QUAND LA BAUDRUCHE SE DEGONFLERA (3)
Quel est donc le secret de Marie-Ségolène ? Le charme, le style, notamment vestimentaire, le sourire accroché, accrocheur, les idées qui passent pour neuves au royaume des éléphants socialistes, la croyance qu'elle seule peut battre le Nicolas, enfin son sexe, tout simplement ?
Les Français devenus aussi insatisfaits, désabusés, que volages, se plaisent à rêver de "ruptures" par nostalgie d'un passé politique plus glorieux et tout ce qui se pare de nouveauté est considéré avec une complaisance naïve.
A dire vrai ces Français ne se laissent séduire que par les apparences, une image, car je doute fort qu'ils souhaitent de vrais changements, eux qui s'accrochent à des "avantages acquis", à notre fameux "modèle social", dont ils savent qu'ils vont mourir, mais qui punissent les hommes politiques qui tentent timidement d'y toucher, et qui veulent majoritairement que leurs enfants deviennent fonctionnaires pour se protéger de la mondialisation et des licenciements !
Ces Français incorrigibles veulent du spectacle, du marketing et du neuf. Eh bien ! Marie-Ségolène leur en offre. Peu importe le contenu. Déjà au XIXe siècle le président Jules Grévy s'écriait : "Pas de génie, mais une bonne moyenne, voilà ce qu'il faut à notre démocratie !" Une "bonne moyenne", c'est trop en 2007. Il faut descendre encore de quelques étages. Nous voici au ras des pâquerettes. Cela tombe bien, Marie-Ségolène s'habille volontiers de blanc. Il paraît que c'est pour jouer sur la clarté. Suivez mon analyse produit. Ses slogans de campagne forcent l'admiration. Est-ce sa copine Nathalie Rastoin, directrice générale de l'agence de publicité Ogilvy qui les lui souffle ? Ou Philippe Sollers ? A moins que ce ne soit Jamel Debbouze ? En tout cas, "l'ordre juste" a été emprunté à... Thomas d'Aquin. En toute innocence sans doute. Si elle est élue, on frémira en pensant qu'on l'a échappé belle : vous vous imaginez gouverné sous l'empire d'un désordre juste ? Ou d'un ordre injuste ? Ou pire encore d'un désordre injuste ? Ce qui est sûr, c'est qu'elle aime la formule. Au congrès de l'association des régions de France, elle prône un "ordre territorial juste" avec un "transfert juste" de responsabilités. C'est un bon filon. Inépuisable.
Et "le désir d'avenir", c'est pas poétique ça ? Formule audacieuse dans un pays vieillissant mais sans doute moins que "l'avenir du désir". La pensée Marie-Ségolèniste ne recule devant aucune hardiesse : elle dénonce ainsi, courageusement, "la vie chère" (et non pas la "perte du pouvoir d'achat", expression compréhensible que par les bac+5, avec réserves).
Mais je crois que je préfère encore : "Le progrès pour tous, le respect pour chacun." C'est beau, tout simplement. Pour ne pas lasser d'ici le 22 avril, je lui propose pour les prochains mois : "Le progrès pour chacun, le respect pour tous." Cela devrait faire un tabac. C'est encore plus fort. Je suis content de moi. Je fais cela gratuitement, comme l'envoi des charentaises (Ne vous inquiétez pas, vous comprendrez plus tard).
A bientôt pour la suite des aventures de Marie-Ségolène