LES CATHOLIQUES FRANCAIS : UNE ESPECE EN VOIE DE DISPARITION ? (2)
L'individualisme, le matérialisme, le relativisme ont fait, aussi sur les catholiques, leur oeuvre.
C'est qu'il s'agit de bâtir sa "petite religion", sans états d'âme, celle qui permet de ne pas trop se contraindre, celle qui est compatible avec ses choix de vie et ses passions, celle qui n'engage à rien, ou à pas grand chose, celle plus encore qui évite de se fâcher avec son voisin dans une société devenue a-chrétienne et parfois anti-chrétienne.
"Catholique" n'est plus alors qu'une étiquette sociologique, une référence au passé, une manière commode de se raccrocher à une institution visible et à son chef. Sans plus obéir à l'une et sans plus entendre l'autre, pour autant.
Nous ne leur jetterons pas la pierre à ces analphabètes de la Foi, qui ne sont que 33% à savoir ce qu'est la Pentecôte, qui voient Dieu, à 79% !, comme "une force, une énergie, un esprit", qui à 26% pensent qu'il n'y a rien après la mort et à 53% qu'"il y a quelque chose mais je ne sais pas quoi" et pour qui, à 39%, "toutes les religions se valent". Ils ne sont que 7%, 7%... , à croire que "le catholicisme est la seule religion qui soit vraie". Ils ne sont donc que 7% à savoir, vraiment, pourquoi ils sont catholiques !
On ne leur jettera pas la pierre car beaucoup sont sincères et l'on constatera, c'est touchant, qu'ils sont encore une écrasante majorité à être capable de réciter par coeur le Je vous salue Marie (81%) et le Notre Père (88%). Qui pourra savoir, à l'heure du passage, le fruit de l'abandon, à l'aide de ces deux prières, du catholique d'affichage, mourant ? C'est le secret de Dieu, s'il existe, un secret bien gardé.
Comment un catholique "de conviction", comme on l'entend dénommé ainsi souvent, un catholique tout simplement, en somme, peut-il interpréter cette évolution qui a bouleversé le paysage religieux de la France en moins de cinquante ans ?
Il peut y voir un accident de l'histoire avant le renouveau et le retour de la Foi. La toujours fameuse "crise salutaire". Il existe des signes forts en faveur de cette thèse.
Agitation militante du dernier carré minoritaire et assiégé qui serre les rangs, diront d'autres, irruption logique d'un communautarisme catholique, dernier ghetto où l'on croit.
Il peut aussi y discerner les signes avant-coureurs de la fin du monde. La Bible n'interroge-t-elle pas : Dieu trouvera-t-il encore la Foi sur terre quand il reviendra ?
De quelque espérance que l'on se nourrisse, de quelque désespoir que l'on s'empoisonne, les faits sont là, têtus, incontournables comme toujours : la France n'est plus "la fille aînée de l'Eglise" et les catholiques ont, quasiment, disparu de son sol.
Considérons les conséquences culturelles, immenses, de cette déshérence spirituelle. Comment comprendre quoi que soit en matière d'architecture, de peinture, de littérature, de culture en général, dans un pays comme la France sans connaissances religieuses et, très exactement, judéo-chrétiennes ? C'est tout simplement impossible.
Un prêtre facétieux raconte cette petite histoire drôle :
Adam se réveille de son anesthésie et Dieu lui présente Êve.
- La veux-tu pour femme ?
- oh oui ! s'écrit Adam enthousiaste.
- Et toi, Eve, veux-tu d'Adam pour époux ?
- Ah non ! D'abord je n'épouse pas le premier venu et d'autre part je n'ai pas le choix !
Alors Adam, suppliant, se tourne vers Dieu et lui fait remarquer :
- Père, j'ai encore quelques côtes...
Et le bon prêtre de préciser qu'il avait raconté cette histoire dans un hôpital, devant une dizaine de membres du personnel : accueil glacial. Ils n'avaient rien compris. Seule l'une d'elles a été en mesure d'expliquer aux autres les bonnes raisons qu'elles auraient pu avoir, au moins, de sourire... Sans commentaires.
(à suivre)