A PROPOS DE "TINTIN AU CONGO" (1 sur 3)

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

De son vivant, Hergé a été régulièrement attaqué pour avoir produit cet album, considéré, ni plus ni moins, que comme "raciste".
Le pauvre Georges Rémi s'est cru obligé, bien à tort, de se justifier. Il a même accepté de modifier certaines planches.
Mort, certains ne sont toujours pas décidés à laisser ses cendres en paix.


Devant ces offensives, on est partagé entre l'envie d' éclater de rire et celle d'exploser de colère. 
Il est des cas de figure où le bon sens le plus élémentaire est tellement malmené, que seule une réponse pamphlétaire soulage, avec le risque de ne pas parvenir à démonter le mécanisme stupide qui tente de justifier l'accusation.


En voulant traiter de ce sujet, j'hésitais entre une chronique "frivole" (presque, n'est-ce pas), et une "autre chronique" dont il ne vous a pas échappé, cher lecteur, qu'ici, elle signifie que je vais m'efforcer de bien raisonner, de démontrer autant que faire se peut.

Finalement, j'ai décidé de vous offrir ma réaction sous les deux espèces, si je puis dire.

Préalablement, j'ai bien sûr, hélas ! , non pas relu, pour mon plaisir avec mes yeux retrouvés d'enfant, mais "étudié", comme c'est désolant ! , ce "Tintin au Congo" qui enchanta mes jeunes années comme il charma celles de millions de lecteurs qui ne se souviennent pas un seul instant d'en être sorti raciste ou méprisant à l'égard de ces africains ô combien attachants. 


A suivre :

Un album raciste et xénophobe, vraiment ?

Tintin en Imbécilitie

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Publié dans Autres chroniques

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Intéressez-vous au nouveau livre de Laurent Lagartempe : « Origines de l’islam »<br /> Editions de Paris, septembre 2009<br /> D’accord ou pas d’accord, vous n’aurez pas à le regretter : un excitant périple à travers l’espace et le temps vous y est proposé. <br />  <br /> Laurent Lagartempe ne fait pas les choses à moitié.  <br />  <br /> Analyste rigoureux du monde musulman, il entend ne laisser échapper aucun des facteurs historiques directs ou indirects, proches ou lointains, pouvant avoir pesé de façon sensible dans le déterminisme complexe ayant abouti à l’émergence de l’islam. Le regard qu’il porte sur l’événement se situe donc aux « antipodes » de celui propagé par  la légende mahométane, d’un processus d’émergence dont la causalité se réduirait, à la limite, à la geste inspirée d’un unique personnage. Son parti pris s’identifie à celui de l’historiographie contemporaine, qui est d’admettre a priori  qu’en tout événement il y a nécessairement pluralité de causes.<br />  <br />  Ses prises de vue historiques participent d’avantage du grand angle que du zoom. Il est précis et concret lorsqu’il s’agit de retracer les péripéties guerrières de l’événement lui-même, mais il ne manque jamais de distancier le regard sur les faits pour en faire mieux ressortir les significations. Et, significativement,  la place que tient dans le livre le récit de ces péripéties se réduit à quatre des treize chapitres qui le constituent. L’auteur se veut rigoureux dans la relation des faits, mais il se veut plus attentif encore au décryptage des motivations et implications  politiques, sociologiques, idéologiques, qui les sous-tendent. Ce qui, pouvant a priori paraître étrange, conduit l’auteur à consacrer les quatre premiers chapitres du livre à un considérable coup de projecteur sur les cultures et civilisations des peuples protagonistes du drame : Perses, Grecs, Arabes et Juifs.<br />  <br /> Le détail pittoresque d’un paysage ne manque jamais de solliciter le zoom du spectateur ou du photographe, mais c’est souvent en réduisant la focale que l’on parvient à en percevoir tout le sens. L’objectif grand angle est ce qui permet d’embrasser le paysage dans  son ensemble et d’en percevoir  la cohérence.  Un site particulier n’est jamais disjoint du panorama qui l’inclut ;  il lui doit même souvent beaucoup de ce qu’il est. Le caractère particulier des événements qui ont affecté le Moyen Orient durant la premier demi 7e siècle, se perçoivent déjà bien lorsqu’on focalise sur les faits eux-mêmes. Ils se perçoivent mieux encore lorsqu’on  les considère inclus dans  le panorama géographique et historique qui les habille et  les détermine. <br />  <br /> L’intelligence d’un paysage ne se limite d’ailleurs jamais à ce qu’il est dans l’instant. La géologie nous sensibilise au caractère transitoire de son apparence actuelle. On sait que les traits essentiels de son relief sont  l’aboutissement d’une longue et considérable orogenèse, dont la connaissance ajoute du sens à ce qui s’exprime dans son instantané. Dans le cas d’un  événement marquant comme dans celui d’un site remarquable, il est toujours profitable  d’appréhender l’objet dans ses perspectives à la fois spatiales et temporelles. Au sens du livre de Laurent Lagartempe, le mot « origines » doit être pris dans son acception la plus large : il englobe les implications causales culturelles autant que matérielles, anciennes autant que contemporaines. Le coup de projecteur sur le passé est même si pénétrant qu’il va jusqu’à situer l’événement dans la perspective, quasi intemporelle, d’affrontement entre nomades et sédentaires, autrement dit entre communautés paléolithiques et néolithiques. C’est à une prise de vue de très grand angle que le lecteur d’« Origines de l’islam » doit s’attendre. 
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