Vendredi 29 février 2008
Au début des années 70 du siècle dernier, un "éminent professeur de médecine", comme ne manquaient pas de le souligner les journaux de l'époque, affirma que la vie humaine ne commençait pas, qu'elle ne faisait que "continuer". Ce à quoi répliqua un autre professeur de médecine, tout aussi éminent que le premier, mais peut-être plus honnête intellectuellement, que son collègue avait néammoins sûrement une claire conscience d'avoir lui même eu un début, et inéluctablement, d'avoir une fin.


Toute la question sans doute est de dater ce début. La vérité dans ce domaine est d'une clarté, vraisemblablement trop aveuglante pour certains qui peinent à la regarder en face. Ce sont toujours et encore les mêmes, qui n'aiment pas la Vérité, car, par définition, elle s'imposait hier comme elle s'impose aujourd'hui et comme elle s'imposera demain. Ceci est insupportable pour des esprits épris de "modernité" et qui n'ont donc rien tant en horreur que ce qui est immuable. En effet, quand un fait est là, définitif, qui ne dépend pas de l'opinion, il a ceci d'agaçant qu'il n'est pas niable et qu'il faut donc, pour s'en débarrasser, inventer une théorie qui le masque pour assurer l'hégémonie de son point de vue.
C'est un fait, une vérité scientifique, car indéfiniment confirmée par l'expérience, qui ne dépend pas de ma vision des choses, de mon système de valeurs, de mon idéologie, de ma religion, que sais-je encore, que la vie d'un être humain commence à l'instant précis où un spermatozoïde, gamète mâle se loge dans un ovule, gamète femelle. Un spermatozoïde, resté solitaire, est un "objet", certes potentiellement porteur d'avenir, mais sans autre destin que celui de rester spermatozoïde jusqu'au bout de sa courte vie. Idem pour un ovule. Et tous deux, ainsi, n'ont  guère plus d'importance, et moins de volume, qu'un petit bout de peau décollé à l'extrêmité de mon doigt.
Mais qu'ils se rencontrent et s'unissent, ils meurent alors en tant que spermatozoïde et ovule, et commence une construction nouvelle, radicale, prodigieuse, qui va correspondre au développement unique d'un être vivant, dans le corps d'une femme, rigoureusement distinct de ce dernier contrairement à ce qu'une habile propagande a voulu faire croire. Il se produit un saut qualitatif considérable, qui va conduire, si rien ne vient interrompre ce processus, à la naissance d'un enfant. Un millième de seconde avant cette fusion, il n'y a que deux gamètes l'une à côté de l'autre. Un millième de seconde après cette fusion, il y a un être humain en devenir. En devenir, oui. Mais qu'est-ce qu'un vieillard de 90 ans ? C'est ce même être, à un stade de son évolution, environ 90 ans et neuf mois plus tard, après que tout a commencé.


Aucun médecin, aucun "éminent professeur" ne peut sérieusement nier ces faits-là. Le moindre médiocre étudiant en médecine les connaît. Et pourtant, il se trouve des savants en ce domaine, qui ont oublié d'être des sages, pour, sinon douter de ces réalités, ce n'est pas possible,  du moins pour les cacher. Pour cela il faut développer des théories plus oiseuses les unes que les autres.
A défaut de pouvoir, explicitement, contester qu'il se passe "quelque chose" de décisif à partir de la fécondation, il faut qualifier ce "quelque chose". Il faut aussi lui donner une date de naissance. Car tout de même on ne peut pas pousser le bouchon aussi loin que ce père jésuite, qui, il y a plus de trente ans - le lecteur m'excusera d'avoir perdu son nom, mais à tous égards il vaut mieux l'avoir oublié, paix à son âme qui s'est depuis sans doute séparée de son corps, car il n'était pas déjà de première jeunesse à l'époque-, expliquait dans un article devenu célèbre du journal Le Monde, que pour reconnaître que cette... "chose" qui grossissait dans le ventre d'une femme, était un être humain, un semblable que je puisse identifier comme tel, il fallait qu'il fût sorti de ses entrailles, qu'il soit là, devant moi, et que je puisse dire : oui, c'est avéré, c'est un petit de l'homme ! Avant, avant, que dire ? Rien. Dans le doute.
Il est vrai que depuis, l'imagerie médicale a bien progressé et qu'au bout de très peu de semaines on distingue bien que ce n'est pas un lapin bleu qui prend son essor dans le sein d'un mère.
Et les négateurs ne se risquent pas à penser, s'offusquent même que l'on pense que, passé un délai de... 12 semaines ? 14 semaines ? 22 semaines ?..., il puisse y avoir débat, que l'on puisse imaginer  que cette "chose" qui remue in utero ne soit pas un être humain. Mais avant ce délai fatidique ? Mystère ! C'est de l'ordre de l'innommé, de l'innommable. C'est "un tas de cellules". Et par quel étrange tour de magie ce tas de cellules devient un être humain en gestation ? Nouveau mystère, plus épais encore !
Evidemment, ce sophisme ne tient pas la route un seul instant pour qui raisonne un peu. Cette "rupture" est aussi peu crédible que de dire que l'homme n'est pas l'enfant qu'il fut, continué.


Quel est l'enjeu ? Il est majeur, pour que beaucoup puissent continuer à dormir la conscience tranquille : c'est la qualification de l'avortement. Car, selon le cas, il y a évacuation d'un "tas de cellules"  ou suppression d'un être humain. D'où vient sans doute cette expression bizarre et ambiguë d'"interruption" de grossesse, comme si celle-ci avait une chance de connaître un nouveau départ ; il faut donc comprendre : avec une nouvelle fécondation. D'où les réactions très vives de tous les promoteurs du droit à l'avortement dès l'instant où, de quelque manière, une brèche s'ouvre dans la thèse officielle, au risque de l'emporter. C'est qu'il ne faut surtout pas "revenir en arrière", selon les canons d'une pensée progressiste qui est à elle-même sa propre justification. Mais cela cache un souci plus profond : ce qu'il ne faut surtout pas, c'est admettre la Vérité. Elle est dérangeante, le mot est faible, comme toujours. Il faudrait admettre que tous les avortements sont des meurtres, ce qu'ils sont. Soutenir le contraire est aussi absurde que de prétendre qu'en tuant un enfant à la naissance on n'"interrompt" pas le processus qui aurait fait de lui, plus tard, un adolescent puis un homme.
En ôtant la vie à un embryon de 4 semaines, on ne peut raisonnablement prétendre que l'on a seulement évacué "un tas de cellules".


Tout ceci étant posé, on peut alors, dans le cadre d'un système de valeurs qui se discute, estimer qu'il est acceptable de supprimer, dans certaines conditions, des vies humaines à leur commencement, mais c'est un choix qu'il faut assumer dans la clarté de la Vérité. L'on doit en accepter toutes les conséquences morales que s'obstinent à ne pas voir tous ceux qui s'inquiètent volontiers, beaucoup plus du sort réservé aux animaux abandonnés (ce qui est triste effectivement) que de celui des foetus qui, bien que cachés, ne vivent pas toujours heureux.

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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