Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 00:46

Alors, sous prétexte de lutte contre la fameuse « discrimination », on invente la Halde (cf. ma chronique : HALDE-LA !), machine à contrôler les entreprises, on promulgue des lois (dites « Gayssot », « Taubira »…) pour contraindre les historiens et tout quidam à penser comme il faut sur certains sujets, on multiplie, au nom de la sécurité, les règlements qui enserrent le citoyen dans un corset intellectuel toujours plus ajusté.

 

 

Le commandement « tu ne tueras pas » peut suffire à rendre prudent l’automobiliste qui se fera un devoir (moral) de ne pas prendre de risques insensés mettant en danger sa vie et celle d’autrui.

Mais le « tu ne tueras pas » étant largement foulé aux pieds comme la pratique de l’avortement (et maintenant, par une logique inéluctable, l’infanticide qui est vécu par leurs auteurs comme un simple avortement retardé, et donc licite), le démontre aisément, il n’y a plus d’interdit et par là même de transgression. Tous les automobilistes sont potentiellement coupables d’excès de vitesse. Tous doivent donc être surveillés de près. Le moralisme s’abat sur eux pour leur intimer l’ordre, à tout instant, sur tous les chemins, de ne pas dépasser des limitations, pourtant souvent absurdes.

Et radars et gendarmes se multiplient pour maîtriser tous ces mauvais citoyens en puissance, qui encourent d’ailleurs désormais des dangers sérieux sur les routes, contraints qu’ils sont de fixer constamment leur tableau de bord plutôt que le macadam.

A tout prendre, il vaudrait mieux éduquer, dès leur plus jeune âge, des hommes, libres de leurs mouvements, au respect de l’autre, et de soi-même, par la morale, et accepter le risque du manquement, du péché dirait le chrétien. Et que passe, ensuite, la justice. L’obsession du « zéro défaut » sur les voies de circulation étant aussi stupide que le dogme qui affirme que la généralisation de l’usage du préservatif prémunit contre la propagation du sida.

 

 

La morale est chose naturelle. Sous toutes les latitudes, à toutes les époques, dans toutes les philosophies et religions, ou ce qui en tient lieu, des lois morales ont été édictées qui peu ou prou, merveilleusement, convient les hommes à l’observance des mêmes disciplines. A ce niveau de convergence, ce n’est pas le fruit du hasard, mais la manifestation éclatante d’aspirations profondes, communes à l’humanité, inscrites dans le cœur, l’esprit ou l’âme, comme l’on voudra, des êtres humains. Le décalogue en offre une excellente synthèse.

Que l’on considère que cet appareil est le fruit de la seule sagesse humaine ou qu’il est le don d’une sagesse supérieure et transcendantale, peu importe, le résultat est le même : la morale universelle, naturelle, est faite de bon sens, de raison, de sens du bien commun, de recherche de paix et d’abord de paix intérieure. Richesse offerte à tous, elle préexistait hier, elle existe aujourd’hui, elle existera demain. Ce faisant elle échappe aux manipulations, elle protège des vendeurs de nouveautés conditionnées dans de récentes et plus ou moins obscures officines. Enseignée, à la base, dans la famille, les corps constitués, mais, in fine, toujours sujette à rejet, elle ne peut être durablement l’instrument des puissances du moment dont le peuple a encore la possibilité d’exiger qu’elles se soumettent à ses lois, elles-aussi.

 

 

Le moralisme, lui, est typiquement la dernière invention des maîtres-penseurs du moment. Il piétine les règles de la morale éternelle au profit des lois précaires, votées par des majorités parlementaires de circonstances. Mais il se drape aussitôt le vote acquis, dans les plis d’une légitimité démocratique qui se veut définitive et l’autorise à être impitoyable envers l’individu-citoyen, congénital suspect.

Ayant sapé les conditions qui peuvent permettre à chacun, à une majorité en tout cas, d’être vertueux par volonté propre, le moralisme s’acharne, artificiellement, à caricaturer la morale qu’il rejette, en inventant le placebo éthique, dernier avatar d’une pensée qui fuit le réel.

 

 

Le développement d’une société policière, subtilement totalitaire, voilà la seule perspective que nous offre une société moralisatrice, quand disparaît la civilisation morale.

 

(A suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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