L'ISLAM

Lundi 2 octobre 2006

 

Il y a plusieurs semaines de cela, j'ai entrepris l'étude de l'Islam. Il n'était pas initialement dans mon intention d'utiliser les matériaux réunis, dans le cadre de ce blog, tout au moins pas dans l'immédiat.

 

 

Le contenu du discours du pape à Ratisbonne le 12 septembre dernier, la flambée de violence, allant jusqu'à l'assassinat d'une religieuse italienne à Mogadiscio, que déclencha dans les pays musulmans un court passage de son texte, les réactions et les commentaires en Occident, parfois étonnants, traduisant souvent une méconnaissance du problème posé, voire sa déformation, m'incitent à ne plus retarder la publication du résultat de mes investigations. D'autant que ce dont il est question c'est, encore une fois, de la raison ; le propos de Benoît XVI ne portait que marginalement sur le rapport entre violence et Islam mais constituait d'abord et avant tout une interpellation de l'Europe sur son substrat gréco-judéo-chrétien, incontestable, et que l'on pourrait formuler ainsi, en s'inspirant d'une autre interrogation célèbre de son prédécesseur : "Europe, qu'as-tu fait de ton héritage grec?".

 

 

A fortiori, l'Islam, centré sur lui-même, nous pose une redoutable question.

 

 

S'agissant d'un vaste sujet, il fera l'objet d'une série d'articles publiés en "feuilleton", bien entendu, en alternance avec la poursuite de nos autres analyses (et "respirations"!) afin de ne pas lasser le lecteur attaché à la diversité des thèmes abordés.

 

 

Je suis de ceux qui pensent que l'Islam sera au XXIe siècle (ou durant une partie de celui-ci) un défi majeur pour le reste du monde. Certains parlent de "communisme du nouveau siècle", la nouvelle gangrène idéologique qui menace ce qu'il est convenu d'appeler "l'Occident", de Tel-Aviv à San Francisco. Quoi qu'il  soit, concurrent, adversaire ou ennemi, il me paraît nécessaire, comme toujours, de le connaître, de bien le connaître, afin d'en juger plus sûrement. Chacun a sa "petite idée", bien entendu, plus ou moins fondée, sur la réalité de cette religion. J'ai voulu en savoir plus à travers diverses lectures. Dans ce qui suit, je ne prétends pas, et je ne la cherche pas non plus d'ailleurs, à l'exhaustivité. Je m'intéresse à l'Islam sous deux angles essentiels : en quoi il diffère (de), s'oppose aux religions chrétiennes et juive qui nous concernent le plus directement ; en quoi il est un danger pour un monde laïcisé et, en résultante de ces deux approches, dans quelle mesure la coexistance pacifique est possible avec lui.

 

 

Le premier livre que j'ai voulu ouvrir, c'est le Coran. Pourquoi ? Tout d'abord, évidemment, parce que c'est un texte, LE texte, fondateur de l'Islam, et sacré pour les musulmans puisque dicté par Dieu en personne à Mahomet. Ensuite parce que si l'on se contente de lire les commentateurs, complaisants ou malveillants, soit l'on vérifie ce qu'ils écrivent, soit on leur fait confiance, impressionné à l'occasion par de multiples renvois en bas de page, et l'on risque d'être abusé. Et commencer par lire le Coran, avec un minimum de préjugés, présente tous les avantages du "regard neuf" que l'on peut poser sur une découverte. En contrepartie on prend le risque, faute de connaissances savantes, de ne pas tout comprendre. Encore une fois, cela n'est pas très grave s'il s'agit d'un point de détail sur telle ou telle obligation morale, ou sur un fait historique, compte tenu des raisons de notre curiosité, et les commentaires ultérieurs de gens plus compétents que vous et moi viendront nous éclairer, précisément.

 

 

J'ai porté attention à la traduction étudiée. C'est important. En effet, d'une part il s'agit de la parole de Dieu lui-même qui s'est exprimé en arabe, qui est donc de ce fait la langue divine, la seule : toute traduction est délicate, elle peut être trahison du texte initial, même en toute bonne foi. D'autre part, justement, un traducteur intentionné pourrait faire dire au Coran, dans un sens ou dans un autre, ce qu'il ne dit pas.

 

 

Pour ces raisons, j'ai choisi "le Coran" de M. Jean Grosjean (*) dont il est précisé que "cette traduction a été revue et corrigée suivant les indications de l'Institut de Recherches Islamiques d'El Azhar", (**) lequel Institut confirme tout naturellement du coup que : "Cette traduction se distingue, pour la première fois, parmi les différentes traductions déjà publiées en langue française, par le soin extrême apporté au style de la rédaction ainsi que par la fidélité au sens".

 

 

Le Coran n'est pas un gros livre : 363 pages dans ce format livre de poche. Il est vrai que chaque page pleine comporte tout de même 40 lignes et environ 60 signes par ligne. Le Coran est divisé en chapitres, appelés sourates (1er chiffre, romain), elles-mêmes comportant des versets (second chiffre). Il y a 114 sourates, les premières (à l'exception de la toute première) de longueurs importantes, les dernières très courtes (la II, 25 pages, la XIII 4 pages, la 114e, 5 lignes). Ce classement par ordre décroissant a-t-il une signification ?

 

(à suivre)

 

 

(*) Le Coran traduit par Jean Grosjean, éditions Philippe Lebaud, collection Points, série Sagesses 1979, 8 euros.

(**) Université islamique fondée au Caire en 973 par les fatimides, la plus ancienne du monde et la plus prestigieuse dans la communauté arabe et musulmane.

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 12 octobre 2006

 

En ouvrant le Coran, je pensais, sincèrement, par ouï-dire, que j'abordais la lecture d'un livre poétique, dense, construit. J'ai été très déçu.

 

 

Jean Grosjean, le traducteur, est un poète. Hommage lui est rendu : "On ne peut rêver traducteur plus expert et plus naturel que le poète Jean Grosjean (...) Grâce à lui, le Coran nous est enfin révélé dans ses pouvoirs et ses ivresses" (Alain Bosquet). "La traduction restitue non seulement le message, mais aussi le souffle poétique du Coran dans sa beauté sacrale" (Tahar Ben Jelloun). Soit. Je dois être réfractaire à cette poésie-là. Peut-être ne peut-on y goûter, encore une fois, que dans le texte original ? Reste à apprendre l'arabe...

 

 

Je trouve, au contraire, le Coran très prosaïque. On ne peut s'empêcher de sourire même, en lisant certaines phrases : "Dieu fait vite les comptes" (II, 203), "Mais une révélation lui est révélée" (LIII, 4), "Quand la terre sera secouée de secousses" (LVI, 4). "Attention ! quand l'âme remonte entre les clavicules, on dit : Qui peut y remédier ?  "(LXXV, 26). Et quand M. de La Palice se fait musulman, il ne s'exprime pas avec légèreté : "Vous les incroyants, je n'adore pas ce que vous adorez et vous n'adorez pas ce que j'adore. Non, je n'adore pas ce que vous adorez et vous n'adorez pas ce que j'adore. A vous votre religion, à moi la mienne" (CIX, en entier). Si Dieu est l'auteur du Coran, il aurait pu faire mieux. Si c'est Mahomet, on ne s'étonnera pas du résultat, qui fait dire à Dieu, en parlant de lui : "Nous ne lui enseignons pas la poésie, ce n'est pas son fait, mais un avertissement et un coran explicite" (XXXVI, 69).

 

 

Le Coran est incroyablement répétitif. Si d'une sourate à l'autre, on retirait ce que l'on a déjà lu dans les précédentes, plus d'une fois et souvent dans quasiment les mêmes termes, on diviserait le volume de l'ouvrage par 3. Certes la répétition est pédagogique mais là, il y a surdose ! Goebbels disait que si l'Eglise catholique avait tenu pendant 2000 ans c'est parce qu'elle avait répété inlassablement la même chose et il en tirait quelques principes pour la propagande nationale-socialiste. La comparaison s'arrête là. Mais on ne peut s'empêcher de penser que le Coran applique la même technique, consciemment ou non. De ce fait le Coran est soporifique, d'autant plus que l'on est bercé de phrases courtes, majoritaires. J'ouvre le Coran au hasard. Imaginez que vous lisiez 20 pages à la suite d'une littérature qui accumule les versets de ce type : "Quand il y arriva, il lui fut crié : Moïse ! Je suis ton Seigneur. Ôte tes sandales. Oui, tu es dans la sainte vallée de Towâ. Je t'ai choisi. Ecoute ce qui t'est révélé. Oui, je suis Dieu. Nul n'est dieu que moi. Adore-moi. Fais la prière en mémoire de moi..." (XX, 11 à 14), et que certaines phrases reviennent plusieurs fois, vous comprendrez pourquoi, en cas d'insomnie, il faut ouvrir ce livre pour s'apaiser. On comprend aussi pourquoi le Coran s'apprend par coeur, et se récite, se psalmodie pendant des heures. Cette monotonie tient sans doute aussi au fait que le Coran ne raconte pas une histoire, comme la Bible, il raconte certes des histoires (au sens propre, au sens propre... ), celles de Noé, Abraham, Moïse (très prisée cette dernière, on y revient souvent), mais, pour l'essentiel, ce livre assène des impératifs catégoriques qu'il paraît très dangereux de ne pas respecter.

 

 

Quelle est la logique d'exposition de la pensée divine ? Difficile à dire. Le texte effectue de nombreux allers-retours d'un thème à un autre. Les sourates ont des titres. Mais le contenu de la sourate n'a parfois qu'un lien  très ténu avec son titre. Ainsi la sourate IV, les femmes : on pourrait croire que cette sourate rassemble tout ce que Dieu a à en dire, mais outre qu'il a déjà été question de femmes (et des prescriptions les concernant) dans des sourates précédentes, on y trouve aussi en 15 pages, bien d'autres considérations sans rapport direct avec le sujet principal. La sourate XLVII nommée Mahomet  va-t-elle nous en apprendre plus sur le prophète ? Il est mentionné par son nom, au verset 2, ce qui est rare. A part cela rien de nouveau.

 

 

De fait le Coran est un véritable patchwork. Reconstituer la Charia, c'est-à-dire l'ensemble des règles de vie, des lois, des usages et des interdits, que le musulman doit respecter dans son existence, disséminés dans tout le texte, est un bel exercice de recherche.

Il faudrait approfondir l'étude des conditions de rédaction du Coran. Il a été écrit plus de 10 ans après la mort du prophète. Mahomet vécut l'événement de la Révélation en 610. Un ange lui ordonna de "réciter" : "Récite !", Iqra ! De ce verbe vient le mot Coran, qui signifie "récitation". La présentation de l'éditeur nous dit que "la révélation du Coran (...) sera une épreuve longue, progressive, fragmentée, douloureuse, échelonnée sur 23 ans, avec des précisions et des corrections successives". Elle a donc été conservée oralement, récitée par les compagnons de Mahomet. Tout ceci pourrait expliquer cela.

( A suivre)

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 19 octobre 2006

Le contenu du Coran est conditionné par quelques idées imposées jusqu'à l'obsession.

Ainsi de l'unicité de Dieu. Le nombre de sourates qui échappent à ce rappel constant est limité. Il est dénoncé les "dieux", les "ajouteurs". Dans ce cadre les chrétiens sont sans aucun doute plus mal vus que les juifs. Mahomet n'a rien compris au mystère de la Sainte Trinité (nous non plus d'ailleurs, mais nous admettons cette donnée qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes. Mahomet, lui, voit trois dieux et visiblement il n'apprécie pas du tout).

"Vous qui avez le livre, n'outrez pas votre religion, ne dites sur Dieu que la vérité. Le messie Jésus fils de Marie n'est que l'apôtre de Dieu, sa parole jetée à Marie et un esprit de lui. Croyez en Dieu et en ses apôtres. Ne dites pas : trois. Cessez, cela vaudra mieux. Dieu est un dieu unique, c'est tout. Gloire à lui. Quel enfant aurait-il ? A lui sont les êtres des cieux et de la terre. Dieu est le protecteur qui suffit" (IV, 171). Mieux, Jésus lui-même a démenti être fils de Dieu : "Quand Dieu demandait : Jésus fils de Marie, as-tu dit aux hommes : Prenez-nous, moi et ma mère, comme des dieux à côté de Dieu ? Et il répondit : Gloire à toi, je n'ai pas à dire ce que je ne dois pas dire" (V, 116). Enfin, nec plus ultra, Jésus annonce lui même Mahomet : "Jésus fils de Marie disait : Fils d'Israël, je suis pour vous l'apôtre de Dieu, je confirme ce qui est venu de la Thora et j'annonce après moi un apôtre à venir du nom de Très-Glorieux" (LXI, 6).

Autre leitmotive du Coran : la nécessité de croire en Mahomet, de se convertir à l'Islam, l'énumération des châtiments et des récompenses qui attendent incroyants et croyants, avec un crescendo comme s'il y avait urgence grandissante à convaincre, voire à contraindre. N'oublions pas que Mahomet consacra les dix dernières années de sa vie, de 622 à 632, à faire la guerre, à soumettre des peuples à sa volonté, période durant laquelle, comme évoqué plus haut, le Coran était encore en évolution orale.

Entendons-nous bien, Mahomet n'est qu'un homme comme un autre (pas de déification bien sûr) : "Mahomet n'est qu'un messager. Des messagers ont passé avant lui" (VII, 144). Mais comme il détient la parole même de Dieu, il est fortement conseillé de le croire sans sourciller. Ce qui lui vaut sans doute des privilèges quant au nombres de femmes à posséder : "Prophète, nous t'avons permis tes épouses à qui tu as donné un douaire, les captives que Dieu t'a fait acquérir à la guerre, les filles de tes oncles et tantes paternels, celles qui ont émigré avec toi, toute croyante qui se donne au prophète s'il veut l'épouser. Tel est ton privilège mais non celui des croyants" (XXXIII, 50).

 

 

Dès la sourate II les "incroyants" (on reviendra sur cette notion), sont menacés du pire des châtiments s'ils ne se convertissent pas (ou s'ils ne se laissent pas convertir... ). Et plus les sourates passent, plus Dieu/Mahomet insistent. "Ceux qui font le mal, leur faute les enveloppe, ils seront pour toujours les hôtes du feu" (II, 81). "[les incroyants] seront dans un souffle tuant et une eau bouillante à l'ombre d'une fumée brûlante sans fraîcheur ni munificence [...] oui, égarés, oui, négateurs, vous mangerez aux arbres Zaqqoum, vous vous en remplirez le ventre et boirez là-dessus de l'eau bouillante, vous boirez comme des chameaux assoiffés. Tel sera leur lot le jour du jugement" (LVI, 42 -55). Méfiez-vous donc des arbres Zaqqoum.

 

 

Pourtant Dieu est miséricordieux. Toutes les sourates s'ouvrent sur : "Au nom de Dieu le Miséricordieux plein de miséricorde" (sauf une, curieusement, la sourate IX "la repentance" : erreur d'édition ?). Il est souvent écrit l'équivalent de ceci : "Son Seigneur lui est revenu, il est celui qui revient, celui qui a pitié" (II, 37). "Oui, Dieu est bon pour les hommes, il a pitié" (II, 143). Mais après analyse, attention ! il semble bien que cette miséricorde soit réservée aux croyants (entendez, d'ores et déjà, les musulmans) qui se repentent de leurs erreurs. Le Dieu de Mahomet se désintéresse de la brebis égarée : "Les infidèles, avertis-les, ne les avertis pas, c'est pareil, ils ne croient pas. Dieu a scellé leur coeur et leurs oreilles, ils ont un bandeau sur les yeux, à eux le tourment sans borne" (II, 6 - 7). "Ne t'attriste pas de ceux qui s'enfoncent dans l'incroyance. Ils ne font aucun tort à Dieu. Dieu ne leur donnera aucune part à l'autre vie. A eux le tourment sans borne" (III, 176). Tout au contraire l'hostilité de Dieu, sa haine contre les incroyants ne fait pas de doute, au point de les "soumettre à la tentation" : "Regarde comme nous envoyons les satans exciter les incroyants. Ne te hâte pas contre eux. Nous comptons leurs jours [...]nous pousserons comme à l'abreuvoir les criminels vers la géhenne" (XIX, 83 -86). Ce Dieu crie vengeance, il menace à longueur de sourates. "Oui, Dieu maudit les incroyants, il leur a préparé un brasier" (XXXIII, 64). "On criera aux incroyants : Dieu vous a plus en haine que vous ne vous haïssez vous-mêmes quand, appelés à croire, vous êtes restés dans l'ignorance". (XL, 10).

(à suivre)  

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 26 octobre 2006

A l'inverse, aux croyants, sont promis des délices dans l'au-delà. Dans les premières sourates il n'est question, sobrement, que de "jardins où les ruisseaux circulent" (II, 25). Mais plus l'on avance dans la lecture du Coran, plus le musulman fidèle est mis en appétit : "Mais les dévoués esclaves de Dieu recevront le don qu'on sait, des fruits, et seront à l'honneur dans les jardins du délice, étendus sur des lits les uns en face des autres ; Pour eux une coupe d'eau vive circulera, pure, délicieuse à boire, non enivrante, inépuisable. Près d'eux seront les vierges chastes aux grands yeux comme une secrète nacre" (XXXVII, 40-49). Et encore : "Description du jardin promis aux fidèles : il y a là des ruisseaux d'eau incorruptible, des ruisseaux de lait inaltérable, des ruisseaux de vin délicieux, des ruisseaux de miel pur, toutes sortes de fruits et un pardon de leur Seigneur" (XLVII, 15). Vous noterez au passage l'introduction du vin en paradis. Et encore : "dans les jardins du délice, beaucoup d'anciens et peu de récents, côte à côte sur des trônes et accoudés face à face. D'immortels jeunes gens circulent parmi eux avec des coupes, des aiguières et des gobelets d'un breuvage limpide dont ils ne seront ni excédés ni enivrés, avec des fruits qu'ils choisiront avec les chairs d'oiseaux qu'ils désireront. Et des houris aux grands yeux pareilles à la perle cachée pour salaire de leurs oeuvres [...] seront parmi les jujubiers sans épines et des acacias alignés, sous d'amples ombrages, près d'une eau vive, avec une abondance de fruits non encore cueillis mais non défendus. Ils auront des lits élevés et les parfaites que nous avons faites et gardées vierges et amoureuses et toutes du même âge" (LVI, 12-37). Précisons qu'il s'agit du sort réservé "pour les gens de la droite" (sic). Les gens "de la gauche", eux, mangent aux détestables arbres Zaqqoum. Chers lecteurs qui votez socialiste n'y voyez aucune allusion désagréable. Et comme si cela ne suffisait pas : "Dieu les a gardés de ce mauvais jour, il leur fait trouver la fraîcheur et la joie. Il les a payés de leur patience avec un jardin et de la soie. Ils sont accoudés sur des trônes sans subir de soleil ni de froid. Les ombrages sont près d'eux et les fruits à cueillir s'inclinent très bas. Entre eux circuleront des vases d'argent et des coupes de cristal, un cristal d'argent de grande valeur. Ils boiront à une coupe dont le mélange sera de gingembre, source là-bas nommée Salsabil. Parmi eux circuleront des garçons toujours jeunes que tu verras comme des perles éparses. Tu verras là-bas un délice et un faste royal. Ils seront vêtus de satin vert et de brocart, parés de bracelets d'argent et leur seigneur leur donnera une boisson pure à boire. Oui, c'est votre salaire, car votre zèle a été reconnu" (LXXVI, 11-22. Je m'interroge sur ces garçons : l'homosexualité, condamnée ici-bas (VII, 81), serait-elle autorisée là-haut ?). On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.

 

Que faire pour mériter un tel paradis ? Combattre. Ses mauvais penchants ? Certes il en sera question, brièvement. Respecter des règles de vie : elles ne manquent pas, et tatillonnes. Mais surtout il faut combattre les incroyants.

 

 

Quelques versets évoquent les vertus qu'il convient d'exercer : "La piété est de croire en Dieu et au jour dernier, aux anges, au livre et aux prophètes, de donner de son bien pour l'amour de Dieu aux proches, aux orphelins, aux pauvres, au voyageur et aux mendiants et pour affranchir les esclaves, et de faire la prière et d'acquitter l'aumône. Ceux qui emplissent leurs engagements, qui endurent l'adversité, le malheur et le danger sont dans le vrai, ils sont fidèles" (II, 177).

 

Les règles sont nombreuses, on ne peut en rendre compte ici dans le détail, ce serait hors sujet principal, mais notons qu'elles peuvent être d'une précision étonnante : "Faites pour Dieu le pèlerinage et la visite. Et si vous êtes empêchés, envoyez ce qui vous est facile comme offrande. Ne vous rasez pas la tête avant que l'offrande ne soit au lieu d'immolation [...] qu'il jeûne trois jours au pèlerinage et sept à son retour, dix jours en tout" (II, 196). "Les femmes répudiées attendront trois menstrues [...] Et leurs maris ont droit de les reprendre pendant ce temps, s'ils veulent la réconciliation" (II, 228). "Les mères qui veulent allaiter tout à fait allaiteront deux années entières". (II, 233) "Ceux qui meurent et laissent des femmes, que ces femmes attendent quatre mois et dix jours". (II, 234) "Quant à vos enfants, Dieu ordonne : au garçon une part comme pour deux filles. S'il n'y a que des filles, deux ou plus, à elles les deux tiers de l'héritage et s'il n'y en a qu'une, la moitié. Aux père et mère, un sixième chacun si le défunt laisse un garçon et sinon, si le père et la mère héritent, un tiers. Mais s'il a des frères, etc." (IV, 11, je vous fais grâce du reste !) A noter, en complément, que le châtiment corporel est bien autorisé pour les femmes : "celles dont vous craigniez la désobéissance, exhortez-les, reléguez-les dans leurs chambres, frappez-les, mais si elles vous écoutent ne les querellez plus, car Dieu est sublime et grand" (!) (IV, 34). Mais à l'occasion les femmes peuvent être défendues. Avant de les accuser, il faut être sûr de son fait : "Ceux qui accusent les dames sans pouvoir produire quatre témoins, fouettez-les de quatre vingts coups de fouet et n'acceptez plus leur témoignage, ce sont des pervers" (XXIV, 4) etc.

 

( à suivre

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 2 novembre 2006

Qui sont les incroyants qu'il faut combattre ?

J'ai pu croire un instant que les juifs et les chrétiens pouvaient être épargnés de la condamnation de tout ce qui n'est pas musulman. Il est vrai que les versets se suivent et ne se ressemblent pas toujours sur le sujet. On sent bien que Mahomet, héritier de la Bible, se reconnaissant des prédécesseurs prophètes prestigieux, Abraham, Moïse, Jésus, doit "jongler" pour distinguer, dans le fond, les bons juifs et les bons chrétiens, des mauvais, les premiers étant des musulmans qui s'ignorent, restés fidèles à leurs prophètes respectifs, mais pas au Talmud ni à l'Eglise. Le Coran souffle le chaud et le froid. Mais plus souvent le froid. Ainsi, bien que soient clairement distingués les croyants (sous- entendu les musulmans) des autres, dès le début du livre, le salut semble possible pour tous : "Mais les croyants, les juifs, les chrétiens, les sabéens, ceux qui croient en Dieu et au jour dernier et dont l'oeuvre est fidèle, leur salaire est près de leur Seigneur, ils n'auront ni crainte ni tristesse." (II, 62) Mais juifs et chrétiens sont renvoyés dos à dos : "Les juifs disent : les chrétiens ne se fondent sur rien. Les chrétiens disent : les juifs ne se fondent sur rien. Et pourtant ils récitent le livre. Tous les ignorants tiennent le même langage. Dieu décidera entre eux au jour de la résurrection." (II,113) "Ils disent : Soyez juifs ou chrétiens, vous serez bien guidés. Réponds : Non. Suivez la religion d'Abraham, ce sincère qui n'ajoutait pas des dieux". (II, 135) Et pour cause, Abraham est musulman comme Moïse : "Moïse dit : Mon peuple, si vous croyez en Dieu, fiez-vous à lui, si vous êtes musulmans." (X, 84) Pourtant les livres des juifs et des chrétiens sont reconnus, Dieu "a révélé la Thora et l'Evangile" (III, 3). Et sans doute peut-on espérer un "dialogue interreligieux" comme l'on dit si bien aujourd'hui : "Ne discutez que courtoisement avec ceux qui ont le livre, sauf avec ceux d'entre eux qui sont injustes. Dites : Nous croyons à ce qu'on nous a révélé et à ce qu'on vous a révélé. Notre Dieu est unique, le même que le vôtre et nous lui sommes soumis." (XXIX, 46) Cependant tout de suite après cela il est précisé que "Seuls les infidèles nient nos versets" (XXIX, 47).

 

 

Et les infidèles, voilà l'ennemi. Les combattre est une obligation : "Ne combattrez-vous pas ces gens qui ont violé leurs serments et voulu bannir l'apôtre et vous ont attaqués les premiers ? Les craignez-vous ? C'est Dieu qui mérite d'être craint, si vous êtes croyants. Combattez-les. Dieu les châtiera par vos mains et les couvrira de honte." (IX, 13) Dieu doit fustiger la tiédeur des croyants, Mahomet a besoin de soldats, ne l'oublions pas, pour conquérir Médine et autres lieux !  "Les croyants disent : Pourquoi ne révèle-t-on pas une sourate ? Mais quand on révèle une sourate claire qui mentionne de combattre, tu vois ceux qui ont un mal dans le coeur te regarder d'un regard de moribond, alors que le mieux pour eux est d'obéir et de répondre comme il le faut [...] Si vous tournez le dos, ne risquez-vous pas de semer le désordre sur la terre et de rompre vos parentés ? Dieu maudit ces gens-là, il les rend muets, il aveugle leurs yeux. Ne vont-ils pas méditer le Coran ? ou leur coeur est-il verrouillé ?" (XLVII, 20-24).

A diverses reprises ces mauvais musulmans sont montrés du doigt, qui refusent de combattre sur "le sentier de Dieu". "Dis aux bédoins restés à l'arrière : vous êtes appelés contre un peuple redoutable, il faut les combattre ou qu'ils se fassent musulmans. Si vous obéissez, Dieu vous donnera un beau salaire. Si vous tournez le dos comme l'autre fois, il vous frappera d'un affreux tourment." (XLVIII, 16) Mahomet avait beaucoup de difficultés à convaincre les bédouins de le suivre dans ses expéditions militaires...

 

 

"Combattez au sentier de Dieu ceux qui vous combattent, mais ne soyez pas transgresseurs, Dieu n'aime pas les transgresseurs. Tuez-les où que vous les trouviez, chassez-les d'où ils vous chassaient. La persécution est pire que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sainte avant qu'ils vous combattent. S'ils vous combattent, tuez-les, c'est le salaire des incroyants. Mais s'ils s'arrêtent, Dieu pardonne, il a pitié." (II, 190-192) : on mesure toute l'ambiguïté de ce texte, de l'ensemble de ceux que j'ai relevés, voire leurs contradictions. Ce qui n'empêche pas Mahomet/Dieu d'écrire à propos du Coran : "S'il n'était pas de Dieu, ils y trouveraient maintes contradictions" (!) (IV, 82). Mais la cause est entendue : "Vous qui croyez, ne prenez pas de juifs ou de chrétiens pour amis. Ils sont amis entre eux. Qui les prend pour amis sera des leurs, mais Dieu ne conduit pas le peuple coupable." (V, 51) A l'occasion les pires ce sont les juifs !  "Tu verras que les plus hostiles aux croyants sont les juifs et les ajouteurs. Tu verras que les plus près d'aimer les croyants sont ceux qui disent : Nous sommes chrétiens. C'est qu'il y a chez eux des prêtres et des moines et qu'ils sont sans orgueil" (V, 82), mais cette indulgence semble venir de la suite immédiate : "Quand ils entendent ce qui est révélé à l'apôtre, tu vois leurs yeux ruisseler de larmes parce qu'ils reconnaissent la vérité." (V, 82) Car, toujours et encore : "Les incroyants qui nient nos signes seront les hôtes de la fournaise." (V, 86) Mais le combat continue : " Quand vous rencontrez des incroyants, frappez-leur la nuque jusqu'à les abattre et liez-les bien fort. Puis quand cesse le fardeau de la guerre, libérez-les ou exiger rançon." (XLVII, 4) "Ne sont croyants que ceux qui ont cru en Dieu et en son apôtre, et n'ont plus douté, et ont combattu corps et biens dans le sentier de Dieu. Ceux-là sont sincères." (XLIX, 15) Il ne faut pas s'y méprendre, ce n'est pas d'un combat spirituel qu'il s'agit ! Et charité bien ordonnée... : "Mahomet est l'apôtre de Dieu. Ses partisans sont durs pour les incroyants, mais bons entre eux." (XLVIII, 29)

Que conclure de ceci : "Les incroyants avec qui vous avez fait un pacte et qui ne vous ont pas fait tort et n'ont aidé personne contre vous, eh bien respectez ce pacte jusqu'à son terme car Dieu aime les fidèles. Une fois passés les mois sacrés, tuez les incroyants où que vous les trouviez. Prenez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades. S'ils se repentent, font la prière, acquittent l'aumône, laissez-leur le champ libre, car Dieu pardonne, il a pitié." (!) (IX, 4-5) A défaut de tuer l'incroyant, on peut le rançonner, c'est incontestablement plus rentable : "Ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier et n'interdisent pas ce qu'interdisent Dieu et son apôtre et ont le livre sans pratiquer la religion vraie, combattez-les jusqu'à ce qu'ils paient le tribut directement et humblement." (IX, 29)

 

(à suivre) 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Jeudi 9 novembre 2006

Voici ce que dit le Coran, voici donc ce que dit Dieu. On ne peut rien y changer : "Ceux qui ne comptent pas nous rencontrer disent, quand on leur récite nos versets explicites : Apporte un autre Coran ou change celui-ci. Réponds : ce n'est pas à moi de le changer. Je m'en tiens à ce qui m'est dévoilé. Si je désobéis à mon Seigneur, je crains le tourment d'un jour terrible." (X, 15)

"Pour Dieu la religion c'est l'Islam. Ceux qui ne croient pas aux versets de Dieu, Dieu est prompt à leur demander compte." (III, 19) Voila qui est "explicite" comme dit le livre.

Comme souligné avant de commencer, tout n'est pas clair pour le non-initié ; un tel passage nécessite une explication : "Attention le livre des libertins est dans le Sijjîn. Comment saurais-tu ce qu'est le Sijjîn? " (LXXXIII, 7-8). Oui, comment ? A la fin de l'ouvrage, quelques notes expliquent certains passages. Mais le traducteur lui-même avoue parfois son ignorance (IV, 3 ; V, 66 ; XIV, 9).

 

 

En introduction, l'éditeur a fait figurer une chronologie. En 632 Mahomet meurt. Le rédacteur écrit qu' "il paraît inconcevable qu'une armée de citadins et de bédouins puisse jaillir du désert pour conquérir, bataille après bataille, une immense part du monde. Plus impossible encore qu'elle impose une religion, un mode de vie, une civilisation qui en est à ses premières ébauches. L'imprévu, l'inexplicable va cependant se réaliser. A sa source, un livre : le Coran." C'est de la naïveté ou de la complaisance, à moins que l'auteur de ces lignes veuille dire que le Coran avait un pouvoir propre à fanatiser les foules des fidèles, ce que l'on croit aisément après l'avoir lu, car enfin, à coup de sabre, on peut beaucoup ! En 633 les musulmans font la conquête du Yémen, et c'est parti pour cent ans d'avancées jusqu'en 732, lorsqu'un dénommé Charles Martel les arrête à Poitiers. Il est certain que les disciples du Christ, armés de leurs seules vertus théologales de Foi, d'Espérance, et de Charité, furent un peu moins performants...

 

 

J'entends des lecteurs murmurer : "Bien que vous vous en défendiez, vous avez lu le Coran avec vos lunettes occidentales, héritier que vous êtes d'une autre civilisation, vous persiflez..."

Certes. J'ai persiflé, je persifle, et je persiflerai encore ici et ailleurs comme je l'ai annoncé dans POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG, "parce que je n'imagine pas d'écrire, y compris sur des sujets "sérieux" sans pointes d'humour, d'ironie, voire de causticité". Sans méchanceté aucune à l'égard des personnes, je l'espère.

Mais, pour en revenir au Coran, outre que vous avez pu prendre connaissance de ce qui précède, citations qui parlent d'elles-mêmes, je ne saurais trop vous conseiller de le lire. Lisez le Coran. Entièrement. Dans un pays qui compte sans doute désormais près de dix millions de musulmans, français et étrangers, résultat de la politique menée par nos gouvernements depuis 32 ans (en sachant qu'en 1974, l'immigration a été, officiellement, stoppée !), je crois que lire le Coran, pour un non-musulman, est plus qu'une initiative judicieuse, c'est un devoir.

Enfin, donnons la parole à la défense et à l'illustration. Mais à quelle plaidoirie apologétique se fier ?

La Mecque n'est pas Rome. Comme le souligne Ghaleb Bencheikh, "chaque musulman est in fine son propre évêque".

 

 

J'ai dans les mains deux livres qui devraient pouvoir se compléter. Celui de Sayyid Abul A' la Maudoudi (1903-1979), natif de l'Inde du Sud, celui du sus-nommé Ghaleb Bencheikh el-Hocine, fils de l'ancien recteur de la grande mosquée de Paris. Deux générations, deux parcours, deux intellectuels aux points de vue différents.

Comprendre l'Islam de A. Maudoudi (*), Alors c'est quoi l'Islam ? (**) de G. Bencheikh. Ils ne sont pas dans la même position : le livre du premier se veut un exposé "bref mais clair de l'ensemble de l'Islam" (avertissement de l'auteur), rédigé à l'origine en 1932, révisé en 1973, à l'occasion de sa traduction. C'est l'ouvrage d'un professeur. Le second est sur la défensive : l'éditeur nous dit qu'il a "bien voulu se prêter au jeu" de répondre à des questions dont certaines se veulent embarrassantes. A. Maudoudi est un éminent penseur, théologien, auteur de 80 livres, un militant aussi, qui mena une lutte inlassable pour que le Pakistan devienne un Etat islamique, ce qui lui valut des années d'emprisonnement et même une condamnation à mort à laquelle il échappa "sous la pression des protestations universelles dans le monde musulman" (note de l'éditeur). Il fonda le Jammâ' at Islâmi, "mouvement de renouveau", en 1941, et inspira les frères musulmans.

Comprendre l'Islam est un livre à l'usage des jeunes et des étudiants, musulmans ou non-musulmans, "qui désireraient connaître le vrai Islam mais qui n'ont pas l'accès aux sources fondamentales de l'Islam en arabe" (Maudoudi). L'éditeur, en 1972, indique que le livre a été adopté par "la plupart des écoles et collèges sur le continent indo-pakistanais" et qu'il a été traduit dans de nombreuses langues. On peut donc raisonnablement conclure que cet ouvrage n'est pas une version destinée au monde occidental, qu'il reflète bien la pensée vraie de son auteur.

Nous le suivrons à travers les paragraphes des chapitres de ce manuel, qui ont le mérite d'être numérotés et, en regard, nous rapprocherons ses écrits de ceux de G Bencheikh, physicien, docteur ès sciences, de formation philosophique, présentateur de l'émission Islam sur France 2, vice-président de la Conférence mondiale des religions pour la paix.

 

(à suivre)

(*)Abul A' la Maudoudi, Comprendre l'Islam traduit et publié sous l'égide de l'Islamic Foundation England, par Mlle M. Rayon, 1973.

(**)Ghaleb Bencheikh, Alors c'est quoi l'Islam  ? , Les Presses de la Renaissance, 2001.

 

 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Mercredi 15 novembre 2006

Maudoudi rappelle qu'Islam est un mot qui signifie soumission, obéissance. "En tant que religion, l'Islam prêche la soumission et l'obéissance totale à Allah." (4) Or l'univers obéit à des lois, à un ordre, qui sont la loi de Dieu. On peut donc dire que "tout l'univers suit littéralement la religion de l'Islam [...] le soleil, la lune, la terre, et tous les autres corps célestes sont donc "musulmans" tout comme l'air, l'eau..." .(6) Et l'homme, en ce sens qu'il obéit lui aussi à des lois biologiques, "est né et restera musulman" (8), mais au titre de son libre arbitre il a la liberté de choisir, d'être ou de ne pas être musulman, "et c'est la façon dont on exerce cette liberté qui divise l'humanité en deux groupes : les croyants et les incroyants." (8)

Bencheikh, lui, distingue l'islam avec un "i" minuscule qui "renvoie à la religion dans ses sens spirituel, culturel et liturgique" (p.13). C'est, par exemple, l'équivalent du "christianisme". Avec un "I" majuscule, il désignerait plutôt une civilisation et une aire géographique occupée. L'équivalent de "chrétienté". Et il s'inscrit en faux contre la définition de Maudoudi : "Quant à l'étymologie du mot lui-même, "islam" dérive de la racine triconsonantique arabe S.L.M., qui donne salam et qui, en dépit de tout - maintenant plus que jamais - (c'est moi qui souligne, interrogatif), signifie "paix" et "salut". S'islamiser revient ainsi à entrer dans la Paix... C'est une pacification de l'âme. Par ailleurs on a coutume de traduire le mot "islam" par "soumission".[...] (cette traduction) est totalement fausse." (p.13) Pourtant il concède que la "périphrase qui rend le mieux son sens est : "Déprise de soi pour une remise de soi confiante et dans la paix à... ", en l'occurence à Dieu." (p.14)

 

 

Maudoudi décrit le sort, peu enviable, du "Kâfir", l'incroyant, victime du "Kufr" qui "signifie littéralement "couvrir", "dissimuler" (11). Par son incrédulité le Kâfir cache que "sa nature est instinctivement orientée vers l'Islam" (11). "Il tâtonne dans les ténèbres," (11) "Bien pire le Kufr est une tyrannie" (13). Car l'homme agit alors contre la justice et sa propre nature. Mais le Kufr n'est pas simplement tyrannie, il est "pure rébellion, ingratitude, infidélité." (15) Pour autant, l'homme qui adopte l'attitude du Kufr, ne fait aucun tort à Dieu, "au contraire (souligné par moi) cette désobéissance ne fait que précipiter l'homme sur le chemin de la ruine et de la disgrâce" (16). Doit-on conclure en la plus grande indifférence de Dieu ? C'est bien ce que nous avions cru comprendre en lisant le Coran (Cf. L'ISLAM (3)). Le Kâfir est donc une créature détestable à tous points de vue qui "ne répandra que confusion et désordre sur la terre. Sans l'ombre d'un remords il versera le sang, violera les droits de ses semblables, sera cruel envers eux [...] un tel homme peut ruiner la paix et l'équilibre de la vie sur la terre."(17) Rien de tel ne peut arriver, bien entendu, si vous adoptez l'attitude de l'Islam ; le croyant "sait distinguer le Bien du Mal [...] il choisit le Bien." (22) "C'est un homme intelligent, sincère." (23) "Sa vie sera une vie de pureté, de piété, d'amour, d'altruisme." (30) "Il sera l'homme le plus honoré,et le plus respecté." (31) "Il sera l'homme le plus puissant et le plus efficace." (32)  "Il sera l'homme le plus riche." (33) " "Il sera l'homme le plus révéré, le plus aimé, le plus populaire." (34) Bref, et je vous épargne de tous les développements de Maudoudi : "Il n'y a pas de mots pour décrire tout le mérite d'un tel homme." (34)

Faire injure à cet homme serait assurément coupable et c'est pour cela que "si vous avez compris la véritable nature d'un musulman, vous serez convaincu qu'il ne peut vivre dans l'humiliation, l'asservissement ou la soumission. Il est destiné à devenir le maître (souligné par moi)." (35) Maudoudi conclut ce chapitre en affirmant : "Voilà l'Islam, la religion naturelle de l'homme [...] tous ceux qui reconnurent Dieu et aimèrent la vérité ont cru en cette religion et s'y sont conformés. Ils furent tous des musulmans, qu'ils aient appelé ce mode de vie Islam ou pas. Quelqu'en fut le nom, il signifiait Islam, et Islam uniquement." (37)

Bencheikh dit, à sa manière, la même chose : "L'Islam ne se veut pas une religion nouvelle [...] C'est la réactualisation du monothéisme original et radical. L'Islam se présente donc comme la religion de la prime nature, celle qui, via la Révélation coranique relie l'homme à son créateur. En somme, l'islam est une religion primordiale et immuable." (p.14-15)

(les chiffres entre parenthèses après les citations d'Abul Maudoudi sont les numéros des paragraphes de son livre).

 

(à suivre)

 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Samedi 25 novembre 2006

Les Arabes, la langue arabe, en un mot la terre d'Arabie : Dieu ne pouvait pas faire d'autres choix. Ce sont les meilleurs : "Les arabes étaient un peuple neuf et viril [...] ils étaient [...] dénués de la paresse, de l'avilissement et des vices nés du luxe et de la satiété sensuelle [...] Ils étaient courageux, généreux, fidèles à la parole donnée etc." (86)

Maudoudi concède qu'il y avait dans leur vie morale quelques impuretés, mais c'est parce qu'aucun prophète ne s'était manifesté parmi eux depuis des millénaires. Alors Muhammad (Mahomet en français)  vint, et "en vérité, c'était bien un tel peuple, jeune, plein de force, viril, qui était nécessaire pour répandre les enseignements du prophète universel". (86) Il n'y avait pas de langue plus appropriée que la langue arabe pour "toucher le coeur de l'homme et l'incliner à la soumission à Dieu". (87)

Pour Maudoudi, il y a mille quatre cents ans "les ténèbres régnaient" sur le monde et l'indignité humaine était grande. Mahomet est "complètement illettré" et ce n'est que par l'intervention divine que l'on peut comprendre comment il put acquérir l'immense connaissance suffisante pour "transformer un bédouin illettré en un chef, non seulement de son propre pays, mais du monde entier et pour tous les âges à venir". (96)

Persécuté, la foi, la persévérance de cet homme "sont des preuves éloquentes de la véracité suprême de sa cause". (110)

Commence alors un panégyrique du prophète dont je vous épargne les détails, mais qui prête à sourire, ce bédouin illettré s'étant transformé en "philosophe unique", "réformateur remarquable", "politicien illustre", "incomparable général", etc. (114) "Le marchand silencieux et amoureux de la paix" (115) est devenu "un si grand général qu'il conquit l'Arabie tout entière en neuf ans." (115) "Cet homme tranquille et réservé" (116) devint "un réformateur politique et un homme d'Etat remarquable". (115) "Il transforma des barbares en gens civilisés, des méchants en gens pieux." (117) Et le tout accompli, si l'on en croit notre auteur, "sans employer ni ruse, ni violence, ni cruauté, mais grâce à ses manières captivantes, sa personnalité morale attachante, et la conviction de son enseignement." (118)

Bencheikh, sur toute cette épopée, fait preuve de sobriété, dans le cadre limité, il est vrai, de son livre. Il est d'une grande discrétion sur la geste militaire de Mahomet, et il se garde bien d'en faire un surhomme affirmant que "le Coran est l'unique miracle qui (lui) fut accordé". (p.24)

Mais Maudoudi, lui, continue sur sa lancée et fait de Mahomet "un des 'phares' de l'humanité". (123)

Et de faire appel à un certain Arthur Léonard, à John Davenport, Bertrand Russel, un historien, Robert Briffault pour conforter cette thèse. Pour le premier, "l'Islam a en fait accompli une tâche immense". (124) Pour le deuxième, "les sarrasins d'Espagne peuvent être considérés comme les pères de la philosophie européenne" (125), pour Russel, "la science, la philosophie, la poésie et les arts s'épanouissaient tous... dans le monde musulman à une époque où l'Europe était plongée dans la barbarie". (126) Le dernier écrit qu'"il est fort probable que sans les arabes, la civilisation européenne n'aurait jamais acquis ce caractère qui lui a permis de transcender toutes phases antérieures d'évolution". (127) Enfin un certain Stanwood Cobb affirme : "L'Islam fut le créateur virtuel de la Renaissance en Europe". (127) Sur ce terrain, Bencheikh n'est pas en reste, qui qualifie la civilisation musulmane de "tout simplement impériale" (p.33) annexant même les poètes Lamartine et Rimbaud, ce qui paraît abusif (p.33) Pour lui "la culture dite occidentale s'est longtemps enrichie de la musulmane". (p.36) 

Mais rien n'arrête, de son côté, Maudoudi. Il faudrait citer entièrement les paragraphes 128 à 138 qui constituent un dithyrambe époustouflant. Nous devons, à peu près tout, au prophète. "La silhouette sublime de cette personnalité merveilleuse domine de si haut tous les grands hommes de tous les temps, que tous les héros nationaux semblent des nains en comparaison avec lui." (132) Même Hegel et Marx sont appelés à cautionner l'émergence d'un tel homme : "L'époque et les conditions exigeaient la naissance d'un chef qui pourrait créer une nation et fonder un empire". (134) Mais l'on reste stupéfait par cet aveu : "L'Arabie, dans les circonstances où elle se trouvait alors, avait un besoin criant d'une personnalité qui fondrait en une seule nation des tribus rivales, et poserait les bases de leur solidarité et de leur bien-être économique en amenant d'autres pays sous leur domination - bref, un guide national qui aurait toutes les caractéristiques d'un Arabe de ce temps là, et qui, grâce à la cruauté, l'oppression, le sang versé, la fourberie et l'hypocrisie, ou par n'importe quel moyen, bon ou mauvais, aurait enrichi son propre peuple, et laissé un royaume en héritage à ses successeurs". (133)

Après tout cela, Maudoudi rappelle cependant "qu'il n'y avait rien de particulier dans son message". (140) C'est que Mahomet proclamait lui-même : "Je suis un être humain comme vous-mêmes. Je ne vous ai rien apporté de ma propre initiative. Tout cela m'a été révélé par Dieu. Tout ce que je peux posséder lui appartient. Ce message dont l'humanité tout entière n'est pas capable de produire l'équivalent, est le message de Dieu, il n'est pas le produit de mon propre esprit. Chacun de ses mots m'a été inspiré par lui, et toute la gloire lui en revient. Tous les actes merveilleux qui parlent en ma faveur à vos yeux, toutes les lois que j'ai données, tous les principes que j'ai énoncés et enseignés, rien ne vient de moi. Je serais tout à fait incapable de produire de telles choses du seul fait de mes capacités personnelles. Je cherche les directives divines en toutes choses. Tout ce qu'il ordonne, je le fais, tout ce qu'il édicte, je le proclame". (141)

Peut-on mieux signifier que le Coran et tous ses écrits sont intouchables ? De cette "modestie" de Mahomet, qui ne s'attribue aucun mérite, aucune pensée personnelle, alors qu'il est tout simplement génial, Maudoudi tire la conclusion qu'"un tel homme était le véritable messager de Dieu".(143) "Quiconque étudie sa vie et ses enseignements sans préjugés attestera qu'en vérité, il fut le vrai prophète de Dieu, et que le Coran -le livre qu'il a donné à l'humanité- la vraie parole de Dieu. Aucun chercheur impartial et sérieux ne peut manquer d'arriver à cette conclusion." (144)

 

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Mardi 5 décembre 2006

Maudoudi aborde ensuite les articles de la foi islamique. L'enseignement le plus fondamental, c'est la foi en l'unicité de Dieu : "Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu. Cette belle expression est le fondement de l'Islam et son essence même. [...] Le fait d'accepter ou de rejeter cette phrase crée une différence énorme entre les hommes. Ceux qui y croient forment une communauté unique, et ceux qui la rejettent forment le groupe adverse". (157)

Quels sont les effets de la croyance en la "ilâha illallâh", (il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu) ? "Un croyant en cette kalima (article de foi) [...] croit en un Dieu qui est le créateur des cieux et de la terre, [...] il regarde toutes choses dans l'univers comme les possessions du même Seigneur auquel il appartient lui-même. [...] Sa sympathie, son amour et son aide ne sont pas réservés à une sphère ni à un groupe particulier. [...] Le croyant sait qu'Allah seul  est le détenteur de tout pouvoir, et que personne à part Lui ne peut protéger un homme ou lui nuire, pourvoir à ses besoins, prendre ou donner la vie, user d'autorité ou d'influence. [...] Cette foi produit aussi en l'homme un sentiment de modestie et d'humilité. Cela le rend simple et sans prétention. Un croyant ne devient jamais orgueilleux, hautain ou arrogant. L'orgueil bruyant du pouvoir, de la richesse, n'ont pas de place en son coeur, car il sait que tout ce qu'il peut posséder lui a été donné par Dieu, et que Dieu peut retirer aussi bien qu'il peut donner. [...] Cette foi rend l'homme honnête et vertueux. Il a la conviction qu'il n'existe pour lui d'autre moyen de parvenir au succès et au salut que par la pureté de l'âme et par un comportement intègre. Il a une foi sans faille en Dieu qui est au dessus de tout besoin et n'est dépendant de personne. Car Dieu est infiniment juste, et personne n'a de part ou d'influence dans l'exercice de Ses pouvoirs divins. [...] Cette foi apporte à son coeur une extraordinaire consolation, l'emplit de satisfaction et entretient son espoir. Quand bien même il rencontrerait en ce monde le découragement à chaque pas, si tout contrecarrait ses desseins, si tout venait à lui manquer, sa foi en Dieu et la confiance qu'il place en Lui ne le quittent jamais, et avec leur réconfort il continue la lutte." (176) etc. A cette lecture on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec le christianisme. Sauf que, bien entendu, Maudoudi jette Kâfir (incroyant) Muchrik (celui qui associe d'autres divinités à Dieu) et Dahriya (athée) dans le même panier : Aucun de ceux-là ne peuvent bénéficier des bienfaits décrits ci-dessus, car ils "vivent toujours sur de faux espoirs [...] Certains croient que le fils de Dieu s'est sacrifié en expiation de leurs péchés, d'autres [...] De telles croyances erronées les maintiennent dans les mailles du péché et des mauvaises actions, et comme ils dépendent de leurs divinités, ils négligent de purifier leurs âmes et de vivre des vies droites et bonnes". (176)

 

 

Encore une fois, Maudoudi insiste fortement : "Dans les enseignements de Mahomet la foi en un Dieu unique est le principe capital, fondamental. C'est la base même de l'Islam et la source de son pouvoir. Tous les autres dogmes, commandements et lois de l'Islam reposent tous sur cette base. Tous tirent leur force de cette source. Ecartez-la, et il ne reste rien de l'Islam". (177)

 

 

Ainsi du traitement des anges : croire en leur existence est le deuxième article de la foi islamique, mais qu'il soit clair que "solliciter leur aide est dégradant et avilissant pour l'homme". (182)

Le troisième article est la foi dans les livres de Dieu. "Les livres qu'il a envoyés à l'humanité par l'intermédiaire des prophètes à diverses époques." (185) Maudoudi y range, "les livres d'Abraham, la Thora de Moïse, le Zabour (psautier) de David, et l'injîl (Evangile) de Jésus-Christ". Mais ces livres sont soit perdus soit pervertis : "Le fait est que la Parole originelle de Dieu n'est conservée ni chez les juifs ni chez les chrétiens. Le Coran, au contraire, est intégralement conservé et on n'y a pas changé ni soustrait un iota". (note du 187)

Tant et si bien que l'on peut s'interroger sur la "foi" en ces livres évoquée plus haut. De fait Maudoudi va s'employer par la suite à montrer que les "différences notables entre le Coran et les livres antérieurs, font du premier le seul guide pratique du croyant".

 

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Samedi 16 décembre 2006

De même, il convient de croire (4e article) que des messagers de Dieu ont été suscités parmi chaque peuple, Maudoudi en dénombre 124.000 ! mais "nous ne pouvons pas être positifs à propos de ceux qui ne figurent pas sur la liste des prophètes cités nommément dans le Coran" (193). Il faut donc être prudent vis-à-vis des autres. "Quant aux fondateurs de ces religions, nous devons nous garder de prononcer un jugement sur eux, de peur de nous rendre coupables d'irrévérence envers un prophète." (193)

Mais, cités dans le Coran ou pas, les prophètes "du passé" sont dépassés. "Il incombe maintenant à chaque être humain d'avoir foi en Mahomet (la paix soit avec lui) et de ne suivre que lui. Pour devenir un vrai musulman, un disciple du genre de vie du Prophète, il est nécessaire d'avoir une foi totale en Mahomet (la paix soit avec lui) et d'affirmer que :

a) Il est véritablement un prophète de Dieu,

b) Ses enseignements sont absoluments parfaits, exempts de toute erreur,

c) Il est le dernier des prophètes de Dieu ; après lui, il n'apparaîtra plus aucun prophète dans aucune nation jusqu'au jour du jugement dernier, ni aucune personne en laquelle il serait nécessaire de croire pour un musulman". (195)

 

Le cinquième article de la foi islamique est la foi en une vie après la mort.

 

"Ces cinq articles constituent le fondement de l'Islam. Celui qui y croit rentre au sein de l'Islam et devient un membre de la communauté musulmane. Mais il ne suffit pas de proclamer sa foi verbalement pour devenir un musulman complet. Pour le devenir, il faut appliquer intégralement les instructions laissées par Mahomet (la paix soit avec lui) telles qu'elles lui ont été inspirées par Dieu. Car la foi en Dieu entraîne nécessairement l'obéissance pratique à Sa parole ; et c'est l'obéissance à Dieu qui constitue l'Islam. Par cette foi vous proclamez qu'Allah seul, le Dieu unique est votre Dieu ; cela signifie qu'il est votre créateur et vous Sa créature ; qu'il est votre Maître et vous Son esclave ; qu'il est votre Chef et vous Son sujet. Après l'avoir reconnu comme votre Maître et Chef, si vous refusez de Lui obéir, vous êtes de votre propre aveu un rebelle. En même temps que vous avez foi en Dieu, vous croyez que le Coran est le livre de Dieu. Ceal signifie que vous avez admis tout le contenu du Coran comme inspiré par DIeu. Ainsi il est de votre devoir d'accepter, et d'obéir à tout ce qui s'y trouve. En même temps vous avez admis que Mahomet (la paix soit avec lui) est le messager de Dieu ; ce qui signifie que vous avez admis que chacun de ses ordres et de ses interdictions viennent de Dieu. Si vous admettez cela, il est de votre devoir de lui obéir. Par conséquent, vous ne serez un musulman complet que lorsque vos actes seront en accord avec vos paroles, sinon votre Islam restera incomplet." (218)

 

On ne saurait être plus clair sur le caractère non-négociable du moindre verset du Coran, du moindre écrit ultérieur de Mahomet. Je doute qu'aux yeux de Maudoudi, Ghaleb Bencheikh soit un musulman "complet".

 

(à suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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