Lundi 29 juin 2009

                                     

L’Etat est donc une drogue. En manque d’Etat le corps social souffre. Même le patronat, toujours prompt à demander à celui-ci de « rester à sa place », n’hésite pas à l’occasion du moindre de ses petits malheurs, à l’inviter à se mettre à la sienne.

Est-ce bien raisonnable ?

L’Etat est un cancer : laissez-le faire et  il envahit tout le champ des libertés des citoyens pour mieux administrer, contrôler, sanctionner.

On serait donc tenté de proclamer : Vive l’Anarchie !

Hélas !, l’Anarchie (prise un temps au sérieux, comme système politique, bien entendu), est une douce utopie. Elle ne pourrait prendre un peu de réalité que dans des groupes humains de taille modeste, vivant en autarcie sur des territoires protégés de toute incursion étrangère, donc ne concernerait que des communautés n’ayant pas connu de vrais développements. Et encore, même celles-ci ne se privent ni de dieux, ni de maîtres, ni de tabous.

Si ces mondes-là se rencontrent peut-être encore dans quelques zones oubliées de l’Amazonie, ce ne sont plus les nôtres.

L’Etat, ou ce qui y ressemble, devient, dans une société complexe, une nécessité, ne serait-ce que pour protéger le peuple de l’agressivité d’autres populations exogènes.

Même faible, il n’est pas d’exemple de nation qui ne possède un Etat. Et l’Etat moderne, autoritaire comme démocratique, a tendance à devenir un Etat plus ou moins totalitaire, (au sens propre du terme : « Qui prétend englober la totalité des éléments d’un ensemble donné », en l’occurrence ici la Nation ou les Patries).

 

 

Alors si l’Etat est tout à la fois indispensable et « un être énorme, terrible, débile. Cyclope d’une puissance et d’une maladresse insignes, enfant monstrueux de la Force et du Droit » (Paul Valéry), quel rôle assigner à ce bien nécessaire toujours menaçant de se transformer en mal superflu ?

La raison commande : le plus petit rôle souhaitable dans l’ordre de la conduite des peuples. Le plus grand rôle possible dans l’ordre de la protection des peuples.

On sait que sans lui les populations seraient en proie à deux fléaux : la guerre civile, ou du moins l’affrontement de groupes se faisant justice eux-mêmes (nous y sommes d’ailleurs avec les petites émeutes et autres règlements de comptes de banlieues), la guerre étrangère, ou du moins l’invasion plus ou moins légale du territoire (nous y sommes avec l’immigration clandestine).

Protéger les citoyens honnêtes de ceux qui ne le sont pas. Protéger tous les citoyens, honnêtes ou pas, parce qu’ils relèvent tous du même devoir d’assistance, de ceux qui sont étrangers à la communauté concernée.

Je peux passer alliance avec mon employeur, avec mon employé, sans que l’Etat ne doive s’en mêler, sur la base du contrat librement consenti. Je ne peux me faire justice (ne serait-ce que parce que je n’en ai pas souvent les moyens), contre autrui, d’où qu’il vienne, sans courir le double risque d’ajouter du désordre au désordre et d’être inefficace.

Contenir l’Etat, nécessité absolue, c’est le contraindre à rester dans son emploi. C’est déjà considérable ! La police, la justice, l’armée doivent dépendre de lui.

 

 

Et au-delà ? Je dirais : c’est tout !

Et pour toute autre revendication de pouvoir supplémentaire, l’Etat est prié de demander poliment au peuple, libre, ce qu’il souhaite.

Pour vivre, certes, il lui faut lever un impôt. C’est la juste contrepartie du service rendu. Mais l’impôt doit être le plus général (payé par tous), et le plus anonyme qu’il soit. Sinon commence la perquisition permanente que ne peut accepter un peuple vraiment libre.

De ce point de vue-là, la TVA est le plus acceptable de tous les impôts. On peut souffrir aussi, à condition qu’il soit modéré dans son taux, un prélèvement sur les bénéfices des entreprises, dont les comptes sont publics, et qui sont des entités, pas des individus.

 

 

Et au-delà ? Je dirais : c’est tout !

Un Etat, pas miséreux bien sûr, mais pauvre, est un Etat modeste. Il doit être géré avec prudence, en bon père de famille. Et donc il doit veiller, chaque année, à rendre moins qu’il n’a reçu.

Car cet Etat protecteur, en cas de crise grave, nous y sommes, doit pouvoir mobiliser ses économies pour, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, aider les plus démunis à ne pas tomber dans l’indigence, et pour peu que le produit de la charité privée fasse défaut ou soit insuffisant. C’est aussi cela l’intelligence du cœur associée à ce que Charles Maurras aurait appelé « l’empirisme organisateur », et c’est  cela un Etat sain gouverné par la raison.

 

 

Cet Etat-là, est-il besoin de le préciser ?, ce n’est pas le nôtre, qui défend mal le citoyen, mais  qui gaspille les deniers publics depuis des décennies, qui s’est arrogé le droit de réglementer la vie des affaires, du travail, de la famille, de l’éducation en générale, sexuelle en particulier, et d’être, en plus, électricien, constructeur automobile et banquier.

Ceci expliquant largement cela, il est en faillite, comme l’a avoué courageusement un premier ministre pas brillant mais pas idiot, curieusement attelé à un président flamboyant, lui, mais pas très subtil, auquel la banqueroute latente de la puissance publique inspire une sorte de fuite en avant qui creuse un peu plus chaque jour le gouffre déjà effrayant de nos dettes et déficits.

La descente aux enfers financiers de l’Etat n’est pas le résultat d’une quelconque défaillance d’un mauvais gestionnaire comme on en a connu régulièrement au fil des siècles d’histoire ; ne se succèdent à la tête de l’Etat et de son  gouvernement, entourés de moult conseillers compétents, que des esprits éclairés et capables. Elle est en fait induite par la nature même de cet Etat : Etat moderne, démocratique, omnipotent, rendu impotent, gavé qu’il est de toutes les promesses clientélistes que chaque élection lui a fait absorber pour bien les satisfaire.

 

 

Cet Etat peut-il se réformer par lui-même ? J’en doute fort, car il me semble que la première, la seule en définitive, des questions qu’il convient de se poser, n’est pas de s’interroger pour savoir s’il faut ne pas remplacer, comme ça, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (pourquoi pas 2 ou 2,5 sur 3 d’ailleurs ? De toute façon il y en a des millions de trop !), non la première question et que personne ne semble plus se poser est la suivante : A quoi sert l’Etat ?

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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