L'ISLAM (5)

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

Qui sont les incroyants qu'il faut combattre ?

J'ai pu croire un instant que les juifs et les chrétiens pouvaient être épargnés de la condamnation de tout ce qui n'est pas musulman. Il est vrai que les versets se suivent et ne se ressemblent pas toujours sur le sujet. On sent bien que Mahomet, héritier de la Bible, se reconnaissant des prédécesseurs prophètes prestigieux, Abraham, Moïse, Jésus, doit "jongler" pour distinguer, dans le fond, les bons juifs et les bons chrétiens, des mauvais, les premiers étant des musulmans qui s'ignorent, restés fidèles à leurs prophètes respectifs, mais pas au Talmud ni à l'Eglise. Le Coran souffle le chaud et le froid. Mais plus souvent le froid. Ainsi, bien que soient clairement distingués les croyants (sous- entendu les musulmans) des autres, dès le début du livre, le salut semble possible pour tous : "Mais les croyants, les juifs, les chrétiens, les sabéens, ceux qui croient en Dieu et au jour dernier et dont l'oeuvre est fidèle, leur salaire est près de leur Seigneur, ils n'auront ni crainte ni tristesse." (II, 62) Mais juifs et chrétiens sont renvoyés dos à dos : "Les juifs disent : les chrétiens ne se fondent sur rien. Les chrétiens disent : les juifs ne se fondent sur rien. Et pourtant ils récitent le livre. Tous les ignorants tiennent le même langage. Dieu décidera entre eux au jour de la résurrection." (II,113) "Ils disent : Soyez juifs ou chrétiens, vous serez bien guidés. Réponds : Non. Suivez la religion d'Abraham, ce sincère qui n'ajoutait pas des dieux". (II, 135) Et pour cause, Abraham est musulman comme Moïse : "Moïse dit : Mon peuple, si vous croyez en Dieu, fiez-vous à lui, si vous êtes musulmans." (X, 84) Pourtant les livres des juifs et des chrétiens sont reconnus, Dieu "a révélé la Thora et l'Evangile" (III, 3). Et sans doute peut-on espérer un "dialogue interreligieux" comme l'on dit si bien aujourd'hui : "Ne discutez que courtoisement avec ceux qui ont le livre, sauf avec ceux d'entre eux qui sont injustes. Dites : Nous croyons à ce qu'on nous a révélé et à ce qu'on vous a révélé. Notre Dieu est unique, le même que le vôtre et nous lui sommes soumis." (XXIX, 46) Cependant tout de suite après cela il est précisé que "Seuls les infidèles nient nos versets" (XXIX, 47).

 

 

Et les infidèles, voilà l'ennemi. Les combattre est une obligation : "Ne combattrez-vous pas ces gens qui ont violé leurs serments et voulu bannir l'apôtre et vous ont attaqués les premiers ? Les craignez-vous ? C'est Dieu qui mérite d'être craint, si vous êtes croyants. Combattez-les. Dieu les châtiera par vos mains et les couvrira de honte." (IX, 13) Dieu doit fustiger la tiédeur des croyants, Mahomet a besoin de soldats, ne l'oublions pas, pour conquérir Médine et autres lieux !  "Les croyants disent : Pourquoi ne révèle-t-on pas une sourate ? Mais quand on révèle une sourate claire qui mentionne de combattre, tu vois ceux qui ont un mal dans le coeur te regarder d'un regard de moribond, alors que le mieux pour eux est d'obéir et de répondre comme il le faut [...] Si vous tournez le dos, ne risquez-vous pas de semer le désordre sur la terre et de rompre vos parentés ? Dieu maudit ces gens-là, il les rend muets, il aveugle leurs yeux. Ne vont-ils pas méditer le Coran ? ou leur coeur est-il verrouillé ?" (XLVII, 20-24).

A diverses reprises ces mauvais musulmans sont montrés du doigt, qui refusent de combattre sur "le sentier de Dieu". "Dis aux bédoins restés à l'arrière : vous êtes appelés contre un peuple redoutable, il faut les combattre ou qu'ils se fassent musulmans. Si vous obéissez, Dieu vous donnera un beau salaire. Si vous tournez le dos comme l'autre fois, il vous frappera d'un affreux tourment." (XLVIII, 16) Mahomet avait beaucoup de difficultés à convaincre les bédouins de le suivre dans ses expéditions militaires...

 

 

"Combattez au sentier de Dieu ceux qui vous combattent, mais ne soyez pas transgresseurs, Dieu n'aime pas les transgresseurs. Tuez-les où que vous les trouviez, chassez-les d'où ils vous chassaient. La persécution est pire que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sainte avant qu'ils vous combattent. S'ils vous combattent, tuez-les, c'est le salaire des incroyants. Mais s'ils s'arrêtent, Dieu pardonne, il a pitié." (II, 190-192) : on mesure toute l'ambiguïté de ce texte, de l'ensemble de ceux que j'ai relevés, voire leurs contradictions. Ce qui n'empêche pas Mahomet/Dieu d'écrire à propos du Coran : "S'il n'était pas de Dieu, ils y trouveraient maintes contradictions" (!) (IV, 82). Mais la cause est entendue : "Vous qui croyez, ne prenez pas de juifs ou de chrétiens pour amis. Ils sont amis entre eux. Qui les prend pour amis sera des leurs, mais Dieu ne conduit pas le peuple coupable." (V, 51) A l'occasion les pires ce sont les juifs !  "Tu verras que les plus hostiles aux croyants sont les juifs et les ajouteurs. Tu verras que les plus près d'aimer les croyants sont ceux qui disent : Nous sommes chrétiens. C'est qu'il y a chez eux des prêtres et des moines et qu'ils sont sans orgueil" (V, 82), mais cette indulgence semble venir de la suite immédiate : "Quand ils entendent ce qui est révélé à l'apôtre, tu vois leurs yeux ruisseler de larmes parce qu'ils reconnaissent la vérité." (V, 82) Car, toujours et encore : "Les incroyants qui nient nos signes seront les hôtes de la fournaise." (V, 86) Mais le combat continue : " Quand vous rencontrez des incroyants, frappez-leur la nuque jusqu'à les abattre et liez-les bien fort. Puis quand cesse le fardeau de la guerre, libérez-les ou exiger rançon." (XLVII, 4) "Ne sont croyants que ceux qui ont cru en Dieu et en son apôtre, et n'ont plus douté, et ont combattu corps et biens dans le sentier de Dieu. Ceux-là sont sincères." (XLIX, 15) Il ne faut pas s'y méprendre, ce n'est pas d'un combat spirituel qu'il s'agit ! Et charité bien ordonnée... : "Mahomet est l'apôtre de Dieu. Ses partisans sont durs pour les incroyants, mais bons entre eux." (XLVIII, 29)

Que conclure de ceci : "Les incroyants avec qui vous avez fait un pacte et qui ne vous ont pas fait tort et n'ont aidé personne contre vous, eh bien respectez ce pacte jusqu'à son terme car Dieu aime les fidèles. Une fois passés les mois sacrés, tuez les incroyants où que vous les trouviez. Prenez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades. S'ils se repentent, font la prière, acquittent l'aumône, laissez-leur le champ libre, car Dieu pardonne, il a pitié." (!) (IX, 4-5) A défaut de tuer l'incroyant, on peut le rançonner, c'est incontestablement plus rentable : "Ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier et n'interdisent pas ce qu'interdisent Dieu et son apôtre et ont le livre sans pratiquer la religion vraie, combattez-les jusqu'à ce qu'ils paient le tribut directement et humblement." (IX, 29)

 

(à suivre) 

 

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Publié dans L'ISLAM

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J
Je ne saisis pas où vous voulez en venir... Que conclure sur un tel sujet ? N'est-ce que la contradiction interne du Coran que vous souhaitiez placer en exergue ?<br /> Finalement, toutes les lectures, de la plus fanatique à la plus charitable, ne sont-elles pas envisageables ?<br /> Julie<br />  
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F
J'essaye de ne pas chercher à aller "là ou je veux en venir", mais d'avancer pas à pas, le plus lucidement possible et en "maîtrisant", autant que faire se peut les pré-conclusions auxquelles nous conduisent la lecture quotidienne des journaux, par souci d'honnêteté intellectuelle (ce qui n'est pas, à l'inverse, synonyme d'angélisme complaisant, c'est un devoir que de conserver un esprit critique). Je vous ai livré mon commentaire à chaud (même s'il était en "réserve" depuis quelques semaines) du Coran, sans attendre les recherches que j'ai poursuivies. Au demeurant vous allez vers une interrogation légitime  : plusieurs lectures sont possibles, sans aucun doute, mais quelle est la bonne, d'un point de vue musulman ? Telle est la question de fond. Comme dit ma chronique : à suivre, Islam (5) n'est vraiment qu'un début, le feuilleton continue !