On n'aborde pas ces sujets sans appréhension. Faut-il les aborder d'ailleurs ? Il paraît qu'il n'y a pas de races humaines. J'en conclus donc logiquement que le racisme n'existe pas en tant que
tel, puisque le racisme n'est pas l'affirmation de l'existence de races mais une hostilité manifestée envers des êtres humains en raison de leur appartenance à une race donnée ; or si celle-ci n'a
pas de réalité...
Dès lors, je me demande encore plus à quoi jouent les "anti-racistes", contre quels moulins à vent se battent-ils ?
Dans ce domaine comme dans bien d'autres, des esprits marchent sur la tête, si je puis dire, ce qui, compte tenu de la cadence des coups, nuit beaucoup à leur faculté de penser. La confusion
mentale règne. Comment s'en étonner à l'heure de l'Opinion triomphante qui piétine allègrement la Vérité ?
Quand des internautes réécrivent eux-mêmes les définitions des mots, dans des "encyclopédies" interactives, on peut craindre le pire et, de fait, il advient. Mieux vaut avoir l'humilité de
reprendre
Le Petit Robert, un dictionnaire sérieux, lui, qui remet les choses à l'endroit.
Comme toujours, il faut s'accrocher vigoureusement à deux choses : le sens vrai des mots, les faits. Et, à partir de là, raisonner. Alors les évidences pleuvent comme se désintégrent les opinions
délirantes de professeurs de morale moralisante en tous genres qui obscurcissent les intelligences et excitent les sensibilités énervées.
Longtemps on a appris en géographie, que l'espèce humaine était composée de races, c'est-à-dire de groupes présentant un certain nombre de caractères physiques, essentiellement la couleur naturelle
de leur peau. Pas un instant, me semble-t-il, cet exposé ne suscitait ou n'entretenait de réactions hostiles. Il faisait simplement apparaître la diversité du monde, la variété de types d'êtres
humains, qui renvoient d'ailleurs à bien des sous-types, et au-delà à un patrimoine de coutumes, de modes de vie, de croyances, d'organisations sociales, économiques et politiques. Lorsque l'on
voit un reportage sur quelque pays lointain, étranger à notre culture, n'éprouvons-nous pas, d'abord, un sentiment d'émerveillement devant cette richesse ?
Cette diversité mérite d'être défendue, préservée. J'ai envie de m'écrier : vive les races ! Mais je m'en garde car je dois me dispenser de porter un jugement de valeur.
"Vive les races" ou "à bas les races". Peu importe. Les races existent, de quelque manière qu'on les nomme pour satisfaire aux diktats des moralisateurs, et c'est évident comme les yeux bridés des
Asiatiques ou la forme caractéristique des visages d'Indiens d'Amérique.
Alors cette vérité étant retrouvée, je veux bien prendre en considération le racisme. Voilà encore un mot mis à toutes les sauces pour justifier toutes sortes de divagations. Il y aurait un racisme
contre les jeunes, les vieux, les fumeurs... Mettons de l'ordre dans tout ça : le racisme est une hostilité forte, constante, structurée, à l'égard de personnes en raison de leur appartenance à une
race et pour cette seule raison.
C'est, nous dit
Le Petit Robert, une "idéologie postulant une hiérarchie des races" (ce qui suppose qu'elles existent...) et il précise :
abusivement, "hostilité systématique
contre un groupe social". Abusivement...
A noter cependant, la comparaison est amusante, que si
Le Petit Larousse, dans son édition de 1987 que j'ai sous la main, se contente de définir la race,
Le Petit Robert, lui, se
précipite pour imprimer cette remarque en préalable : "Rien ne permet de définir scientifiquement la notion de race" ! On se couvre par temps froid...
On peut distinguer deux grandes formes de racisme, le racisme idéologique et le racisme "de peau".
Le racisme idéologique, dont le National-Socialisme a été l'expression la plus achevée, théorise cette hostilité en distinguant des races supérieures et des races inférieures les premières ayant
naturellement pour mission de soumettre ou d'exterminer les secondes.
Qui peut prétendre sérieusement que ce racisme idéologique perdure en dehors de quelques groupuscules combattus ou en tout cas surveillés de près ?
Quant au racisme de "peau", expression que je reprends à mon compte, non sans réticence compte tenu de son approximation, mais qui est parlante, il ne présuppose pas de théorie d'une hiérarchie des
races selon leurs mérites et qualités. C'est une réaction épidermique, très liée aux conditions de promiscuité de groupes humains présentant de grandes différences culturelles et de modes de vie
qui se superposent souvent, de fait, avec des distinctions "raciales". Et Dieu sait quelle importance les unes et les autres peuvent avoir ! A l'intérieur même du continent noir, que de rivalités
ethniques violentes qui peuvent nous paraître incongrues, vues d'Europe. Franchement, faites-vous le constat à l'oeil nu, non expérimenté, de dissemblances entre telle tribu et telle autre tribu,
au Gabon ou au Zimbabwe ? Les Africains concernés le font crûment et à l'occasion en tirent de bien sanglantes conclusions !
Or, en soi, le sentiment de la différence est un sentiment naturel qu'il est sage de prendre pour tel et donc de respecter.
Cette différence est à l'occasion revendiquée par de nombreux peuples sous les applaudissements de tous les intellectuels qui portent haut les couleurs de "l'anti-racisme". Ces peuples ont raison.
"J'écris pour dire la différence" proclame l'écrivain Ben Jelloun.
Dès l'instant où l'altérité est acceptée, elle est plutôt source de compréhension si elle induit la recherche de cette connaissance de l'autre. C'est au contraire le refus de la différence qui peut
provoquer l'affrontement, par le désir fanatique de la soumission de ce qui ne vous ressemble pas, soit par l'esclavage (et l'on retrouve un racisme idéologique fondé sur la notion d'infériorité),
soit par l'assimilation forcée, si tant est qu'elle puisse être une autre voie acceptable par le peuple dominateur.
Mais le souci sincère, désintéressé, non violent, de convaincre l'autre d'adhérer à ses propres valeurs, moeurs, croyances, ne saurait être confondu avec le refus de l'altérité.
Cependant, la ligne de crête est étroite. Entre différence assumée et différence refusée, le basculement est aisé. "J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" s'écrie Stendhal.
Certes, cher auteur, mais que faire alors ? Supprimer la différence ? Autant demander à la terre de s'arrêter de tourner !
(à suivre)
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