Lundi 10 novembre 2008

En d’autres temps, le candidat Sarkozy, bien inspiré ou simplement bon calculateur électoral, affirma que la présence des forces françaises « dans cette partie du monde Â» ne lui semblait pas « décisive Â».

 

 Depuis, la position présidentielle a bien évolué : voilà que notre présence est devenue indispensable pour lutter « contre le terrorisme Â» (Sarkozy), pour « une part de la liberté du monde Â» (Kouchner), pour « notre propre sécurité Â» (Fillon).
En août dernier, Nicolas Sarkozy affirme encore dans un communiqué que sa « détermination est intacte. La France est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté. La cause est juste, c’est l’honneur de la France et de ses armées de la défendre Â». Tous les ingrédients sont réunis, en quelques phrases pour nous vautrer longtemps dans l’erreur. Tout ce discours ne tient pas debout un seul instant.

 

 Dans un pays où toutes les grandes puissances, de tous temps, malgré leurs formidables moyens techniques et militaires, se sont cassé les dents, les Anglais, les Soviétiques, maintenant les Américains et nous avec eux, hélas !, où les Talibans, détestés lorsqu’ils étaient au pouvoir, ont réussi ce tour de force de reconstituer leur potentiel offensif et regagner le soutien d’une bonne partie de la population afghane, sérieusement éprouvée par cette guerre et les bavures régulières des armées d’occupation, dans ce pays compliqué, Mon Dieu !, que faisons-nous, embarqués dans une aventure simpliste, typiquement bushienne ?

 

 Le gouvernement officiel de ce pays, les troupes alliées, ne maîtrisent la situation que sur un territoire restreint.
Les populations de l’Afghanistan, composées de clans, de tribus, plus ou moins mafieux, qui s’entredéchirent régulièrement, fixées souvent dans des sanctuaires montagneux, incontrôlables, ne sont pas manipulables à souhait. Cette guerre est déjà perdue. Laissons-les vivre leur vie !

 

 Quelle sotte prétention, que j’ai eue maintes fois l’occasion de dénoncer ici, que de vouloir imposer « la démocratie Â» à ces peuples. Ce mot a-t-il seulement un sens, pour eux ?
Les délires mondialistes de Monsieur Kouchner sont vraiment risibles ! Que ne défend-il la « liberté du monde Â» à Cuba et à Pékin ? Qu’attendons-nous pour envahir ces pays et leur imposer la Démocratie Universelle, chère au cÅ“ur de Bernard ?
Quant aux luttes contre le terrorisme pour notre sécurité, elles sont assurément légitimes. Mais c’est se moquer du monde que de nous faire croire qu’en massacrant des Afghans (et parfois des innocents)  nous allons faire autre chose que renforcer les commandos de la vengeance.
Que l’on frappe, de manière ciblée, pourtant déjà avec un bonheur limité, les foyers d’entretien du terrorisme, comme le firent les Américains après le 11 septembre 2001, voilà qui se comprend, encore qu’il vaille sans doute mieux préparer discrètement, sans esbroufe, des opérations fortes et d’une grande précision.
Mais se faire, une nouvelle fois, les gendarmes du monde, c’est tout simplement irresponsable, aveugles que nous sommes devant les leçons du passé.
C’est d’autant plus surprenant de la part du monde occidental et de ceux qui s’y rattachent bien volontiers, que celui-ci, par ailleurs complexé, s’en va, se battant la coulpe, de repentance en repentance, pour des crimes plus ou moins imaginaires.
Le bon sens aurait voulu que nous ne nous laissions pas emporter dans cette occupation stupide de l’Afghanistan, sans plus d’avenir heureux probable que celle qui a ensanglanté, et qui continue à ensanglanter, l’Irak, guêpier où nous avons eu la lucidité de ne pas mettre les pieds.

 

 Le vrai scandale dans la mort de ces dix soldats français est là : ils sont morts, c’est cruel de l’écrire mais c’est la vérité, pour rien, au service d’un engagement purement idéologique, qui n’est pas le nôtre, dans un pays imprévisible, sans que les intérêts français soient de quelque manière engagés, qui nous coûtera plus de 285 millions d’euros en 2008, prix à payer en augmentation de 47% en un an.
Mais contre toute logique, nous pratiquons la fuite en avant en expédiant 700 hommes supplémentaires en Afghanistan.
Le président de notre République déclare : « Je vous dis en conscience que si c’était à refaire, je le referais. Â» Perseverare diabolicum…


Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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