L'ISLAM (11)

Publié le par François-Xavier Gaëtan Gelin

Maudoudi décrit ensuite les règles de conduite, les "Devoirs Primordiaux" qui doivent être respectés. Il faut d'abord avoir l'esprit de l'Ibâdat, mot arabe dérivé de Abd (esclave). "Allah est votre Maître et vous êtes son esclave." (220) Les Ibâdat sont les prières quotidiennes, le jeûne pendant le mois du Ramadân, l'aumône, le pèlerinage à la Mecque, la "défense de l'Islam" dont une partie est le jihâd.

 

 

Maudoudi ne parle pas de "guerre sainte". Voici ce qu'il écrit à ce sujet : "Jihâd signifie lutte jusqu'à la limite de nos forces. Un homme qui fait tout son possible physiquement ou moralement, ou utilise ses biens dans la voie d'Allah est en fait engagé dans le jihâd. Mais dans le langage du Shari'ah, ce mot est utilisé plus particulièrement pour la guerre qui est déclarée uniquement au nom d'Allah contre les oppresseurs et les ennemis de l'Islam. Ce suprême sacrifice de la vie incombe à tous les musulmans. Cependant, si un groupe de musulmans se porte volontaire pour le jihâd, la communauté entière est dispensée de sa responsabilité. Mais si personne n'est volontaire, tout le monde est coupable. Cette dispense n'existe pas pour les citoyens d'un Etat islamique quand cet Etat est attaqué par une puissance non-musulmane. Dans ce cas, tout le monde doit être volontaire pour le jihâd. Si le pays attaqué n'est pas assez fort pour riposter, c'est alors le devoir religieux des pays musulmans voisins de lui venir en aide ; si eux aussi échouent, alors les musulmans du monde entier doivent combattre l'ennemi commun. Dans tous les cas, le jihâd est un devoir primordial des musulmans concernés, au même titre que les prières quotidiennes ou que le jeûne. Celui qui s'y soustrait est un pécheur. On peut douter de sa prétendue foi en l'Islam. Il n'est qu'un hypocrite qui ne surmontera pas l'épreuve de la sincérité et tous ses Ibâdat et prières ne sont qu'une tromperie, un vain étalage de dévotion." Où commence l'"oppression" contre l'Islam ? Quand devient-on son ennemi ?

 

 

Pour Bencheikh, "Un glissement sémantique a dévoyé le concept de djihad [...] je mets au défi quiconque de trouver dans le corpus coranique la moindre allusion, même elliptique, à une quelconque sanctification de la guerre [...] Nous ne trouvons nulle part l'épithète "sainte" accolée au mot "guerre", dussions-nous pour cela, encore une fois, compulser tout le Coran" (p. 63). C'est exact. Cependant le fait que l'expression ne figure pas dans le Livre, n'entraîne pas que celui-ci n'appelle pas à l'affrontement. Bencheikh est obligé, malgré tout, de reconnaître que "on ne peut nier qu'il existe un certain nombre de versets, notamment ceux de la sourate 9, intitulée "Le repentir", qui sont de facture martiale. Ils sont terribles et nous ne pouvons les ignorer ou les minorer." (p. 64) [voir L'ISLAM  (5)]

Il propose de ne pas "perdre de vue qu'il faut replacer le texte dans son contexte. Si ce dernier évolue, les incidences du texte qui lui sont relatives deviennent caduques." (p.64)

Replacer un texte dans son contexte. Soit. Mais replace-t-on la parole même de Dieu, ses ordres "explicites" selon l'expression du Coran, dans un "contexte" ? Caduque, une parole de Dieu ? Là encore, on peut douter que Maudoudi fasse la même analyse.

 

(à suivre)

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Publié dans L'ISLAM

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D
Passionnant... Continuez...<br /> Cordialement<br /> OD
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F
Merci. Et, rassurez-vous, ce n'est pas fini ! Le sujet est tellement vaste...