LE "POLITIQUEMENT CORRECT" ET AUTRE PENSEE UNIQUE

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

Le "politiquement correct" est né, il y a de bien longues années, sur les campus américains. Il s'est installé en Europe, singulièrement en France, dénoncé, à juste titre, par certains milieux plutôt limités.
Sa grande cousine, la pensée unique, exerce son terrorisme intellectuel depuis bien plus longtemps encore dans notre pays. Mais ce qui est nouveau, c'est que ces expressions, la dénonciation des phénomènes qu'elles résument, récente, elle, en se banalisant, sont devenues les chevaux de bataille de beaucoup. Est proclamée politiquement correcte la position de l'autre. Est taxée de pensée unique celle de l'adversaire.


Monsieur Alain Minc, le conseiller de gauche des patrons, pur produit du système de pensée prépondérant, nous invite à croire à quelques retournements : "Oui, la pensée unique a changé de camp. Elle est devenue populiste, économiquement laxiste, antieuropéenne. Nous, nous sommes désormais des francs-tireurs. Des marginaux." (dans Les Echos du 08.01.07) Plaignons ce pauvre homme qui ne se croit plus sous la tente des vainqueurs.


Et bien non, le "politiquement correct", la pensée unique, ne sont pas synonymes de pensée dominante. Encore une fois, la seule bonne question à se poser est celle de la justesse de toute réflexion. Réjouissons-nous qu'une pensée simple, saine, raisonnable, fruit de l'observation des faits, de l'expérience des générations, soit dominante. Pour toujours si possible. Et peu importe qui la défend, l'intellectuel ou le manuel, le maître ou l'élève, avec talent ou sans habileté. Sa domination est rassurante. Elle tient en respect les éternelles erreurs qui lui font face, toujours en embuscade. Ceux qui tentent de remettre celles-ci au goût du jour, ne doivent pas obtenir notre sympathie complaisante sous prétexte qu'ils sont, encore, minoritaires. Ils ne peuvent pas nous faire pitié mais horreur. S'il convient de les respecter et de les laisser vivre, on doit combattre leurs nauséabondes théories sans remords.


Le détestable ce n'est pas la pensée dominante. C'est la pensée fausse. Et c'est lorsque cette dernière est majoritaire dans les esprits que son existence devient insupportable.
Le "politiquement correct" se dénonce lui-même : la chose qu'il qualifie sait qu'elle n'est correcte que politiquement. C'est dire. La pensée unique fait de même : à défaut d'être vraie, elle est totalitaire.


Est vaine la contestation, érigée en mode de fonctionnement intellectuel, de la pensée dominante. C'est une passion imbécile, une passion d'adolescent. Elle n'a qu'un équivalent certain : la subordination à la pensée unique, imposée, obligatoire.

Soumettons toute pensée à l'examen critique, armé de la raison. C'est le seul moyen de faire le tri et de n'être que dans le seul bon camp, celui de la vérité. Ce dernier est moins que jamais prééminent, tant il est avéré comme le notait en substance Georges Bernanos que les vérités simples souffrent toujours de la terrible concurrence des idées simplistes.

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D
Ah, c'est une quête complexe que d'aller vers la vérité.Vous pouvez remplacer "politiquement correct" par l'expression "bien-pensant". Elle est davantage "tendance".Elle est encore plus absurde, non ?Faudrait-il mal penser ? Plutôt que de bien penser ?Mal penser, de tout façon, n'est-ce pas ne pas penser du tout ?Peut-on penser mal ?Je trouve que ces expressions, qui cachent des dénonciations systématiques d'un courant d'opinion vis à vis d'un autre, se font le vecteur d'un nihilisme terrifiant, quand on y regarde de plus près.
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