Dimanche 11 janvier 2009

Le noir se porte bien. Le noir ne s’est jamais aussi bien porté. Sur soi. A fleur de peau. Bien avant le premier mardi de novembre 2008, la Barack Obamania s’épanouissait. Même Le Figaro n’avait les yeux de Chimène que pour le sénateur de l’Illinois. Mais alors depuis, quel florilège !, sur le phénomène, à travers les médias.

 

Il est vrai que c’est de toute façon une tradition française que de souhaiter l’élection du candidat démocrate. Mais lorsque celui-ci a le bon goût, en plus, d’être issu des minorités dites « visibles » (et qui n’hésitent pas ou plus à se montrer), alors c’est une petite extase politique.

A l’occasion on recueille pieusement les confidences d’Harry Roselmack, le fringant et sympathique présentateur de TF1. Pour lui « c’est l’étape ultime d’un mouvement commencé il y a quarante ans ». Et « il (Barack) n’a pas été élu parce qu’il est noir mais en dépit du fait qu’il soit noir ». Deux affirmations qui mériteraient une analyse approfondie. Le directeur de la rédaction, Serge Sebbah, du journal qui l’interroge, Télé Magazine, dans le même numéro de fin novembre, signe un éditorial dans lequel il rappelle avec un émerveillement touchant que « Hollywood avait rêvé d’Obama » par quelques films dans lesquels le rôle du président était dévolu à un afro-américain. Et de se poser cette urgente et primordiale question : «  Quand les producteurs français suivront-ils l’exemple d’ouverture des Américains ? »

Et de conclure, cassant : « Alors, messieurs, quand vous aurez fini d’applaudir l’élection de Barack Obama, vous pourrez peut-être prendre le temps de sortir de la préhistoire… ».

Alexandre Adler dans Le Figaro des samedi 8-dimanche 9 novembre 2008 reconnaît, lui, sans détours, le conditionnement de tout un peuple : « l’ascension d’un président noir à la tête des Etats-Unis a été voulue tout d’abord par une pléiade de scénaristes hollywoodiens et blancs, qui n’ont cessé depuis vingt ans de confier aux Noirs des rôles de chefs, de responsables, de pères, en un mot de leur faire occuper la place symbolique que la société américaine profonde n’avait cessé de leur dénier ». Et je rajouterai : « assez naturellement, car c’est une société blanche, dans une proportion écrasante, et consciente d’elle-même ».

 

Le magazine de cinéma, Première, de décembre 2008 s’interroge gravement : « Raciste, le cinéma français ? » Angoissés à la pensée qu’une réponse positive soit envisageable, on se précipite sur « l’enquête ». Et l’on découvre de bien  mauvaises nouvelles et quelques contradictions : « Dans la galerie des cinquante acteurs et actrices qui tournent actuellement sur nos écrans, cinq sont originaires du Maghreb et aucun n’appartient à la communauté antillaise ou africaine ». Jacques Villeret dissimulait, paraît-il, soigneusement ses origines kabyles, « de son vrai nom Jacky Bouffroura ». Ce n’était pas bien ? J’aurais pensé que c’était une forme heureuse d’assimilation. Comme celle de Monsieur Yves Montand, né Ivo Livi. Mais « ce qui n’empêche pas un certain Kaddour Merad, comédien franco-algérien né à Sidi Bel Abbes, de triompher depuis peu en superstar populaire dans Bienvenue chez les Ch’tis ». Alors faudrait savoir, faut se cacher ou faut pas se cacher ?

Tout, et le contraire de tout, est dit dans cet article ; pour les uns le cinéma est effectivement raciste, pour Zinédine Soualem, « non, le cinéma n’est pas raciste… Mais la société française, oui ! » Et l’on en vient, évidemment, ici aussi, à vouloir imposer des « quotas ». Une parole de bon sens tombe à ce propos des lèvres de Greg Germain, acteur antillais : « Ne convoquons surtout pas des Noirs pour jouer des Noirs mais des acteurs pour jouer des rôles ».

Personne ne semble se poser cette simple question : la majorité de ce peuple français, qui n’est pas, pas encore peut-être, composée de Noirs et de Maghrébins, ne cherche-t-elle pas, assez naturellement à retrouver sur les écrans de télévision et de cinéma, des histoires, des physiques de comédiens qui la renvoient à elle-même, à sa culture, à sa couleur de peau, à sa mentalité, à sa civilisation ?

 

Pour en revenir au président des Etats-Unis, qu’il me soit permis de faire remarquer qu’il n’est pas noir. Il est métis et plus précisément, c’est un mulâtre.Voir en lui le vengeur des pauvres Africains réduits en esclavage traduit, une fois de plus, cette réalité que, dans ce domaine comme dans tant d’autres, le bon sens et la vraie connaissance des faits font cruellement défaut à beaucoup. Barack Obama a toutes les chances d’être lui-même tout aussi bien un descendant des esclavagistes noirs qui n’ont pas manqué, durant des siècles de pratiquer la traite de leurs congénères, on veut bien le croire tout de même d’une ethnie concurrente, ou de tribus arabes, lesquelles n’étaient d’ailleurs pas en reste dans l’exploitation de l’homme par l’homme.

Mais ce qui est le plus cocasse dans cette affaire, c’est que les laudateurs d’Obama, insistant à l’envi sur ses origines, soulignent son appartenance à une race bien définie alors même que ce mot et ce qu’il recouvre leur font horreur, les mêmes niant l’existence des races (voir ma chronique « races et racisme »).

Et en se réjouissant si bruyamment qu’un « Noir » ait battu un « Blanc » ils flirtent, qu’ils le veuillent ou non, avec une forme insidieuse de racisme. Il suffit, pour s’en convaincre d’imaginer la situation inverse.

L’autre grande leçon de cette agitation médiatique autour de la couleur de peau de l’élu, c’est la tétanisation des Blancs. Ces Blancs qui semblent organiser par ailleurs, méthodiquement, leur disparition de la planète, se couchent devant la pensée unique, l’adoptent avec une servilité consternante et se préparent, sans aucun doute possible maintenant, des lendemains qui ne chanteront pas pour eux.

 

Non seulement l’élection de Barack Obama suscite des réactions euphoriques tout à fait risibles, mais le triomphe de ce « copain » de Nicolas (dixit Sarkozy), montre du doigt l’essentiel du peuple français. En effet il n’y a, dans l’Hémicycle qu’une députée de couleur élue en métropole : la socialiste George Paul-Langevin. L’Amérique nous aurait donc infligée une « leçon » et l’inutile (ce que vient de découvrir Bernard Kouchner !) secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Rama Yade, se permet d’exiger : « Le souffle provoqué par l’élection de Barack Obama doit sonner le moment de la mobilisation, avec des résultats concrets ». Le moins que l’on puisse dire est que tout ce discours a des relents racistes. Mais un racisme anti-blanc qui n’en est jamais un, bien entendu.

 

 

Eh bien, à provocation, provocation et demie. Pour me placer sur le même (bien mauvais) plan que tout ce joli monde, je tiendrais volontiers, en tant que Blanc, le discours suivant :

-Il est scandaleux que Barack Obama, à la suite de plusieurs concours de circonstances, représentant d’une minorité et même d’une toute petite minorité, celle des métis, (même si cette catégorie ne semble pas répertoriée aux USA où il est considéré comme « Noir »), soit le président d’une majorité composée de Blancs.

En bon démocrate conséquent, je considère que l’élection aurait dû se jouer, de par la loi, entre John McCain et Hillary Clinton. Il ne devrait pas être permis à un non-Blanc d’être candidat tant que son « groupe racial » ne représente pas au moins 50% des électeurs.

Raisonnement absurde ? C’est pourtant le même que celui des « autres », retourné.

 

Est-il besoin de préciser que la seule bonne et saine question est celle-ci : « Barack Obama est-il compétent pour diriger l’Amérique ? »

 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Chroniques "frivoles" (ou presque)
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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