QUAND LA BAUDRUCHE SE DEGONFLERA (1)
Quand la baudruche se dégonflera, cela fera du bruit. Et cet événement majeur, surviendra-t-il d'ici l'élection présidentielle ou après ?
Au rythme où vont les choses on ne perd rien pour attendre un peu.
Marie-Ségolène est devenue Ségolène toute seule à la sortie de l'ENA. Il est vrai que dans Marie-Ségolène il y a un fort parfum de bourgeoisie catho, avec laquelle l'intéressée semble avoir des comptes à régler, qui est de nature à ne pas faciliter le report des voix communistes au second tour.
Marie-Ségolène veut séduire aussi les futurs électeurs malheureux de François, l'extrémiste du centre, certes, mais il ne faut pas pousser le bouchon de l'ex-petite fille modèle trop loin, tout de même.
Le drame est peut-être que l'on ne se refait pas entièrement, marqué que l'on est par son enfance, son milieu d'origine.
Et la petite Marie-Ségolène, aux sept frères et soeurs, est née, quel boulet !, dans une famille de fervents catholiques pratiquants. Le père, Jacques Royal, est un jeune lieutenant-colonel quand il achève sa carrière dans l'artillerie de Marine, et qui, apparemment, ne souffrait pas la contradiction, conformément à ce que l'on attend d'un militaire digne de cette vocation. Fatalement, tout ça laisse des traces. L'abbé Chevrier qui a bien connu ce foyer, indique à un journaliste : "Quand j'ai entendu Ségolène parler de confier les jeunes indociles à un encadremement militaire, je me suis dit 'tu retrouves ta famille, t'es une Royal'". (dans le Point du 23 novembre 2006)
Pourtant la jeune enfant s'émancipe très vite. Sous la chrétienne formatée perce la socialiste libérée. Voilà-t-il pas qu'à douze ans à peine, elle provoque l'abbé, je le cite encore, "en disant que dans la religion chrétienne les femmes n'étaient pas considérées. Les femmes doivent avoir les mêmes droits, disait-elle. Elle voulait l'égalité avec les hommes". (idem)
Mais point trop n'en faut. Elle ne versera pas, semble-t-il, dans le féminisme militant, genre MLF.
Elle n'adhère au parti socialiste qu'en 1978, à 25 ans. Ce n'est pas l'emballement précoce. Papa Royal était considéré comme très à droite. Certains murmurent qu'il aurait voté pour Jean-Louis Tixier-Vignancour à l'élection présidentielle de 1965, candidat classé à "l'extrême-droite". L'horreur, quoi ! Mon bon monsieur, on n'a pas toujours les parents que l'on mérite.
La chère Marie-Ségolène s'en souviendra avec tact lors d'interviews desquelles, si l'on en croit son oncle, Pierre Royal, "il ressortait qu'elle avait eu une enfance très dure du fait de son père, militaire rigide et borné qui la brimait", et le tonton de conclure ainsi un article qu'il fit paraître dans un bulletin de promotion, en mai 1992 : "Je n'ai aucune relation avec cette jeune femme, résolument mythomane et j'ai honte de voir le nom de ma famille ainsi galvaudé." Ouf ! Mythomane ?
Il est vrai que si l'on se réfère toujours à ce bulletin, dans un entretien avec une journaliste de la nouvelle République du Centre, au moment de la guerre du golfe, elle évoque "avec émotion le souvenir du départ de son père pour l'Algérie et sa mort au combat" alors que, précise Pierre Royal, "mon frère est mort d'un cancer en 1981 !" De l'art d'exploiter le cadavre de papa. Il est vrai encore que, son père l'ayant placée au terme du collège à l'Institution Notre-Dame d'Epinal, établissement dirigé par des chanoinesses, où le cours de maths commence encore à l'époque par un "Notre Père", on peut se demander pourquoi la Marie-Ségolène mentionne dans le "Who's Who" avoir été au lycée d'Epinal, laïque. La réponse est dans la question.
A bientôt pour la suite des aventures de Marie-Ségolène