LE BAL DES COCUS EST OUVERT
Le bal des cocus est ouvert et l'on s'y presse.
Philippe, qui n'était pas propriétaire de ses voix dimanche 22 avril au soir, a dû les acheter le lundi car il les a revendues à Nicolas mardi, sous la très inamicale pression du peu de ses élus qui voudraient bien être réélus (comme tout élu normalement constitué). Philippe avait pourtant juré ses grands dieux qu'il avait rompu avec "le système". Défenseur de valeurs "non négociables", il apporte cependant son soutien à Nicolas qui se vante, entre autres, d'"améliorer" le pacs des socialistes. Cocus les électeurs de Philippe qui l'ont cru.
Marie-Ségolène se livre à ce que le talentueux collaborateur du Figaro, Eric Zemmour, appelle "la danse du centre". Elle drague ouvertement François. Cette belle de jour lui a donné rendez-vous dans un hôtel (pas borgne tout de même), samedi 28 avril pour lui faire du pied et de l'oeil (devant beaucoup de monde en plus, car elle est exhibitionniste) et le convaincre de partager la même chambre (de députés, cela va de soi, à quoi alliez-vous penser ?). Cocus les électeurs vraiment socialistes de Marie-Ségolène. Cocus les électeurs vraiment de centre droit de François. C'est Alain (Krivine), aussi, qui est content. Il se raccroche à son "TSS" (Tout Sauf Sarkozy) comme d'autres à leur drogue préférée ; pour oublier que le 6 mai il va donner son suffrage, lui, Alain, le patron d'une ligue dite révolutionnaire, à une social-démocrate, une traître-née par conséquent, qui fricote en plus avec un centriste. Les temps sont durs pour les damnés de la sociale. Même l'irréductible Arlette a rendu les armes sans conditions au soir du premier tour. Cocus les électeurs de l'extrême-gauche. Les vieux chefs qui ont "fait mai 68", avaient pourtant à l'époque, à côté de beaucoup de bêtises proférées, vu juste en proclamant : "Elections, pièges à cons." Apparemment c'est en fanfare qu'ils sont rentrés dans le club très ouvert des imbéciles démocrates bourgeois.
François confie subtilement qu'il ne votera pas pour Nicolas. Et alors ? Sa féale Marielle de Sarnez précise : "S'il avait voulu aller plus loin, il se serait exprimé autrement". François est d'un simple...
Jean-Marie, lui au moins, est cohérent : ni l'un, ni l'autre. Ca c'est de la rupture.
Mercredi 2 mai se sont retrouvés face à face un saltimbanque expérimenté et montreur d'ours et une assistante sociale surexcitée et brouillonne. Le premier semblait être candidat au poste de Premier Ministre et la seconde à celui du ministère "de la compassion, de la remise à plat et du dialogue avec les partenaires sociaux".
Livrés à eux-mêmes, ils se sont emmêlés les pinceaux dans les chiffres et les faits. La palme d'or revient incontestablement à Madame Poitou-Charentes Présidente. Parfois ce fut à mourir de rire sauf qu'il eut été plus naturel d'en pleurer.
Si tous les électeurs-cocus actuels et futurs se donnaient la main (pour faire plaisir à Marie -Ségolène rattrapée par son éducation catholique et qui nous encourage à "nous aimer les uns les autres"), quelle chaîne de solidarité dans la douleur, chers lecteurs, quelle chaîne !