politique, et "étourdir" l'adversaire, l'empêchant de dire "non" à tout), et écouter néanmoins les uns et les autres pour obtenir le consentement sinon l'accord sur les évolutions souhaitées, tout en annonçant souvent que, sur certains points, il n'y aura pas de négociation possible.
En dépit des apparences, cette méthode n'est pas la plus habile, n'est pas la meilleure. On en mesure clairement les limites aujourd'hui, avec des Français mécontents et surtout des résultats mi-figue, mi-raisin.
Il eut mieux valu, au contraire, choisir 4 à 5 mesures phares, non négociables car de salut public, et les appliquer sans aucune concession à personne. On ne réforme pas la France en douceur, ou alors, clandestinement, en quelque sorte. Edouard Balladur, Premier ministre, en son temps, fit passer, un été, en catimini, la durée de cotisation, par fines tranches annuelles, de 37,5 ans à 40 ans, sans coup férir. Il est vrai qu'il ne s'attaquait ni aux fonctionnaires, ni aux salariés du parapublic.


En tout cas, il faut de la fermeté. Et un grand sens du bien commun. Où est le bien commun ? Est-ce faire des demi-réformes émasculées par le "dialogue" , quand il y a le "feu dans la maison", avec un Etat en faillite, une sécurité sociale en faillite, un système de retraite en faillite, une "éducation" nationale en faillite, une intégration des étrangers et des français récents en faillite... ?


On cherche, en vain, une logique d'ensemble au discours économique du président. Jean-Francis Pécresse dans Les Echos du 6 mai 2008, rapporte le propos d'un ami du chef de l'Etat : " Nicolas Sarkozy ? C'est un étatiste, keynésien, consumériste et populiste, mais, il est aussi libéral et moderniste..." !
On veut bien accepter qu'à la complexité du réel, on s'adapte subtilement mais il faut, tout de même ! , quelques principes directeurs à l'action, qui ne soit ni de droite ni de gauche, mais de bon sens et au service de l'intérêt général.

(A suivre)

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Mardi 20 mai 2008
A l'issue d'une campagne électorale, dont on veut bien admettre qu'elle fut éprouvante, Nicolas, au lieu de nous expliquer qu'il prenait  un peu de congés en famille, ce que tout le monde aurait compris, déclara vouloir prendre du recul pour "habiter" la fonction présidentielle.
Louable souci. On aurait pu s'attendre, en conséquence, à quelque retraite en un lieu discret où il aurait consulté. Le chef du protocole élyséen, entre autres. Il s'était donné huit jours, il n'en consacra que la moitié à un exercice de bronzage sur yacht en mer et de footing sur terre maltaise. Comme un quelconque représentant de la jet-set.
Il avait proclamé haut et fort, dans ce style "moi, je" qu'il affectionne, le soir de sa victoire, vouloir en finir avec l'esprit de repentance perpétuelle. Il revint cependant plus vite que prévu de son escapade lointaine, dit-on, parce que ses courtes vacances offertes par Monsieur Vincent Bolloré faisaient jaser, mais, plus visiblement  en tout cas, pour accompagner Jacques, Grand Maître en repentances diverses, à l'occasion de la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage, ce qui était d'une urgence folle, on en conviendra.
Il eut été mieux  inspiré, pour "habiter" la fonction présidentielle, d'être aux côtés de son prédécesseur pour les cérémonies du 8 mai.


En un sens, avec ce début prometteur, aussi anecdotique qu'il puisse paraître, tout est dit, tout le style de Nicolas, au moins celui de Nicolas de l'an I, est résumé : agitation, indécision, exhibition.
C'est ce qui, tout au long d'une année, donnera naissance à la redoutable expression de "présidence bling-bling".
Ceux qui ont espéré en Nicolas, s'inquiètent de ce que toutes les leçons soient tirées de cette évolution aventureuse. Un autre Nicolas, Baverez celui-ci, écrit dans Le Point du 8 mai qu'il faut évacuer "le mirage d'un changement miraculeux porté par un homme providentiel" et que : "Le temps du rêve et de l'hyperprésidence n'est plus".
Est-ce si sûr ? Le style, c'est l'homme, comme chacun sait, et en change-t-on passée la cinquantaine ?
On voudrait aussi croire que la fonction transforme celui qui la revêt. Avec Nicolas, on a le sentiment du contraire...
Le "Nicolas nouveau" est-il arrivé ? Certes, il s'est fait un peu plus discret, un peu moins "people", il a procédé à un acte de contrition lors de son émission télévisée du 24 avril. Signe de faiblesse utile ?
Mais est-ce bien à lui d'accueillir à Orly les ex-otages du "Ponant", cérémonie dont un responsable militaire, sous couvert d'anonymat, dit que "tout le programme a été monté pour que les otages arrivent à 20 heures à Paris, pour les journaux télévisés" ? Le chef de l'Etat, qui, comme chacun fait semblant de le croire, est au-dessus des partis, puisqu'il est le président de tous les Français, n'est-ce pas, a-t-il dans ses missions régaliennes, le devoir de trancher, comme il l'a fait, le différend qui opposa récemment les deux frères ennemis, Jean-Pierre Raffarin et Patrick Devedjian, sur le choix, stratégique, du lieu où se tiendrait l'université d'été de l'UMP ?!
Le président a consacré beaucoup d'énergie, après la défaite électorale des municipales, à reprendre "son" mouvement politique en main. Il s'inquiète de la grogne des parlementaires, mais dans le fond, il les souhaite dociles et marchant au pas, au pas de course même, et comment faire autrement ? , pour mener à bien les 55 réformes qu'il s'émerveille, toujours et encore, de conduire de front.
C'est pourquoi je doute fort que Nicolas sache un jour "habiter", autrement que par épisodes, la fonction qu'il occupe. "Nicolas, il ne fait pas président" avait tranché, lucide, Cécilia, son ex-épouse.


De tout cela, encore, pourrait-on sourire, se moquer gentiment, tout en saluant le travail accompli. Mais le travail a-t-il été accompli, ne serait-ce qu'entrepris, selon les promesses du candidat ? Non.
Nicolas (Baverez) a encore raison de noter : "Force est cependant de constater que la rupture promise n'a pas eu lieu, le président ne parvenant pas à se libérer de certains noeuds de la pensée unique" (ibid). Certes "des choses" ont été faites, et sans doute de bonnes pour le pays. Mais sont-elles à la hauteur des enjeux ?


Comment peut-on, à la fois, dénoncer la stupidité des 35 heures, avec insistance, et ne pas abroger la loi qui les a imposées ?
Et lorsqu'une entreprise (Peugeot Motocycles), prend l'initiative de renégocier la durée du travail, sous peine de délocalisation, on a du mal à croire, et pourtant c'est vrai, que Xavier Bertrand, ministre du travail se permette de déclarer  :" Si on veut réconcilier les Français avec le monde du travail, il faut éviter tout ce qui ressemble à du chantage" ! On a envie de lui dire trois choses : a) De quoi je me mêle ? b) Où est la cohérence ? c) Que ce gouvernement donneur de leçons commence par tenir ses promesses qui étaient d'en finir avec les 35 heures, cette imbécilité crasse qui tourne le dos à toute logique économico-sociale.
Mais à l'heure de "l'ouverture", Nicolas est dans le droit fil de la "non-rupture" de la droite au pouvoir qui consiste, moins à appliquer son programme, qu'à préserver les "acquis" de celui de la gauche aux affaires.
Le comité central d'entreprise du constructeur, moins... (je ne sais quoi) que le ministre, je ne voudrais pas être trop désagréable, a accepté de renégocier cet accord en échange du maintien de 1050 emplois.
Les caisses de l'Etat étaient vides à l'arrivée de Nicolas au pouvoir. N'importe quel Français un peu curieux le savait. Pas Nicolas ? Alors comment peut-on faire des promesses sur le "pouvoir d'achat" ? Celui-ci ne se porterait, globalement, pas si mal que cela d'ailleurs, le débat des experts sur le sujet est sans fin. Mais quand on "chauffe la salle" électorale sur ces thèmes, quand, pour reprendre cette excellente expression "on agite le peuple avant de s'en servir", comment peut-on s'étonner de décevoir des attentes que l'on a suscitées et que l'on n'était en  mesure de satisfaire ? Au demeurant, ce n'est pas à l'Etat de "créer" du pouvoir d'achat. C'est le travail productif qui est à la source de toute richesse, c'est ce que l'on devrait enseigner aux enfants de sixième, dont les parents rêvent qu'ils deviennent fonctionnaires, plutôt que de se croire obligé de barbouiller d'anglais des élèves de CM2, dont beaucoup trop ne parlent ni n'écrivent correctement dans leur langue maternelle. Alors à quoi rime de commencer par faire des "cadeaux", avec le fameux "paquet fiscal" dont les effets positifs restent très incertains, mais dont le coût, lui, est avéré : 14 milliards ! ?
Quand on finit par avouer, piteusement, en janvier, que "les caisses sont déjà vides", le retour de bâton est douloureux.
Et quel pouvoir a encore ce chef d'Etat, mon Dieu, à l'heure où son gouvernement est surveillé comme un enfant mineur, par le tout puissant papa européen qui lui inflige, régulièrement, d'humiliants rappels à l'ordre ?
"Moins le chef de l'Etat a du pouvoir, plus il s'agite. Son activisme est là pour compenser le fait qu'il est beaucoup moins puissant que ne l'était en son temps, par exemple, Georges Pompidou" ( Guy Carcassonne, constitutionnaliste cité par Les Echos du 5 mai).

(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Samedi 10 mai 2008
Candidat, Nicolas nous avait amplement démontré son inconsistance, son art de tout dire et son contraire, même s'il surnageait habilement de tout cela, quelques fortes affirmations destinées à accréditer la thèse selon laquelle l'action politique de cet homme-là avait un cap, réformer la France, et une méthode, la rupture (Cf. la série de chroniques "QUAND LA GIROUETTE S'EPUISERA").


Las, la vraie nature du bonhomme, qu'il n'était pas si difficile de démasquer, allait produire les résultats que l'on sait, une fois arrivé à ce pouvoir grisant dont il rêvait depuis si longtemps.
Je m'étais permis de prédire la chute, et elle est là.
Le baromètre mensuel CSA-Valeurs Actuelles , réalisé à la mi-avril indique que seuls 28% des Français estiment que son action va "plutôt dans le bon sens". Le chef de l'Etat "ne fait pas ce qu'il faut pour réformer la France" (53%), "incarne mal la fonction présidentielle" [ 58%, ça c'est dur, après avoir fait un bel effort pour bien se tenir à côté de la reine d'Angleterre et avec l'aide précieuse d'une épouse modèle (pour ne pas dire mannequin)], "ne tient pas ses promesses de campagne" (64%), et "ne fait pas ce qu'il faut pour rassembler les Français" (71%). Depuis le lancement de ce baromètre, Nicolas n'a cessé de chuter.
Il a, paraît-il, préparé comme jamais cette intervention télévisée du 24 avril, choisissant les journalistes autorisés à l'interroger, potassant ses notes et allégeant son programme pour en avoir le temps.
Pour quel résultat ? Une majorité, courte il est vrai, de 51% de sondés ne l'ont pas trouvé "convaincant" (baromètre Le Figaro LCI, suite à l'émission). Il semble avoir surtout rassemblé son camp. Ce n'est déjà pas si mal. Mais ce n'est qu'un discours. Paroles, paroles... "Parler ne fait pas cuire le riz", dit le proverbe chinois, dont je ne garantis pas l'authenticité, comme pour tout proverbe chinois.
Il se pourrait bien que la fameuse "machine à perdre" se soit mise en route.


Certes, les Français sont versatiles, ils ont la mémoire courte et nos hommes politiques ont, eux, jusqu'à un certain point, une grande capacité à rebondir toujours et encore, alors que dans d'autres pays ils auraient été éliminés plus rapidement. Mais notons toutefois que si plusieurs perdants qui paraissaient éternels, ont fini par gagner le siège suprême, une fois parvenus au sommet de l'Etat, leurs disgrâces annoncent un déclin inéluctable.
Nicolas rappelle étrangement Valéry, en plus agité, comme de nombreux commentateurs l'ont fait remarquer, et si le second ne fit qu'un septennat, le premier pourrait bien n'être autorisé qu'à effectuer un seul quinquennat. Ca tombe bien, il répète à l'envi qu'il n'est pas pressé de rempiler...
Tout le monde n'a pas l'habileté d'un François pour se faire bien réélire, en 1988, mais ne l'oublions pas, à l'issue d'une période de cohabitation qui lui donna le beau rôle. Jacques ne doit sa réélection de 2002 qu'à un concours de circonstances ; après cela, le naufrage se poursuivit.
A l'origine du succès de ces hommes, il y a un gadget, le changement et le rajeunissement avec Valéry, la force tranquille avec François, la fracture sociale avec Jacques, la rupture avec Nicolas. Il est vraiment dérisoire que cela "marche" et pourtant cela marche ! Un temps. Ce peuple ingouvernable, contradictoire, à qui  "on ne la fait pas", se laisse quand même séduire par la petite musique du plus original. C'est que, d'une part, il faut bien se donner un chef, et que le système démocratique impose au peuple de le choisir, parmi ceux qu'il a sélectionnés, évidemment, et d'autre part les Français, volontiers frondeurs, cherchent toujours leur "sauveur". Mais que ce dernier vienne à décevoir et l'on ne donne pas cher de son avenir politique. Quête pleine de candeur, elle semble avoir été portée à un haut niveau d'incandescence l'année dernière. Le brusque refroidissement de cette fragile aspiration faire craindre le pire, la ... rupture entre le peuple et son héros. Et comme le titre Marianne : "P... quatre ans !". Eh oui ! Le temps risque de paraître  long pour tous ceux qui auront eu la naïveté de croire que quelque chose de fondateur venait de se produire le 6 mai 2007. Alors qu'il ne s'agissait , bien sûr, comme à chaque élection, que de saluer le dernier tour de passe-passe, le récent numéro d'un prestidigitateur de talent plus doué, plus atypique que les autres, plus malin, mais tout aussi au service de sa seule ambition personnelle, seulement mieux "porteur" comme l'on dit, des "aspirations", à vrai dire confuses, d'un peuple exténué et peu à peu conscient, même s'il tarde à en tirer toutes les conséquences, des dangers pour son avenir, que lui font courir trop de machineries emballées et perverses dont plus personne ne semble contrôler les manettes.


Pourtant, dès ce 6 mai 2007, du moins dans la semaine qui suivit,  l'illusion brillait de tous ses feux...

(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Mercredi 30 avril 2008
La différence est là, il faut donc s'en accommoder.
Et si déjà, la différence entre deux voisins, de même... "race" (excusez-moi pour cette audace linguistique), de même nationalité, de même langue, de même culture, peut entraîner un conflit, trouvant sa source dans de byzantines querelles à propos de la clôture séparant leurs deux maisons, qu'imaginer alors, s'ils appartenaient, de plus,  à deux... ethnies, dirons-nous, distinctes ?
C'est pour cela que la sagesse, comme je l'ai déjà exposé dans une précédente chronique, est de rester "durablement chacun chez soi". C'est sans doute à ce prix, n'en déplaise aux idéalistes qui ne veulent pas le payer, que l'on peut le mieux garantir la paix, la compréhension, l'échange respectueux, sachant que, de toute façon, chacun peut se dire "eux, c'est eux" et "nous, c'est nous".
Tous les gars du monde ne décideront pas d'être "copains" et de se donner la main, comme le souhaitait une sympathique chanson des années 50 d'un autre siècle.


Or le monde actuel, cela a commencé il y a bien longtemps déjà, mais le mouvement s'accélère, tourne le dos à la nécessaire séparation des peuples. On les mélange au contraire, et il y a des fous pour applaudir et vanter les mérites du multiculturalisme au sein de chaque nation, ou ce qu'il en reste, et l'on prépare ainsi de redoutables guerres que l'on qualifiera de "civiles" pour mieux en masquer les causes profondes.


Dans un pays où l'on croirait volontiers que certaines pages douloureuses sont tournées, les Etats-Unis, il s'est trouvé un pasteur, un pasteur ! noir, du nom de Jeremiah Wright, pour affirmer que les Noirs américains devraient dire : "Que Dieu maudisse l'Amérique". C'est le pasteur de ce pauvre Barak Obama qui tente depuis de recoller le pot cassé. Cela en dit long sur l'esprit de revanche qui anime des membres éminents de cette communauté. En un sens, je les comprends : quelle erreur, objective, je ne parle même pas de l'esclavage en tant que tel, encore une fois, je ne moralise pas dans ces chroniques, je tente simplement de réfléchir et de comprendre, quelle faute tragique, dis-je, a été d'importer une minorité de Noirs placés en position d'infériorité pendant des décennies, au milieu d'une majorité de Blancs encore et toujours en position de supériorité. Il ne semble plus possible, et pourtant ce serait une solution intelligente, qui plus est porteuse d'avenir pour un continent à la dérive, qu'un retour massif en Afrique soit organisé pour ces populations, qui se perçoivent toujours comme déracinées, et qui le sont.
On récolte toujours ce que l'on sème.


Dans le fond, qu'est-ce que le racisme ? C'est une réalité, la différence, réinterprétée d'une manière idéologique ou simplement passionnelle. C'est un sentiment juste à l'origine, devenu fou.
Ce n'est ni en niant la différence, ni en essayant de la contraindre à disparaître, que l'on peut éradiquer la pollution idéologique qui peut l'instrumentaliser. C'est au contraire en la respectant et en tirant toutes les conséquences pratiques d'une claire conscience que l'on a affaire à une réalité complexe et dangereuse, qui comme un explosif sensible au maniement, peut, à tout instant, nous exploser dans les mains.


par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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