Sans fausse modestie mais, je crois, avec humilité, je crée un blog ce jour. Pas pour céder à une mode. Evidemment parce que je pense avoir "quelque chose à dire". Cela peut paraître prétentieux, ça l'est dans une certaine mesure. Nul narcissisme pourtant dans cette décision. Tout, d'ailleurs, ayant été à peu près écrit depuis l'antiquité gréco-latine, on ne fait depuis que se répéter, approfondir parfois, adapter les mêmes concepts au monde tel qu'il va. Ce qui est frappant, précisement dans ce cadre, c'est le phénomène de l'Eternel Retour.
L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole, c'est parce que le pire est de retour.
Depuis longtemps je suis angoissé par l'état de décadence intellectuelle, morale et spirituelle de notre pays. J'en vois déjà sourire en lisant ces lignes. Les processus de décadence ont ceci de trompeur qu'ils sont tout d'abord lents, très lents, indétectables par la majorité des esprits, même ceux réputés éclairés ; comme des fissures sur un mur, ils préparent l'écroulement final par glissements légers dont seul un oeil prévenu et attentif décèle les tranquilles progressions. Démontrer avec raison n'est pas entendu, montrer avec passion est moqué. Les peuples qui n'aiment pas les prophètes de malheur, singulièrement le peuple français qui les déteste, préfèrent se complaire dans les apparentes certitudes du moment en leur conférant une dignité de vérités éternelles.
Cependant je crois que les choses changent. Nous sommes des millions, mais une minorité, à être conscient qu'il y a "quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark", en l'occurence dans la République démocratique de la France. Beaucoup d'autres millions sont inconscients ou ne veulent pas voir, ne veulent pas savoir, fuient la question. Une autre minorité, je pense, applaudit à l'effondrement. Je m'adresse donc à la majorité des Français. Et je leur dis : réveillez-vous, il est temps, il est tout juste temps ! Le temps est venu de la saine révolte.
Nous sommes gangrenés par deux maux fondamentaux qui expliquent tout le reste : le matérialisme et l'individualisme. Tous deux sont ennemis de la Raison. Nous avons Raison perdu. Il est urgent d'y revenir. Il est nécessaire de redevenir grec, et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. Ce donc ont réussi à nous convaincre collectivement le matérialisme et l'individualisme qui prospèrent sur cette négation, c'est qu'il n'y a pas de Vérité ; il n'y a que des opinions individuelles ou publiques, toutes valables, toutes respectables. Erreur que nous payons cher, que nous paierons plus cher encore demain si nous ne réagissons pas.
En écrivant cela je ne m'exclus pas du troupeau dormant. J'ai longtemps cru que certaines aberrations ne pourraient pas survenir. J'ai attendu le retour du bon sens, du sens du bien commun. Peine perdue ! Temps perdu ! Alors que faire ?
L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Si nous étions encore des hommes libres, certaines défaites de l'Esprit, organisées par nos "élites", nos ex-élites, nous jetteraient par millions dans les rues. Aujourd'hui, c'est une affaire aussi dérisoire que le CPE, dans le cadre d'une vaste manipulation de l'opinion, qui produit cet effet ! Il est des révoltes qui ne sont que serviles.
Il y a bien des manières d'être encore vivant, d'être "réactionnaire". Non pas au sens où l'entendrait cette pauvre Madame Buffet, mais selon la très efficace définition de Georges Bernanos : "Etre réactionnaire, c'est être vivant car il n'y a que le cadavre qui ne réagit pas contre le ver qui le ronge".
Pour ma part, sans exclure à l'avenir d'autres engagements, je commence par essayer de partager, faire prendre conscience, provoquer sans doute, par ce modeste truchement d'un "journal" public. Je sais parfaitement quelles sont les limites d'un tel exercice. Peu importe. Il arrive un moment où l'on ne supporte plus sa propre résignation, sa contamination, son excès de respect humain, sa lâcheté.
Ce que je me propose d'écrire ?
Pas mes états d'âme, ni mes "opinions". Mais exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité, guidée par la Raison. Et comme je n'ai pas la prétention d'être un "nouveau philosophe" je veux vous apporter ce que j'ai reçu, ce que j'ai compris, car nous sommes tous les "débiteurs insolvables" de nos pères.
Mes chroniques pourront être parfois "frivoles" (quoique, sous l'apparence...) parce que je n'imagine pas d'écrire, y compris sur des sujets "sérieux", sans pointes d'humour, d'ironie, voire de causticité. Question de tempérament, on ne se refait pas. Je ne me fixe pas de périodicité d'intervention, intentionnellement, mais l'insertion d'au moins un texte par semaine sera la règle.
Un blog est fait pour être lu. Selon votre bon plaisir et l'intérêt que vous y trouverez (ou que vous pensez que d'autres pourraient y prendre), je vous remercie de diffuser largement les coordonnées de ce journal à vos parents, amis et relations.
Vous pourrez réagir en utilisant la rubrique "commentaires".
A bientôt.
François-Xavier, Gaëtan, Gelin*
*L'Histoire retiendra que le 20 septembre 2006, François-Xavier Gelin révéla son second prénom qui est aussi facile à porter qu'un dix-tonnes par une deux-chevaux.
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