OUVERTURES ARTIFICIELLES ET PANTALONNADES
Ce qu'il est convenu d'appeler "l'ouverture", cette entreprise de débauchage de personnalités dites de gauche par un président dit de droite, ou le recours à la "diversité" pour la diversité, apparaissent de plus en plus pour ce qu'elles sont : des gadgets.
Sur la nature profonde de cette obsession sarkozienne, j'ai exposé ma thèse il y a quelques mois ("Cette ouverture est une couverture" du 05.08.07). Cela renvoie toujours et encore chez ce chef d'Etat omniprésent, au désir de plaire, de réunir autour de sa personne une cour complaisante et fascinée.
Pour cela, il est nécessaire de tenir des discours multiples aux accents lyriques et aux raisonnements contradictoires afin de semer la confusion parmi ceux qui demeurent, malgré tout, des adversaires.
Mais Nicolas Sarkozy aussi talentueux soit-il, ne peut tout contrôler. Il en est conscient et ne manque pas d'appliquer le mot fameux devenu quasiment un adage : "Puisque tout cela nous dépasse, faisons semblant de l'organiser".
Les ministres et associés venus du camp d'en face ou de frêle expérience, sont des sortes de mutants. Les mutants sont des êtres fragiles. Que l'on songe à l'adolescent où à la chenille quand elle se fait papillon. Et ce sont des mutants en régression ce qui complique singulièrement leurs évolutions et provoque en eux des états d'âme douloureux. Leurs attitudes, leurs propos, leurs actes parfois,sont un défi au bon sens eu égard à la situation de responsabilité dans laquelle ils se trouvent.
Jean-Pierre Chevênement l'a dit, il y a bien longtemps, et avec à-propos : "Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne". Car l'ouvrir, en l'occurrence, ne présente aucune cohérence.
Jean-Marie Bockel se permet de rappeler au président ses promesses sur l'Afrique.
Rama Yade affirme, à l'occasion de la visite de Khadafi en France, que notre pays "n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou pas, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Elle justifie sa sortie par le fait que "ce secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme existe, il faut l'utiliser" (!)
Nicolas Sarkozy si prompt à être exigeant dit peut-être mot, dans le secret d'un tête-à-tête, mais il consent publiquement. Certains y voient un subtil partage des rôles : le président joue le pragmatisme, fait de la Real politik, son ministre joue l'idéalisme, fait de la morale. Et pour quel bénéfice, grands dieux ? Où est dans ces postures, l'intérêt de la France ? Et cette pauvre Rama Yade, qui s'est soulagée à bon compte, est toute contente que le "chef" ne la chasse pas. L'a-t-il seulement grondée ? A quoi sert Rama Yade, franchement, à part faire joli (jolie, elle l'est, en effet), dans le décor du cirque présidentiel, toujours en tournée, toujours en représentation ? A quoi sert d'ailleurs, le secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme ?
On est prié de s'extasier devant les exploits de Fadela Amara, son beau langage, ("il faut y aller à donf pour les banlieues", sublime), son insolence envers son ministre de tutelle, et sans doute de la savoir au service d'un président pour lequel elle ne votera pas en 2012 !
Bernard Kouchner avale un nombre de couleuvres qui suppose un estomac solide, ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on a un tel appétit de paraître. Mais il s'offre son petit plaisir en annonçant qu'il donnera sa voix à Paris, pour les municipales, à Bertrand Delanoë.
Le plus lucide est Martin Hirsch qui se dit "manipulé".
Combien de temps encore tout ce petit monde amusera la galerie ? Nicolas Sarkozy peut difficilement se défaire de toutes ces pièces rapportées sans donner l'impression de se déjuger.
On peut le regretter, mais jamais, jamais, la république partisane ne pourra organiser autre chose que l'affrontement de camps.
Il n'y a qu'une évolution logique pour un homme de gauche qui décide de participer à un gouvernement de droite : c'est de devenir un homme de droite, et réciproquement.
Quant aux gouvernements d'union nationale, ils constituent des curiosités, à la vie éphémère, généralement le fruit de circonstances exceptionnelles, quand la patrie est en danger. Encore faut-il avoir encore conscience de posséder une patrie à défendre...
Sur la nature profonde de cette obsession sarkozienne, j'ai exposé ma thèse il y a quelques mois ("Cette ouverture est une couverture" du 05.08.07). Cela renvoie toujours et encore chez ce chef d'Etat omniprésent, au désir de plaire, de réunir autour de sa personne une cour complaisante et fascinée.
Pour cela, il est nécessaire de tenir des discours multiples aux accents lyriques et aux raisonnements contradictoires afin de semer la confusion parmi ceux qui demeurent, malgré tout, des adversaires.
Mais Nicolas Sarkozy aussi talentueux soit-il, ne peut tout contrôler. Il en est conscient et ne manque pas d'appliquer le mot fameux devenu quasiment un adage : "Puisque tout cela nous dépasse, faisons semblant de l'organiser".
Les ministres et associés venus du camp d'en face ou de frêle expérience, sont des sortes de mutants. Les mutants sont des êtres fragiles. Que l'on songe à l'adolescent où à la chenille quand elle se fait papillon. Et ce sont des mutants en régression ce qui complique singulièrement leurs évolutions et provoque en eux des états d'âme douloureux. Leurs attitudes, leurs propos, leurs actes parfois,sont un défi au bon sens eu égard à la situation de responsabilité dans laquelle ils se trouvent.
Jean-Pierre Chevênement l'a dit, il y a bien longtemps, et avec à-propos : "Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne". Car l'ouvrir, en l'occurrence, ne présente aucune cohérence.
Jean-Marie Bockel se permet de rappeler au président ses promesses sur l'Afrique.
Rama Yade affirme, à l'occasion de la visite de Khadafi en France, que notre pays "n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou pas, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Elle justifie sa sortie par le fait que "ce secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme existe, il faut l'utiliser" (!)
Nicolas Sarkozy si prompt à être exigeant dit peut-être mot, dans le secret d'un tête-à-tête, mais il consent publiquement. Certains y voient un subtil partage des rôles : le président joue le pragmatisme, fait de la Real politik, son ministre joue l'idéalisme, fait de la morale. Et pour quel bénéfice, grands dieux ? Où est dans ces postures, l'intérêt de la France ? Et cette pauvre Rama Yade, qui s'est soulagée à bon compte, est toute contente que le "chef" ne la chasse pas. L'a-t-il seulement grondée ? A quoi sert Rama Yade, franchement, à part faire joli (jolie, elle l'est, en effet), dans le décor du cirque présidentiel, toujours en tournée, toujours en représentation ? A quoi sert d'ailleurs, le secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme ?
On est prié de s'extasier devant les exploits de Fadela Amara, son beau langage, ("il faut y aller à donf pour les banlieues", sublime), son insolence envers son ministre de tutelle, et sans doute de la savoir au service d'un président pour lequel elle ne votera pas en 2012 !
Bernard Kouchner avale un nombre de couleuvres qui suppose un estomac solide, ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on a un tel appétit de paraître. Mais il s'offre son petit plaisir en annonçant qu'il donnera sa voix à Paris, pour les municipales, à Bertrand Delanoë.
Le plus lucide est Martin Hirsch qui se dit "manipulé".
Combien de temps encore tout ce petit monde amusera la galerie ? Nicolas Sarkozy peut difficilement se défaire de toutes ces pièces rapportées sans donner l'impression de se déjuger.
On peut le regretter, mais jamais, jamais, la république partisane ne pourra organiser autre chose que l'affrontement de camps.
Il n'y a qu'une évolution logique pour un homme de gauche qui décide de participer à un gouvernement de droite : c'est de devenir un homme de droite, et réciproquement.
Quant aux gouvernements d'union nationale, ils constituent des curiosités, à la vie éphémère, généralement le fruit de circonstances exceptionnelles, quand la patrie est en danger. Encore faut-il avoir encore conscience de posséder une patrie à défendre...
Publicité