QUAND LA BAUDRUCHE SE DEGONFLERA (5)...MAIS N'EST-CE PAS DEJA COMMENCE ?
Présidente de la région Poitou-Charentes, à ce niveau-là aussi, elle est capable d'initiatives grandioses, comme d'envoyer gratuitement 100.000 charentaises aux lycéens pour soutenir l'économie locale. Peut-être que si elle est élue présidente de la République nous aurons tous droit à une paire de charentaises, ce ne serait que justice, non ?
Dominique Bussereau, actuel ministre de l'Agriculture, et élu de la Charente, l'a méchamment surnommée "Evita Péronnelle"... Marie-Ségolène populiste, mais c'est... bon sang bien sûr !
Quand la baudruche se dégonflera, il y aura beaucoup de déçus du Marie-Ségolènisme naissant.
C'est que, non contente, comme nous l'avons constaté plus haut, d'avoir une mémoire sélective, de tenir des propos hasardeux sur bien des sujets, et de rester vivante après certaines directives, car le ridicule ne tue pas, elle est inconstante dans ses prises de position.
Les quelques propositions "audacieuses", prétendument telles, destinées à bousculer les vieux grognards socialistes, à attirer un électorat du centre et de la droite "modérée", après avoir produit leur petit effet médiatique escompté, sont discrètement amendées et vidées de leur substance. C'est que le Parti veille.
Hostile sous les projecteurs, il y a encore quelques mois, à l'instauration du mariage d'homosexuels, elle se rallie subrepticement à cette idée à l'occasion d'un meeting.
Elle donne l'impression de critiquer les "35 heures" ; en réalité elle défend ce "formidable progrès social" dont il conviendrait au contraire de généraliser l'application.
Supprimer la carte scolaire ? Il n'en est plus question explicitement.
Instaurer des jurys populaires pour obliger les élus à rendre des comptes ? In fine le mot "jury" est à bannir.
On se souvient (cf. QUAND LA BAUDRUCHE...[4]) qu'elle a annoncé en novembre que sa première loi concernera la lutte contre les violences conjugales, "affaire d'Etat" disait-elle ; mais elle omet de participer à une discussion récente à l'Assemblée nationale sur le même sujet. Sa seul réponse ? "J'ai un emploi du temps un peu chargé en ce moment."
Au cours de l'émission "Ripostes" sur France 5, Serge Moati, insolent, la qualifie de "princesse des ambiguïtés". Elle se défend en arguant qu'elle est "à l'image de la France, qui est un pays complexe".
Mais le peuple attend-il d'un dirigeant qu'il fasse état de sa complexité, ou la démonstration de sa capacité à la surmonter pour lui proposer des objectifs clairs ?
Cette complexité ne serait-elle pas simplement le masque de l'incompétence ?
Voyez-vous chers lecteurs, en dépit des apparences, j'ai de l'indulgence pour Marie-Ségolène.
Propulsée, un peu par hasard, par un concours de circonstances, par la faiblesse de ses concurrents, par un de ces engouements subits dont les Français, toujours à la recherche inconsciente de l'homme providentiel - et si c'était une femme ? se demande le matin en se levant le Marie-Ségolèniste nouveau -, ont le secret de confection, sur le devant de la scène, prise pour une autre, elle est contrainte de tenir le rang qu'elle n'a pas.
Il est touchant ce personnel politique un peu préfabriqué qui voudrait bien "avoir l'air" et qui "n'a pas l'air du tout" comme chantait cruellement Jacques Brel dans Ces gens-là. Elle est, à n'en pas douter, candidate à une nouvelle vérification du principe de Peter (cf. ma chronique sur le sujet du 24.10.06).
Dans le fond, elle me fait penser à Monsieur Jourdain, le bourgeois qui voulait se faire gentilhomme, petite élue de province qui veut "monter à Paris", en moins bête et plus méchante, et je suis sûr que vous avez pour Monsieur Jourdain, en dernière analyse, comme moi, de la tendresse.
PS : Tous ceux qui en pincent pour Marie-Ségolène et auxquels mes textes ont fait de la peine, vont pouvoir se consoler très bientôt. Je vais me pencher sur le cas de Nicolas, très intéressant individu de l'espèce.