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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 12:14

Un article paru dans Les Echos des 24 et 25 juillet 2009 sous le titre « Ethique orpheline » et que l’on doit à la plume de Farilla (nom générique cachant des journalistes d’occasion sur l’anonymat desquels veille scrupuleusement le journal), illustre à merveille le dilemme dans lequel s’enferme toute une société.

 

Le prétexte en est le cas de cette espagnole, Maria del Carmen Bousada de Lara morte récemment d’un cancer à l’âge de soixante-neuf ans, après avoir donné naissance, il y a trois ans, suite à un traitement hormonal et à une fécondation in vitro, à des jumeaux.

 

Farilla juge cette situation « choquante sur le plan éthique ». Elle l’est incontestablement sur un plan moral.

 

Il écrit : « Voici surtout la conséquence de l’absence de législation bioéthique. Un vide qui permet, au nom du libéralisme, de laisser chacun faire ce que bon lui semble. Le résultat de cette tragique bouffonnerie éthique [décidément un mot précieux] est que deux petits orphelins pleurent aujourd’hui leur mère disparue et incrimineront demain l’égoïsme du monde adulte. »

 

Et Farilla d’opposer les « libéraux » aux « régulateurs ». « Les premiers estiment que la puissance publique n’a pas à intervenir sur ces sujets qui relèvent de la seule conscience individuelle. » Les seconds « font valoir, quant à eux, que le désir d’un individu n’est pas seul en cause, et que la société se doit de protéger les intérêts des enfants à venir contre des comportements irresponsables ».

 

Il est frappant que la seule vraie sauvegarde contre ces dérives ne soit pas évoquée : l’éducation morale.

 

Les « libéraux » s’en remettraient à la seule « conscience individuelle », pour éviter ces dérapages ? Non ! Pour les justifier tout au contraire, et comment s’en étonner puisque la « conscience individuelle » n’est plus guidée ?

 

Quant aux « régulateurs », ils nous proposent de légiférer, de légiférer encore, de légiférer toujours… Sans doute, à court terme, en l’état actuel de la société, face à la prodigieuse accélération des « progrès » techniques en matière de manipulation du vivant, n’y a-t-il pas d’autres choix. Mais quelle défaite pour l’Esprit !

 

Car dans une société saine, nous pourrions renvoyer dos à dos « libéraux » et « régulateurs », leur signifier leur congé. Le peuple, dans son immense majorité, serait indifférent aux sirènes des premiers, hostile aux prétentions des seconds, mais imprégné dans son comportement des leçons de la morale universelle que j’évoquais dans le chapitre précédent de cette chronique.

 

Bien entendu, cela n’exclurait pas que des savants fous et des individus irresponsables commettent ce qu’il faut bien appeler des crimes contre le bon sens commun et l’intérêt bien compris de l’humanité. Mais massivement désavoués, sans de ces soutiens médiatiques subtils qui mettent toujours sur un pied d’égalité la vérité et le mensonge, le bien et le mal, le beau et le laid, ils devraient se cacher de la même manière qu’il fut un temps où la pornographie relevait du trafic de matériaux honteux et clandestins.

 

Cette fameuse crise, qu’est-elle sinon la manifestation éclatante d’une perte de repères moraux aux conséquences de laquelle la mondialisation ouvre un boulevard de drames ?

 

On demeure pantois en découvrant l’exaction de Monsieur Mardoff qui aura escroqué ses propres frères de juifs. Certes il y eut toujours des voleurs mais celui-ci est de haut vol. Vole très haut. Et un Mardoff dont on parle beaucoup peut cacher une forêt de malfaisants dont on parle peut 75 milliards de dollars dilapidés ! Qui dit mieux ? Et pourtant l’on savait depuis longtemps que les affaires de ce monsieur étaient louches, et on a laissé faire.

 

Et que dire de tous les banquiers qui ont poussé au crime des millions de futurs propriétaires ?

 

Et que penser d’un sondage réalisé par le cabinet Ernest Young auprès de salariés européens ? Un sondé sur quatre déclare ainsi que les pots-de-vin représentent une manière acceptable de retenir un client. 13 % des répondants disent être prêts à falsifier la performance financière de leur société.

 

Voilà qui en fit long sur l’effondrement de ce que l’on peut appeler « les valeurs ».

 

Alors, cautère sur une jambe de bois, on moralise : on prétend, c’est inouï ! dicter aux entreprises quelles conduites doivent être les leurs en matière de rémunération, salariale et par stock-options, les banques doivent être « transparentes », ont veut tout encadrer, réguler, contrôler ! On se venge sur quelques boucs émissaires.

 

Le moralisme a un prix : la liberté dont le champ est encore réduit pour tous à cause du cynisme croissant d’un grand nombre. La morale a un salaire : la préservation de la liberté du plus grand nombre vertueux, entendant supportable la déviance de quelques-uns.

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 00:46

Alors, sous prétexte de lutte contre la fameuse « discrimination », on invente la Halde (cf. ma chronique : HALDE-LA !), machine à contrôler les entreprises, on promulgue des lois (dites « Gayssot », « Taubira »…) pour contraindre les historiens et tout quidam à penser comme il faut sur certains sujets, on multiplie, au nom de la sécurité, les règlements qui enserrent le citoyen dans un corset intellectuel toujours plus ajusté.

 

 

Le commandement « tu ne tueras pas » peut suffire à rendre prudent l’automobiliste qui se fera un devoir (moral) de ne pas prendre de risques insensés mettant en danger sa vie et celle d’autrui.

Mais le « tu ne tueras pas » étant largement foulé aux pieds comme la pratique de l’avortement (et maintenant, par une logique inéluctable, l’infanticide qui est vécu par leurs auteurs comme un simple avortement retardé, et donc licite), le démontre aisément, il n’y a plus d’interdit et par là même de transgression. Tous les automobilistes sont potentiellement coupables d’excès de vitesse. Tous doivent donc être surveillés de près. Le moralisme s’abat sur eux pour leur intimer l’ordre, à tout instant, sur tous les chemins, de ne pas dépasser des limitations, pourtant souvent absurdes.

Et radars et gendarmes se multiplient pour maîtriser tous ces mauvais citoyens en puissance, qui encourent d’ailleurs désormais des dangers sérieux sur les routes, contraints qu’ils sont de fixer constamment leur tableau de bord plutôt que le macadam.

A tout prendre, il vaudrait mieux éduquer, dès leur plus jeune âge, des hommes, libres de leurs mouvements, au respect de l’autre, et de soi-même, par la morale, et accepter le risque du manquement, du péché dirait le chrétien. Et que passe, ensuite, la justice. L’obsession du « zéro défaut » sur les voies de circulation étant aussi stupide que le dogme qui affirme que la généralisation de l’usage du préservatif prémunit contre la propagation du sida.

 

 

La morale est chose naturelle. Sous toutes les latitudes, à toutes les époques, dans toutes les philosophies et religions, ou ce qui en tient lieu, des lois morales ont été édictées qui peu ou prou, merveilleusement, convient les hommes à l’observance des mêmes disciplines. A ce niveau de convergence, ce n’est pas le fruit du hasard, mais la manifestation éclatante d’aspirations profondes, communes à l’humanité, inscrites dans le cœur, l’esprit ou l’âme, comme l’on voudra, des êtres humains. Le décalogue en offre une excellente synthèse.

Que l’on considère que cet appareil est le fruit de la seule sagesse humaine ou qu’il est le don d’une sagesse supérieure et transcendantale, peu importe, le résultat est le même : la morale universelle, naturelle, est faite de bon sens, de raison, de sens du bien commun, de recherche de paix et d’abord de paix intérieure. Richesse offerte à tous, elle préexistait hier, elle existe aujourd’hui, elle existera demain. Ce faisant elle échappe aux manipulations, elle protège des vendeurs de nouveautés conditionnées dans de récentes et plus ou moins obscures officines. Enseignée, à la base, dans la famille, les corps constitués, mais, in fine, toujours sujette à rejet, elle ne peut être durablement l’instrument des puissances du moment dont le peuple a encore la possibilité d’exiger qu’elles se soumettent à ses lois, elles-aussi.

 

 

Le moralisme, lui, est typiquement la dernière invention des maîtres-penseurs du moment. Il piétine les règles de la morale éternelle au profit des lois précaires, votées par des majorités parlementaires de circonstances. Mais il se drape aussitôt le vote acquis, dans les plis d’une légitimité démocratique qui se veut définitive et l’autorise à être impitoyable envers l’individu-citoyen, congénital suspect.

Ayant sapé les conditions qui peuvent permettre à chacun, à une majorité en tout cas, d’être vertueux par volonté propre, le moralisme s’acharne, artificiellement, à caricaturer la morale qu’il rejette, en inventant le placebo éthique, dernier avatar d’une pensée qui fuit le réel.

 

 

Le développement d’une société policière, subtilement totalitaire, voilà la seule perspective que nous offre une société moralisatrice, quand disparaît la civilisation morale.

 

(A suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 23:34

 

 

Depuis de nombreuses décennies, la morale a mauvaise presse. « Faire la morale » est une expression honnie et il est vivement déconseillé de se livrer à cet exercice, même au profit de ses propres enfants. Et ne parlons pas de « l’ordre moral », une horreur absolue, qui ne manque pas de nous rappeler « les-heures-les-plus-sombres-de notre-Histoire », selon l’expression-cliché qui tue le débat sans rien démontrer.

La leçon de morale a été chassée de nos écoles, de nos institutions publiques et privées, de l’enseignement des prélats et des autorités dites, précisément, « morales », qui renoncent à l’être, bien souvent.

 

 

Comme il n’existe pas de société humaine sans quelques règles de conduite qui pour ne pas être qualifiées de « morales », renvoient tout de même à des principes directeurs collectifs, aux étages supérieurs, où se réunissent nos élites, il est usé et abusé du mot « éthique », au contenu devenu incertain, et mis, comme le « développement durable », à toutes les sauces expérimentales.

Le bon peuple n’y entendant rien, la traduction en langage vulgaire de « l’éthique », c’est le moralisme. Il triomphe quand la morale agonise. C’est un jeu de vases communicants, la vie en société ayant, comme la nature, horreur du vide que constituerait l’absence de contraintes et d’interdits.

La morale pourchassée, fardeau plus léger qu’il n’y paraît, voilà que surgit le pesant moralisme. Et il est d’autant plus coercitif que la première s’est évaporée dans les consciences.

 

 

La morale, exigence assumée par la personne, a cédé la place au moralisme, impératif catégorique, qui s’impose aux individus sous la haute suprématie de l’Etat démocratique dont le peuple ne saurait, sans contradiction, contester la législation en ce domaine comme en d’autres, puisque, par définition, l’Etat démocratique agit au nom du peuple qui en a élu les faiseurs de loi.

Accepter des préceptes moraux, c’est d’abord exercer, librement, une autocensure personnelle dont les autres ont de bonnes chances d’être bénéficiaires.

Obéir aux diktats du moralisme c’est, avant tout, subir, déni de liberté, une censure imposée d’ailleurs.

 

 

Mais il y a pire à constater : comme le diable est le singe de Dieu, le moralisme est le singe de la morale. Et comme le diable est l’incarnation du Mal et Dieu la source de tout Bien, le moralisme appelle souvent « bien », aujourd’hui, ce que la morale la plus universelle a toujours désigné comme étant le Mal.

A ce stade prenons un exemple, éminemment éclairant : l’avortement. De tous temps, avant et après Jésus-Christ, on s’est accordé, même si la pratique ou une certaine tolérance a pu accréditer la thèse contraire, que l’avortement, naturel, ou provoqué, était un mal, et, dans le second cas, un acte condamnable, une incontestable suppression d’une vie humaine dans le ventre qui la porte. Qu’en dit-on de nos jours ? : que c’est un « droit » de la femme, durement acquis, « à disposer de son corps ».

Inversion des valeurs, subversion, devrait-on plutôt écrire. Et la chape de plomb du moralisme s’est abattue sur cette réalité. Il fut un temps, pas lointain, où manifester, même à quelques centaines de personnes, pacifiquement, contre ce « droit », constituait une atteinte à « l’ordre public » (cet ordre-là reste très apprécié de l’Autorité surtout comme prétexte pour faire taire qui la dérange…), provocation qui ne pouvait être combattue qu’à coups de trique policière.

Malheur à la jeune fille enceinte, comme il en existe légion, qui, mue par quelque secrète et instinctive exigence de sa conscience, voudrait résister à la pression de son entourage exercée pour qu’elle se défasse de ce qui gonfle son ventre ; le moralisme va se déchaîner contre elle : « Tu gênes tout le monde, ce n’est pas bien, comment vas-tu l’élever ? Ce sera une charge insupportable pour la société, pour toi, ta famille, ton petit ami (qui va d’ailleurs t’abandonner si tu persistes à désobéir aux lois que la République a eu la bonté de concocter pour toi), et d’ailleurs cet enfant, non désiré, va être malheureux (nous en sommes rendus à ce stade aux très grosses larmes de crocodile, sécrétion préférée du moralisme compatissant…) etc. »

Si la morale peut libérer chacun de ses pires démons intérieurs et par-là même protéger l’autre de chacun, et permettre à tous de respirer, le moralisme emprisonne et chacun et l’autre et étouffe la quasi-totalité des individus.

Je faisais allusion plus haut à la matraque. Le moralisme s’accommode fort bien de la répression, mieux il la suscite, pire il en a besoin, à dire vrai il ne peut s’en passer. Il arrive même qu’elle précède le discours théorique sur l’interdit, celui-ci venant, en retard, à la rescousse pour mieux justifier celle-là.

 

 

Tout ceci se comprend aisément comme conséquence du cycle infernal dans lequel s’enferme la société : puisque la personne est invitée à ne plus avoir de conscience et l’individu contraint à n’accepter que celle de l’Etat, il faut s’assurer qu’il va obéir. Et quelle meilleure garantie que la multiplication des surveillants humains et mécaniques ?

 

(A suivre)

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 17:45

                                     

L’Etat est donc une drogue. En manque d’Etat le corps social souffre. Même le patronat, toujours prompt à demander à celui-ci de « rester à sa place », n’hésite pas à l’occasion du moindre de ses petits malheurs, à l’inviter à se mettre à la sienne.

Est-ce bien raisonnable ?

L’Etat est un cancer : laissez-le faire et  il envahit tout le champ des libertés des citoyens pour mieux administrer, contrôler, sanctionner.

On serait donc tenté de proclamer : Vive l’Anarchie !

Hélas !, l’Anarchie (prise un temps au sérieux, comme système politique, bien entendu), est une douce utopie. Elle ne pourrait prendre un peu de réalité que dans des groupes humains de taille modeste, vivant en autarcie sur des territoires protégés de toute incursion étrangère, donc ne concernerait que des communautés n’ayant pas connu de vrais développements. Et encore, même celles-ci ne se privent ni de dieux, ni de maîtres, ni de tabous.

Si ces mondes-là se rencontrent peut-être encore dans quelques zones oubliées de l’Amazonie, ce ne sont plus les nôtres.

L’Etat, ou ce qui y ressemble, devient, dans une société complexe, une nécessité, ne serait-ce que pour protéger le peuple de l’agressivité d’autres populations exogènes.

Même faible, il n’est pas d’exemple de nation qui ne possède un Etat. Et l’Etat moderne, autoritaire comme démocratique, a tendance à devenir un Etat plus ou moins totalitaire, (au sens propre du terme : « Qui prétend englober la totalité des éléments d’un ensemble donné », en l’occurrence ici la Nation ou les Patries).

 

 

Alors si l’Etat est tout à la fois indispensable et « un être énorme, terrible, débile. Cyclope d’une puissance et d’une maladresse insignes, enfant monstrueux de la Force et du Droit » (Paul Valéry), quel rôle assigner à ce bien nécessaire toujours menaçant de se transformer en mal superflu ?

La raison commande : le plus petit rôle souhaitable dans l’ordre de la conduite des peuples. Le plus grand rôle possible dans l’ordre de la protection des peuples.

On sait que sans lui les populations seraient en proie à deux fléaux : la guerre civile, ou du moins l’affrontement de groupes se faisant justice eux-mêmes (nous y sommes d’ailleurs avec les petites émeutes et autres règlements de comptes de banlieues), la guerre étrangère, ou du moins l’invasion plus ou moins légale du territoire (nous y sommes avec l’immigration clandestine).

Protéger les citoyens honnêtes de ceux qui ne le sont pas. Protéger tous les citoyens, honnêtes ou pas, parce qu’ils relèvent tous du même devoir d’assistance, de ceux qui sont étrangers à la communauté concernée.

Je peux passer alliance avec mon employeur, avec mon employé, sans que l’Etat ne doive s’en mêler, sur la base du contrat librement consenti. Je ne peux me faire justice (ne serait-ce que parce que je n’en ai pas souvent les moyens), contre autrui, d’où qu’il vienne, sans courir le double risque d’ajouter du désordre au désordre et d’être inefficace.

Contenir l’Etat, nécessité absolue, c’est le contraindre à rester dans son emploi. C’est déjà considérable ! La police, la justice, l’armée doivent dépendre de lui.

 

 

Et au-delà ? Je dirais : c’est tout !

Et pour toute autre revendication de pouvoir supplémentaire, l’Etat est prié de demander poliment au peuple, libre, ce qu’il souhaite.

Pour vivre, certes, il lui faut lever un impôt. C’est la juste contrepartie du service rendu. Mais l’impôt doit être le plus général (payé par tous), et le plus anonyme qu’il soit. Sinon commence la perquisition permanente que ne peut accepter un peuple vraiment libre.

De ce point de vue-là, la TVA est le plus acceptable de tous les impôts. On peut souffrir aussi, à condition qu’il soit modéré dans son taux, un prélèvement sur les bénéfices des entreprises, dont les comptes sont publics, et qui sont des entités, pas des individus.

 

 

Et au-delà ? Je dirais : c’est tout !

Un Etat, pas miséreux bien sûr, mais pauvre, est un Etat modeste. Il doit être géré avec prudence, en bon père de famille. Et donc il doit veiller, chaque année, à rendre moins qu’il n’a reçu.

Car cet Etat protecteur, en cas de crise grave, nous y sommes, doit pouvoir mobiliser ses économies pour, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, aider les plus démunis à ne pas tomber dans l’indigence, et pour peu que le produit de la charité privée fasse défaut ou soit insuffisant. C’est aussi cela l’intelligence du cœur associée à ce que Charles Maurras aurait appelé « l’empirisme organisateur », et c’est  cela un Etat sain gouverné par la raison.

 

 

Cet Etat-là, est-il besoin de le préciser ?, ce n’est pas le nôtre, qui défend mal le citoyen, mais  qui gaspille les deniers publics depuis des décennies, qui s’est arrogé le droit de réglementer la vie des affaires, du travail, de la famille, de l’éducation en générale, sexuelle en particulier, et d’être, en plus, électricien, constructeur automobile et banquier.

Ceci expliquant largement cela, il est en faillite, comme l’a avoué courageusement un premier ministre pas brillant mais pas idiot, curieusement attelé à un président flamboyant, lui, mais pas très subtil, auquel la banqueroute latente de la puissance publique inspire une sorte de fuite en avant qui creuse un peu plus chaque jour le gouffre déjà effrayant de nos dettes et déficits.

La descente aux enfers financiers de l’Etat n’est pas le résultat d’une quelconque défaillance d’un mauvais gestionnaire comme on en a connu régulièrement au fil des siècles d’histoire ; ne se succèdent à la tête de l’Etat et de son  gouvernement, entourés de moult conseillers compétents, que des esprits éclairés et capables. Elle est en fait induite par la nature même de cet Etat : Etat moderne, démocratique, omnipotent, rendu impotent, gavé qu’il est de toutes les promesses clientélistes que chaque élection lui a fait absorber pour bien les satisfaire.

 

 

Cet Etat peut-il se réformer par lui-même ? J’en doute fort, car il me semble que la première, la seule en définitive, des questions qu’il convient de se poser, n’est pas de s’interroger pour savoir s’il faut ne pas remplacer, comme ça, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (pourquoi pas 2 ou 2,5 sur 3 d’ailleurs ? De toute façon il y en a des millions de trop !), non la première question et que personne ne semble plus se poser est la suivante : A quoi sert l’Etat ?

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 06:27

 

Voilà une bonne question qui mérite d’être posée à l’heure où la dite « crise » fait de l’Etat le sauveur suprême, où l’on proclame le « retour de l’Etat ».

A dire vrai, l’Etat s’était-il seulement rendu circonspect ces dernières années ? On a peine à le croire.

 

 

Au droit européen qui s’impose à nous et déverse quotidiennement ses injonctions qui ne souffrent pas débat, s’ajoute le droit national qui n’en finit pas, lui aussi,  de se donner de bonnes raisons de s’immiscer dans la vie de chaque Français. Le nombre de lois, règlements, n’a pas cessé de progresser depuis 10 ans, et à une vitesse exponentielle.

On se vante de réformer sans discontinuer, d’empiler les textes législatifs dont l’exécutif tarde souvent à produire les décrets d’application.

Le président de la République ne veut pas de « pause dans les réformes » ; il faut donc bien que la machine à légiférer tourne à plein régime. Certains députés, lucides et courageux, tentent de faire valoir qu’avant de rajouter une couche supplémentaire à l’épaisse légalité sédimentaire, il conviendrait de rendre applicables les règles existantes, mais en vain.

 

 

Si nous étions encore un peuple libre, il y a belle lurette que nous nous serions révoltés contre cet Etat envahissant, nous n’aurions pas été un ou deux, mais dix millions dans la rue, occupant l’Elysée, les Chambres, et le Conseil d’Etat, pour réclamer que le pouvoir central se fasse humble et discret.

Mais nous ne sommes plus un peuple libre, nous sommes un peuple démocratique, c’est tout le contraire.

Comme l’a admirablement noté et montré, à une époque où il fallait une grande intelligence observatrice pour le pressentir, l’excellent Alexis de Tocqueville, en étudiant le comportement de nos cousins d’Amérique, le peuple en démocratie troque sa liberté contre la sécurité. Bien plus qu’aux Etats-Unis, nous avons fait en France, de cet échange, un principe absolu.

Ö Saint Etat, protégez-nous ! Et la devise républicaine de « Liberté » se heurte à tout instant avec celle de « Egalité », sans que personne au plus niveau ne se préoccupe de cette contradiction majeure (Voir aussi ma chronique sur « Egalité, Liberté, Fraternité »).

On râle contre l’impôt à payer mais l’on consent à ce qu’il soit levé à toutes occasions, car c’est un facteur sacré de redistribution (bien imparfaite toutefois), de la richesse commune, dont personne ne se soucie trop de savoir par qui elle est produite, tant elle semble inépuisable. Et l’on se gargarise, ces derniers temps, que les fameux « avantages sociaux » produits merveilleux du « modèle français » constituent un précieux « matelas », que le reste du monde nous envie, pour amortir la chute du pouvoir d’achat de foyers tombés dans la précarité.

 

 

Lorsqu’au début du XXe siècle, la chambre des députés a débattu de l’instauration de l’impôt sur le revenu, à l’époque sur une base pourtant bien modeste, il s’est trouvé beaucoup d’hommes, d’un autre âge, héritiers d’un passé, -lorsque la France, selon la juste expression de Jacques Bainville, était « hérissée de libertés », peu individuelles sans doute, mais incontestablement collectives, et donc puissantes pour protéger les personnes-, pour s’opposer à cette dérive.

Ils le faisaient, horrifiés à l’idée que la puissance publique puisse se permettre de contrôler les gains de chacun, obtenu par son travail.

On sait ce qu’est devenu ce fameux impôt. Il peut vous voler jusqu’à 40 ou 50% de vos ressources. Il est toujours là, exigible ; enfin, réclamé seulement à la moitié des Français, grâce au maquis des niches fiscales, par lesquelles le Pouvoir, magnanime, consent à des « assujettis », des octrois ; citoyens de la République, qui, au moins de ce point de vue là, auraient gagné à rester des sujets du Roi. Cette situation choque une partie du personnel politique qui ne voit d’autre issue à cette détestable conjoncture que dans la réclamation du paiement d’un impôt sur le revenu par tous avec un minima incompressible !

Mais qu’on le paye ou pas, il faut dans presque tous les cas déclarer la moindre de ses rémunérations, sa situation familiale, ses avantages en nature, les dons effectués (quelle indiscrétion !), produire des justificatifs etc. tout cela parce qu’il faut faire tourner l’usine à perquisitionner. Cela nous occupe une fois par an, des fonctionnaires toute l’année, et avisez-vous de refuser cette ponction  et cette enquête arbitraires, et vous verrez ce qu’il vous en cuira !

En dépit de certaines apparences, Nicolas Sarkozy, même réduit à la triste condition  de gestionnaire d’un pays soumis à la loi d’airain d’un Super Etat qui ne dit pas son nom et qui travaille à Bruxelles, peut beaucoup plus contre chaque Français que n’a pu Louis XIV. Le soleil du dernier paraît bien pâle face à l’astre flamboyant du premier.

Dans un pays libre, l’impôt sur le revenu, pour ne prendre que cet exemple, n’existerait pas, ne pourrait exister, car il repose sur un système inquisitorial qui, en tant que tel, ne peut être que refusé par des hommes libres.

 

 

L’Etat, du moins l’Etat français, s’est mêlé, se mêle encore, et se mêlera toujours demain, je le crains, de tout ce qui ne le regarde pas.

Et il est assez comique d’entendre ou de lire que l’on tournerait le dos, aujourd’hui, sous les conséquences désastreuses du consentement de crédits douteux par les banques Nord-Américaines aux propriétaires fonciers yankees, à « l’ultra-libéralisme » dont Nicolas Sarkozy se serait fait le chantre il y a encore peu, pendant une certaine campagne électorale et au début de son quinquennat.

Outre que j’ai souligné, dans des chroniques précédentes (Cf. la série sur « La girouette »), que le futur président de la République avait à l’époque de sa candidature soutenu à peu près tous les points de vue, libéraux et étatistes, pour mieux s’assurer une élection confortable, encore faudrait-il, pour revenir de « l’ultra-libéralisme » (toujours l’emploi de ce mot qui fait peur, « ultra »), avoir un jour adopté le libéralisme ce à quoi la France issue de la seconde guerre mondiale, formatée, pour longtemps, par une coalition gaullo-communiste éphémère mais redoutablement efficace, n’a jamais consenti.

Etat soviétoïde nous avons, Etat soviétoïde nous gardons.

Que cet Etat-là, par gros temps économico-social, joue, à court terme, un rôle tutélaire rassurant, c’est aussi incontestable qu’il constitue, à long terme, une étouffante tyrannie.

En pays communistes, il n’y avait pas de chômeurs officiels. Chacun trouvait un emploi. Peut-être pas très utile, dans le cadre d’une économie corsetée, improductive, mais l’oisiveté était bien combattue. On sait au prix de quels sacrifices pour les libertés. Il se trouve des gens, beaucoup de gens, en Russie, pour regretter cette époque. Un homme conditionné par un régime totalitaire l’est durablement.

En France, on a longtemps cru, y compris dans les milieux réputés de droite, que le plein emploi était une nécessité absolue à laquelle la puissance publique se devait de veiller. Georges Pompidou, qui connut le début de la première crise pétrolière, estimait alors, avec inquiétude, que l’on ne pourrait supporter plus de 500.000 chômeurs dans le pays, sans qu’éclate une Révolution !...

 

 

(A suivre)

 

 

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 21:38

A ce stade des constats, je suis tenté de poser la plume : ne cherchons pas à définir l’extrémisme. C’est une mission impossible. En renonçant à définir le mot, je renonce à qualifier la chose qui pourrait en relever. Ainsi je ne prends pas le risque de me livrer à une analyse linguistique que l’on pourrait soupçonner d’être au service d’une vision personnelle de l’extrémisme permettant de pourchasser « l’ennemi ».

Et pourtant, chacun ressent confusément qu’il y a bien, dans la nature, des « extrémistes », au moins en puissance.

Tout l’effort, sous l’égide, espérons-le, d’une honnêteté intellectuelle, consiste donc à tenter de donner, malgré tout un contenu « objectif » (c’est-à-dire selon le même Robert, précis cette fois-ci : « Se dit d’une description de la réalité, [ou d’un jugement sur elle], indépendante des intérêts, des goûts, des préjugés, de la personne qui l’a fait »), à un mot que le dictionnaire abandonne largement à notre interprétation, et que toute une classe politico-médiatique manipule au service de l’épuration qu’elle entretient.

 

 

Tout d’abord, on ne saurait faire de procès d’intention à une doctrine, une pensée, qui n’a pas trouvé d’applications pratiques. Au nom de quoi qualifier telle idée d’extrémiste et pas telle autre ?

En quoi est-il « extrémiste », par exemple, de vouloir nationaliser les banques ? Dans la tourmente financière actuelle, il se trouve des « libéraux », en principe hostiles à une telle « dérive », « dangereuse pour la liberté d’entreprendre » pour trouver « sage » cette décision sinon pour l’approuver pleinement. Est-il plus « modéré » de laisser ces mêmes établissements faire faillite ?

En quoi est-il « extrémiste » de contenir l’immigration dans un pays qui souffre déjà du chômage de ses ressortissants ?

Est-il plus « modéré » d’encourager par l’inaction l’entassement de populations inassimilées dans des quartiers « sensibles », pour les transformer en enragés frustrés ?

En quoi est-il extrémiste d’être royaliste plutôt que républicain, ou l’inverse ?

 

 

Je ne sais pas ce qu’est une position  extrémiste. Je ne sais pas, parce que je suis incapable d’en distinguer une seule pour telle, sans prendre le risque d’un jugement non objectif. En revanche, il y a de bonnes ou de mauvaises idées, doctrines, pensées, en soi, mais aussi selon les circonstances, en fonction de leur adéquation au réel, de leur pertinence au service du bien commun, de leur capacité  à améliorer le sort de l’humanité, à  élever celle-ci au dessus de sa condition première, animale.

Un pouvoir qui met en œuvre une mauvaise politique (par les conséquences objectives de celle-ci, que tôt ou tard, chacun peut constater), fait une erreur. Il n’est pourtant pas « extrémiste ». François Mitterrand, arrivé à la tête de l’Etat en 1981 tint dans un premier temps ses promesses électorales. Il pouvait difficilement faire autrement : la gauche, longtemps éloignée du pouvoir, était avide de revanche, pressée de passer des « ténèbres » de la droite à la « lumière » qu’elle prétendait incarner. Déjà « plurielle », elle obligeait le Président et son Premier ministre à appliquer un programme commun de gouvernement. Celui-ci s’avéra vite économiquement désastreux : deux ans plus tard, Mitterrand corrigeait le tir, avec lucidité et sagesse. Qui lui ferait un procès en « extrémisme » pour des débuts plus simplement « fautifs » ?

 

 

L’extrémisme ne peut se révéler comme tel que s’il s’incarne dans un pouvoir qui agit et qui, fuyant le réel, c’est-à-dire perdant de vue que la doctrine ou l’idéologie qu’il défend et illustre, insulte le bon sens et méprise le bien commun, en viendrait, sans plus de retenue, à en poursuivre les applications pratiques, contre tout un peuple, ou même une partie de celui-ci. Dans ce cas-là, il y a généralement morts d’hommes, tyrannie sanglante, en un mot fanatisme, c’est-à-dire « foi exclusive en une doctrine, une religion, une cause, accompagnée d’un zèle absolu pour la défendre, conduisant souvent à l’intolérance et à la violence ». Oublions « l’intolérance », mot devenu des plus ambigus (Cf. ma chronique « Tolérance et intolérance ») et retenons « violence ».

Quand il y a foi exclusive, zèle absolu, violence, alors là, sans doute, peut-on considérer qu’il y a extrémisme, sauf à se refuser définitivement d’employer ce mot.

 

 

Je veux bien renoncer à qualifier Olivier Besancenot « d’extrémiste ». Quel est le programme de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) fondue maintenant, mais grande inspiratrice, dans le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) ?

Interdiction des licenciements, nationalisation des grandes entreprises, interdictions des « productions inutiles et dangereuses » (l’armement, la chimie, le nucléaire), interdiction des expulsions pour loyers impayés, régularisations de tous les « sans-papiers », suppressions des fichiers informatiques de police, dépénalisation de toutes les drogues, y compris les « dures »…

Un catalogue de propositions « extrémistes » ?  Non, simplement idiotes.

En revanche, que se passerait-il si, pour le plus grand malheur de la France et des Français, le gentil Olivier et ses amis prenaient le pouvoir ?

Il est à craindre que, désirant créer un monde nouveau pour un homme nouveau, ils se croient dans la nécessité de « changer » un peuple par trop récalcitrant, comme au Cambodge durant les sinistres années où les Khmers rouges éliminèrent  des centaines de milliers de leurs compatriotes, et donc d’appliquer les principes du camarade Léon Trotski : « La dictature est indispensable à la Révolution ». « Qui veut la fin ne peut répudier les moyens. » « La terreur rouge n’est que l’arme employée contre une classe vouée à périr. » « C’est la guillotine, cette remarquable invention de la grande Révolution française, qui a pour avantage de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis. »

Il est vrai que Monsieur Besancenot se réclame plus volontiers maintenant, de Che Guevara que du fondateur de l’Armée rouge. Ce n’est guère plus rassurant pour qui connaît le personnage, à la fois lâche et sanguinaire ! Mais là le mythe est encore solide.

 

 

Pour goûter de l’extrémisme, il faut payer, et parfois beaucoup. Tant que l’on demeure dans le débat intellectuel, il est liberticide de déclencher des lynchages, même seulement verbaux, contre qui que ce soit, en se drapant dans l’étendard de la « lutte contre les extrémismes » et pour ce seul motif, habitude qui se prend pourtant aujourd’hui avec une intensité et une régularité détestables,  en vue de faire taire « l’autre ».

Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 21:10

 A la fin de son intervention télévisée, le jeudi 5 février dernier, Nicolas Sarkozy a dit en substance : « la droite, oui, la gauche, oui, mais nous n’avons besoin ni d’une extrême droite ni d’une extrême gauche ». Il a fustigé « l’extrémisme », et aussi, pour faire bonne mesure, en ces temps où il était beaucoup question d’un évêque d’une certaine Fraternité catholique, par-dessus le marché, « l’intégrisme », sous le regard satisfait, complice, et que j’ai trouvé chargé de tendresse, de mademoiselle Laurence Ferrari.

 

 

 

Le président de la République ne prenait pas grand risque. « L’extrémisme » a bien mauvaise presse dans un pays composé de beaucoup de râleurs, mais finalement de peu d’authentiques révolutionnaires et dont la grande majorité de ses ressortissants apparaît, comme le climat, plutôt « modérée ». Et les médias dominants se chargent, avec une constance remarquable, de conditionner l’opinion publique en condamnant sans cesse « l’extrémisme », mais on en conviendra aisément, sans aucun esprit polémique, plus celui qualifié de « droite », que celui, moins dénoncé, dit de « gauche ».

J’ai déjà souligné dans une précédente chronique (« ‘L’extrême’ droite et la gauche de la gauche »), que « l’extrême gauche » était plus volontiers désignée comme « la gauche de la gauche », ou la « gauche extrême » ou « radicale », parfois, mais ce n’est pas lui rendre service, comme « l’ultra gauche ». (Etre « ultra », c’est une forme d’horreur depuis la Révolution française). Mais le mieux, c’est de ne pas la qualifier du tout.

S’il suffit à Philippe de Villiers, longtemps situé « à la droite de la droite » et pour cela pas trop diabolisé, de se voir précipité dans le ghetto de « l’extrême droite » pour s’être rendu coupable de s’inquiéter de « l’islamisation de la France », Olivier Besancenot ne souffre pas d’un tel passage à la trappe.

 

 

Facteur définitivement aimable, sympathique, inoffensif et courageux défenseur de l’opprimé, il est reçu avec une incroyable complaisance (il est vrai que c’est le genre de l’émission, la pommade dégoulinant sur le verre de la caméra, avec les copains de l’invité et des figurants sur les bas-côtés priés de faire la claque), un dimanche après-midi par le très gentil Michel Drucker. Ce dernier prendrait un grand risque pour la suite de sa carrière, s’il s’aventurait (en admettant d’ailleurs qu’il en ait une envie personnelle), à réserver le même accueil à Jean-Marie le Pen. Même la fille de ce dernier, Marine, considérée comme plus « présentable », en tout cas dont l’exploitation du goût pour les médias est bien utile pour travailler à faire imploser le Front National, ce qui est en train de se produire à bon rythme, n’a pas eu droit à ce traitement de faveur et ne l’aura pas avant longtemps, tout au moins tant qu’elle ne déposera pas les armes aux pieds des sectateurs de la pensée unique, bref, tant qu’elle ne transformera p       as le parti dont elle s’emparera bientôt, en succursale de l’UMP.

Mais le gentil Olivier peut garder son costume de trotskiste, sans déranger personne. Sans doute parce que Lev Davidovitch Bronstein, dit Léon Trotski, est un gentil, lui aussi, la meilleure preuve étant qu’il fut assassiné par le méchant Staline.

 

 

On ne peut que le constater : le mot « extrémiste » (comme « intégriste », d’usage fréquent d’ailleurs récent et comme surgi du néant pour servir d’instrument d’élimination), sert à « tuer », au moins symboliquement, celui que l’on a décidé d’affubler de ce qualificatif. C’est toujours la même tentation que j’ai dénoncée déjà maintes fois ici, de se servir de mots dont la définition est incertaine quand elle n’est pas détournée, pour masquer les réalités, pour développer le phantasme, pour condamner celui qui ne pense pas comme il faut.

Certes le procédé n’est pas nouveau en cette époque moderne, mais la censure, le conformisme, le terrorisme intellectuel ne s’étant jamais aussi bien portés que par les temps qui courent, il règne désormais en maître et réglemente la pensée si toutefois il y a encore quelqu’un qui pense dans le microcosme médiatique et politique en position de se faire entendre.

 

 

Alors qu’est-ce que « l’extrémisme » ? Le Robert 2008 peine à nous le décrire : inventé en 1911, semble-t-il, « de extrême » (merci !), c’est « l’attitude de l’extrémiste » (encore merci). Qui est donc ce dernier ? Un « partisan d’une doctrine poussée jusqu’à ses limites, ses conséquences extrêmes. » Voilà qui est bien flou. Qu’est-ce que la « limite », la « conséquence extrême » d’une doctrine ? En quoi est-il coupable ou dangereux, en soi, dès l’instant où l’on croit en quelque chose dans la vie, d’en vouloir la pleine réalisation, si toutefois c’est cela qu’il faut entendre par « poussée jusqu’à ses limites » ?

Alors on se rabat sur « extrême », (l’adjectif et le nom), qui semblent à la source de tout le procès. Et là on reste, une fois de plus, sur sa faim. Il est écrit : « L’extrême droite, l’extrême gauche d’une assemblée politique : la partie de la droite, de la gauche la plus éloignée du centre ». Mon Dieu ! Il faut bien caser tout le monde ! Mais l’on comprend mieux qu’après chaque élection, certains, toujours remarquerais-je, du même côté, à droite, protestent contre le fait  d’être repoussés « au bout ».

Quand il s’agit du climat, le dictionnaire s’en sort mieux : quand il est extrême, il est très chaud ou très froid. Chacun peut saisir la nuance encore qu’il y ait toujours des gens qui grelottent quand d’autres, à la même heure et sur le même lieu, trouvent « qu’il fait bon ».

 

 

Mais un extrémiste en politique, qu’est-ce donc, finalement, si je veux bien m’affranchir des conséquences d’une simple réthorique au service de condamnations sans jugement ?

 

(A suivre)

 

 

 
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /Jan /2009 20:00
La Halde a été voulue et créée par Jacques Chirac lequel, comme tous les gens sans grandes convictions personnelles, a celles de l'opinion dominante, aujourd'hui républicano-démocratico-droitdel'hommesque.
Derrière ce sigle, un de plus, se cache la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité, l'un des derniers produits, et non des moindres, de la pensée unique.
Surtout de la pensée chimérique. Car, ma foi, je n'aurais rien à redire contre une pensée unique, si, profondément enracinée dans la tradition d'un peuple, elle était faite d'une pâte qui fleure agréablement le bon sens, le respect des faits et le principe de réalité. Sa domination serait une bénédiction et il ne suffit pas d'être minoritaire pour être à plaindre. Il faut d'abord être dans le vrai. Mais nous ne sommes pas en compagnie du peuple, en présence des membres de la Halde, tout au plus au milieu d'un cercle de bourgeois plus ou moins grands, emmenés par Monsieur Louis Schweitzer, ancien chef de cabinet du Premier ministre Laurent Fabius et longtemps PDG de Renault.


Passons sur le qualificatif de "Haute Autorité" conféré, on veut le croire, à titre purement administratif.
Reste que cette structure prétend, à elle toute seule, lutter "contre les discriminations et pour l'égalité". Ces intentions ne sont louables qu'en apparence. On ne peut être qu'inquiets devant de telles prétentions. En théorie, et, par voie de conséquence inéluctable, en pratique, comme les actes de la dite Halde le révèlent.
En théorie, car bien entendu, comme on le sait depuis que l'homme est apparu, les discriminations pullulent et l'égalité n'existe pas. Si encore la Halde luttait pour la justice, bien que celle-ci ne soit pas de ce monde non plus, on saluerait l'effort accompli tout en se demandant tout de même quelle justice est recherchée, car il en est de nombreuses formes.
Mais Messieurs les juges vous faites erreur en partant en guerre contre les discriminations qui sont oeuvres de civilisation et qui permettent de placer chacun à la place où il est utile plutôt qu'à celle où il est incompétent, à des corps intermédiaires de défendre leurs libertés, à des peuples de sauvegarder leurs identités, à des chefs d'entreprises de choisir leurs collaborateurs. Je note d'ailleurs qu'à l'occasion les mêmes pourfendeurs prônent, à l'inverse, la prolifération des discriminations soudainement devenues "positives", afin de... corriger les inégalités !
Quant au mythe de l'Egalité, j'espère lui avoir déjà bien tordu le cou (Cf ma chronique "Liberté, Egalité, Fraternité") pour ne pas y revenir ici.


Quelle est la conséquence la plus directe de l'émergence d'un tel organisme fondé sur des principes aussi faux et qui, selon sa logique propre, compte tenu de ses larges missions, se développe à bonne vitesse ? C'est que la liberté de penser, d'agir, de se défendre est désormais placée sous la Haute Contrainte d'un commissariat politique de nature totalitaire.
Qui de simple bureau à idées consultatif devient une officine de surveillance généralisée.
On ne se contente plus de se mêler de la vie, de l'organisation des entreprises, même si dans ce domaine, le membre de la famille du célèbre docteur couche tard, ancien dirigeant, est encore retenu dans ses démangeaisons de procureur par une certaine lucidité, et qu'il lui arrive de rejeter quelques prétentions de salariés excités se posant abusivement en victimes de leurs patrons. Non, il y a pire ;  c'est avec stupéfaction que l'on apprend que la Halde se charge maintenant d'éliminer dans les manuels scolaires les "stéréotypes susceptibles d'alimenter les discriminations". Lisons ce que nous rapporte Laurent Dandrieu dans Valeurs Actuelles du 2 janvier dernier : "Après nous avoir appris que le simple fait de représenter un jeune homme qui 'aspire au mariage avec une femme et à une famille hétéroparentale' constitue un odieux stéréotype 'hétérosexiste', et déploré qu'on n'évoque pas les comportements homosexuels dans l'étude de la reproduction du rat, les auteurs, avec leur imperturbable sérieux, attirent l'attention sur les manuels de français : 'le poème de Ronsard Mignonne allons voir si la rose est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d'autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes".
On appréciera la légèreté du style, en passant... Sans commentaires ? On va se garder de n'en faire aucun !


Le meilleur des mondes n'est pas loin. On ne saurait s'en étonner, nous vivons dans la sphère de l'uniformisation, de la dictature, subtile, à la fois douce et ferme, de la pensée écrasante qui vient d'en haut et que l'on est tenu de vénérer d'en bas, selon les règles immuables de fonctionnement du centralisme démocratique cher aux régimes totalitaires.


Il est urgent de réclamer, au nom de l'Intelligence, la dissolution de cette malfaisante administration, pure et arrogante police de la pensée.
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 08:44

En d’autres temps, le candidat Sarkozy, bien inspiré ou simplement bon calculateur électoral, affirma que la présence des forces françaises « dans cette partie du monde » ne lui semblait pas « décisive ».

 

 Depuis, la position présidentielle a bien évolué : voilà que notre présence est devenue indispensable pour lutter « contre le terrorisme » (Sarkozy), pour « une part de la liberté du monde » (Kouchner), pour « notre propre sécurité » (Fillon).
En août dernier, Nicolas Sarkozy affirme encore dans un communiqué que sa « détermination est intacte. La France est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté. La cause est juste, c’est l’honneur de la France et de ses armées de la défendre ». Tous les ingrédients sont réunis, en quelques phrases pour nous vautrer longtemps dans l’erreur. Tout ce discours ne tient pas debout un seul instant.

 

 Dans un pays où toutes les grandes puissances, de tous temps, malgré leurs formidables moyens techniques et militaires, se sont cassé les dents, les Anglais, les Soviétiques, maintenant les Américains et nous avec eux, hélas !, où les Talibans, détestés lorsqu’ils étaient au pouvoir, ont réussi ce tour de force de reconstituer leur potentiel offensif et regagner le soutien d’une bonne partie de la population afghane, sérieusement éprouvée par cette guerre et les bavures régulières des armées d’occupation, dans ce pays compliqué, Mon Dieu !, que faisons-nous, embarqués dans une aventure simpliste, typiquement bushienne ?

 

 Le gouvernement officiel de ce pays, les troupes alliées, ne maîtrisent la situation que sur un territoire restreint.
Les populations de l’Afghanistan, composées de clans, de tribus, plus ou moins mafieux, qui s’entredéchirent régulièrement, fixées souvent dans des sanctuaires montagneux, incontrôlables, ne sont pas manipulables à souhait. Cette guerre est déjà perdue. Laissons-les vivre leur vie !

 

 Quelle sotte prétention, que j’ai eue maintes fois l’occasion de dénoncer ici, que de vouloir imposer « la démocratie » à ces peuples. Ce mot a-t-il seulement un sens, pour eux ?
Les délires mondialistes de Monsieur Kouchner sont vraiment risibles ! Que ne défend-il la « liberté du monde » à Cuba et à Pékin ? Qu’attendons-nous pour envahir ces pays et leur imposer la Démocratie Universelle, chère au cœur de Bernard ?
Quant aux luttes contre le terrorisme pour notre sécurité, elles sont assurément légitimes. Mais c’est se moquer du monde que de nous faire croire qu’en massacrant des Afghans (et parfois des innocents)  nous allons faire autre chose que renforcer les commandos de la vengeance.
Que l’on frappe, de manière ciblée, pourtant déjà avec un bonheur limité, les foyers d’entretien du terrorisme, comme le firent les Américains après le 11 septembre 2001, voilà qui se comprend, encore qu’il vaille sans doute mieux préparer discrètement, sans esbroufe, des opérations fortes et d’une grande précision.
Mais se faire, une nouvelle fois, les gendarmes du monde, c’est tout simplement irresponsable, aveugles que nous sommes devant les leçons du passé.
C’est d’autant plus surprenant de la part du monde occidental et de ceux qui s’y rattachent bien volontiers, que celui-ci, par ailleurs complexé, s’en va, se battant la coulpe, de repentance en repentance, pour des crimes plus ou moins imaginaires.
Le bon sens aurait voulu que nous ne nous laissions pas emporter dans cette occupation stupide de l’Afghanistan, sans plus d’avenir heureux probable que celle qui a ensanglanté, et qui continue à ensanglanter, l’Irak, guêpier où nous avons eu la lucidité de ne pas mettre les pieds.

 

 Le vrai scandale dans la mort de ces dix soldats français est là : ils sont morts, c’est cruel de l’écrire mais c’est la vérité, pour rien, au service d’un engagement purement idéologique, qui n’est pas le nôtre, dans un pays imprévisible, sans que les intérêts français soient de quelque manière engagés, qui nous coûtera plus de 285 millions d’euros en 2008, prix à payer en augmentation de 47% en un an.
Mais contre toute logique, nous pratiquons la fuite en avant en expédiant 700 hommes supplémentaires en Afghanistan.
Le président de notre République déclare : « Je vous dis en conscience que si c’était à refaire, je le referais. » Perseverare diabolicum…


Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 21:35
La mort de dix jeunes Français en terre lointaine, et non française, a suscité des réactions qui méritent d'être examinées avec recul et bon sens, cette qualité de l'esprit décidément de moins en moins bien partagée.


Nous sommes témoins, muets mais bien évidemment compatissants, de la peine de familles éprouvées par ce fait divers de la guerre mais qui est le drame personnel de parents, d'épouses, d'enfants.
Cependant la douleur, plus que jamais, égare.
Il est loin le temps où Blanche de Castille disait à propos de son fils Louis IX, qu'elle le préférait mort plutôt que vivant en état de péché mortel.
Il est loin le temps où l'immense majorité des pères et mères français du début du XXe siècle, acceptaient que leurs enfants tombent pour la France face à l'agresseur allemand, plutôt qu'ils désertent pour survivre.
Nous avons même du mal, aujourd'hui, à comprendre leurs réactions. C'est que cette mère de roi, c'est que ces familles contrôlaient leurs émotions, qu'ils subordonnaient à une hiérarchie de priorités.
C'est qu'entre temps, nous avons assisté à l'effondrement de beaucoup de lois morales, collectives, qui fondaient la grandeur des actes personnels, sans rien enlever à la liberté avec laquelle ces derniers étaient accomplis.
Et nous avons constaté la montée de l'individualisme qui est une machine à détruire la capacité de chacun à accepter des valeurs structurantes.
Individualisme qui se marie très bien avec un sentimentalisme individuel et communautariste poussé au paroxysme par l'exploitation médiatique outrancière de faits anecdotiques, même s'ils sont tragiques.


Car, au risque de choquer, il faut le constater : c'est un détail de l'Histoire que quelques soldats meurent durant un conflit dans lequel ils sont engagés. Rajoutons à cela que le monde occidental, qui a peur de la mort, d'une manière générale, ne supporte pas que la guerre puisse encore faucher des jeunes gens. C'est l'impact sur les esprits de la popularisation de ce concept douteux de la "guerre propre", technologique, celle qui est réputée détruire les machines sans broyer les hommes. Illusion grotesque. Et odieuse car, la guerre n'est immaculée pour personne, elle est bien plus sale encore pour le camp d'en face. Des centaines de Talibans disparaissent, surtout des centaines de civils succombent victimes de "dégâts collatéraux", expression technique destinée à masquer l'horreur, mais tant que nos soldats ne sont pas atteints, ou un par un, en catimini en quelque sorte, la guerre est réputée "propre".
Que dix Européens laissent leur vie, au même moment, et voilà que l'on cherche des coupables dans son propre camp, que l'on s'insurge, et pour ajouter à la dramatisation on voit un président de la République qui en fait beaucoup, c'est-à-dire comme souvent avec celui-ci, qui en fait trop... C'est tout juste si l'on n'a pas entendu qu'il était anormal d'envoyer au casse-pipe des soldats dont c'est pourtant le risque choisi !
Comment peut-on s'étonner que meurent des hommes engagés (volontairement que l'on sache), dans un régiment d'élite, le 8e RPIMA , dédié aux combats ? Que dirait-on alors s'il s'agissait du "contingent" d'autrefois, réquisitionné comme en Algérie française ?!
Si l'on veut éviter ce genre de danger, il convient de se faire embaucher par la Poste, pas par l'Armée (encore que des postiers aient été braqués par des malfaiteurs, au total où est-on en sécurité, mon Dieu ?).
Comment peut-on se scandaliser que des hommes en péril, qui ont été formés et bien formés à ce niveau d'engagement, il paraît difficile d'en douter, aient vingt ans ?
Aurait-il fallu les visser aux casernes et attendre qu'ils courent moins vite, à 35 ans, lestés par un peu trop de bière et d'inactivité pour les placer en situation réelle de vie, pour un militaire, c'est-à-dire en risque de mort ?


Tout cela est signe de déliquescence.
Cela n'en rend que plus vain le discours officiel, car le scandale, le vrai, n'est pas là.
Il ne faut pas se tromper de colère. La vraie question qui se pose n'est pas de savoir s'il est normal qu'en temps de guerre ou de guérilla, un soldat meure même si l'on peut toujours discuter des conditions dans lesquelles se produisent les pertes en hommes, et Dieu sait si, à une toute autre échelle ! , des fautes de commandement ont pu être commises pendant les grandes guerres mondiales, qui ont fauché des milliers de vies humaines, la vraie question est de savoir pourquoi, pour qui, ce soldat est sacrifié.

(à suivre)
Par François-Xavier Gaëtan Gelin - Publié dans : Autres chroniques
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Texte libre

POURQUOI J'AI DECIDE D'OUVRIR UN BLOG

Ce qui est frappant, c'est le phénomène de l'Eternel Retour. L'Eternel Retour des mêmes pensées, fausses ou vraies. Si je prends la parole c'est parce que le pire est de retour. Nous avons Raison perdu. Il est nécessaire de redevenir grec et de travailler à distinguer avec Platon la Vérité de l'opinion. L'honneur commande, pour le moins, de ne plus subir, silencieusement, les outrages faits à l'Intelligence. Ce que je me propose c'est d'exposer une réflexion qui s'inscrit dans la recherche de la Vérité guidée par la Raison.

("Déclaration d'intention" complète ci-dessous en date du 20.09.06)

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