L'ISLAM (20)
L'Islam entretient avec la violence des rapports étroits.
On a pu le constater en lisant le Coran (voir L'ISLAM [3], [4], [5]). "La violence que sacralise le Coran n'est plus une transgression ni une atteinte à l'intégrité de l'homme. Elle devient un moyen de purifier le monde par Allah. Mahomet y recourt pour assumer sa mission de lieutenant d'Allah sur la terre. Tout musulman se croit obligé de poursuivre sa pratique... La conception de la violence coranique traduit la vision d'Allah que Mahomet se forge et propage et qui concrétise les relations entre Dieu et l'homme... Réservée à Allah dans la prédication mahométane première, la violence est progressivement érigée en instrument de propagation du message prophétique." (Jean Sleiman dans Vivre avec l'Islam ? pages 65,66,74)
On vient d'en avoir un premier aperçu historique avec le récit de l'affrontement de ses héritiers (L'ISLAM [19]).
Avant cela, l'Islam s'est aussi imposé par la violence.
Dans la période dite mecquoise les interrogations métaphysiques semblent réelles et sincères chez son fondateur. "C'était un esprit réfléchi ; il s'intéressait aux questions religieuses qui laissaient indifférents ses sceptiques concitoyens. ll aimait à en discuter avec les rares scripturaires de passage. On le surprend à la recherche d'un idéal religieux supérieur à celui de son entourage mecquois." (Henri Lammens L'Islam p.32)
Mahomet connaît une crise religieuse qui le conduit à se convertir au monothéisme et à la croyance au dogme de la résurrection. D'accord de fait avec les chrétiens et les juifs là-dessus, il considère que comme Dieu est unique, la révélation aussi, dont les arabes ne pouvaient pas ne pas bénéficier.
Il s'estime appelé à prêcher ces vérités parmi ses compatriotes, rôle modeste somme toute. Puis peu à peu, il s'élève lui-même au rang de prophète.
Nul ne l'étant victorieusement dans son propre pays, c'est bien connu, Mahomet se heurte dans sa prédication à l'indifférence puis à l'hostilité des Mecquois. Déjà, des premiers musulmans émigrent en Abyssinie. A son tour, devant son insuccès, il part pour La Mecque.
Cet exode inaugure l'hégire, hidjra, c'est-à-dire émigration. Il forme le point de départ officiel de l'ère musulmane en 622 après Jésus-Christ. Mais ce déplacement n'a rien d'anodin. Il marque l'évolution politique de l'Islam. Mahomet va devenir chef d'Etat.
" Dans le vieux droit arabe, l'hégire signifiait non seulement la rupture avec la ville natale, mais équivalait pour celle-ci à une sorte de déclaration de guerre. Le syndicat mecquois ne s'y trompera pas. Jusque-là pour les disciples de Mahomet, le mot d'ordre, la consigne, avaient été de 'tenir ferme' au milieu des contradictions, de n'user que de moyens de persuasion. Le djihad était une guerre spirituelle. A Médine, s'ouvre la période d'action.
Il sera recommandé de lutter par les armes ; jusqu'à ce que l'Islam ait le dessus et que 'les infidèles soient humiliés et forcés de payer l'impôt'." (H Lammens L'Islam p.34)
A Médine, fort de quelques centaines de conversions, Mahomet travaille, juridiquement, à établir sa suprématie religieuse et politique. Les Médinois, malléables, se seraient facilement laissés convaincre d'accepter cette évolution, sauf les juifs. D'inspirateur Israël devient un ennemi pour Mahomet. Il découvre son désaccord doctrinal. Fâché de ce que les juifs ne le prennent pas au sérieux, il les déclare "les pires ennemis de l'Islam".
Il pense les soumettre en faisant assassiner leurs principaux chefs.
Bientôt il organise des razzias sur les caravanes de La Mecque, attaquant la cité au coeur : sa prospérité commerciale. En face on mobilise, mais mal. A Badr, Mahomet remporte, malgré l'infériorité numérique de ses troupes, une importante victoire.
Un an plus tard à Ohod, il subit en revanche un revers. Mais cette défaite, non exploitée par les Mecquois, est sans conséquence. Il parviendra à obtenir la reddition, usant aussi de ruse et de diplomatie, de sa ville natale.
Les juifs de Médine faisaient toujours de la résistance. Mais cette résistance n'était que de l'insolence. De nature à exaspérer le prophète mais pas à l'impressionner. "Il commença par réduire, ensuite par expulser leurs clans les plus faibles. Le dernier- celui des Banou Coraïza- fut vaincu. Tous les hommes valides, au nombre de 600, furent sans pitié passés par les armes. On vendit à l'encan femmes et enfants. Sur leurs florissants domaines, Mahomet établit les Emigrés de La Mecque. Les juifs de Khaïbar et de Fadak durent également se soumettre et accepter de cultiver, en qualité de fermiers, leurs fertiles oasis pour le compte des musulmans devenus leurs maîtres. Après avoir rompu avec les juifs, Mahomet se tourne vers 'ceux qui se nomment chrétiens' ; il loue 'leurs dispositions bienveillantes et leur absence d'orgueil, parce qu'ils ont des prêtres et des moines'. Il rompra avec eux, ne les ayant pas trouvés plus souples que les juifs, quoique moins provocants." (H Lammens, L'Islam p.39)
Plus tard, il s'attaque aux Bédouins avec lesquels il avait fort à faire, même officiellement ralliés. On se souvient de toutes les allusions qui les concernent dans le Coran (cf. L'ISLAM [5]). Il soumet la ville de Taïf. Il songe, un moment, attaquer à la Syrie. Mais finalement ll y renonce et un an plus tard décède de manière inattendue.
"La conversion de l'Arabie n'avait réalisé de sérieux progrès que dans le Hedjaz. Seule Médine pouvait être considérée comme définitivement acquise à la nouvelle doctrine, beaucoup plus que les villes de La Mecque et de Taïf ; partout ailleurs l'islamisation avait seulement été amorcée ; on y avait surtout reconnu la puissance politique de l'Islam." (H Lammens L'Islam p.41)
(à suivre)
On a pu le constater en lisant le Coran (voir L'ISLAM [3], [4], [5]). "La violence que sacralise le Coran n'est plus une transgression ni une atteinte à l'intégrité de l'homme. Elle devient un moyen de purifier le monde par Allah. Mahomet y recourt pour assumer sa mission de lieutenant d'Allah sur la terre. Tout musulman se croit obligé de poursuivre sa pratique... La conception de la violence coranique traduit la vision d'Allah que Mahomet se forge et propage et qui concrétise les relations entre Dieu et l'homme... Réservée à Allah dans la prédication mahométane première, la violence est progressivement érigée en instrument de propagation du message prophétique." (Jean Sleiman dans Vivre avec l'Islam ? pages 65,66,74)
On vient d'en avoir un premier aperçu historique avec le récit de l'affrontement de ses héritiers (L'ISLAM [19]).
Avant cela, l'Islam s'est aussi imposé par la violence.
Dans la période dite mecquoise les interrogations métaphysiques semblent réelles et sincères chez son fondateur. "C'était un esprit réfléchi ; il s'intéressait aux questions religieuses qui laissaient indifférents ses sceptiques concitoyens. ll aimait à en discuter avec les rares scripturaires de passage. On le surprend à la recherche d'un idéal religieux supérieur à celui de son entourage mecquois." (Henri Lammens L'Islam p.32)
Mahomet connaît une crise religieuse qui le conduit à se convertir au monothéisme et à la croyance au dogme de la résurrection. D'accord de fait avec les chrétiens et les juifs là-dessus, il considère que comme Dieu est unique, la révélation aussi, dont les arabes ne pouvaient pas ne pas bénéficier.
Il s'estime appelé à prêcher ces vérités parmi ses compatriotes, rôle modeste somme toute. Puis peu à peu, il s'élève lui-même au rang de prophète.
Nul ne l'étant victorieusement dans son propre pays, c'est bien connu, Mahomet se heurte dans sa prédication à l'indifférence puis à l'hostilité des Mecquois. Déjà, des premiers musulmans émigrent en Abyssinie. A son tour, devant son insuccès, il part pour La Mecque.
Cet exode inaugure l'hégire, hidjra, c'est-à-dire émigration. Il forme le point de départ officiel de l'ère musulmane en 622 après Jésus-Christ. Mais ce déplacement n'a rien d'anodin. Il marque l'évolution politique de l'Islam. Mahomet va devenir chef d'Etat.
" Dans le vieux droit arabe, l'hégire signifiait non seulement la rupture avec la ville natale, mais équivalait pour celle-ci à une sorte de déclaration de guerre. Le syndicat mecquois ne s'y trompera pas. Jusque-là pour les disciples de Mahomet, le mot d'ordre, la consigne, avaient été de 'tenir ferme' au milieu des contradictions, de n'user que de moyens de persuasion. Le djihad était une guerre spirituelle. A Médine, s'ouvre la période d'action.
Il sera recommandé de lutter par les armes ; jusqu'à ce que l'Islam ait le dessus et que 'les infidèles soient humiliés et forcés de payer l'impôt'." (H Lammens L'Islam p.34)
A Médine, fort de quelques centaines de conversions, Mahomet travaille, juridiquement, à établir sa suprématie religieuse et politique. Les Médinois, malléables, se seraient facilement laissés convaincre d'accepter cette évolution, sauf les juifs. D'inspirateur Israël devient un ennemi pour Mahomet. Il découvre son désaccord doctrinal. Fâché de ce que les juifs ne le prennent pas au sérieux, il les déclare "les pires ennemis de l'Islam".
Il pense les soumettre en faisant assassiner leurs principaux chefs.
Bientôt il organise des razzias sur les caravanes de La Mecque, attaquant la cité au coeur : sa prospérité commerciale. En face on mobilise, mais mal. A Badr, Mahomet remporte, malgré l'infériorité numérique de ses troupes, une importante victoire.
Un an plus tard à Ohod, il subit en revanche un revers. Mais cette défaite, non exploitée par les Mecquois, est sans conséquence. Il parviendra à obtenir la reddition, usant aussi de ruse et de diplomatie, de sa ville natale.
Les juifs de Médine faisaient toujours de la résistance. Mais cette résistance n'était que de l'insolence. De nature à exaspérer le prophète mais pas à l'impressionner. "Il commença par réduire, ensuite par expulser leurs clans les plus faibles. Le dernier- celui des Banou Coraïza- fut vaincu. Tous les hommes valides, au nombre de 600, furent sans pitié passés par les armes. On vendit à l'encan femmes et enfants. Sur leurs florissants domaines, Mahomet établit les Emigrés de La Mecque. Les juifs de Khaïbar et de Fadak durent également se soumettre et accepter de cultiver, en qualité de fermiers, leurs fertiles oasis pour le compte des musulmans devenus leurs maîtres. Après avoir rompu avec les juifs, Mahomet se tourne vers 'ceux qui se nomment chrétiens' ; il loue 'leurs dispositions bienveillantes et leur absence d'orgueil, parce qu'ils ont des prêtres et des moines'. Il rompra avec eux, ne les ayant pas trouvés plus souples que les juifs, quoique moins provocants." (H Lammens, L'Islam p.39)
Plus tard, il s'attaque aux Bédouins avec lesquels il avait fort à faire, même officiellement ralliés. On se souvient de toutes les allusions qui les concernent dans le Coran (cf. L'ISLAM [5]). Il soumet la ville de Taïf. Il songe, un moment, attaquer à la Syrie. Mais finalement ll y renonce et un an plus tard décède de manière inattendue.
"La conversion de l'Arabie n'avait réalisé de sérieux progrès que dans le Hedjaz. Seule Médine pouvait être considérée comme définitivement acquise à la nouvelle doctrine, beaucoup plus que les villes de La Mecque et de Taïf ; partout ailleurs l'islamisation avait seulement été amorcée ; on y avait surtout reconnu la puissance politique de l'Islam." (H Lammens L'Islam p.41)
(à suivre)
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