Partager l'article ! VERITE, FOI ET RAISON: Nous nous sommes permis d'affirmer qu'il existait une Vérité suprême (voir l'article LA VERITE). Nous avons ...
Le journal de François-Xavier Gelin
Nous nous sommes permis d'affirmer qu'il existait une Vérité suprême (voir l'article LA VERITE). Nous avons défendu la Raison (cf. mon article ainsi nommé), "comme guide dans notre investigation réfléchie et ordonnée de ce que l'on cherche à connaître". Nous avons peu parlé de la Foi.
Les voici toutes trois rassemblées ici pour apprécier leurs relations réciproques sous un angle précis, dans le cadre de cette question : La Foi et la Raison toutes deux mises au service de la recherche de la Vérité, sont-elles condamnées, par définition, à s'ignorer ou à se combattre ?
La réponse donnée par beaucoup est : oui. On s'en rend compte dans de nombreux discours de nos contemporains. A chacun son domaine : la Foi est religieuse, c'est une affaire strictement privée, particulière. La Raison est malmenée mais elle est sacralisée dans un domaine précis, la science, affaire publique, universelle. Les mêmes qui succombent à toutes les approches purement sentimentales, passionnelles, de moult questionnements qui nécessiteraient un traitement au moins par le bon sens, ne jurent pour le reste que par le rationalisme scientifique.
Sans atteindre le délire du scientisme, idéologie qui fait de la science la seule source de vérité, de sens et de valeur, c'est une position dans le droit fil du positivisme d'Auguste Comte. Celui-ci récuse toute métaphysique, rejette les prétentions de la religion à dire la vérité des choses. Il assigne à la science, au savoir en règle générale, de s'en tenir à l'établissement de lois avérées et stables. La démarche de Newton est exemplaire à ses yeux : Il a démontré la loi de la gravitation mais s'est bien gardé de se prononcer sur la nature de ce phénomène, ou sur son origine. Ce que refuse désormais A. Comte c'est que l'on réponde à la question : pourquoi ? C'est bien assez de répondre à la question : comment ? Cette modestie (apparente) imposée à la science est de bon aloi. Laissons précisement à la religion de répondre à la première interrogation. Auguste Comte fixe même des limites à l'ambition de connaître. Ainsi, dit-il, on ne saura jamais la composition chimique des étoiles pour la bonne et simple raison que jamais on n'y abordera.
Las ! Chassez le naturel de l'homme, il revient au galop...
A la fin de sa vie, voilà qu'il considère que l'humanité forme un ensemble organique, il l'appelle le Grand-Être. Il s'autoproclame Grand-Prêtre du positivisme. Bref, il établit une nouvelle religion, avec culte et rituel, sombrant, lui, esprit pourtant brillant, dans le grotesque.
Or aujourd'hui, on ne manque pas de rencontrer, à défaut d'adeptes de la religion positiviste, des personnes convaincues que les religions sont inutiles même souvent nuisibles et que la vérité est détenue par la science, par les sciences, qui, un jour, élucideront tout. Le pourquoi et le comment ? On peut le penser. Ou plus exactement que la réponse au : comment ? épuisera la nécessité de répondre à : pourquoi ?
Mais les mêmes ne prennent pas conscience du caractère dogmatique, idéologique (donc, selon leur point de vue, de même nature que les religions), de cette affirmation de foi : un jour la science nous donnera une explication de tous les phénomènes aujourd'hui encore mystérieux. (De même que la médecine guérira tout le monde de tout, de même que l'humanité n'aura un jour plus faim, etc.) Cette mystique de la raison scientifique ne s'appuie que sur le "prolongement des courbes", piège bien connu qui se referme régulièrement sur tant d'experts patentés. Le culte du progrès indéfini repose sur les progrès déjà réalisés dans le passé. Les apparences donnent quelque crédit à cette croyance. Mais, outre que la régression dans certains domaines est sous nos yeux, comment fonder, d'un point de vue scientifique, cette foi ?
Surtout cette soumission intellectuelle, ce scientisme, puisqu'il faut bien l'appeler, de nouveau, par son nom, exclut tout système de valeur qui ferait obstacle à ses recherches. Les savants fous, mêlés aux sages, sont aussi à l'oeuvre. Bénéficiant de l'apathie, sinon du consentement, du plus grand nombre qui s'en remet aux apôtres de cette grande manipulation. Il n'est donc pas un champ, scientifique, ou de vie humaine, qui échappe à la déraison grandissante.
On voit donc comment une pensée qui se veut rationnelle peut se dégrader en idéologie dès l'instant où elle s'aventure, avec ses propres présupposés, sur le terrain qu'elle prétend stérile, celui de la Foi, en devenant à son tour une foi au petit pied.
Les religions, singulièrement et exemplairement, la religion chrétienne, ne récusent pas toutes la Raison. Non seulement elles ne la récusent pas, mais elles lui reconnaissent toute sa place. Mais rien que sa place. Elle est grande. La place du comment et aussi du pourquoi, dans bien des matières. Jusques et y compris dans la sphère religieuse, dans le cas du christianisme. je ne peux que renvoyer là-dessus mes lecteurs au désormais célèbre discours du pape Benoit XVI (auquel je faisais allusion dans L'ISLAM (1)), dit de Ratisbonne prononcé le 12 septembre dernier.
Notez, justement, que pour le chrétien, la Raison elle-même peut conduire à la Foi. Comprendre pour croire. "La création est belle et Dieu n'a jamais demandé aux hommes d'être des moutons broutant l'herbe sans penser." (Chistian Godin, philosophe) Ni les opposer, ni les confondre : distinguer les deux domaines de la Foi et de la Raison, tout en les faisant collaborer, c'est possible.
Ainsi Thomas d'Aquin les réconcilie en énonçant cinq "preuves" réfléchies de l'existence de Dieu. Il faut bien raisonner pour les réfuter. Ne pas se contenter de les accuser d'être au service de la cause chrétienne.
Augustin fut, après une vie bien dissolue, intellectuellement convaincu de l'existence de Dieu et de ce qui en découlait. Mais il ne croyait pas encore. Si son esprit était conquis, il manquait à son âme de faire une rencontre, celle de Jésus-Christ. Jusqu'au jour où...
C'est pour cela que la Foi, considérée par l'Eglise, à juste titre, comme un don de Dieu, est irréductible à la Raison comme son fondement. Et combien d'hommes auront souffert et souffrent encore, de ne pas croire tout en se "doutant de quelque chose"...
Répondant au "questionnaire de Proust", Yann Moix, auteur du livre et du film, Podium, livre ceci, au premier abord surprenant, à la question "A quoi croyez-vous ? " : "Je crois à l'amour, à l'art et à la religion. Je ne crois pas en Dieu (souligné par moi), mais savoir, là, maintenant, pendant que je parle [...] que des gens croient en Dieu, ça me fait du bien. Et ça me rassure".
Que les rationalistes se rassurent eux aussi : ils peuvent toujours prétendre que la Foi est une illusion du coeur. C'est une thèse tout à fait crédible. "Où est-il leur Dieu ? On ne l'a jamais vu !"
Mais que les rationalistes s'inquiètent, pareillement : on ne saurait opposer la vérité de la Raison à la vérité de la Foi et les faire, en même temps, cohabiter. S'il y a une vérité suprême (et je ne vois pas comment on peut rejeter cette... vérité, cf. mon article sur le sujet), vérité de la Raison et vérité de la Foi sont, soit, en dépit des apparences, non seulement non contradictoires, mais convergentes par des voies différentes vers la "démonstration" de la même nécessité de Dieu, soit la seconde est un leurre, collectif ou individuel, mais sans qu'il soit garanti que la première puisse jamais apporter la preuve irréfutable de sa seule pertinence et de ce que le ciel est vide.
L'homme, kierkegaardien ou pas, n'a pas fini de s'angoisser.
POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG
Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.
("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)
Bonjour,
Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.
La Page No-27, DEUX TOURS !
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Clovis Simard