QUAND LA BAUDRUCHE SE DEGONFLERA (2)
Marie-Ségolène n'en est sans doute pas à une approximation près. Il y a peu, elle a considéré qu'il fallait interdire à l'Iran l'accès au nucléaire civil, semblant ignorer que celui-ci est garanti par des accords internationaux. Récemment, au Portugal, elle affirme souhaiter, au présent, que "la banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques, bien sûr celles de l'Eurogroupe [les ministres des Finances de la zone euro], mais aussi celles du Conseil européen", paraissant ne pas savoir que cette banque est indépendante des Etats depuis le traité de Maastricht. Il est vrai qu'elle avait déjà déclaré le 11 octobre dernier qu'"une forme d'indépendance n'est pas incompatible avec l'obéissance". Soit. On demande quand même le mode d'emploi. François, le papa des enfants de Marie-Ségolène, assure le service après-gaffes. Prenant la parole à son tour à Porto, il recadre le propos de sa pacsée : "Nous devons revenir à l'esprit des traités avant de vouloir les modifier." Sur France 2, le soir même de l'intervention de François, Marie-Ségolène corrige : il ne s'agit pas de "remettre en cause l'indépendance" mais "l'omnipotence" de la BCE. Ah ! Non mais ! Qui c'est le patron, dans le couple ? !
Quand elle s'emballe durant le congrès réuni à la Mutualité à Paris, devant une salle enthousiaste, et personnalise le combat, François joue les rabat-joie, rejette "l'autocélébration", rappelle que "la seule fête qui vaudra sera en mai prochain" et souligne le rôle du parti et de son programme.
Ah ! déjà qu'il faut se charger de ses ennemis si, en plus, on a la garde de son amie socialiste de corps et de coeur, quelle corvée ! On imagine le dialogue fleuri, en soirée, sous la couette.
Avertie peut-être par une mystérieuse intuition qu'elle doit se surveiller, dans d'autres cas de figure, Marie-Ségolène reste muette comme c'était plus souvent le cas il y a quelques mois et cela lui réussissait plutôt bien. Elle séjourne en Corse et ne fait aucune allusion au terrorisme (On l'avait prévenue qu'il y a régulièrement quelques petits attentats sur l'île de Beauté, j'espère ?). Au Liban, elle semble être la seule à ne pas avoir entendu un député du Hezbollah comparer l'Etat d'Israël à l'Etat National-Socialiste. Les méchantes langues vont finir par dire : si en plus elle est sourde ! Du coup, deux jours plus tard, à Gaza, elle refuse de répondre aux journalistes. Plus prudent en effet... et François pendant ce temps-là qui joue encore le pompier sur Radio Communauté juive en soulignant que le Hezbollah n'est "pas un parti comme les autres, puisque c'est une organisation militaire et provocatrice".
Et quand elle se lance dans les innovations décapantes, elle n'y va pas avec le dos de la cuillère. A la Cité de la réussite, à la Sorbonne, elle frappe fort, en indiquant "la façon dont les élus pourront rendre compte, à intervalles réguliers, à des jurys citoyens tirés au sort".
Dès lors elle fait peur, même à ses partisans qui s'efforcent de lui faire mettre la pédale douce sur de pareils délires. Quand elle ne fait pas dans le démocratisme excité, elle parle, ou semble parler, comme un candidat de droite : encadrement militaire pour les jeunes primo-délinquants, critique sociale des 35 heures, suppression de la carte scolaire, allongement du temps de présence des enseignants, prenant à rebrousse-poil les électeurs traditionnels de son camp.
Et, curieusement, cela marche auprès des militants ; le pauvre Fabius tombé à gauche-gauche toute depuis deux ans, ramant à contre-courant comme un beau diable, en sait quelque chose, finalement ratatiné à 18% des voix lors des primaires socialistes.
(à bientôt pour la suite des aventures de Marie-Ségolène)