Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 19:56

Quand la girouette s'épuisera, cela fera du bruit. Et cet événement majeur, surviendra-t-il d'ici l'élection présidentielle ou après ?

Au rythme où vont les choses, on ne perd rien pour attendre un peu.

C'est qu'il nous donne le tournis, le Nicolas. Pressé comme il est de devenir calife à la place du calife. A peine 52 ans (acquis en janvier), et piaffant d'impatience de pénétrer dans les salons du palais de l'Elysée muni d'un nouveau sauf-conduit.

 

 

La présidentielle, il y pense, on le sait tous puisqu'il nous en a fait la confidence, depuis au moins 2003 (en se rasant en particulier), mais tout porte à croire que c'est un vieux rêve.

Ne sait-il pas qu'un profil de jeunot comme le sien, totalisant à peine un demi-siècle au compteur des ans, et de surcroît agité comme il est, ne correspond pas à celui du candidat éligible à la fonction suprême ?

Certes, il y a le précédent de Valéry, 48 ans seulement en 1974. Mais attention !  Comparez les photos des deux époques, le style : Valéry paraissait dix ans de plus, au moins, et surtout il y avait dans sa voix, dans ses gestes, dans ses propos, la pose, la retenue, la componction qu'il convient d'adopter et l'on n'aurait pas imaginé que cet homme puisse faire son footing au champ de mars. Il savait qu'il fallait apparaître un peu comme antique et solennel.

Henri Guaino, nouveau conseiller de Nicolas (après avoir été celui de Jacques en 1995), constate : "En France, la présidentielle est un exercice particulièrement lourd. C'est un peu comme si on élisait la reine d'Angleterre et Tony Blair en même temps." Et vous voyez la reine d'Angleterre courir comme le Nicolas, qui commence une journée à Paris, fait un saut en avion puis en hélicoptère à Chalon et Mâcon, visite deux usines, prononce trois discours et ne trouve pas le temps de déjeuner ? Il est vrai que la reine d'Angleterre a la durée pour elle, aucune clientèle électorale à flatter ni séduire. Ce qui ne l'empêche pas d'être populaire (et occupée). Cela explique d'ailleurs peut-être ceci.

 

 

Le grand Charles s'imposait. Il pouvait dire : veni, vidi, vici. Il avait quand même 68 ans en 1958. Georges était un héritier naturel du siège, laissé vacant plus tôt que prévu, sur lequel il s'installa (en petite forme) à 58 ans.

Quant à François et Jacques, considérez le nombre de fois où ils ont dû reprendre leur élan pour franchir l'obstacle. La lenteur et la posture étaient pourtant naturelles chez François mais il attendit 65 printemps le bonheur d'accéder à la plus haute fonction. Le Jacques, lui, en 1981 précisément, était encore d'une fébrilité inquiétante. C'est fou dans le fond comme Nicolas, qui s'acharne contre ce père, lui ressemble. Eh bien Jacques n'a connu le nirvana que l'année de ses 63 ans. Il avait appris à ralentir le rythme. C'est comme cela.

 

 

Nicolas, vous êtes trop jeune, trop "jeune chien fou", faisant pipi partout sans même prendre le temps de vous essuyer. Les Français le savent, d'instinct, j'en suis sûr. Seulement voilà : il a été sé-lec-tion-né ! Par le système, côté droit, comme Marie-Ségolène l'a été côté gauche. Les Français devront faire avec. Avec un fiévreux et une incompétente. Merci au système ! C'est pour cela que la pièce n'est peut-être pas encore jouée, que ces diables d'électeurs encore majoritairement gaulois préparent, qui sait, on ne peut l'exclure, un coup ; le coup du petit père François (quoiqu'il soit bien jeune encore lui aussi [55 ans figurez-vous] , mais il fait des efforts pour le cacher), ou le coup du grand-père Jean-Marie (pour l'âge celui-ci offre désormais, à sa cinquième tentative, toutes les garanties gaulliennes, et comme il travaille à ne plus faire peur, alors...).

 

 

Bref, Nicolas est trop pressé. "De son impatience découlent tous ses défauts", note l'un de ses proches. Il paraît pourtant que François l'avait charitablement prévenu : "Retenez bien ceci, monsieur Sarkozy, moi qui ai mis vingt-trois ans pour conquérir le pouvoir, je vous dis qu'il ne faut jamais avoir peur d'attendre."

 

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /Fév /2007 19:59

Il y a une trentaine d'années, un journaliste de l'Express enquêtait sur les catholiques. Dans son article, il constatait que 10% des Français, seulement, assistaient, chaque dimanche, à l'office liturgique. C'est peu, écrivait-il en substance, mais, demandait-il aussitôt, quel parti politique, quelle association, quel mouvement peut se targuer de rassembler 5 millions de personnes chaque semaine, qu'il pleuve ou qu'il vente, pour une partie qui n'est pas de plaisir, à l'heure du footing, du petit déjeuner tardif, de la grasse matinée, ou de la sortie champêtre ?

Objectivement cela reste une performance, même si, depuis, le chiffre est à diviser au moins par deux.

En effet, on peut sérieusement se poser la question de savoir dans quelle trappe passent les disciples du Christ fidèles à Rome. Et à grande vitesse. Certes les données varient mais la tendance demeure.

 

 

Sur déclaration, que l'on veut bien croire sur l'honneur, certains se rassurent : entre 64% et 71% des Français, selon les sources, se disent catholiques ; sources qui datent de quand ? Un sondage CSA/La Vie/Le Monde, réalisé en 2003, ce n'est pas bien vieux, donnait 62% de catholiques. Le Monde des Religions vient tout juste de publier une nouvelle enquête (1). A la question : "Quelle est votre religion si vous en avez une ?", les Français interrogés ont répondu "catholique" à 51%. Plus que 51%. En 1965, 81% des habitants de notre pays se déclaraient catholiques.

 

 

Mais que signifie, aujourd'hui, être catholique ? Voilà une appellation de plus en plus incontrôlée. Car comment qualifier de "catholique", des personnes, une sur deux, qui n'affirment pas que... Dieu existe ?!

Quel que soit le sondage auquel on se réfère, et cela depuis des années, on est frappé par la déchristianisation grandissante des dits catholiques.

Ici, on leur demande s'il leur arrive de prier : jamais, 30% ; exceptionnellement, 17 %. Il s'en trouve 33% pour considérer qu'il n'est pas important que leurs enfants reçoivent une formation religieuse. 58%, à peine, croient à la résurrection du Christ, 37% à la Sainte Trinité.

Là, 67% des catholiques interrogés ne croient pas à l'existence du diable, avec toutes les conséquences, confortables, qui en découlent.

Et il y a aussi les statistiques. Constat clinique.

En métropole, en 1990, il y eut 762 400 naissances et 472 130 baptêmes ; en 2004, on enregistre 767 816 naissances et 357 262 baptêmes (y compris les adultes, 338 094 si l'on ne compte que les enfants de moins de 7 ans).

En 1990 l'Eglise avait confirmé 91 281 personnes ; en 2004, 49 932.

En 1990, 147 176 couples s'étaient mariés à l'Eglise ; en 2004 on n'en compte plus que 96 863. Cette même année les mairies ont procédé à 271 600 mariages civils.

La France recensait 45 059 prêtres en 1970 ; ils ne sont plus que 22 185 en 2004.

Pour l'assistance aux offices l'IFOP, en 2006, distingue les "messalisants" des "pratiquants réguliers". Contre toute attente, ces derniers ne vont à la messe qu'une fois par mois. Les premiers, eux, s'y rendent chaque dimanche. Ces curieusement nommés, "messalisants", représenteraient 4,5% de la population...

Rendant compte du sondage du CSA, Jean-François Barbier-Bouvet (sociologue, "spécialiste des comportement culturels"), écrit dans Le Monde des Religions qu'aux "définitions institutionnelles, nous avons préféré une définition sociologique liée au sentiment qu'éprouvent les individus : est catholique celui qui se considère comme tel ". C'est plus prudent en effet, au vu des résultats.

 

 

Le directeur de la rédaction de la revue, Frédéric Lenoir, conclut, avec lucidité, son éditorial ainsi : "Disons-le clairement : non seulement dans ses institutions, mais aussi dans ses mentalités, la France n'est plus un pays catholique".

Et il faut aussi le dire, ce n'est pas une opinion, c'est un fait : il ne reste dans ce pays que moins de 5% de catholiques. Ne peut prétendre se dire catholique qui ne se fait pas un devoir et une nécessité d'assister au moins une fois par semaine, et en tout état de cause le jour dit "du Seigneur", au Saint Sacrifice de la messe. Ne peut prétendre se dire catholique qui n'accepte pas les dogmes et les commandements de son Eglise. Le catholique, comme tout un chacun, est un héritier. L'héritier qui refuse l'héritage ne peut plus revendiquer la filiation. N'est pas catholique celui "qui se considère comme tel" mais celui qui reconnaît comme vrai tout ce que le Je crois en Dieu proclame.

C'est une simple question, une fois de plus, de bon sens, de raison. Que de tous temps des catholiques ne se soient pas comportés en catholiques est une évidence mais il est propre à cette époque que des catholiques ne le soient plus sans même en prendre conscience.

 

(1) Le Monde des Religions n° 21, janvier-février 2007, 6 euros.

 

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 21:13

C'est à une toute autre lecture du Coran que nous invite Laurent Lagartempe (1).

Un Coran qu'il convient selon lui, de préférence, d'appeler le "Recueil", l'ouvrage ayant été à l'origine effectivement composé comme un recueil de textes hétéroclites.

D'une part, "le mot Coran qui figure bien dans le Livre portant ce nom, n'en était cependant pas le générique au départ, mais plutôt un nom commun désignant des textes destinés à être lus, commentés ou récités en public" (p.43).

D'autre part, la plus ancienne version connue de ce livre en arabe est dite "recension d'Othman" du nom du troisième calife (644-656), qui aurait décidé de rassembler ce qui avait été écrit sur la religion nouvelle et d'en faire un tri sélectif selon ce bizarre classement de sourates par ordre de longueur décroissante.

 

 

L. Lagartempe énumère d'"étonnants paradoxes".

"Le premier paradoxe, à propos du Coran, est qu'en Occident on en parle tellement en l'ayant si peu lu. Ce n'est pas faute de bonne volonté, mais il est manifeste que le lecteur le plus motivé ne peut venir à bout de la seule sourate II sans que le livre ne lui tombe des mains. Ceux, déjà nombreux, qui en ont fait l'expérience en témoignent. On a tout de suite l'impression d'un discours hermétique tant il paraît désordonné, paroxistique, à la limite délirant ; et quelques tests exploratoires plus avant dans le texte, ont vite fait de vous persuader que, s'il y a un message tant soit peu clair à percevoir dans le livre, il est de toute façon hors de portée d'un lecteur moyen." (p.11)

"Ce constat d'impuissance à vraiment comprendre, correspond au deuxième étonnant paradoxe rencontré à propos du Coran : comment peut-il se faire qu'un ouvrage de taille plutôt modeste, équivalente sans plus à celle d'un copieux roman [et encore!], puisse demeurer aussi énigmatique, insaisissable !... Le secret semble aller de pair avec le sacré, et ceux qui sont sensés en connaître le fin mot semblent se satisfaire de cette opacité, plutôt qu'empressés à en lever le voile... Plus que jamais on continue de cultiver les ambiguïtés : il y aurait des interprétations abusives, des préceptes périmés, des versets compensés, du sens caché à décrypter... On va même jusqu'à proclamer très officiellement que le livre ne serait autre, en définitive, qu'un universel message de paix et de fraternité ! C'est en définitive au texte lui-même, plutôt qu'à ce que l'on en dit, qu'il faut s'attaquer quoi qu'il en coûte, si l'on veut vraiment savoir ce qu'il en est de ce sacré et de ces secrets." (pp.12-13)

 

 

Personnellement, j'ai décidé d'abord de lire le "Recueil", "quoi qu'il en coûte" ! , et pour n'être préalablement influencé par personne... pas plus par M. Lagartempe que par un autre..., au risque de me heurter à ces paradoxes et L. Lagartempe, semble-t-il, s'est résigné à y revenir. Pour les mêmes raisons que celles que j'ai  invoquées (cf. L'ISLAM [1]), L. Lagartempe a lu et étudié la traduction du "Recueil" (ainsi continuerai-je à le nommer ici, dans l'esprit de l'auteur) de Jean Grosjean, traduction spécialement approuvée par les autorités musulmanes.

 

 

J'ai noté le fait marquant que nos premières constatations respectives, sans concertation préalable, cela va de soi !, sont très concordantes (cf. L'ISLAM [2] et [3] ) :

"Ce qui frappe d'emblée lorsque l'on a réussi à faire une première lecture complète du texte, est une double impression de véhémence et de redondances. Le livre entier fait figure d'ardente entreprise de persuasion d'une doctrine que l'on ne saisit encore, en premières lectures, que de façon confuse, mais dont on perçoit par contre clairement l'argumentaire fait de condamnations et de menaces, dont les formules variées se répètent à longueur de sourates.

Cette répétition de formules se double d'une répétition de thèmes ; ainsi le récit de la geste biblique de Moïse, reparaît dans des dizaines de sourates, presque à l'identique, selon des versions plus ou moins développées ; et de même pour d'autres thèmes également repérables." (p.15)

 

"Un premier recensement montre que le texte est parsemé d'un bout à l'autre d'invectives et d'imprécations à l'adresse des "incroyants"... qui tous appartiennent à l'unique et universelle classe des non-musulmans. Les incroyants de toutes races et de toutes religions autres que l'Islam ont pour lot commun d'être insultés, tourmentés, maudits, brûlés et tués par tous moyens imaginables." (p.18)

 

"Les sourates ne sont pas des chapitres d'un livre, mais des morceaux choisis d'un recueil. Ce ne sont pas les parties d'un texte se suivant selon un plan logique, cohérent avec la démarche d'ensemble de l'ouvrage, mais des pièces de même caractère et contenu, quoi que de tailles très inégales, rangées par ordre de longueur décroissante. Ayant aperçu cette importante particularité, on est alors moins surpris de tant de redites rencontrées au fil du livre. Ce n'est pas seulement en termes d'expressions colériques que le livre se montre répétitif, mais également en termes de thèmes ou sujets traités, qui eux aussi reviennent comme des leitmotiv." (p.46)

 

(1) Petit guide du Coran, Consep, 2003, 25 euros

 

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : L'ISLAM
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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /Jan /2007 21:02

Présidente de la région Poitou-Charentes, à ce niveau-là aussi, elle est capable d'initiatives grandioses, comme d'envoyer gratuitement 100.000 charentaises aux lycéens pour soutenir l'économie locale. Peut-être que si elle est élue présidente de la République nous aurons tous droit à une paire de charentaises, ce ne serait que justice, non ?

Dominique Bussereau, actuel ministre de l'Agriculture, et élu de la Charente, l'a méchamment surnommée "Evita Péronnelle"... Marie-Ségolène populiste, mais c'est... bon sang bien sûr !

 

 

Quand la baudruche se dégonflera, il y aura beaucoup de déçus du Marie-Ségolènisme naissant.

C'est que, non contente, comme nous l'avons constaté plus haut, d'avoir une mémoire sélective, de tenir des propos hasardeux sur bien des sujets, et de rester vivante après certaines directives, car le ridicule ne tue pas, elle est inconstante dans ses prises de position.

Les quelques propositions "audacieuses", prétendument telles, destinées à bousculer les vieux grognards socialistes, à attirer un électorat du centre et de la droite "modérée", après avoir produit leur petit effet médiatique escompté, sont discrètement amendées et vidées de leur substance. C'est que le Parti veille.

Hostile sous les projecteurs, il y a encore quelques mois, à l'instauration du mariage d'homosexuels, elle se rallie subrepticement à cette idée à l'occasion d'un meeting.

Elle donne l'impression de critiquer les "35 heures" ; en réalité elle défend ce "formidable progrès social" dont il conviendrait au contraire de généraliser l'application.

Supprimer la carte scolaire ? Il n'en est plus question explicitement.

Instaurer des jurys populaires pour obliger les élus à rendre des comptes ? In fine le mot "jury" est à bannir.

On se souvient (cf. QUAND LA BAUDRUCHE...[4]) qu'elle a annoncé en novembre que sa première loi concernera la lutte contre les violences conjugales, "affaire d'Etat" disait-elle ; mais elle omet de participer à une discussion récente à l'Assemblée nationale sur le même sujet. Sa seul réponse ? "J'ai un emploi du temps un peu chargé en ce moment."

 

 

Au cours de l'émission "Ripostes" sur France 5, Serge Moati, insolent, la qualifie de "princesse des ambiguïtés". Elle se défend en arguant qu'elle est "à l'image de la France, qui est un pays complexe".

Mais le peuple attend-il d'un dirigeant qu'il fasse état de sa complexité, ou la démonstration de sa capacité à la surmonter pour lui proposer des objectifs clairs ?

Cette complexité ne serait-elle pas simplement le masque de l'incompétence ?

 

 

Voyez-vous chers lecteurs, en dépit des apparences, j'ai de l'indulgence pour Marie-Ségolène.

Propulsée, un peu par hasard, par un concours de circonstances, par la faiblesse de ses concurrents, par un de ces engouements subits dont les Français, toujours à la recherche inconsciente de l'homme providentiel - et si c'était une femme ? se demande le matin en se levant le Marie-Ségolèniste nouveau -, ont le secret de confection, sur le devant de la scène, prise pour une autre, elle est contrainte de tenir le rang qu'elle n'a pas.

 

Il est touchant ce personnel politique un peu préfabriqué qui voudrait bien "avoir l'air" et qui "n'a pas l'air du tout" comme chantait cruellement Jacques Brel dans Ces gens-là. Elle est, à n'en pas douter, candidate à une nouvelle vérification du principe de Peter (cf. ma chronique sur le sujet du 24.10.06).

Dans le fond, elle me fait penser à Monsieur Jourdain, le bourgeois qui voulait se faire gentilhomme, petite élue de province qui veut "monter à Paris", en moins bête et plus méchante, et je suis sûr que vous avez pour Monsieur Jourdain, en dernière analyse, comme moi, de la tendresse.

 

PS : Tous ceux qui en pincent pour Marie-Ségolène et auxquels mes textes ont fait de la peine, vont pouvoir se consoler très bientôt. Je vais me pencher sur le cas de Nicolas, très intéressant individu de l'espèce.

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /Jan /2007 08:58

Chers nouveaux lecteurs,

Veuillez m'excuser si j'enfonce des portes ouvertes pour vous, mais j'attire votre attention sur le fait que si vous souhaitez être informés de la parution d'articles, il vous suffit de vous inscrire à la NEWSLETTER (voir dans la colonne de droite).

Pour laisser un commentaire (et, semble-t-il, même les "anciens" lecteurs ont parfois des soucis avec cela), commentaire qui peut-être général sur l'ensemble du blog, comme il vous plaira, mais qui est "techniquement" attaché à un article donné, et public, voici comment il faut procéder :

Cliquez sur "commentaires" tout à fait en bas de page de chaque article et suivez les instructions. A un moment donné, moment délicat pour beaucoup ! , il vous sera demandé, je crois que c'est l'expression exacte, de "reproduire l'image" : il s'agit simplement de taper dans la case prévue à cet effet les lettres et les chiffres qui vous sont indiqués. Il vous est aussi demandé de donner votre adresse mail, mais celle-ci n'apparaît pas à la lecture des autres internautes.

J'ai assez peu de commentaires, par rapport au nombre de visiteurs. Je m'en étonne toujours un peu. Je ne voudrais pas que ce soit le résultat d'un découragement, face à des difficultés techniques.

Merci à tous pour l'intérêt que vous portez à mon mini journal sur le net. Et si vous l'aimez bien, si vous le trouvez intéressant, même sans être d'accord sur tout, si vous pensez que d'autres pourraient prendre plaisir à le lire, surtout, surtout, ne vous gênez pas ! : faites-le largement connaître autour de vous. Plus j'ai de lecteurs et plus j'ai envie de continuer, logique non ?

Bien cordialement à tous,

François-Xavier GELIN

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 21:47

En République, le peuple est souverain. Jacques Chirac l'a rappelé à l'occasion de ses voeux à la Nation le 31 décembre dernier, incitant les Français à aller voter bientôt : "Vous êtes le peuple souverain". La constitution de 1958 affirme que le principe de la République française est le "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple".

 

 

Le peuple, en son entier, ne pouvant en pratique se gouverner lui-même quotidiennement, exerce sa souveraineté, un seul jour donné, à dates périodiques, en déposant un bulletin de vote dans une urne.

Par là même il transmet, pour un temps plus ou moins long, sa souveraineté à des délégués élus, président, députés. Elus ou pas d'ailleurs, car le premier ministre n'est pas toujours un élu, en tout cas il ne l'est pas en tant que tel dans notre pays, et exerce pourtant un incontestable pouvoir.

Durant une législature, un quinquennat, les délégués du peuple agissent, votent des lois au nom du peuple. Rien que de très logique. Il est donc conséquent que le peuple accepte les décisions, les lois votées par ses délégués, autres lui-même. Il n'a pas le choix : il se déjugerait sinon.

 

 

Les démocraties dites "populaires" l'avaient bien compris, qui réprimaient sévèrement toute manifestation de rue considérée comme une sédition intolérable. Les démocraties qui ne se disent pas "populaires" (mais qui ne pensent pas moins l'être) font preuve de plus de laxisme. De quel droit ? On ne comprend pas qu'un gouvernement républicain renonce à l'application d'une loi votée par le Parlement sous prétexte qu'un million, même deux millions voire trois ou cinq millions de citoyens sont sur les places publiques pour s'opposer à sa promulgation. Qu'est-ce que quatre millions de Français, et même six allez ! ne lésinons pas (mais... selon les organisateurs ou les préfectures de police ?), sur le macadam, si ce n'est un "morceau" très minoritaire du peuple ? La loi suprême n'est-elle pas celle de la majorité ? Quel savant peut nous démontrer, éventuellement, que ces six millions d'individus traduisent la volonté expresse d'une majorité d'électeurs - il faudrait déjà décompter tous les moins de 18 ans, que font-ils là ? Outre que ce n'est guère prudent de promener des enfants jeunes dans cette grande foule (en cas de panique, il y a tout à craindre pour eux), ils ne votent pas, ils ne sont donc pas le peuple souverain -, les autres ayant été empêchés de venir pour diverses raisons tout à fait valables et la procuration n'étant pas légale pour les rassemblements sur les boulevards ?

En république, on ne vote pas avec ses pieds en marchant. On vote avec ses mains à des moments précis. Sinon c'est l'anarchie.

 

 

On a ainsi vu au printemps 2006, M. de Villepin être condamné à "manger son chapeau" dans l'affaire du CPE, et chose plus inouïe encore, un président de la République donner l'ordre de ne pas appliquer la loi. Voilà une injure faite au Parlement, donc aux délégués du peuple, donc au peuple.

Le peuple, en république, ne saurait se révolter contre lui-même.

Objectera-t-on qu'il a un droit en la matière parce que s'estimant trahi par le gouvernement issu des urnes ? Qui peut juger, objectivement, de la trahison ? Le peuple, cette entité abstraite dès lors qu'elle est électorale, a-t-il lu et approuvé toutes les propositions des candidats qu'il a portés au pouvoir, pour être en mesure d'apprécier cette infidélité ? Et quand bien même, on délègue à des hommes, pas à des idées ou des programmes. Que les hommes en question aient été sélectionnés par le système en place des partis ne change rien à l'affaire.

 

 

Le peuple dit souverain, de fait, abandonne sa souveraineté à des élus. Ceux-ci dépensent tellement d'énergie, de temps, investissent tant en monnaie et en recherche marketing pour séduire l'électeur, qu'ils parviennent au pouvoir munis du seul mandat qu'ils se sont fixés à eux-mêmes : être réélus au prochain tour. Quand on doit beaucoup, trop, depuis longtemps, trop longtemps, à ceux qu'il a fallu tenter de suborner pendant des années pour parvenir à ses fins, le sentiment qui l'emporte est généralement moins la reconnaissance éperdue, que l'ingratitude méprisante.

D'où les immenses déceptions qui attendent perpétuellement ce peuple souverain introuvable, et sa tentation d'insoumission, insoumission contre-nature car le peuple n'est subordonné qu'à lui-même dans le cadre d'un exercice acrobatique de son pouvoir, plutôt drôlatique, qui n'est pas sans rappeler l'histoire du chien qui courait après sa queue irritante, pour la mordre.

 

 

Le "peuple souverain" est encore une bonne blague (pour rester léger et optimiste), comme seule la modernité sait nous en offrir.

 

 

Vous pouvez toujours croire que vous êtes un membre influent de ce bel animal, si cela vous aide à ne pas être écoeuré de la politique, de même que vous pouvez encore tenir comme certaine l'existence du père Noël pour ne pas désespérer le petit enfant que vous fûtes et qui l'a tant aimé.   

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 13:04

Quelles impressions retire-t-on, le livre d' Abul A' La Maudoudi refermé ? Elles sont de différentes natures :

On est frappé par la foi vive, absolue, de l'auteur.

On est captivé en même temps par la volonté pressante, implacable, froide, presque menaçante, d'imposer l'idée de l'Islam comme la seule religion vraie, en faisant reposer la "démonstration" (c'est bien la même incantation dans le Coran), sur la simple répétition, cadencée, de quelques idées-clés et en surévaluant Mahomet, ses pompes et ses oeuvres, à un point tel que l'on ne peut que sourire devant tant de complaisance hagiographique.

C'est peu de dire que dans le monde musulman de Maudoudi, "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".

 

 

Au demeurant, un tel livre dans les mains de millions de musulmans, peu instruits de leur religion, peut apparaître comme un facteur de paix et d'élévation. Nous l'avons vu, si le djihad est bien une guerre et un devoir, il est recherché aussi de vivre en paix avec les non-musulmans. Le musulman est incité à mener une vie selon des principes généraux (je ne parle pas de la législation de la charia) qu'un chrétien, qu'un humaniste, peuvent comprendre.

Bencheikh ne dit sans doute pas autre chose même si lui se sent tenu de répondre des agissements coupables des "islamistes". On aurait aimé que Maudoudi, mort en 1979, puisse commenter les mêmes événements. Ghaleb Bencheikh se défendant sur plusieurs fronts adopte des positions que renierait Maudoudi. Il est difficile d'en douter. Il prend ses distances par rapport au Coran et invite clairement à faire un tri parmi les versets. Au passage Bencheikh nous apprend (nous nous posions la question au début de cette série, cf. L'ISLAM [1]), que la classification des sourates dans l'ordre décroissant du nombre de versets est "une classification comme une autre qui, évidemment, ne coïncide pas avec l'ordre chronologique" (p.23).

Les savants coranistes distinguent deux types de versets :

"- ceux qui sont atemporels et anhistoriques. On les qualifie de paradigmatiques ; ils sont explicites et de portée universelle ;

- ceux qui sont relatifs au contexte contingent. Ces derniers voient leurs incidences sociales et psychologiques évoluer ou tomber totalement en désuétude." (p.23)

Citant le Coran, Bencheikh affirme que l'abrogation de ces derniers est énoncée par le livre lui-même. Mais si, effectivement, Mahomet (Dieu), a abrogé des versets (soi-dit en passant cela "sent" la manipulation), la dernière version semble la bonne et celle-ci doit être considérée comme intangible en tant que parole de Dieu. Et dans le texte du Coran, sur quels critères se fonder, et qui décidera, dans une religion sans magistère suprême, pour décréter que tel verset est paradigmatique, parce qu'atemporel, et tel autre désuet, parce que contingent ?

 

 

Bencheikh reconnaît l'existence de versets "équivoques". "Certains sont même, à l'évidence, inapplicables stricto sensu [...] Bien sûr que le Coran peut être interprété. Il l'a été et il le sera toujours. Pas moins d'une quinzaine d'écoles d'exégèse ont fait autorité. Elles couvrent toute une gamme d'interprétations : anagogique, parabolique, métaphorique, symbolique, allégorique... L'actuelle "sclérose en place" est due à l'enfermement dans lequel veulent nous confiner certains ulema (1) conservateurs, barbus et enturbannés, au raisonnement obtus et anachronique. Ils ont sacralisé depuis des siècles l'oeuvre humaine de leurs ancêtres, alors que ceux-ci, hommes de génie, n'avaient pas engagé les fidèles pour un temps postérieur au leur.

Nous devons nous débarrasser des scories qui flétrissent la grande tradition de critique et de libre examen des penseurs musulmans. Nous avons besoin, afin d'accomplir cette immense tâche, de nous libérer d'abord des impedimenta moraux qui engourdissent nos esprits et ankylosent notre pensée. Le salut réside dans la lecture moderne des textes exégétiques. Nous devons les dépoussiérer et savoir les réactualiser pour une promotion vers l'authentiquement humain." (p. 25-26)

 

 

Bencheikh se présente donc comme un "progressiste" en Islam, un réformiste, peut-être au sens où l'on entendait ce mot au XVIe siècle pour le catholicisme.

L'Islam est-il "réformable" ? Et qui mènera à bien cette mission pour tous les musulmans ? Bencheikh renoue-t-il, comme il le prétend, avec la vraie tradition musulmane, celle du "libre examen" ? L'Islam authentique n'est-il pas, au contraire, dans son essence même, fait d'"impedimenta moraux" intouchables et d'une hostilité radicale et violente à tout ce qui n'est pas lui, car inscrits dans le texte du Coran, également sacro-saint ?

Voila les questions, redoutables et passionnantes, que soulève le début de notre étude.

 

(1) Savants spécialistes notamment en sciences religieuses

 

(à suivre)

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : L'ISLAM
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 21:05

Une femme iconoclaste à l'Elysée ! Ah ! Quelle extase !  Ah ! Quelle extase ! Pas à la hauteur ? Peut-être... mais... Ah ! Une femme iconoclaste à l'Elysée ! Se prenant le pied dans le tapis à la première réunion internationale un peu sérieuse ? Sans doute... mais ah ! Une femme iconoclaste à l'Elysée ! Ne contrôlant la situation qu'à coups de gueule car la bougresse, sous ses airs de brave fille un peu ingénue, est une autoritaire coriace ? Vraisemblablement... mais ah! Une femme iconoclaste à l'Elysée !

Bertrand, à Paris, au congrès extraordinaire du parti, le 26 novembre, ne se sent plus : "Ce qui était un parcours devient un destin ; que la première présidente de la République s'appelle Royal et qu'elle soit socialiste, c'est un évènement historique." Bigre ! Marie-Ségolène n'a pas été en reste, inscrivant sa candidature dans l'histoire des batailles féministes, "en choisissant une femme vous avez accompli un véritable geste révolutionnaire". Pierre, le Lillois, sous le charme, poétise : "Tu t'avances, avec ton visage de femme, avec tes propositions, ton style inimitable qui séduit." Et tous les orateurs qui se succèdent se croient obligés de parler des "militantes et des militants...".

Ce jour-là, la seule indication précise sur son programme fut d'annoncer que la première loi concernera la lutte contre les violences conjugales qui doivent être "une affaire d'Etat", rien que cela !

Effectivement, à côté de ce souci capital, il est évident que le déficit de l'Etat, le poids de la dette publique, les problèmes soulevés par la désindustrialisation de la France, l'immigration de peuplement, l'insécurité, par exemple, sont des questions tout à fait subalternes qui ne sauraient faire l'objet d'une "première loi" prioritaire. Un élu, fabusien il est vrai, donc fatalement rancunier, dit tout de même du discours de Marie-Ségolène : "elle a fait du catéchisme". Aïe ! Le retour des mauvaises habitudes prises pendant l'enfance sans doute...

 

 

Chers Français, cette femme va vous étonner, n'en doutez pas.

Il y a longtemps qu'elle pense et voit loin. Pierre Larrouturou raconte dans son livre Urgence sociale comment en 1994, déjà, dans une réunion de travail entre socialistes sur le chômage, Marie- Ségolène proposa une mesure phare : un RMIste arrêté sur l'autoroute pour cause de voiture équipée de pneus lisses devait pouvoir payer l'amende de 800 francs en deux fois...

En 1998, lors de sa première interview, elle a ces paroles définitives : "Une varicelle, un chagrin d'enfant transcendent les clivages politiques." Ministre de l'Environnement, elle décerne des "poubelles d'or" aux préfets qui se sont distingués dans la gestion des déchets, et déclare vouloir "mener une politique du paysage". Dans ce cadre, elle lance un truc vraiment bath : un concours de photographies pour désigner les paysages à sauvegarder. C'est pas de la démocratie participative ça ?

Ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, elle milite pour la "citoyenneté", instaure "une semaine d'initiatives citoyennes" ; à l'école tout devient "citoyen". C'est qu'à l'occasion elle a des bouffées de chaleur révolutionnaire. N'a-t-elle pas proclamé, il y a peu, vouloir "effrayer les capitalistes", rien de moins ?

Pour sa campagne, elle a des idées marketing géniales, avec la création de produits dérivés, comme des bouteilles étiquetées "Ségolène" (moi j'aurais préféré "Marie-Ségolène", mais tant pis, c'est pas moi qui décide et conseille), ou "des petits noeuds dans les cheveux des enfants" !

 

 

Et vous hésiteriez encore, après toutes ces révélations, à confier la direction de la France à une visionnaire d'un si beau calibre ?

Il est vrai qu'il n'y a plus grand chose à diriger dans un pays qui doit quémander la permission de changer un taux de TVA auprès d'une commission de fonctionnaires bruxellois. "Ils" et "elle" le savent bien, même si "ils"et "elle" ne vous le disent pas. C'est bien pour cela que ne compte plus que l'image, le "paysage" politique.

 

A bientôt pour la suite des aventures de Marie-Ségolène

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 07:04

Ces idéaux révolutionnaires ne manquent pas de gueule. Tout un programme. Un programme devenu électoral, jamais réalisé.

Ces trois mots dont les premières lettres majuscules ne passent aucune porte, paradent aux frontons des mairies, banalisés.

Quel sens leur donner ? Quelle signification ont-ils pour chaque citoyen de la République ? Leur drame est l'étendue des champs sémantiques qu'ils couvrent. Qui définira, pour tous, ce que sont la Liberté, l'Egalité, la Fraternité ?

Surtout, leur juxtaposition, comme les volets complémentaires d'un même triptyque, pose de redoutables problèmes de compatibilité : une rigoureuse Egalité, cette passion démocrate, est-elle à portée sans injurier la Liberté ? La Fraternité est-elle bien nécessaire si l'Egalité a triomphé ?

Si, au moins, plus modestement, la République s'était donnée comme devise : libertés, égalités, fraternités, le bienfaisant pluriel de mots minuscules aurait ouvert un espace au réalisme. Mais hélas ! nous sommes dans les nuées.

Un Etat qui prétend défendre, par exemple, le Travail, la Famille, la Patrie (et quoi que l'on pense par ailleurs du régime de Vichy, je m'empresse de le dire pour calmer tout de suite les surexités pavloviens qui déjà bondissent sur leurs chaises en criant au scandale), un Etat dis-je, qui inscrit cela sur son papier à en-tête, évoque des réalités charnelles, concrètes, vivantes, universelles. Au demeurant il ne manque pas d'ambition, et c'est déjà beaucoup qu'il se mêle de ce qui fait la vie quotidienne de chacun. Du moins il ne prétend pas rendre compte de la recherche d'un absolu. Il a bien raison. Sinon il se transforme en Etat sacerdotal.

 

 

Et c'est bien ce qu'est l'Etat républicain français, par un malicieux paradoxe. Issue d'une Révolution française qui fut, dans son essence, d'abord et avant tout une révolution anti-chrétienne qui voulait abattre la "superstition, cette infâme", comme l'écrivait l'ami Voltaire, la République s'est faite religion, créant la confusion qu'elle prétendait dénoncer, du temporel et du spirituel. La République n'est pas laïque, elle est "laïcarde" ; et le laïcisme c'est l'exact contraire de l'authentique laïcité : cela consiste à chasser la vraie religion (en ce sens qu'elle relie à Dieu) pour la fausse (en ce sens qu'elle soumet l'individu à l'Etat tout puissant, chargé de dire le Bien et le Mal pour lui et de faire son bonheur).

Par un engrenage infernal, Liberté, Egalité, Fraternité étant des absolus sans contenu, ou en ayant trop, ce qui revient au même, renvoyant à des droits toujours insuffisamment respectés, le citoyen n'en finit pas de réclamer toujours plus de Liberté, d'Egalité, de Fraternité, dans une fuite en avant sans fin, comme autant d'exigences jamais assouvies car mises au service de l'individualisme matérialiste de chacun, au détriment de l'intérêt général de tous.

 

S'il est vrai que les idées modernes françaises furent des "idées chrétiennes devenues folles" (selon Chesterton), si plus sûrement encore le Diable est le singe de Dieu, je me risquerai à un parallèle audacieux : la nouvelle religion républicaine a voulu se donner ses trois vertus théologales.

Il est bien connu que l'on peut pécher par excès en matière de vertu morale : on peut être trop obéissant, par exemple. Mais l'on ne peut pécher par excès en faisant preuve de vertu théologale : on ne saurait montrer trop de Foi, d'Espérance ou de Charité. Et de même la République ne saurait être un défenseur trop zélé de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité.

La différence, c'est que l'âme du chrétien dont la Foi, l'Espérance, la Charité augmentent, se dilate, se libère, connaît la "joie de monter". Tandis que le citoyen républicain, dupé par les chimères idéologiques portées par Marianne, se rend malade, chaque jour un peu plus, de constater que la réalité du monde échappe aux idéaux démocratiques, qu'elle les bafoue.

Liberté ? Mais le chef de gouvernement, le plus faible soit-il, peut infiniment plus contre chaque Français que ne pouvait Louis XIV, le monarque dit "soleil". Egalité ? Mais la France sociale et économique est bourrée de privilèges comme une tour de banlieue d'explosifs avant d'être abattue. Fraternité ? Heureusement que les associations caritatives privées sont là !

 

 

Ô inconscient révolutionnaire !

A bien y regarder, la Liberté est le singe de la Foi : par la Foi en Dieu le chrétien se rend libre ; par la Liberté le républicain affirme sa foi en l'Homme. L'Egalité est le singe de l'Espérance : par l'Espérance le chrétien attend la justice à venir, la même pour tous, dans un royaume qui n'est pas de ce monde ; par l'Egalité le républicain attend le nivellement, le même pour tous (mais surtout pour les autres), ici bas. La Fraternité est le singe de la Charité : est-il besoin, là, d'expliciter ?  

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mardi 9 janvier 2007 2 09 /01 /Jan /2007 06:52

Bencheikh ne veut manifester "aucune ardeur chauvine à l'Islam. Si j'étais né à Katmandou, je serais probablement bouddhiste. Nous ne devons pas radicaliser ce que nous avons "hérité" sans le passer au filtre de l'entendement" (p. 65).

D'où d'abord, écrit-il, "aucun lecteur sérieux, déconditionné des haines ancestrales ou des manipulations mentales, ne trouve dans le Coran la guerre justifiée comme un moyen autre que de défense, quand bien même les mots utilisés sont crûment suggestifs et brutaux" (p. 65). Bencheikh cite, courageusement, les versets dont j'ai fait état (cf. L'ISLAM (5), IX, 4-5) pour en conclure : "Ce sont des passages spécifiques, relatifs à des circonstances particulières de conflits, d'expéditions et de batailles. Nous n'avons aucune gêne à en parler dans la transparence et la clarté. Ils ne confèrent à la guerre aucune sacralité." (p. 68)

Il reconnaît aussi qu'il existe "quelques versets de la même veine [...] dans le Coran [...] notre devoir est de les éclipser [c'est nous qui soulignons]" (p. 68). Encore une fois, peut-on "éclipser" la parole de Dieu ?

 

 

Bencheikh s'est fâché en évoquant la "guerre sainte" (cf. L'ISLAM (11)). Bien. Quel est donc le vrai sens du djihad selon lui ? C'est un effort qui fut aussi militaire concède-t-il, mais "la tradition prophétique distingue deux sortes de djihad, l'un mineur et l'autre majeur :

- le petit effort est celui qui couvre le champ de l'action quotidienne [...] : s'atteler résolument à une tâche, résister opiniâtrement à l'adversité, peiner, poursuivre ou simplement travailler, bûcher, cultiver, entreprendre, guerroyer... [c'est nous qui soulignons (?) ].

- le grand effort salvateur est celui qui préserve de céder au désespoir. C'est un effort continuel d'autodiscipline fondée sur une éthique de vie [...] le djihad majeur est l'élévation spirituelle recherchée et entreprise en vue de se vouer totalement à Dieu." (p. 70)

Rien de tout cela chez Maudoudi, lequel revient plus loin dans son livre sur le sujet pour proclamer que "le plus grand sacrifice pour la cause de Dieu est le jihâd, car là l'homme sacrifie non seulement sa vie et ses biens pour la cause de Dieu, mais il détruit aussi ceux des autres. Mais comme il l'a déjà été dit, l'un des principes de l'Islam est que nous subissions un moindre mal pour nous sauver d'un plus grand malheur. [nous soulignons :] Peut-on comparer la perte de quelques vies humaines - de plusieurs milliers ou même davantage à la limite - avec la calamité que serait pour l'humanité la victoire du mal sur le bien, et de l'athéisme agresseur sur la religion de Dieu." (271)

Voilà qui est clair. Cependant il faut agir avec discernement : " Il [Dieu] a interdit toute effusion de sang inutile, d'attaquer les vieillards, les femmes, les enfants, les malades et les blessés. Son ordre est de se battre seulement contre ceux qui se dressent pour combattre. Il nous enjoint de ne pas provoquer de destructions inutiles même sur le territoire de l'ennemi et de traiter les vaincus avec justice et honneur. Il nous a donné l'instruction de respecter les accords passés avec l'ennemi et d'arrêter de combattre quand ils arrêtent, ou s'ils suspendent leurs activités anti-islamiques." (271) La guerre a donc ses règles de bonne conduite, mais elle demeure une guerre.

 

 

Le chari'ah (la charia en français commun), le code détaillé de conduite donné par Mahomet, abroge tous les chari'ah antérieurs. Il a deux sources : le Coran et le Hadith. "Le Coran est une révélation divine ; chacun de ses mots vient d'Allah. Le Hadith est un recueil des instructions données par le Dernier Prophète et de ses mémoires, telles qu'elles furent conservées par ceux qui vécurent en sa compagnie, ou ceux à qui elles furent transmises par les témoins directs." (241)

Maudoudi expose longuement ce code de conduite, les dérogations possibles à son application, ses bienfaits, etc.

Il est surtout intéressant pour notre étude de relever dans le dernier paragraphe e) du 288 ceci : "Les musulmans ont toute liberté d'étudier la science et ses applications pratiques de n'importe quelle source. Mais en ce qui concerne les questions de culture et de civilisation, il leur est interdit d'imiter les modes de vie des autres peuples [souligné par nous]. La philosophie de l'imitation suggère que cela vient d'un sentiment d'infériorité qui produira immanquablement une mentalité défaitiste [...] Le Saint prophète (la paix soit avec lui) a positivement et fermement interdit aux musulmans d'adopter la culture et le mode de vie des non-musulmans." [souligné par nous]

Quand donc des musulmans s'installent, massivement, dans des pays non-musulmans, de culture et de de civilisation, comment doivent-ils se comporter ? Vous avez la réponse de Maudoudi.

 

 

Le chapitre suivant traite, précisément, des relations entre musulmans et non-musulmans.

Maudoudi les souhaite paisibles : "Il est conseillé aux croyants de ne pas être intolérants ou étroits d'esprit, de ne pas insulter ou critiquer leurs chefs religieux ou leurs saints, de ne rien dire d'offensant pour leur religion, de ne pas chercher inutilement de dissentions avec eux, mais de vivre en paix et bonne amitié. Si les non-musulmans conservent une attitude paisible et conciliante envers les musulmans, ne violent pas leurs frontières ou leurs droits, les musulmans devraient de leur côté garder des relations amicales et aimables avec eux et les traiter avec équité. C'est un des principes même de notre religion que nous devons posséder une compréhension humaine et une courtoisie plus grandes, et que nous devons nous comporter avec noblesse et modestie. Les mauvaises manières, l'oppression, l'agressivité et l'étroitesse d'esprit sont contraires à l'esprit même de l'Islam." (289) Dont acte. Chacun chez soi, semble-t-il, et la paix religieuse sera bien gardée.

 

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : L'ISLAM
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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