BILAN DE L'AN I : LA GIROUETTE A TOUT FAUX (3)
Revenons sur ces fameuses 35 heures, tant elles sont emblématiques de l'impuissance de nos gouvernements. Lionel Jospin et Martine Aubry les ont imposées. Convaincus ? Convaincus surtout que c'était le prix à payer pour sauver la "gauche plurielle". Martine a douté. Mais elle a vite compris qu'elle n'avait pas le choix.
De nombreux Français, une majorité, étaient persuadés que c'était une bêtise. Mais pour beaucoup, c'est une bêtise dont les conséquences sont agréables. Pensez ! De onze à vingt-deux jours de congés supplémentaires, cela ne se refuse pas. Sauf peut-être lorsque l'on ne sait pas trop quoi en faire, c'est-à-dire lorsque l'on a des petits revenus. Les 35 heures sont tout sauf une mesure "sociale". Elles ne sont finalement, ni de gauche ni de droite, elles sont "de stupidité", un parti souvent majoritaire...
Il n'y avait qu'une seule "rupture" qui pouvait tenir, être courageuse, décisive, à l'encontre de cette usine à gaz, c'était de revenir aux 39 heures, voire aux 40 heures d'horaire légal par semaine (5 jours x 8 heures, au moins, c'est simple). Il fallait même, comme vient de se risquer à le dire Patrick Devedjian, aussitôt désavoué par Xavier Bertrand et Nicolas, mettre fin à la notion de "durée légale" du travail et laisser les entreprises en décider, librement.
Au lieu de cela, Nicolas a rajouté une "couche" au désordre économique et à l'addition financière de cette bavure : il a rendu plus cher pour l'Etat les heures supplémentaires (que tout le monde ne fait pas, heureusement somme toute !). Du coup, on ne peut plus toucher aux 35 heures, sinon "on casse la baraque" des heures supplémentaires plus rémunératrices ! Situation totalement absurde. Résultat : au coût des 35 heures eux-mêmes, 20 milliards, s'ajoute celui de ce cadeau, 5 milliards. Voici un manque à gagner pour l'Etat de 25 milliards, Etat dont les caisses sont vides.
Et qui avait répondu à la question de savoir s'il était favorable à la disparition des 35 heures : "Pour dire les choses comme je les pense, oui" ? Nicolas, au cours de sa conférence de presse du 8 janvier dernier. Et, de toute évidence, sans réfléchir, puisqu'il a bien fallu, pour les raisons explicitées ci-dessus, démentir ce propos dans les jours qui suivirent.
Le "service minimum" dans les transports, on le sait, est une expression mensongère. La loi n'empêche absolument pas une grève maximum. Au demeurant était-ce le plus urgent à mettre en place ?
La réforme des régimes spéciaux est formellement faite. Mais au prix de concessions dont l'impact financier est fort mal connu.
Valérie Pécresse s'est attaquée à la réforme de l'Université, mais elle a beaucoup "lâché" pour être agréable à Monsieur Julliard et quelques autres "représentants" des étudiants, pourtant ultra-minoritaires.
On pourrait multiplier les exemples de reculades et de cafouillages qui ont fini par exaspérer des Français et braquer les parlementaires de l'UMP. Peut-on ensuite revenir sur une réforme bâclée ? Sans doute pas, lorsque, pour être élu, on a proclamé haut et fort qu'on "allait voir ce qu'on allait voir". Les uns y ont cru, les autres ont eu peur, et c'est ainsi que l'on ouvre des boulevards aux accommodements.
Certes, dans tout ce fatras d'initiatives, il y en a de bonnes. Nul doute qu'un guichet unique pour les chômeurs soit une heureuse idée. Xavier Darcos semble avancer avec détermination sur le chemin du retour à une meilleure prise en compte des besoins de formation des élèves.
Mais tout cela, pas toujours à l'échelle des défis posés par les faits, est noyé dans un vaste mouvement d'agitation des idées et de multiplication des maladresses et des "couacs" gouvernementaux, comme l'annonce de la fin de la carte de famille nombreuse, pour une économie, totalement dérisoire ! , de 70 millions d'euros.
On connaît la tactique nicolasesque : lancer beaucoup de réformes en même temps (pour "saturer" l'espace politique, et "étourdir" l'adversaire, l'empêchant de dire "non" à tout), et écouter néanmoins les uns et les autres pour obtenir le consentement sinon l'accord sur les évolutions souhaitées, tout en annonçant souvent que, sur certains points, il n'y aura pas de négociation possible.
En dépit des apparences, cette méthode n'est pas la plus habile, n'est pas la meilleure. On en mesure clairement les limites aujourd'hui, avec des Français mécontents et surtout des résultats mi-figue, mi-raisin.
Il eut mieux valu, au contraire, choisir 4 à 5 mesures phares, non négociables car de salut public, et les appliquer sans aucune concession à personne. On ne réforme pas la France en douceur, ou alors, clandestinement, en quelque sorte. Edouard Balladur, Premier ministre, en son temps, fit passer, un été, en catimini, la durée de cotisation, par fines tranches annuelles, de 37,5 ans à 40 ans, sans coup férir. Il est vrai qu'il ne s'attaquait ni aux fonctionnaires, ni aux salariés du parapublic.
En tout cas, il faut de la fermeté. Et un grand sens du bien commun. Où est le bien commun ? Est-ce faire des demi-réformes émasculées par le "dialogue" , quand il y a le "feu dans la maison", avec un Etat en faillite, une sécurité sociale en faillite, un système de retraite en faillite, une "éducation" nationale en faillite, une intégration des étrangers et des français récents en faillite... ?
On cherche, en vain, une logique d'ensemble au discours économique du président. Jean-Francis Pécresse dans Les Echos du 6 mai 2008, rapporte le propos d'un ami du chef de l'Etat : " Nicolas Sarkozy ? C'est un étatiste, keynésien, consumériste et populiste, mais, il est aussi libéral et moderniste..." !
On veut bien accepter qu'à la complexité du réel, on s'adapte subtilement mais il faut, tout de même ! , quelques principes directeurs à l'action, qui ne soit ni de droite ni de gauche, mais de bon sens et au service de l'intérêt général.
(A suivre)
De nombreux Français, une majorité, étaient persuadés que c'était une bêtise. Mais pour beaucoup, c'est une bêtise dont les conséquences sont agréables. Pensez ! De onze à vingt-deux jours de congés supplémentaires, cela ne se refuse pas. Sauf peut-être lorsque l'on ne sait pas trop quoi en faire, c'est-à-dire lorsque l'on a des petits revenus. Les 35 heures sont tout sauf une mesure "sociale". Elles ne sont finalement, ni de gauche ni de droite, elles sont "de stupidité", un parti souvent majoritaire...
Il n'y avait qu'une seule "rupture" qui pouvait tenir, être courageuse, décisive, à l'encontre de cette usine à gaz, c'était de revenir aux 39 heures, voire aux 40 heures d'horaire légal par semaine (5 jours x 8 heures, au moins, c'est simple). Il fallait même, comme vient de se risquer à le dire Patrick Devedjian, aussitôt désavoué par Xavier Bertrand et Nicolas, mettre fin à la notion de "durée légale" du travail et laisser les entreprises en décider, librement.
Au lieu de cela, Nicolas a rajouté une "couche" au désordre économique et à l'addition financière de cette bavure : il a rendu plus cher pour l'Etat les heures supplémentaires (que tout le monde ne fait pas, heureusement somme toute !). Du coup, on ne peut plus toucher aux 35 heures, sinon "on casse la baraque" des heures supplémentaires plus rémunératrices ! Situation totalement absurde. Résultat : au coût des 35 heures eux-mêmes, 20 milliards, s'ajoute celui de ce cadeau, 5 milliards. Voici un manque à gagner pour l'Etat de 25 milliards, Etat dont les caisses sont vides.
Et qui avait répondu à la question de savoir s'il était favorable à la disparition des 35 heures : "Pour dire les choses comme je les pense, oui" ? Nicolas, au cours de sa conférence de presse du 8 janvier dernier. Et, de toute évidence, sans réfléchir, puisqu'il a bien fallu, pour les raisons explicitées ci-dessus, démentir ce propos dans les jours qui suivirent.
Le "service minimum" dans les transports, on le sait, est une expression mensongère. La loi n'empêche absolument pas une grève maximum. Au demeurant était-ce le plus urgent à mettre en place ?
La réforme des régimes spéciaux est formellement faite. Mais au prix de concessions dont l'impact financier est fort mal connu.
Valérie Pécresse s'est attaquée à la réforme de l'Université, mais elle a beaucoup "lâché" pour être agréable à Monsieur Julliard et quelques autres "représentants" des étudiants, pourtant ultra-minoritaires.
On pourrait multiplier les exemples de reculades et de cafouillages qui ont fini par exaspérer des Français et braquer les parlementaires de l'UMP. Peut-on ensuite revenir sur une réforme bâclée ? Sans doute pas, lorsque, pour être élu, on a proclamé haut et fort qu'on "allait voir ce qu'on allait voir". Les uns y ont cru, les autres ont eu peur, et c'est ainsi que l'on ouvre des boulevards aux accommodements.
Certes, dans tout ce fatras d'initiatives, il y en a de bonnes. Nul doute qu'un guichet unique pour les chômeurs soit une heureuse idée. Xavier Darcos semble avancer avec détermination sur le chemin du retour à une meilleure prise en compte des besoins de formation des élèves.
Mais tout cela, pas toujours à l'échelle des défis posés par les faits, est noyé dans un vaste mouvement d'agitation des idées et de multiplication des maladresses et des "couacs" gouvernementaux, comme l'annonce de la fin de la carte de famille nombreuse, pour une économie, totalement dérisoire ! , de 70 millions d'euros.
On connaît la tactique nicolasesque : lancer beaucoup de réformes en même temps (pour "saturer" l'espace politique, et "étourdir" l'adversaire, l'empêchant de dire "non" à tout), et écouter néanmoins les uns et les autres pour obtenir le consentement sinon l'accord sur les évolutions souhaitées, tout en annonçant souvent que, sur certains points, il n'y aura pas de négociation possible.
En dépit des apparences, cette méthode n'est pas la plus habile, n'est pas la meilleure. On en mesure clairement les limites aujourd'hui, avec des Français mécontents et surtout des résultats mi-figue, mi-raisin.
Il eut mieux valu, au contraire, choisir 4 à 5 mesures phares, non négociables car de salut public, et les appliquer sans aucune concession à personne. On ne réforme pas la France en douceur, ou alors, clandestinement, en quelque sorte. Edouard Balladur, Premier ministre, en son temps, fit passer, un été, en catimini, la durée de cotisation, par fines tranches annuelles, de 37,5 ans à 40 ans, sans coup férir. Il est vrai qu'il ne s'attaquait ni aux fonctionnaires, ni aux salariés du parapublic.
En tout cas, il faut de la fermeté. Et un grand sens du bien commun. Où est le bien commun ? Est-ce faire des demi-réformes émasculées par le "dialogue" , quand il y a le "feu dans la maison", avec un Etat en faillite, une sécurité sociale en faillite, un système de retraite en faillite, une "éducation" nationale en faillite, une intégration des étrangers et des français récents en faillite... ?
On cherche, en vain, une logique d'ensemble au discours économique du président. Jean-Francis Pécresse dans Les Echos du 6 mai 2008, rapporte le propos d'un ami du chef de l'Etat : " Nicolas Sarkozy ? C'est un étatiste, keynésien, consumériste et populiste, mais, il est aussi libéral et moderniste..." !
On veut bien accepter qu'à la complexité du réel, on s'adapte subtilement mais il faut, tout de même ! , quelques principes directeurs à l'action, qui ne soit ni de droite ni de gauche, mais de bon sens et au service de l'intérêt général.
(A suivre)
Publicité