QUAND LA GIROUETTE S'EPUISERA (4)

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

Il y a quelques semaines de cela, on annonçait carrément le "virage à gauche" du petit Nicolas. Non content de revendiquer l'héritage de Léon Blum, il nous jouait la mélodie de "l'ouverture", un grand classique aussi et la bouée de ce qui fut beaucoup mieux qu'un sauvetage du florentin François en 1988. C'est l'autre François, candidat cette année, qui pourrait faire la moue en voyant Nicolas marcher sur ses plates-bandes, si toutefois il ne faisait pas beaucoup mieux dans le genre et apparemment avec quelque succès : "Ouverture ? ! Ouverture ? !  Est-ce qu'il a une gueule d'ouverture le Nicolas ? ! !" Tout de même ce conseiller du chef déclare : "Nicolas Sarkozy souhaite montrer une vraie rupture avec l'esprit de clan, et pour cela il est capable de surprendre à nouveau, comme il l'a déjà fait plusieurs fois par le passé. Il serait donc tout à fait prêt à aller chercher à gauche des personnes de qualité pour gouverner." En d'autres termes, il s'apprête à tromper son camp. André Santini, le maire d'Issy les Moulineaux, fait remarquer avec l'humour qui le caractérise que la différence entre un cocu et un député c'est que seul le second est obligé d'assister à la séance. Je crains que l'électeur soit dans la même position de voyeur de sa propre infortune.

 

 

Cette pauvre Christine Boutin, la passionaria anti-pacs, échange sa candidature contre un plat de limaces à avaler ; promue "conseillère spéciale du président de l'UMP", elle se trouve dans la même mare que Nadine Moreno favorable à une loi sur l'euthanasie et à l'adoption d'un enfant par les couples homosexuels, et a pu assister, ravie on s'en doute, à l'éloge appuyé de Nicolas à Simone Veil.

Nicolas a un mot gentil pour tous. La colonisation est un "système injuste" mais la France a "une dette morale" envers "ceux qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné". Il rend hommage aux "hussards noirs de la République" tout en dénonçant que l'on "brade le bac".

 

 

Il fait flèche de tout bois, Nicolas. C'est que les temps deviennent plus durs. Il y a peu, dans un mouvement de faiblesse, il déclare que "cette élection, je commence à ne pas trop mal la sentir". Malheureux !  Il ne faut jamais donner l'impression que vous avez course gagnée ! Les Français n'aiment pas ça. Ils veulent faire triompher les perdants, même s'ils votent pour celui qui est en tête, c'est simple non ?

Que dire de plus lorsque cela fait si longtemps que l'on cause et que l'on a déjà tout dit ? Que c'est long une campagne électorale commencée bien avant la campagne électorale ! Et ce François qui n'arrête pas de grimper dans les sondages ! Et cette Marie-Ségolène qui cesse de dégringoler dans les mêmes ! Que faire ? Soutenir Jean-Marie déjà, dans son combat pour obtenir ces satanées signatures ; il ne manquerait plus que ses électeurs potentiels, frustrés, se vengent le 22 avril. Ne pas heurter Jacques mais souhaiter qu'il ne le soutienne pas trop non plus. De ce côté-là ce n'est pas trop mal réussi. Jacques a assuré le service minimum. Rallier Borloo qui se fait désirer. Redonner un petit coup de barre à droite avec le "ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale". Evidemment cela ne plaît pas à Simone (à Jacques non plus), qui aurait préféré un "ministère de l'Immigration et de l'Intégration". Et d'expliquer dans Marianne, qu'elle ne ferait pas "une campagne suractive" pour Nicolas. C'est beau le soutien à distance. Pour lui plaire Nicolas aurait bien volontiers rebaptisé son idée "ministère de l'Immigration et de l'Identité répubicaine". C'est beau la sémantique. Mais 55% des Français approuvent la création du ministère avec son nom d'origine. C'est encore plus beau le calcul électoral. Mais un peu plus tard encore, Nicolas qualifie cette appellation de "simple expression". Plus beau que tout, c'est le spectacle d'une girouette tournant très vite en faisant le grand écart. Périlleux mais spectaculaire. Le compagnon de Marie-Ségolène a beau jeu de dire que l'homme est "en un mois, parti de Jaurès pour courir après Le Pen".

 

 

Misère ! Angoisse !

Cela donne un homme torturé qui déclare : "Il faut que je sois président sans l'être, sans penser que je puisse l'être." Jean-Michel Goudard le publicitaire, le pousse à "être" justement, à être ce "type touchant, à l'inverse de ce que l'on dit de lui, parce que profondément humain, tendre même". Snif. Le fin du fin, n'est-ce pas de faire passer pour naturel ce qui est préfabriqué ?

 

 

Voyez-vous, chers lecteurs, je ne vais pas vous le cacher : je suis inquiet pour Nicolas. Il y croit tellement. Il tient tant à le décrocher ce pompon. Il avoue qu'il "a rêvé toute (sa) vie d'être utile à la France". Et il se croit indispensable, en toute modestie : "Ce n'est pas tant la fonction et les honneurs de la charge qui m'attirent, c'est plutôt de me dire, si je ne fais pas le boulot qu'il y a à faire pour la France, si je ne fais pas les réformes indispensables, qui le fera ?" Et oui, qui ?, je vous le demande. En cas d'échec, après tant d'efforts laborieux, saura-t-il rebondir, y croire encore pour 2012 ou 2017 ? Encore candidat en 2017, il n'aurait guère que 62 ans et il n'en serait qu'à sa troisième tentative ; après tout, cela a plutôt bien réussi à François et Jacques. Pourtant on peut craindre pour lui que tant d'énergie dépensée aboutissant à une impasse, surtout le 22 avril, soit de nature à lui faire tourner le dos à son avenir politique. On ne peut soutenir que jusqu'ici tout lui ait réussi, bien au contraire.

Certes, député, conseiller général, maire, président de Conseil Général (mais ce n'est pas trop difficile, quand même, à Neuilly) et ministre.

Mais quand il s'agit de choisir son écurie pour la présidentielle de 1995, il se trompe de cheval. Après l'élection de Jacques, sonné, devenu un paria dans son propre parti, il envisage de quitter la politique. Mène-t-il une liste aux élections européennes ? Piètre résultat. Il n'est pas encore écrit que Nicolas soit de la race des vainqueurs.

 

 

Alors, alors, on ne peut exclure le pire. Imaginez : Nicolas perd les élections, puis Cécilia et enfin tout moral.

"C'est-y pas qu'il nous ferait une bêtise ?", s'interroge gravement en arrêtant de passer la serpillière une femme de ménage à qui l'on explique l'hypothèse et qui est fermement décidée à voter pour Nicolas depuis qu'elle l'a entendu à la télé, dans la célèbre émission "j'ai une question à vous poser", promettre de lui rembourser ses lunettes cassées.

 

 

Electeurs-lecteurs vous avez une lourde responsabilité dans le destin de Nicolas. Cet homme est en danger. J'espère qu'une charité élémentaire vous poussera à vous en souvenir le moment venu. 

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K
Dire qu'il existe une race de gagnants c'est déjà être un peu raciste !
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F
Aïe ! Je suis donc passible des tribunaux ?
J
Comment ne pas répondre à un si bel appel à la charité chrétienne  .....d'accord  !<br /> Votre radiographie du pivot est très précise et je peux sans nul doute abonder dans votre sens ! <br /> La fréquence de ces sollicitations alternatives est bien trop élevée : nous frolons le grippage  .......et si jamais notre girouette s'arrete , vous le soulignez : les dégats risquent d'etre considérables ...<br /> Je vous propose donc :<br /> 1°) un palier de type bronze phosphoreux (à l'épreuve de tous les temps et qui a l'avantage de ne pas provoquer d'étincelles en atmosphère dangereuse ) <br /> 2°) réorientez son apendice nasal sur le vent provoqué par la baudruche qui se dégonfle <br /> 3°) ne rien ajouter si ce n'est un peu d'huile neutre et bien fluide de temps en temps<br /> Toutes mes félicitations!!!!!!!<br /> Dans le cas ou ce zéphir proviendrait d'une fermentation vous venez( presque ) d'inventer le mouvement perpétuel
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F
Vous me donnez le tournis...