L'ISLAM (14)

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

C'est à une toute autre lecture du Coran que nous invite Laurent Lagartempe (1).

Un Coran qu'il convient selon lui, de préférence, d'appeler le "Recueil", l'ouvrage ayant été à l'origine effectivement composé comme un recueil de textes hétéroclites.

D'une part, "le mot Coran qui figure bien dans le Livre portant ce nom, n'en était cependant pas le générique au départ, mais plutôt un nom commun désignant des textes destinés à être lus, commentés ou récités en public" (p.43).

D'autre part, la plus ancienne version connue de ce livre en arabe est dite "recension d'Othman" du nom du troisième calife (644-656), qui aurait décidé de rassembler ce qui avait été écrit sur la religion nouvelle et d'en faire un tri sélectif selon ce bizarre classement de sourates par ordre de longueur décroissante.

 

 

L. Lagartempe énumère d'"étonnants paradoxes".

"Le premier paradoxe, à propos du Coran, est qu'en Occident on en parle tellement en l'ayant si peu lu. Ce n'est pas faute de bonne volonté, mais il est manifeste que le lecteur le plus motivé ne peut venir à bout de la seule sourate II sans que le livre ne lui tombe des mains. Ceux, déjà nombreux, qui en ont fait l'expérience en témoignent. On a tout de suite l'impression d'un discours hermétique tant il paraît désordonné, paroxistique, à la limite délirant ; et quelques tests exploratoires plus avant dans le texte, ont vite fait de vous persuader que, s'il y a un message tant soit peu clair à percevoir dans le livre, il est de toute façon hors de portée d'un lecteur moyen." (p.11)

"Ce constat d'impuissance à vraiment comprendre, correspond au deuxième étonnant paradoxe rencontré à propos du Coran : comment peut-il se faire qu'un ouvrage de taille plutôt modeste, équivalente sans plus à celle d'un copieux roman [et encore!], puisse demeurer aussi énigmatique, insaisissable !... Le secret semble aller de pair avec le sacré, et ceux qui sont sensés en connaître le fin mot semblent se satisfaire de cette opacité, plutôt qu'empressés à en lever le voile... Plus que jamais on continue de cultiver les ambiguïtés : il y aurait des interprétations abusives, des préceptes périmés, des versets compensés, du sens caché à décrypter... On va même jusqu'à proclamer très officiellement que le livre ne serait autre, en définitive, qu'un universel message de paix et de fraternité ! C'est en définitive au texte lui-même, plutôt qu'à ce que l'on en dit, qu'il faut s'attaquer quoi qu'il en coûte, si l'on veut vraiment savoir ce qu'il en est de ce sacré et de ces secrets." (pp.12-13)

 

 

Personnellement, j'ai décidé d'abord de lire le "Recueil", "quoi qu'il en coûte" ! , et pour n'être préalablement influencé par personne... pas plus par M. Lagartempe que par un autre..., au risque de me heurter à ces paradoxes et L. Lagartempe, semble-t-il, s'est résigné à y revenir. Pour les mêmes raisons que celles que j'ai  invoquées (cf. L'ISLAM [1]), L. Lagartempe a lu et étudié la traduction du "Recueil" (ainsi continuerai-je à le nommer ici, dans l'esprit de l'auteur) de Jean Grosjean, traduction spécialement approuvée par les autorités musulmanes.

 

 

J'ai noté le fait marquant que nos premières constatations respectives, sans concertation préalable, cela va de soi !, sont très concordantes (cf. L'ISLAM [2] et [3] ) :

"Ce qui frappe d'emblée lorsque l'on a réussi à faire une première lecture complète du texte, est une double impression de véhémence et de redondances. Le livre entier fait figure d'ardente entreprise de persuasion d'une doctrine que l'on ne saisit encore, en premières lectures, que de façon confuse, mais dont on perçoit par contre clairement l'argumentaire fait de condamnations et de menaces, dont les formules variées se répètent à longueur de sourates.

Cette répétition de formules se double d'une répétition de thèmes ; ainsi le récit de la geste biblique de Moïse, reparaît dans des dizaines de sourates, presque à l'identique, selon des versions plus ou moins développées ; et de même pour d'autres thèmes également repérables." (p.15)

 

"Un premier recensement montre que le texte est parsemé d'un bout à l'autre d'invectives et d'imprécations à l'adresse des "incroyants"... qui tous appartiennent à l'unique et universelle classe des non-musulmans. Les incroyants de toutes races et de toutes religions autres que l'Islam ont pour lot commun d'être insultés, tourmentés, maudits, brûlés et tués par tous moyens imaginables." (p.18)

 

"Les sourates ne sont pas des chapitres d'un livre, mais des morceaux choisis d'un recueil. Ce ne sont pas les parties d'un texte se suivant selon un plan logique, cohérent avec la démarche d'ensemble de l'ouvrage, mais des pièces de même caractère et contenu, quoi que de tailles très inégales, rangées par ordre de longueur décroissante. Ayant aperçu cette importante particularité, on est alors moins surpris de tant de redites rencontrées au fil du livre. Ce n'est pas seulement en termes d'expressions colériques que le livre se montre répétitif, mais également en termes de thèmes ou sujets traités, qui eux aussi reviennent comme des leitmotiv." (p.46)

 

(1) Petit guide du Coran, Consep, 2003, 25 euros

 

(à suivre)

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Publié dans L'ISLAM

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M
Bonne initiatives : <br /> - bonne initiative de blog.<br /> - bonne initiative que de lire le Coran, pour se faire un avis. Il faudrait que j'en fasse autant. Evidemment, le courage me manque !<br /> Je vois que tu démarres ton blog. Moi aussi, dans un ton et une veine plus ou moins similaire. Je vais lire encore quelques uns de tes billets blogs pour me faire un avis, si ça te dit que je te mette dans mes liens. <br /> http://pensee-unique.over-blog.net/
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F
Merci.