IL NE FAUT PAS VENDRE...

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

... et non seulement de l'ours mais aussi de l'ourse.

D'ailleurs, si l'on en croit le dernier sondage publié par Le Figaro du 16 avril, la cause est entendue. Sont nominés : Nicolas (30%) et Marie-Ségolène (26%), loin devant François (17%) et Jean-Marie (12%).

Là également on a envie de s'écrier : tout ça pour ça ? !

On vous l'avait bien dit pourront toujours s'enorgueillir certains journalistes, oubliant qu'ils ont beaucoup oeuvré pour que l'on ne sache plus très bien si c'est la poule qui fait l'oeuf ou le contraire (cf. ROYAL OU SARKOZY, LES MEDIAS ONT CHOISI du 10.10.06).

Mais soit. Nicolas n'est pas non plus dans la situation de Jacques et Marie-Ségolène dans celle de Lionel, en 2002. Les Français réclament des sauveurs neufs. Nicolas agitateur d'idées, chantre de la rupture, a réussi ce tour de force de faire oublier qu'il était au gouvernement il y a encore peu. Marie-Ségolène est parvenue à passer pour fraîche et a évité, trop près de sa gauche, des candidatures de témoignage consommatrices de voix détournées.

Le vote utile fonctionne. Ils étaient très haut dans les sondages, il y a six mois, tous deux sensiblement au dessus de 30%. Ils sont descendus bien sûr, usés par le temps et l'une plus vite que l'autre. Mais le capital initial de suffrages potentiels était important. Et ils se seront démenés jusqu'au bout comme des beaux diables. Leurs discours démagogiques coulent à flots. De tout cela il reste donc quelque chose. Ce n'est pas l'effondrement. Celui-ci aurait été sans doute plus suspect que ne l'a été le passage de François de 7 à 24 % des intentions de vote.

 

 

Mais les Français réservent peut-être à la classe politique établie et aux commentateurs que l'on dit experts, quelques fortes déconvenues.

Il se murmure que des pointages des Renseignements Généraux donneraient Jean-Marie, non seulement présent au deuxième tour, mais en tête du premier ! Est-ce le tuyau qu'avait dans la manche le leader du Front National quand il déclarait dimanche dernier au cours d'un meeting parisien, qu'il y aurait le 22 avril, "une surprise et peut-être deux" ?

C'est qu'il y a ces indécis, ceux qui n'ont pas choisi et ceux qui peuvent remettre en cause leurs choix. Cela fait du monde. Entre 32 et 42% des électeurs selon les instituts de sondages. Jean-Marie dit qu'il n'y croit pas. Que cette évaluation est une manoeuvre de ces derniers pour excuser d'avance leur future et nouvelle débâcle un prochain jour, à 20h00. Allez savoir...

En tout cas les hésitants se recrutent plutôt dans les classes défavorisées. Et celles-ci ont tendance à voter pour Jean-Marie. Il y a ceux qui ne veulent pas dire pour qui ils voteront, 17%. Et Jean-Marie se la ramène encore : Et pourquoi dites-moi ? Il y a ceux auxquels on ne demande jamais leur avis : ils n'ont pas de téléphone fixe (encore les plus pauvres ou des jeunes).

 

 

Et ces sondages à répétition sont-ils sérieusement faits ? Redressés de toutes parts comme un pauvre corps désarticulé couvert d'attelles, que disent-ils encore de vrai ? Il est des scientifiques pour douter d'eux. Quoi qu'il en soit, il est admis qu'un chiffre donné n'est fiable qu'à 2 à 4 % près. Alors quand les scores annoncés sont serrés, rien ne serait plus hasardeux que de conclure que celui qui est en tête est en première position !

Madame Laurence Parisot, présidente du Médef, mais aussi patronne de l'IFOP, ne doute pas, elle, question de survie professionnelle. Elle clôt le débat de manière radicale dans Les Echos : "Par définition, les sondages ne se trompent jamais. Car ils n'ont pas vocation à prédire. Ils donnent la meilleure approche possible non pas du comportement final de l'électeur dans l'isoloir, mais des intentions de vote au jour le jour." Ce n'est pas faux. Ah ! Il va s'en passer des choses dans le secret de ce fameux isoloir ! C'est une sorte de chambre à accoucher. Dans la douleur ? O peuple ingouvernable, à qui vas-tu faire mordre la poussière ?

 

 

Bon espoir, heureuse angoisse ou joyeuse indifférence à tous pour dimanche ! 

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