Dimanche 20 juillet 2008

Jubilatoire, car voici un petit pays qui venge, en quelque sorte, les deux-tiers, si ce n’est les trois-quarts des peuples de contrées plus vastes, privés d’expression, mais non dépourvus d’opinions négatives sur le sujet.

 C’est là une manière de justice immanente dont tout vrai démocrate bien né devrait se réjouir.

 Jubilatoire, car les eurocrates s’en vont répétant depuis de nombreuses années qu’il y a un « fossé croissant » entre l’Europe (la leur), en particulier parce qu’elle ne serait pas assez « démocratique », et les peuples qui la composent, et ne supportent pas que l’un de ces derniers le rappelle avec un bulletin de vote.

 Mais du simple point de vue de la cohérence, que pourrait être une Europe plus « démocratique » sinon une Europe qui aurait le souci d’accepter la volonté des populations qui la constituent, d’abord et surtout en matière d’organisation, de périmètre, de pouvoirs ?

 Jubilatoire enfin, car en dépit de la formidable machine de propagande déployée à l’échelle d’un continent et relayée partout par la « grande presse » et les media audiovisuels, quelques centaines de milliers d’Irlandais, ne s’en laissant pas compter, mettent à terre le nouveau mécano des « chefs » et « le feu au lac ».

 

Ahurissant, car sitôt connu le résultat du référendum outre Manche, il déchaîne, les masques tombant, des réactions épidermiques très significatives du profond mépris qu’inspire à certains ce vote politiquement incorrect. Dans un premier temps, comme un seul homme, les eurocrates décident que les Irlandais devront voter à nouveau, jusqu’à ce qu’ils fournissent le résultat attendu. On remarquera qu’en matière de « construction européenne », un « oui » donné est définitif. Un « non » est provisoire. Selon quelle logique ? Aujourd’hui, selon toute vraisemblance, une majorité de Français voterait « non » au traité de Maastricht. Qui leur proposera de rejouer la partie ? Il est bien connu que «  l’on ne revient pas en arrière », on ne peut que fuir en avant.

 Plus tard, quelle magnifique lucidité politique !, les mêmes s’avisent qu’il serait dangereux de vexer ces Irlandais de malheur et de mettre leur gouvernement, partisan du « oui », dans une trop inconfortable posture. On donnera donc du temps au temps, en travaillant au « coup tordu » qui permettra d’abuser ce peuple récalcitrant.

 Des esprits délicats font remarquer ce qu’il y a d’odieux à ce que le sort de milliers d’Européens dépende d’une poignée d’entre eux. C’est qu’ils ont déjà la tête dans une Europe mythique, une Europe rêvée, avec un seul Etat, un seul peuple, et, je suppose, un seul chef ?

 D’autres, plus délicats encore, font valoir que les Irlandais ont bien profité du « Jackpot européen » et qu’ils sont donc bien ingrats. Ah, que ne savaient-ils, ces cerveaux bien légers, que l’argent ne fait pas l’amour ?

Plus tard encore, Nicolas Sarkozy a l’un de ses éclairs d’intelligence de la situation, auxquels il s’efforce généralement de ne donner aucune postérité féconde : « Doit-on continuer à faire semblant de ne pas voir qu’à chaque consultation des peuples par voie référendaire, il y a plus de gens qui disent non que de gens qui ont la force (sic) de dire oui ? On ne peut pas changer les peuples. Nous devons changer notre façon de parler, d’incarner et de gérer l’Union européenne » (le 5 juillet, devant le conseil national de l’UMP).

 Et dans un autre mouvement de clairvoyance, il avait, sur France 3, quelques jours auparavant, affirmé : « Ca ne va pas, l’Europe inquiète. Les citoyens se demandent si l’échelon national n’est pas le mieux à même de régler leurs problèmes. » Bien. Et tout cela pour en tirer quelle conclusion concrète et de « rupture » ? Aucune, bien sûr.

 

Le vote irlandais est un « incident » de l’histoire européenne, ils n’ont pas dit un « détail », le mot est devenu suspect, mais ils le pensent fortement. Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, formule le vœu que « lorsque tous les autres pays de l’Union auront ratifié le traité, les Irlandais pourront constater [par quel miracle ? ?] qu’il n’est pas question de supprimer telle ou telle liberté à laquelle ils sont attachés ». Et l’admonestation suit, à peine voilée : « Nous devons leur rappeler ce que l’Europe leur a apporté. » Non mais ! (20 minutes, le 19 juin 2008)

 

On peut retourner le problème dans tous les sens : il y a bien eu, avec ce pseudo mini-traité, cette vraie constitution européenne remaquillée, un véritable « coup de force », comme le souligne Paul Fabra dans les Echos. Et le même de noter : « L’exercice de la démocratie repose tout entier sur cette hypothèse : toute élection revenant à poser une question politique (comment conduire les affaires de la cité ?), il est supposé que l’électeur lui donnera une réponse politique. Feindre de confondre son jugement avec ses états d’âme est un déni de politique. » Et, de fait, le coup de force a été déjoué. Les motivations des « nonistes » sont-elles multiples ? Peu importe ! C’est un vote éminemment « politique » qu’ont émis les Irlandais. Et c’est bien ce qui le rend insupportable.

 

Charles Maurras l’avait bien compris : les peuples vivent mal d’être consultés pour départager des  partis, arbitrer le combat d’ambitions, faire le tri dans des offres idéologiques. Il s’y perdent. En revanche, ils savent d’un instinct très sûr ce qui menace leurs libertés, leurs modes de vie, leurs croyances, leurs traditions, tout ce qui fait la trame de leur réel. Les Irlandais ont pressenti cela, ils ont voté en conséquence. Qui le comprendra à l’Elysée et ailleurs en Europe ?

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Samedi 5 juillet 2008
Qu'il soit clair, dans ce qui suit, que je ne me préoccupe pas de porter un jugement sur le vote des électeurs irlandais, consultés le 12 juin dernier par référendum sur le nouveau traité européen.


Non, ce qui m'intéresse ici, c'est, comme toujours, d'examiner les faits à la lumière du bon sens, de la raison, de la logique, de la cohérence.
Le fait que personne ne peut contester, c'est que les Irlandais ont rejeté, clairement, à près de 54% des suffrages, le projet qui leur était soumis.
Comme souvent, des sondages, curieusement, donnèrent longtemps le "oui" vainqueur, avant de laisser entendre que le match serait "serré". Manipulation, hésitation du corps électoral, ou Européens du Nord facétieux, cachant leur jeu ? Quoi qu'il en soit, le résultat est là.


Et ce qui est proprement stupéfiant, c'est la nature des réactions que celui-ci a suscitées.
J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer l'étrange méfiance que provoque, chez les démocrates, l'exercice de la démocratie par le peuple (cf. "LA DEMOCRATIE OU COMMENT S'EN DEBARRASSER").
Qu'on se le dise : les Irlandais ont mal voté. Ils ont voté "non". Ils n'avaient le droit de s'exprimer qu'à la condition expresse de voter "oui". C'est sans doute une manifestation de ce que d'autres appellent, à juste titre, la "démocratie totalitaire".


Les partisans de l'Europe fédérale, une poignée d'hommes politiques et de fonctionnaires qui mènent le monde européen, dans le cadre d'une fuite en avant dont la justification tient toute rassemblée dans une espèce de slogan, vide de sens : "Il faut faire avancer la construction européenne", sans que l'on sache très bien ni en quoi consiste le fait "d'avancer", ni ce qu'il s'agit de "construire", ces tireurs de ficelles donc, ont compris qu'il est indispensable, pour "avancer", de ne pas demander leur avis aux peuples, par trop pusillanimes.
S'ils affichaient, doctrinalement, leur opposition à l'idéologie démocratique, s'ils défendaient que les plus hautes et importantes décisions politiques doivent être prises par une élite, une aristocratie, le petit groupe de ceux "qui savent", au mépris du peuple qui ne sait pas, ma foi, sur le plan de la logique, je ne trouverais rien à redire.
Mais il semble que ce qui fonde notre Europe, enfin, du moins, leur Europe, ce n'est ni une civilisation, ni une religion, ni un type d'hommes, ce sont la Démocratie et les Droits de l'Homme. Etonnant non ? Soit dit en passant, l'ensemble assez flou de pays que ce dénominateur commun permet de constituer devrait pouvoir s'enrichir de la candidature des Etats-Unis et du Canada.


Les Euro-fédéralistes ont donc encouragé la ratification par les parlements, de ce que Nicolas Sarkozy, grand géniteur du dit, appelle, sans rire, le mini-traité (300 pages tout de même, mais noircies, paraît-il, avec de petits caractères pour s'assurer que le pavé imprimé soit moins long que le texte de la défunte - mais brillamment ressuscitée -, Constitution européenne).
Las ! La Constitution, irlandaise cette fois, rédigée sans aucun doute par des démocrates non éclairés, prévoit la consultation du peuple pour l'adoption des accords internationaux. Et patatras ! Voilà le grain de sable qui s'est introduit dans la belle mécanique. En observer les effets est à la fois jubilatoire et ahurissant.


(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Vendredi 20 juin 2008
Voilà un droit singulier que s'accordent des nations occidentales qui par ailleurs pratiquent volontiers l'auto-flagellation sous l'empire d'une nouvelle drogue intellectuelle qu'on appelle repentance.
Ce droit "de" qui est en fait un droit "à" selon l'excellente distinction opérée par des têtes bien faites, est un droit exorbitant qui défie l'entendement.


Le Figaro du 5 juin titre "Merkel attend Medvedev sur les droits de l'homme". De quel piédestal Angela peut-elle demander des comptes à Dmitri ?
On agace les Chinois, à qui mieux mieux, avec cette affaire tibétaine. Pour quel résultat ? Croit-on un seul instant que le peuple tibétain, victime d'une immigration de l'intérieur, va être préservé de l'impérialisme chinois grâce aux gesticulations occidentales ?
Nicolas Sarkozy est contraint d'envoyer des émissaires et des excuses et cela ne suffit pas à calmer la colère asiatique ; la Chine décide de boycotter la France en tant que destination touristique !
A chaque voyage dans un pays quelque peu dictatorial, - ils sont légion ! -, nos excellences démocrates font leur numéro imposé.


Dans ce monde sans plus grande morale, ni ambition, ni idéal, ce droit d'ingérence relève du moralisme le plus puant, de la prétention la plus bouffie, de l'irréalisme le plus dangereux.
On se croit autorisé à faire la leçon aux gouvernements de pays étrangers, comme si l'on en était les tuteurs, à imposer les conditions jugées nécessaires pour qu'ils soient considérés comme fréquentables, à dicter la bonne conduite qu'ils sont tenus d'adopter. C'est proprement odieux.
Mon Dieu ! Mais qui vous a fait roi en sagesse ? D'où vient cette incroyable fatuité, toute européenne d'ailleurs ?
Elle sort tout droit du flanc de cette belle illusion religieuse qu'est la Démocratie Droitdelhommesque. Elle a ses prêtres comme la vraie religion, et c'est pour cela qu'elle s'octroie le droit de dire ce qui est Bien et ce qui est Mal.
Que l'on impose cette idéologie à son peuple, ou que celui-ci y consente volontiers, est une chose, que je regarde comme un fait parmi d'autres. Mais que l'on s'autorise à exiger de l'étranger qu'il se comporte, chez lui, selon les règles fixées chez soi, voilà qui ne se justifie pas en raison, pire, voilà qui est dangereux.


On en saurait se reconnaître un droit à ingérence qui consiste à se mêler de ce qui ne nous regarde pas. En revanche, ce qui nous regarde, en toute logique, c'est ce qui, chez les autres, a à voir avec notre propre intérêt, notre propre sécurité ou celle de nos compatriotes.
Il est normal que la légion saute sur Kolwezi, au secours de Français menacés. Pour Ingrid Betancourt, un peu plus de discrétion serait de bonne politique et sûrement plus efficace.
On a le droit de demander des comptes à qui piétine nos plates-bandes. Quel qu'il soit. En adaptant notre riposte à notre capacité d'intervention. C'est le bon droit "de", faire ingérence. C'est le bon sens, le sens de l'intérêt national objectivement apprécié.


Mais le droit qu'a théorisé Monsieur Bernard Kouchner est un droit coupé des réalités, c'est un droit perdu dans les nuées.
C'est une posture grotesque : toutes ces interventions, dans ce qu'elles ont de médiatisées, j'entends, ne servent à rien dès l'instant où l'on manque de prise sur ceux que l'on veut contraindre à des changements d'attitudes.
C'est une posture illégitime : se mêmer de dicter sa conduite à un Etat souverain ne peut trouver aucune justification de la part d'un autre Etat souverain qui n'apprécierait pas que l'on empiétât sur ses prérogatives.
C'est une posture illogique : on aboie beaucoup, on ne mord presque jamais. Si l'on juge qu'il n'est pas acceptable que dans un pays donné, les fameux droits de l'homme ne soient pas respectés, puisque c'est apparemment un impératif catégorique de la conscience universelle, il n'y a qu'un devoir : abattre le gouvernement qui le dirige. On ne manque pas de cibles. On se garde bien d'attaquer, le plus souvent quand même, et Dieu merci !
C'est une posture dangereuse : elle ne peut conduire qu'à la guerre, au désordre. L'Irak en est l'exemple le plus emblématique.


Le droit d'ingérence est une nouvelle illustration de la confusion des esprits, de la prééminence de la pensée idéologique sur la pensée pragmatique.
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 30 avril 2008
La différence est là, il faut donc s'en accommoder.
Et si déjà, la différence entre deux voisins, de même... "race" (excusez-moi pour cette audace linguistique), de même nationalité, de même langue, de même culture, peut entraîner un conflit, trouvant sa source dans de byzantines querelles à propos de la clôture séparant leurs deux maisons, qu'imaginer alors, s'ils appartenaient, de plus,  à deux... ethnies, dirons-nous, distinctes ?
C'est pour cela que la sagesse, comme je l'ai déjà exposé dans une précédente chronique, est de rester "durablement chacun chez soi". C'est sans doute à ce prix, n'en déplaise aux idéalistes qui ne veulent pas le payer, que l'on peut le mieux garantir la paix, la compréhension, l'échange respectueux, sachant que, de toute façon, chacun peut se dire "eux, c'est eux" et "nous, c'est nous".
Tous les gars du monde ne décideront pas d'être "copains" et de se donner la main, comme le souhaitait une sympathique chanson des années 50 d'un autre siècle.


Or le monde actuel, cela a commencé il y a bien longtemps déjà, mais le mouvement s'accélère, tourne le dos à la nécessaire séparation des peuples. On les mélange au contraire, et il y a des fous pour applaudir et vanter les mérites du multiculturalisme au sein de chaque nation, ou ce qu'il en reste, et l'on prépare ainsi de redoutables guerres que l'on qualifiera de "civiles" pour mieux en masquer les causes profondes.


Dans un pays où l'on croirait volontiers que certaines pages douloureuses sont tournées, les Etats-Unis, il s'est trouvé un pasteur, un pasteur ! noir, du nom de Jeremiah Wright, pour affirmer que les Noirs américains devraient dire : "Que Dieu maudisse l'Amérique". C'est le pasteur de ce pauvre Barak Obama qui tente depuis de recoller le pot cassé. Cela en dit long sur l'esprit de revanche qui anime des membres éminents de cette communauté. En un sens, je les comprends : quelle erreur, objective, je ne parle même pas de l'esclavage en tant que tel, encore une fois, je ne moralise pas dans ces chroniques, je tente simplement de réfléchir et de comprendre, quelle faute tragique, dis-je, a été d'importer une minorité de Noirs placés en position d'infériorité pendant des décennies, au milieu d'une majorité de Blancs encore et toujours en position de supériorité. Il ne semble plus possible, et pourtant ce serait une solution intelligente, qui plus est porteuse d'avenir pour un continent à la dérive, qu'un retour massif en Afrique soit organisé pour ces populations, qui se perçoivent toujours comme déracinées, et qui le sont.
On récolte toujours ce que l'on sème.


Dans le fond, qu'est-ce que le racisme ? C'est une réalité, la différence, réinterprétée d'une manière idéologique ou simplement passionnelle. C'est un sentiment juste à l'origine, devenu fou.
Ce n'est ni en niant la différence, ni en essayant de la contraindre à disparaître, que l'on peut éradiquer la pollution idéologique qui peut l'instrumentaliser. C'est au contraire en la respectant et en tirant toutes les conséquences pratiques d'une claire conscience que l'on a affaire à une réalité complexe et dangereuse, qui comme un explosif sensible au maniement, peut, à tout instant, nous exploser dans les mains.


par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Dimanche 20 avril 2008
On n'aborde pas ces sujets sans appréhension. Faut-il les aborder d'ailleurs ? Il paraît qu'il n'y a pas de races humaines. J'en conclus donc logiquement que le racisme n'existe pas en tant que tel, puisque le racisme n'est pas l'affirmation de l'existence de races mais une hostilité manifestée envers des êtres humains en raison de leur appartenance à une race donnée ; or si celle-ci n'a pas de réalité...
Dès lors, je me demande encore plus à quoi jouent les "anti-racistes", contre quels moulins à vent se battent-ils ?


Dans ce domaine comme dans bien d'autres, des esprits marchent sur la tête, si je puis dire, ce qui, compte tenu de la cadence des coups, nuit beaucoup à leur faculté de penser. La confusion mentale règne. Comment s'en étonner à l'heure de l'Opinion triomphante qui piétine allègrement la Vérité ?
Quand des internautes réécrivent eux-mêmes les définitions des mots, dans des "encyclopédies" interactives, on peut craindre le pire et, de fait, il advient. Mieux vaut avoir l'humilité de reprendre Le Petit Robert, un dictionnaire sérieux, lui, qui remet les choses à l'endroit.
Comme toujours, il faut s'accrocher vigoureusement à deux choses : le sens vrai des mots, les faits. Et, à partir de là, raisonner. Alors les évidences pleuvent comme se désintégrent les opinions délirantes de professeurs de morale moralisante en tous genres qui obscurcissent les intelligences et excitent les sensibilités énervées.


Longtemps on a appris en géographie, que l'espèce humaine était composée de races, c'est-à-dire de groupes présentant un certain nombre de caractères physiques, essentiellement la couleur naturelle de leur peau. Pas un instant, me semble-t-il, cet exposé ne suscitait ou n'entretenait de réactions hostiles. Il faisait simplement apparaître la diversité du monde, la variété de types d'êtres humains, qui renvoient d'ailleurs à bien des sous-types, et au-delà à un patrimoine de coutumes, de modes de vie, de croyances, d'organisations sociales, économiques et politiques. Lorsque l'on voit un reportage sur quelque pays lointain, étranger à notre culture, n'éprouvons-nous pas, d'abord, un sentiment d'émerveillement devant cette richesse ?
Cette diversité mérite d'être défendue, préservée. J'ai envie de m'écrier : vive les races ! Mais je m'en garde car je dois me dispenser de porter un jugement de valeur.


"Vive les races" ou "à bas les races". Peu importe. Les races existent, de quelque manière qu'on les nomme pour satisfaire aux diktats des moralisateurs, et c'est évident comme les yeux bridés des Asiatiques ou la forme caractéristique des visages d'Indiens d'Amérique.
Alors cette vérité étant retrouvée, je veux bien prendre en considération le racisme. Voilà encore un mot mis à toutes les sauces pour justifier toutes sortes de divagations. Il y aurait un racisme contre les jeunes, les vieux, les fumeurs... Mettons de l'ordre dans tout ça : le racisme est une hostilité forte, constante, structurée, à l'égard de personnes en raison de leur appartenance à une race et pour cette seule raison.
C'est, nous dit Le Petit Robert, une "idéologie postulant une hiérarchie des races" (ce qui suppose qu'elles existent...) et il précise : abusivement, "hostilité systématique contre un groupe social". Abusivement...
A noter cependant, la comparaison est amusante, que si Le Petit Larousse, dans son édition de 1987 que j'ai sous la main, se contente de définir la race, Le Petit Robert, lui, se précipite pour imprimer cette remarque en préalable : "Rien ne permet de définir scientifiquement la notion de race" ! On se couvre par temps froid...
On peut distinguer deux grandes formes de racisme, le racisme idéologique et le racisme "de peau".
Le racisme idéologique, dont le National-Socialisme a été l'expression la plus achevée, théorise cette hostilité en distinguant des races supérieures et des races inférieures les premières ayant naturellement pour mission de soumettre ou d'exterminer les secondes.
Qui peut prétendre sérieusement que ce racisme idéologique perdure en dehors de quelques groupuscules combattus ou en tout cas surveillés de près ?
Quant au racisme de "peau", expression que je reprends à mon compte, non sans réticence compte tenu de son approximation, mais qui est parlante, il ne présuppose pas de théorie d'une hiérarchie des races selon leurs mérites et qualités. C'est une réaction épidermique, très liée aux conditions de promiscuité de groupes humains présentant de grandes différences culturelles et de modes de vie qui se superposent souvent, de fait, avec des distinctions "raciales". Et Dieu sait quelle importance les unes et les autres peuvent avoir ! A l'intérieur même du continent noir, que de rivalités ethniques violentes qui peuvent nous paraître incongrues, vues d'Europe. Franchement, faites-vous le constat à l'oeil nu, non expérimenté, de dissemblances entre telle tribu et telle autre tribu, au Gabon ou au Zimbabwe ? Les Africains concernés le font crûment et à l'occasion en tirent de bien sanglantes conclusions !


Or, en soi, le sentiment de la différence est un sentiment naturel qu'il est sage de prendre pour tel et donc de respecter.
Cette différence est à l'occasion revendiquée par de nombreux peuples sous les applaudissements de tous les intellectuels qui portent haut les couleurs de "l'anti-racisme". Ces peuples ont raison. "J'écris pour dire la différence" proclame l'écrivain Ben  Jelloun.
Dès l'instant où l'altérité est acceptée, elle est plutôt source de compréhension si elle induit la recherche de cette connaissance de l'autre. C'est au contraire le refus de la différence qui peut provoquer l'affrontement, par le désir fanatique de la soumission de ce qui ne vous ressemble pas, soit par l'esclavage (et l'on retrouve un racisme idéologique fondé sur la notion d'infériorité), soit par l'assimilation forcée, si tant est qu'elle puisse être une autre voie acceptable par le peuple dominateur.
Mais le souci sincère, désintéressé, non violent, de convaincre l'autre d'adhérer à ses propres valeurs, moeurs, croyances, ne saurait être confondu avec le refus de l'altérité.
Cependant, la ligne de crête est étroite. Entre différence assumée et différence refusée, le basculement est aisé. "J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" s'écrie Stendhal. Certes, cher auteur, mais que faire alors ? Supprimer la différence ? Autant demander à la terre de s'arrêter de tourner !

(à suivre)
par François-Xavier Gaëtan Gelin publié dans : Autres chroniques
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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