La différence est là, il faut donc s'en accommoder.
Et si déjà, la différence entre deux voisins, de même... "race" (excusez-moi pour cette audace linguistique), de même nationalité, de même langue, de même culture, peut entraîner un conflit,
trouvant sa source dans de byzantines querelles à propos de la clôture séparant leurs deux maisons, qu'imaginer alors, s'ils appartenaient, de plus, à deux... ethnies, dirons-nous, distinctes
?
C'est pour cela que la sagesse, comme je l'ai déjà exposé dans une précédente chronique, est de rester "durablement chacun chez soi". C'est sans doute à ce prix, n'en déplaise aux idéalistes qui ne
veulent pas le payer, que l'on peut le mieux garantir la paix, la compréhension, l'échange respectueux, sachant que, de toute façon, chacun peut se dire "eux, c'est eux" et "nous, c'est nous".
Tous les gars du monde ne décideront pas d'être "copains" et de se donner la main, comme le souhaitait une sympathique chanson des années 50 d'un autre siècle.
Or le monde actuel, cela a commencé il y a bien longtemps déjà, mais le mouvement s'accélère, tourne le dos à la nécessaire séparation des peuples. On les mélange au contraire, et il y a des fous
pour applaudir et vanter les mérites du multiculturalisme au sein de chaque nation, ou ce qu'il en reste, et l'on prépare ainsi de redoutables guerres que l'on qualifiera de "civiles" pour mieux en
masquer les causes profondes.
Dans un pays où l'on croirait volontiers que certaines pages douloureuses sont tournées, les Etats-Unis, il s'est trouvé un pasteur, un pasteur ! noir, du nom de Jeremiah Wright, pour affirmer que
les Noirs américains devraient dire : "Que Dieu maudisse l'Amérique". C'est le pasteur de ce pauvre Barak Obama qui tente depuis de recoller le pot cassé. Cela en dit long sur l'esprit de revanche
qui anime des membres éminents de cette communauté. En un sens, je les comprends : quelle erreur, objective, je ne parle même pas de l'esclavage en tant que tel, encore une fois, je ne moralise pas
dans ces chroniques, je tente simplement de réfléchir et de comprendre, quelle faute tragique, dis-je, a été d'importer une minorité de Noirs placés en position d'infériorité pendant des décennies,
au milieu d'une majorité de Blancs encore et toujours en position de supériorité. Il ne semble plus possible, et pourtant ce serait une solution intelligente, qui plus est porteuse d'avenir pour un
continent à la dérive, qu'un retour massif en Afrique soit organisé pour ces populations, qui se perçoivent toujours comme déracinées, et qui le sont.
On récolte toujours ce que l'on sème.
Dans le fond, qu'est-ce que le racisme ? C'est une réalité, la différence, réinterprétée d'une manière idéologique ou simplement passionnelle. C'est un sentiment juste à l'origine, devenu fou.
Ce n'est ni en niant la différence, ni en essayant de la contraindre à disparaître, que l'on peut éradiquer la pollution idéologique qui peut l'instrumentaliser. C'est au contraire en la respectant
et en tirant toutes les conséquences pratiques d'une claire conscience que l'on a affaire à une réalité complexe et dangereuse, qui comme un explosif sensible au maniement, peut, à tout instant,
nous exploser dans les mains.
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