L'ISLAM (4)

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

A l'inverse, aux croyants, sont promis des délices dans l'au-delà. Dans les premières sourates il n'est question, sobrement, que de "jardins où les ruisseaux circulent" (II, 25). Mais plus l'on avance dans la lecture du Coran, plus le musulman fidèle est mis en appétit : "Mais les dévoués esclaves de Dieu recevront le don qu'on sait, des fruits, et seront à l'honneur dans les jardins du délice, étendus sur des lits les uns en face des autres ; Pour eux une coupe d'eau vive circulera, pure, délicieuse à boire, non enivrante, inépuisable. Près d'eux seront les vierges chastes aux grands yeux comme une secrète nacre" (XXXVII, 40-49). Et encore : "Description du jardin promis aux fidèles : il y a là des ruisseaux d'eau incorruptible, des ruisseaux de lait inaltérable, des ruisseaux de vin délicieux, des ruisseaux de miel pur, toutes sortes de fruits et un pardon de leur Seigneur" (XLVII, 15). Vous noterez au passage l'introduction du vin en paradis. Et encore : "dans les jardins du délice, beaucoup d'anciens et peu de récents, côte à côte sur des trônes et accoudés face à face. D'immortels jeunes gens circulent parmi eux avec des coupes, des aiguières et des gobelets d'un breuvage limpide dont ils ne seront ni excédés ni enivrés, avec des fruits qu'ils choisiront avec les chairs d'oiseaux qu'ils désireront. Et des houris aux grands yeux pareilles à la perle cachée pour salaire de leurs oeuvres [...] seront parmi les jujubiers sans épines et des acacias alignés, sous d'amples ombrages, près d'une eau vive, avec une abondance de fruits non encore cueillis mais non défendus. Ils auront des lits élevés et les parfaites que nous avons faites et gardées vierges et amoureuses et toutes du même âge" (LVI, 12-37). Précisons qu'il s'agit du sort réservé "pour les gens de la droite" (sic). Les gens "de la gauche", eux, mangent aux détestables arbres Zaqqoum. Chers lecteurs qui votez socialiste n'y voyez aucune allusion désagréable. Et comme si cela ne suffisait pas : "Dieu les a gardés de ce mauvais jour, il leur fait trouver la fraîcheur et la joie. Il les a payés de leur patience avec un jardin et de la soie. Ils sont accoudés sur des trônes sans subir de soleil ni de froid. Les ombrages sont près d'eux et les fruits à cueillir s'inclinent très bas. Entre eux circuleront des vases d'argent et des coupes de cristal, un cristal d'argent de grande valeur. Ils boiront à une coupe dont le mélange sera de gingembre, source là-bas nommée Salsabil. Parmi eux circuleront des garçons toujours jeunes que tu verras comme des perles éparses. Tu verras là-bas un délice et un faste royal. Ils seront vêtus de satin vert et de brocart, parés de bracelets d'argent et leur seigneur leur donnera une boisson pure à boire. Oui, c'est votre salaire, car votre zèle a été reconnu" (LXXVI, 11-22. Je m'interroge sur ces garçons : l'homosexualité, condamnée ici-bas (VII, 81), serait-elle autorisée là-haut ?). On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.

 

Que faire pour mériter un tel paradis ? Combattre. Ses mauvais penchants ? Certes il en sera question, brièvement. Respecter des règles de vie : elles ne manquent pas, et tatillonnes. Mais surtout il faut combattre les incroyants.

 

 

Quelques versets évoquent les vertus qu'il convient d'exercer : "La piété est de croire en Dieu et au jour dernier, aux anges, au livre et aux prophètes, de donner de son bien pour l'amour de Dieu aux proches, aux orphelins, aux pauvres, au voyageur et aux mendiants et pour affranchir les esclaves, et de faire la prière et d'acquitter l'aumône. Ceux qui emplissent leurs engagements, qui endurent l'adversité, le malheur et le danger sont dans le vrai, ils sont fidèles" (II, 177).

 

Les règles sont nombreuses, on ne peut en rendre compte ici dans le détail, ce serait hors sujet principal, mais notons qu'elles peuvent être d'une précision étonnante : "Faites pour Dieu le pèlerinage et la visite. Et si vous êtes empêchés, envoyez ce qui vous est facile comme offrande. Ne vous rasez pas la tête avant que l'offrande ne soit au lieu d'immolation [...] qu'il jeûne trois jours au pèlerinage et sept à son retour, dix jours en tout" (II, 196). "Les femmes répudiées attendront trois menstrues [...] Et leurs maris ont droit de les reprendre pendant ce temps, s'ils veulent la réconciliation" (II, 228). "Les mères qui veulent allaiter tout à fait allaiteront deux années entières". (II, 233) "Ceux qui meurent et laissent des femmes, que ces femmes attendent quatre mois et dix jours". (II, 234) "Quant à vos enfants, Dieu ordonne : au garçon une part comme pour deux filles. S'il n'y a que des filles, deux ou plus, à elles les deux tiers de l'héritage et s'il n'y en a qu'une, la moitié. Aux père et mère, un sixième chacun si le défunt laisse un garçon et sinon, si le père et la mère héritent, un tiers. Mais s'il a des frères, etc." (IV, 11, je vous fais grâce du reste !) A noter, en complément, que le châtiment corporel est bien autorisé pour les femmes : "celles dont vous craigniez la désobéissance, exhortez-les, reléguez-les dans leurs chambres, frappez-les, mais si elles vous écoutent ne les querellez plus, car Dieu est sublime et grand" (!) (IV, 34). Mais à l'occasion les femmes peuvent être défendues. Avant de les accuser, il faut être sûr de son fait : "Ceux qui accusent les dames sans pouvoir produire quatre témoins, fouettez-les de quatre vingts coups de fouet et n'acceptez plus leur témoignage, ce sont des pervers" (XXIV, 4) etc.

 

( à suivre

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J
La lecture du Lévitique peut aussi surprendre, lorsque l'on voit les distinctions entre purs et impurs. Ou encore le jeu des Indulgences qui ont eu cours jusque très récemment : 300 jours remis pour telle prière, 500 pour telle autre, etc.<br /> Toute religion met au point un tel système, soit pour contraindre les fidèles et les aliéner, soit pour leur fixer une limite, un cadre de pratique. Est-ce condamnable ? Pour pousser plus loin, voyez-vous une déifférence entre le Coran et la Bible à ce sujet, autre que laquestion de l'inspiration divine ?<br /> Tout n'est pas à prendre au pied de la lettre (encore heureux !), sinon TOUTES les religions sans exception sont de nature formaliste. QUe deviendrait le Saint-Esprit ?<br /> Julie
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F
J'étudie le Coran et l'Islam, ce qui est un "gros morceau" en soi, pas, en plus, leur mise en correspondance avec la Bible et les religions juive et chrétiennes.<br /> Les différences existent, et je les crois fondamentales, mais ce n'est pas l'objet direct de mes articles, et je ne peux développer ici, vous le comprendrez.